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Bernard WITTWER (1921-1999)

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    Bernard, Paul, Louis, Charles Wittwer, fils de Ernest, fromager et de Bernadette Renaud, ouvrière dans l’horlogerie, naquit le 19 septembre 1921 à Damprichard (Doubs) et fut baptisé le 21 septembre 1921, dans l’église paroissiale de cette localité du diocèse de Besançon. La famille comptait quatre enfants dont trois garçons et une fille. Ses études primaires achevées, Bernard parcourut le cycle de l’enseignement secondaire au petit séminaire de Maiche, d’octobre 1932 à juillet 1938 et obtint le baccalauréat. Il se dirigea alors vers le grand séminaire de Favernay où, d’octobre 1938 à juin 1940, il fit ses études de philosophie.

    Le 1er octobre 1940, M. Bernard Wittwer rentra au séminaire des Missions Étrangères. Tonsuré le 29 juin 1941, il reçut les premiers ordres mineurs en décembre 1941, et les seconds ordres mineurs en 1942.Il fut exempté de service militaire. Sous-diacre le 24 février 1945, diacre le 17 mars 1945, ordonné prêtre le 21 avril 1945, il reçut sa destination pour le vicariat apostolique de Kirin, (Mandchourie septentrionale) et fut agrégé temporairement à la Société des Missions Étrangères, le 15 septembre 1945. Mais, en attendant de « prendre le bateau », sur lequel il était difficile d’avoir un passage au lendemain de la Seconde guerre mondiale, M.Bernard Wittwer fut professeur à Bièvres, durant l’année scolaire 1945-46.

    Le 16 janvier 1948, il partit rejoindre sa mission de Kirin. Mais celle-ci, au sortir de la Seconde guerre mondiale connaissait une situation, nouvelle.. Après l’explosion de joie du 15 août 1945, lors de la capitulation japonaise, la Mandchourie dépendante du Japon, redevint « territoire chinois » occupé d’abord par l’armée russe. À l’ombre de celle-ci, s’installèrent des troupes communistes chinoises déjà cantonnées en Chine du Nord ; des groupes marxistes passèrent en Mandchourie, firent de la propagande, enrôlèrent des recrues de gré ou de force, mirent la main sur les dépôts d’armes et de munitions abandonnées par l’armée japonaise. Refusant de reconnaître l’autorité du pouvoir central de nankin, elles entrèrent en confit avec l’armée gouvernementale. Le pays plongea dans la guerre civile.

    Dans con compte rendu de 1947, Mgr Gaspais résumait ainsi la situation de la Mission : « Depuis mai 1946, la Mission de Kirin se trouve donc coupée en deux. .Les districts situés au nord de Soungari sont en zône communiste, les autres en zône gouvernementale. Mais le Soungari forme au nord une frontière » entre les deux zônes, il ne constitue pas un obstacle infranchissable. Alors les « Palou-kiun » (forces communistes) ne se font pas faute de le franchir pour venir piller les territoires soumis aux gouvernementaux ». Et en avril 1948, la vague rouge avait complètement submergé tout le diocèse de Kirin : »la plupart des postes, écrit l’évêque, ont été dévastés, des chrétientés littéralement saccagées, des résidences expropriées, des églises désaffectées, les écoles licenciées, immeubles et biens confisqués, partout pour ainsi dire, le ravage et la ruine ».

    En raison de cette situation mais en espérant des jours meilleurs, M. Bernard Wittwer s’arrêta à Pékin où il commença l’étude de la langue chinoise qu’il continua à Macao par la suite, en compagnie de six autres missionnaires destinés eux aussi à la Mandchourie. Ceux-ci se trouvaient également dans l’impossibilité de rejoindre leur Mission. De ce fait, au début de juin 1949, Mgr le Supérieur général des Missions Étrangères donna à chacun d’eux une nouvelle destination « provisoire » :MM. Grange et Decrooq furent envoyés à Kunming, MM. Trivière et Marchand à Chengtu, MM. Hoffmann, Bernard Wittwer et Decroix à Chungking. À Macao, ce groupe de missionnaires étudiants reçut avec  enthousiasme ces nouvelles nominations.

    Ainsi, le 19 juin 1949, arrivèrent par avion de Hong-Kong les trois jeunes confrères destinés à l’archidiosèce de Chungking. Déjà familiarisés avec la langue et la littérature chinoise, ils se trouvaient prêts à servir ; il ne leur restait qu’à s’adapter au dialecte local.  Mgr Jantzen envoya M. Bernard Wittwer à Chapinpa, dans la banlieue de Chungking. Vicaire de M. Cacauld, il travailla auprès des étudiants de la « cité universitaire » de cette ville, tout en conseillant et dirigeant M. André Gonthier, le nouvel arrivé, dans l’étude de la langue chinoise.

    Mais la situation politique et militaire en Chine évoluait rapidement au profit des forces communistes. Mgr Jantzen écrivait dans le compte rendu de 1949 : « Ainsi, chacun à son poste, nos missionnaires du diocèse de Chungking ont attendu avec sérénité, l’arrivée des fameux « libérateurs » qui en quelques semaines ont submergé ces lointaines provinces de l’immense Chine. C’est le 29 novembre 1949, dans la soirée que les troupes de Mao-Tse-Tung occupèrent la ville de Chungking. .Le changement de régime se fit dans l’ordre. La place était du reste vide de défenseurs. Une question se pose naturellement à l’esprit de chacun : quelle est la situation des missionnaires de ce diocèse sous le régime de « démocratie  populaire» ?

    Mais, à Paris, l’assemblée générale avait élu, le 13 août 1950, M. Paul Destombes, comme premier assistant du Supérieur générale la Société des Missions Étrangères ; de ce fait, il céda à M. François Haller la charge de supérieur de la communauté du séminaire de Paris, à la rentrée de septembre 1950 et M. Bernard Wittwer fut rappelé de Chungking ; celui-ci arriva à Paris le 27 septembre 1950, pour se préparer à ses nouvelles responsabilités de professeur et de directeur au séminaire de Paris. Le 24 février 1951, il commença ses cours de théologie dogmatique, succédant à M. Georges Debeban, en cette chaire. Le 30 juin 1951, il fut nommé au séminaire de Bièvres et chargé des cours de dogme à la rentrée de septembre 1951.

    Ordonné prêtre, le 31 mai 1953, son frère Christian reçut le 14 juin suivant sa destination pour le vicariat apostolique de Pnompenh.

    L’année scolaire 1961-62 achevée, M. Bernard Wittwer quitta Bièvres pour le petit séminaire « Augustin-Schoeffler » de Ménil-Flin dirigé par M. Alphonse Desroches, et dont l’effectif, à la rentrée de septembre 1962, était de quarante-cinq élèves. On lui confia l’enseignement de l’histoire, de la géographie et des sciences. Mais à partir de 1964, les élèves de seconde, de première et de philosophie de Ménil-Flin furent dirigés  vers le petit séminaire d’Autrey (diocèse de saint Dié) pour y continuer et y terminer leurs études secondaires. Quelques professeurs de Ménil-Flin furent sollicités pour y renforcer le corps professoral, assurer des cours et suivre leurs élèves.. En 1965, M. Bernard Wittwer enseigna la philosophie et les sciences naturelles, et, l’année suivante, cette dernière discipline seulement. Puis, en raison du petit nombre d’élèves, de la multiplication et du développement en France des collèges d’Enseignement général, des exigences de la réforme scolaire et du petit nombre de professeurs spécialisés, le petit séminaire de Ménil-Flin ferma ses portes en juin 1966. La maison fut alors utilisée comme Centre d’Information Missionnaire.

    C’est alors que M. Bernard Wittwer reçut une nouvelle destination pour le service de la jeune Mission de Mananjary sur la côte est de Madagascar, dans l’archidiocèse de Fianarantsoa ; il quitta la France le 23 septembre 1966, et se mit aussitôt à l’étude de la langue malgache ; en 1967, il fut envoyé à Ifanadiana, capitale du district de « La Forêt », un district de brousse, où il fit équipe avec M. Marcel Lauret. En plus de son travail pastoral,et comme ministère extra-paroissial,il était aussi responsable du service de l’enseignement, puis du service des vocations. À Ifanadiana,deux religieuses de Saint Paul de Chartres et une postulante étaient arrivées, en juillet 1965, pour créer un Centre Rural Ménager pour la formation humaine et spirituelle des jeunes filles et femmes « tanala » de cette région.

    En 1970, le second conseil pastoral du diocèse de Mananjary mit en route une nouvelle pastorale des vocations. Un centre de formation apostolique fut créé et confié à une équipe de laïcs, malgaches et français, conseillée par un prêtre ; sa mission était de recevoir et de préparer des jeunes âgés de plus de dix huit ans, désirant se mettre au service de l’Église, tandis que les plus jeunes feraient leurs études au collège des frères à Mananjary. Cette même année, M. Bernard Wittwer quitta Ifanadiana et fut nommé « curé » d’Ambohimanga du Sud où il travailla jusqu’en 1990. Ce fut un apostolat fécond étalé sur une période de vingt ans dans le même district interrompue par trois courts congés en France : du 14 avril au 26 novembre1972, du 18 mai au 25 novembre 1977, puis du 11 juin 1986 au 12 janvier 1987.

    Ce vaste district enclavé qu’il prenait en charge se composait en fait de deux centres pastoraux : l’un à Ambohimanga, l’autre à Fasintsara. Au plan pastoral, il mit en priorité l’enseignement de la Foi et l’engagement des chrétiens dans l’Église. Pour cela, il accorda une importance capitale à la formation spirituelle et humaine de ses catéchistes, les réunissant chaque mois, tantôt dans un centre, tantôt dans l’autre. .Environ soixante dix jours par an étaient consacrées aux tournées pastorales dans les petites chrétientés du district. À cette occasion, il essayait de regrouper les fidèles pour qu’ils fassent « communauté chrétienne ». Au programme, deux retraites de trois jours. Mais, tout n’était pas facile : Mes difficultés, écrit-il, viennent principalement de la langue : je parle et comprends mal leur dialecte..Il y a aussi la distance de Mananjary (180 km) et les difficultés d’une route mauvaise : c’est pourquoi les chrétiens du district ne participent pas suffisamment aux réunions diocésaines,  .ma vie matérielle est satisfaisante. Ma joie, c’est d’être dans le district l’envoyé du Christ, faisant avec lui, l’œuvre du Père. Les joies ou satisfactions ne manquent pas .

    Le 15 décembre 1975, le Saint Siège nomma Mgr Xavier Tabao Maniarimanana, s.j., malgache, originaire de la tribu Atambahoaka comme évêque de Mananjary; il reçut la consécration épiscopale le 21 mars 1976. M. Bernard Wittwer confirmé dans sa charge de responsable du district missionnaire d’Ambohimanga – Fasintsara, continua son travail apostolique avec la même ardeur et la même méthode. Selon le compte rendude1977-79 : (M. Bernard Wittwer est le plus âgé des Pères de brousse, mais aussi le plus éloigné de Mananjary (180 km). Sa land-rover n’est pas un luxe pour y accéder par une mauvaise piste de 70  km. Son style de vie très rustique, le travail pastoral de visites et d’animation par des sessions de catéchistes et visiteurs, auprès de trente cinq communautés chrétiennes de son vaste district lui font oublier son isolement, mais aussi lui valent quelquefois des accrocs de santé. Un de ses grands soucis : la catéchèse des enfants et des adultes ».

    En 192, deux sœurs de Saint Paul de Chartres lui apportèrent leur aide précieuse ; malgré la dégradation des routes et les distances, deux ou trois fois l’an, elles assuraient, dans son district, des retraites pour les jeunes chrétiens ruraux, des sessions pour les jeunes filles et mères de famille avec des cours de couture et d’hygiène, de cuisine, etc. Mais lui-même considérait comme fondamentale et essentielle la formation des responsables des communautés chrétiennes et surtout des catéchistes, d’autant plus que « le Seigneur en avait rappelé à lui » quelques-uns d’entre eux. Aussi, écrit-il, « la formation des catéchistes (ils sont une bonne trentaine) est organisée sur place. J’assure des sessions de deux ou trois jours,, quatre fois par an dans chacun des deux centres du district : éveil à la prière, Écriture Sainte d’après le cycle liturgique,directives pastorales. Est bénéfique aussi pour eux le fait de se retrouver et d’échanger sur leur travail. .En plus de ces sessions sur place, la session annuelle d’un mois à Manajary a été suivie par sept catéchistes en1981 et 1982 ».

    En regroupant dans les secteurs de son vaste district, quatre ou cinq petites chrétientés voisines, il créa une communauté chrétienne, qui, le dimanche, se réunissait dans un village à tour de rôle pour une célébration plus festive de la liturgie. .De plus, dans ces rencontres, chacun prenait conscience qu’il était membre d’une communauté, d’ une grande famille spirituelle, dans laquelle il pouvait trouver encouragement soutien mutuel, car selon le dire malgache « ceux qui vont en groupe ne sont pas happés par  le caïman ».

    Un collège d’enseignement général avait été ouvert à Ambohimanga en1978, et un autre l’année suivante à Fasintsara. . M. Bernard Wittwer fit « un effort suivi pour réunir un petit groupe d’étudiants chrétiens ». En vue de toucher les « non-chrétiens », il réveilla des communautés chrétiennes assoupies, et suscita leur esprit missionnaire Ainsi en octobre 1981, un village «non chrétien » devint « priant » et reçut la première évangélisation d’un catéchiste et des chrétiens du village voisin. En 1982, il comptait dans son district une soixantaine de catéchumènes. Mais pour certains d’entre eux, écrit-il : « leur réticence à s’engager dans le mariage fera différer la célébration du baptême ». Cette année-là, son compte rendu se terminait par un aperçu sur « la dégradation des routes sous l’action des pluies cycloniques. .Chaque année, écrit-il, plusieurs kilomètres de route sont rayés de la carte. Depuis juin 1982, le parcours direct pour rejoindre le district voisin d’Ifanadiana et la route de Fianarantsoa à Mananjary n’est plus utilisable qu’en tracteur ».  De cette situation, il en dégageait les conséquences au niveau économique sur la vi !e des gens, e »t au plan pastoral : « les tournées se faisant maintenant à pied, il a fallu en réduire le rythme ».

    En juillet 1984, au terme d’un long périple et avec le concours de la chaise à porteurs sur 20km à l’aller comme au retour, Mgr Tabao visita Farintsara, donna la confirmation à soixante-seize baptisés et présida une session pour les catéchistes. Bien que les mouvements d’Action Catholique fussent plus ou moins »en sommeil », le nombre de chrétiens croissait régulièrement. .M. Bernard Wittwer écrivait : « « Pour les deux années 1983 et 1984, il y a eu cent cinquante cinq baptêmes d’enfants,quatre vingt sept de jeunes et d’adultes et vingt sept mariages. .La proportion des catholiques reste la même (1/10 des habitants). À noter ces deux dernières années, l’ouverture de six lieux de prière (dont trois sont des réveils d’anciennes communautés tombées en léthargie). La mise sur orbite de ces commmunautés dépend évidemment beaucoup du catéchiste et du chef catéchiste (visiteur ou « inspecteur »). Il faut se persuader que « la grâce travaille dans le temps et que le temps travaille pour la grâce ».

    En 1984, après avoir rappelé la vie et le travail apostolique de trois catéchistes que « le Seigneur a rappelé ces dernières années », M. Bernard Wittwer revient sur la priorité qu’il faut donner à leur formation humaine et spirituelle que celle-ci se fasse sur place, ou lors des sessions de : un mois et demi à Mananjary ou encore à l’école des catéchistes de Fianarantsoa. « Un des grands soucis du missionnaire est de trouver des catcheuses aptesà devenir de bons chefs catéchistes (ou visiteurs) ». Cela lui donnait l’occasion de présenter la situation particulière dans laquelle se trouvait le canton isolé de Moroharatra dans son district et pour lequel il recherchait un catéchiste capable : 6.500 habitants, quelques 400 catholiques dans dix petites communautés.

    Voilà pourquoi, en 1983, il envoya en session, à Mananjary, sept catéchistes de son district, un foyer en 1984 et quatre foyers en 1985. Cette même année, ’envoi en mission de huit catéchistes l’émut fort il nous raconte : »À l’école de formation des catéchistes du diocèse de Fianrantsoa, deux catéchistes de mon district et leurs épouses, ont terminé les deux années de formation l’un en 1984, l’autre en 1985.. Deux autres foyers ont pris leur place. Je fus très impressionné par la cérémonie d’envoi en mission de huit catéchistes quittant l’école, le 12 avril 1985. À la messe présidée par l’évêque de Fianarantsoa, une foule de chrétiens entouraient leurs catéchistes. La cérémonie évoquait l’importance du ministère de la parole confié aux catéchistes et associait à ce ministère les épouses des catéchistes. C’est conjointement que chaque catachiste et son épouse prononcent leur engagement au cours d’un dialogue avec l’évêque ; eux deux, ensemble, recevant la Bible et l’imposition des mains. C’est le foyer qui est appelé à proclamer la Bonne Nouvelle ».

    En 1985, sur le thème « Marie, Reine de la famille », et en union avec le diocèse, M. Bernard Wittwer organisa deux routes mariales. En septembre et en octobre 1985, deux statues de la Vierge prirent leur départ depuis les deux centres principaux de son district, et allant d’une chrétienté à l’autre, elles circulèrent chacune dans leur secteur, jusqu’en mai 1986. Les fruits spirituels furent abondants, la ferveur des chrétiens accompagnant et accueillant la Vierge en fut renouvelée. . .Cela se concrétisa par l’érection de statues dans les chrétientés, et l’inauguration de deux lieux de pèlerinage.

    En réponse à la demande de certaines communautés villageoises, et encouragé par son évêque, il participa à l’ouverture de trois écoles de brousse en octobre 1986 ; elles seront six lors de son départ, totalisant plus de deux cents élèves. Puis d’octobre à décembre 1987,n il fut heureux d’accueillir chez lui, dans son district enclavé et d’accès difficile, son jeune confrère : M. Jean-Yves Lhomme ; il écrit : « période bienfaisante pour moi et les chrétiens au service desquels Jean-Yves a mis ses compétences médicales ». Mais laissons ce jeune confrère témoigner : « c’est là (à Ambohimanga du Sud), avec Bernard Wittwer que j’étais appelé à m’investir et à épanouir ma vocation missionnaire. Cette perspective de vivre dans un district de la forêt à180 km à l’ouest de Mananjary, m’enthousiasmait. Cette période aura été courte : « elle n’aura duré que trois mois. .Je garde un  très bon souvenir de ce passage de quelques semaines où je fus à même d’apprendre à travailler. .Entre les tournées en brousse à pied, frais sorti de l’école de langue, je profitais de la patience et du talent de professeur du père Wittwer. Il restait beaucoup à faire pour entrer davantage dans une nouvelle manière de penser, mais nos amis malgaches sont indulgents et savent s’adapter au langage de chacun ».

    En 1991, Bernard Wittwer laissait percer sa joie à travers ces brèves lignes de son compte rendu. Il écrit : »Malgré les difficultés dues à l’éloignement, quarante-deux chrétiens de mon district ont tenu à rencontrer le Pape et à prier avec lui ». En effet, les 3O  avril et 1er mai 1989, le pape Jean-Paul II fit visite à Madagascar. Il venait béatifier Victoire Rasoamanarivo, un modèle d’engagement apostolique basé sur une vie de prière.

    Voici qu’en octobre 1988, un grand séminaire avait été ouvert à Vohitsoa, diocèse de  Fianarantsoa pour la formation des prêtres diocésains du sud de la Grande iIe. . Chacun des diocèses concernés, dont celui de Mananjary, participa à la composition du corps enseignant.. Mgr Tabao, son évêque, l’informa que son poste d’Ambohimanga serait pris en charge, en juin 1991, par les Pères déhoniens portugais ; il lui demanda d’aller comme économe au grand séminaire. M. Bernard Wittwer accepta.  Ainsi, au début de janvier 1990, il quitta son district sans trop de regret ; cependant, écrit-il : « la formation des catéchistes toujours été pour moi un souci primordial ;j’en, préparais avec soin les réunions ; c’est une des activités que je regrette ».

    Il s’adapta rapidement à son nouveau poste, souvenant que l’un des objectifs de la Société Mep était la formation du clergé local. En plus du travail de l’économat, il lui fut demandé d’assurer, deux fois par mois, « des entretiens spirituels » d’une heure chacun. En s’appuyant sur l’histoire des Missions, et en se référant aux enseignements de l’encyclique « Redemptoris Missio », il s’efforça d’ouvrir le cœur des séminaristes aux dimensions de Mission Universelle. .En 1991, trois après son ouverture l’effectif total du grand séminaire était de soixante dix huit élèves ; on en prévoyait une centaine à la rentrée d’octobre1991.

    En août 1992,M. Bernard Wittwer quitta ses fonctions au grand séminaire de Vohitsoa à Fianarantsoa et prit un congé en France. Le 25 janvier 1993, il repartit pour Mananjary et remplaça par interim, M. Louis Hoffmann, à la tête de la paroisse Saint Augustin qui est aussi celle de la cathédrale à Mananjary. Puis vers la fin de l’année 1993 et jusqu’en janvier 1996, il fut le collaborateur très apprécié de M. Jean-Yves Lhomme, à Nosy-Varika sur la côte est de l’île. En effet :Son approche méthodique de toutes les réalités, tant intellectuelles, spirituelles que matérielles reste pour les prêtres et laïcs du diocèse un modèle et un encouragement à persévérer »

    Sa santé se détériorant,M. Bernard Wittwer rentra en France et arriva à Paris le 27 janvier 1996. Après des soins reçus à l’hôpital Laënnec à Paris, il se retira à Lauris. Décédé le 17 août 1999, à Aix-en-Provence, il fut inhumé à Lauris le jeudi 19 août 1999.

    • Numéro : 3725
    • Pays : Chine Madagascar
    • Année : 1948