Mission Etrangère de Paris - Archives

Joseph MARCHAND

  • Numéro : 375
[375]. MARCHAND, Joseph (Le Bx), naquit à Passavant (Doubs) le 17 août 1803. Après avoir fait ses études à l'école ecclésiastique d'Orsans et au grand séminaire de Besançon, il entra sous-diacre au Séminaire des M.-E. le 25 décembre 1828.
Elevé au sacerdoce le 4 avril 1829, il partit le 24 du même mois pour la Cochinchine. Il apprit la langue annamite au collège de Lai-thieu, commença sa vie apostolique par un long voyage dans les chrétientés des provinces de Mi-tho, Vinh-long, Chau-doc, et remonta jusqu'à Phnom-penh, la capitale du Cambodge. Revenu à Lai-thieu, il y instruisit quelques élèves, tout en administrant plusieurs chrétientés ; puis il fit un second voyage analogue au premier. On le chargea ensuite du district qui comprenait toute la province du Binh-thuan, d'où la persécution le chassa au commencement de 1833.
Après s'être caché dans différentes localités de la Basse-Cochinchine, il se réfugia près de Mac-bac. Un chef de rebelles l'y découvrit et l'emmena avec lui à Cho-quan, puis l'interna dans la citadelle de Saïgon, et voulut l'obliger à pousser les chrétiens à la révolte contre le persécuteur Minh-mang. Marchand refusa absolument de se prêter à ce désir. Il resta dix-huit mois enfermé dans la citadelle, donnant ses soins à quelques fidèles qui se trouvaient près de lui. Lorsque les troupes royales eurent pris Saïgon, le 8 septembre 1835, il fut immédiatement arrêté et accusé d'avoir participé à la rébellion.
Conduit à Hué et incarcéré, on le soumit à la question et on lui fit endurer le cruel supplice des tenailles rougies au feu. Ne pouvant lui faire avouer qu'il avait aidé les rebelles, et ne trouvant aucun témoignage sérieux pour appuyer cette fausse accusation, les juges lui ordonnèrent de renoncer au catholicisme et de marcher sur la croix. Le confesseur repoussa cette proposition avec horreur. Il fut condamné au cruel supplice des cent plaies. Il le subit avec un héroïque courage le 30 novembre 1835 à Tho-duc, près de Hué. Après sa mort, son corps coupé en quatre fut jeté à la mer, et sa tête, après plusieurs jours d'exposition, fut broyée dans un mortier et réduite en une poussière que l'on jeta également à la mer. Le Souverain Pontife Grégoire XVI le déclara Vénérable le 19 juin 1840, et Léon XIII, par le bref Fortissimorum virorum du 7 mai 1900, le plaça au rang des Bienheureux. Les solennités de la Béatification furent célébrées à Saint-Pierre de Rome le 27 mai suivant.
Notes bio-bibliographiques. - A. P. F., vii, 1834-35, pp. 507, 602 ; ix, 1836-37, pp. 511, 575, 584 ; xi, 1838-39, p. 211. - B. O. P., 1893, Notice, Maison natale [grav.], p. 3 ; 1895, p. 392. - A. M.-E., 1899, pp. 117, 193 ; 1900, p. 161 ; Ib., Sa Béatification, pp. 165 et suiv., 198 ; Ib., pp. 199, 239, 295 ; 1902, p. 83. - Sem. rel. Besançon, 1900, p. 313 ; Ib., Lettre de l'archevêque de Besançon à l'occasion de la Béatification, pp. 450, 466 ; Ib., Fêtes de Béatification, pp. 457, 791 ; Ib., A Passavant, p. 781. - Ann. franc-comt., xiv, p. 124.
Hist. gén. miss. cath., ii, 2e part., p. 646. - Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. - Les 52 Vén. serv. de Dieu, Tab. alph. ; Id. [édit. in-4], p. 107. - La Coch. rel., ii, pp. 62, 82, 83, 92 et suiv., 101, 543. - Lett. à l'év. de Langres, pp. 386, 408 et suiv. - La Coch. et le Tonk., pp. 25, 277, 278 et suiv., 290, 424. - Not. sur les mart. de Coch. occid., p. 2. - Not. sur les 70 serv. de Dieu, p. 177. - La Salle des Mart. [édit. 1865 et 1900], Tab. alph. - Les mart. en Or., Notice, p. 45. - I Mart. annam. et cin., Notice, p. 73. - Idea del imp. de Annam, pp. 211 et suiv.
Actes de sa Cause de Béatification, Voir DUFRESSE.
Die XXIX novembris. Beatorum Isidori Gagelin et Joseph Marchand, martyrum [Oraisons et Leçons]. - Vesuntione, die 31 januarii 1902. Fulbertus, Archiepis. Bisunt.
Biographie. - Vie de M. l'abbé Marchand, missionnaire apostolique et martyr, par M. l'abbé J.-B.-S. Jacquenet, directeur au séminaire de Besançon. - Jacques Lecoffre et Cie, libraires, 29, rue du Vieux-Colombier, Paris, 1851, in-16, pp. 300.
Comp.-rend. : Am. de la Rel., clvii, 1852, p. 231.
Hanh Cha Minh và Lài Gâm co thêm hanh cha Du (Marchand), par M. Dú'c, prêtre indigène de la Cochinchine occidentale.
Portrait - Peinture, est au Séminaire des M.-E. - Lithographie, Wober, lith., propé. Gaspard P.-A., éditeur, rue Madame, n° 1, à Paris. - M. C., xxxii, 1900, p. 253. - B. O. P., 1893, p. 7. - A. M.-E., 1900, p. 239. - Les 52 Vén. serv. de Dieu, i, p. 128 ; Id. [édit. in-4], p. 109. - Les miss. cath. au XIXe sièc., p. 209.
[Ces portraits sont la reproduction d'un portrait dessiné de souvenir.]