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Christian WITTWER (1926-2012)

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    Christian Wittwer est né le 20 octobre 1926 à Vesoul (Haute-Saône), et il fut baptisé onze jours plus tard, le 31 octobre, à Neurey-la-Demie (Haute-Saône). Ses parents, Ernest Wittwer et Bernadette Renaud, eurent 3 fils et une fille. Leur fils Bernard Wittwer (1921-1999), fut aussi prêtre des Missions Etrangères, en Chine (1948-1950) et à Madagascar (1966-1996), entre les deux il enseigna 16 ans dans les séminaires MEP à Bièvres et à Ménil-Flin. Monsieur Wittwer père, originaire de Suisse et né dans une famille protestante, exerçait la profession de gérant fromager. La famille quitte la Haute-Saône et s’installe en 1934 à Parnot (Haute-Marne), dans le diocèse de Langres, auquel Christian sera plus tard incardiné.

    Le jeune Christian étudie  au Petit séminaire Saint Colomban de Luxeuil, en Haute-Saône, d’octobre 1939 à juin 1946, puis il entre au Grand séminaire de Faverney, en Haute-Saône, à la rentrée de 1946. Après deux ans d’étude de la Philosophie universitaire et scolastique, il fait son service militaire en 1948 et 1949 à Toul, Metz et Strasbourg. Démobilisé au printemps 1949, il termine l’année universitaire à Faverney, puis il entre au Séminaire des Missions Etrangères, le 19 septembre 1949. Il étudie a théologie à Bièvres en 1949-1950, juste avant que son frère Bernard, prêtre MEP depuis 1945, n’y arrive comme professeur,  puis il termine sa formation rue du Bac de 1950 à 1953.

    En 1950 il écrit au Supérieur général : « Je voudrais être prêtre uniquement parce que j’aime Jésus et que je suis convaincu qu’Il m’appelle. Je sais, pour l’avoir très souvent médité, pourquoi Il est venu sur la terre, pourquoi, après une longue préparation solitaire, Il s’est fait missionnaire et pourquoi il est mort. Je voudrais dépenser mes forces à continuer son œuvre nécessaire et moi aussi sauver des âmes… »

    Le supérieur du Séminaire des Missions Etrangères écrit à son sujet en 1951 qu’il est un bon aspirant pieux et régulier, équilibré, doté d’un jugement droit, qu’il est timide, paraît terne et a un air triste et fermé, mais qu’il est très serviable et dévoué, énergique et tenace.

    Ordonné prêtre le 31 mai 1953, Christian Wittwer est destiné à la mission de Phnom Penh le 14 juin 1953. Il part en mission  le 16 novembre 53 et embarque à Marseille pour Saïgon, le voyage durant environ 18 jours. Le 15 décembre 1953 il arrive à Phnom Penh, où Mgr Chabalier, vicaire apostolique, l’accueille et le fait monter dans une tour de sa cathédrale, en cours de construction, cathédrale qui sera rasée une vingtaine d’années plus tard par les Khmers Rouges.

    Comme tous les missionnaires de l’époque, le P. Wittwer apprend le vietnamien, langue des chrétiens du Cambodge. On l’envoie pour ce faire chez les Frères de Banam, au bord du Mékong, sur la route joignant Phnom Penh à Saïgon, mais il doit quitter les lieux en raison de leur insécurité, et séjourner à Kampot de mai 1954 à avril 1955.

    Le 15 août 1955 il reçoit sa première nomination, à Kampot, où il remplace le P. Jean Vuillemin, nommé au petit séminaire de Phnom Penh. Il y reste jusqu’à son premier congé, en avril 1962.

    De retour au Cambodge en octobre 1962, il coopère avec le P. Georges Poirson dans la paroisse de Chrui Chongwar, sur une presqu’île séparant le Mékong et le lac Tonlé Sap, jusqu’en mai 1963. Il reçoit alors la charge pastorale de Bung Kranh et Pursat.

    En avril 1969, Christian Wittwer prend son deuxièeme congé en France, il rentre au Cambodge en octobre 1969. Après un bref séjour à l’évêché de Battambang, il part pour Siem Reap avec le P. Joseph Perriot-Comte, début janvier 1970. Mais la situation politique se dégrade au Cambodge à partir de mars 1970.  Début juin la ville de Siem Reap est attaquée sans être prise par les Vietcongs. Le P. Wittwer, sur le conseil de Mgr Tep, préfet apostolique de Battambang, se rend à Phnom Penh en juillet, où il s’occupe de Vietnamiens de Cambodge affluant après les massacres de Chrui Changwar, de Takéo et autres lieux, en attendant d’être rapatriés au pays de leurs ancêtres par la marine vietnamienne.

    Au bout d’un an, en juillet 1971 Mgr Tep le rappelle à Battambang, où 4000 Vietnamiens, dont 1000 catholiques, s’étaient rassemblés en divers points de la ville, notamment les écoles privées, fermées par Lon Nol en mars 70.

    En octobre 1973, Christian prend un temps de repos à Hongkong, Macao et Taïwan en compagnie du P. René Madec, puis il passe son 3ème congé en France et regagne Phnom Penh à la mi-janvier 1975, où la situation est sombre et la fin du régime de Lon Nol.

    Le supérieur général, le P. Léon Roncin, étant passé à Phnom Penh ce même mois de janvier 1975, avait dit que les pères qui le désiraient pourraient s’éloigner provisoirement du Cambodge le temps de voir comment évoluerait la situation. Le 17 mars 1975, le P. Wittwer quitte le Cambodge pour Bangkok avec le P. Maurice Le Coutour. Devant partir de Thaïlande au bout de 15 jours, ils se rendent au Laos, où ils apprennent que Phnom Penh est tombée aux mains des Khmers Rouges, et ils quittent Vientiane pour Paris le 23 avril 1975.

    Agé de 49 ans, le P. Wittwer souhaite repartir en mission, et parmi les pays qui lui sont proposés, il choisit en août 1975 l’Indonésie. Le supérieur général l’envoie dans ce pays, à Sumatra, au diocèse de Padang, où se trouvaient depuis 1976 les PP. Antoine Vitte et Gérard Moussay.

    En attendant d’obtenir son visa, Christian étudie la langue et la culture indonésiennes à Paris, de novembre 1975 à mai 1976. Il rend service à l’accueil rue du Bac et fait à deux reprises de longs séjours à l’hôpital, en 1976 et 1977. Enfin, il peut se rendre dans sa nouvelle mission. Il quitte Paris le 16 février 1978, en compagnie des confrères destinés à Tanjung Karang, les PP. Ferdinand Pecoraro, Joseph Gourdon, Paul Billaud et Vincent Le Baron. Leur voyage de Paris à Jakarta durera un mois, car ils passent par l’Inde, la Thaïlande, la Malaisie et Singapour, où ils rencontrent des confrères.

    Tout d’abord, le P. Wittwer prend des cours d’indonésien, un mois à Padang, puis trois mois à Bandung, où il retrouve les 7 derniers MEP arrivés en Indonésie, jusqu’en août 1978. Après un mois de découverte de Padang et dans des îles voisines, Christian Wittwer se rend en novembre 1978 à Air Molek, dans la province de Riau, où il seconde le P. Antoine Vitte. Il y reste jusqu’au premier congé qu’il prend depuis son arrivée en Indonésie, en mars  1983.

    De retour en Indonésie en septembre 1983, Mgr Martinus Situmorang, évêque de Padang, l’envoie, après un intérim à Bulittinggi, dans la région de Pasaman, sur la côte ouest de Sumatra, à Kota Baru. En compagnie du P. Morini, il assume la charge pastorale du centre et de 8 dessertes, dans une région peuplée de paysans javanais transplantés là au début des années 1950. En 1989, le P. Wittwer prend un congé en France, il passe par le sud du Vietnam pour y visiter des communautés de chrétiens vietnamiens chassés du Cambodge au début des années 1970.

    De retour en Indonésie, fin mars 1990 il se met au service d’un autre diocèse de Sumatra, Palembang. Il y sert la paroisse de Curup, dans la province de Bengkulu, avec le P. Jean Moriceau comme curé. Après un congé de France de juillet 1993 à juin 1994, il regagne Curup. En juin 1996 une fracture du col du fémur lui vaut une nouvelle hospitalisation et un séjour de 3  mois en convalescence chez les Petites Sœurs des Pauvres de Singapour.

    Pour raisons de santé, le P. Christian Wittwer, dans sa 71ème année, rentre définitivement en France le 20 mai 1997. Chemin faisant, il a la joie de passer 3 semaines au Vietnam et 15 jours au Cambodge, où il retrouve des connaissances, et il arrive à Paris le 30 juin 1997. En novembre 1997 il s’installe dans la maison d’accueil de Lauris, où il retrouve son frère Bernard, qui y séjourne depuis l’année précédente, et qui y décédera le 17 août 1999.

    Christian connaîtra de multiples ennuis de santé au cours de la quinzaine d’années qui suivra. Il y fait face avec foi et sans se plaindre. C’est un compagnon discret et peu expansif, mais bienveillant et attentif aux autres. Le jeudi 25 octobre 2012, il décède paisiblement, au terme d’une longue vie missionnaire marquée par les épreuves qui frappèrent les populations du sud-est asiatique au XXème siècle. Que le Seigneur l’accueille auprès de Lui !

     

    • Numéro : 3971
    • Pays : Cambodge Indonésie
    • Année : 1953