Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Maurice WINDAL (1930-2012)

Add this

    Maurice Marie Joseph Windal est né le 2 septembre 1930  à Lambersart, commune contiguë à la ville de Lille (Nord). Ses parents, Maurice Windal et Irma Lemaire, mariés en 1922, eurent 9 enfants, 6 fils et 3 filles. Maurice était le 5ème de la fratrie. Monsieur Windal travaillait comme directeur à la FACEN (Fourniture d’appareillage et de câbles électriques du Nord).

    Maurice fut baptisé le 8 septembre 1930 à Lambersart. Il grandit dans une famille chrétienne. Deux de ses cousins furent prêtres, dont le P. Maurice Surmon, mep (1922-2009), qui fut missionnaire en Chine puis en Malaisie. Une tante, une cousine et une de ses sœurs se firent religieuses. Sa sœur religieuse est missionnaire à Madagascar, Maurice eut la joie d’aller la voir là-bas et il mobilisa sa paroisse de Motomachi pour financer l’achat d’un 4x4 pour sa mission.

    Après ses études primaires à l’Externat Saint Gérard de Lambersart, le jeune Maurice fait ses études secondaires au Petit séminaire d’Hazebrouck, l’Institution Saint-François, de 1942 à 1949. Il est admis au Séminaire des Missions Etrangères, à Bièvres, à la rentrée de 1949. En 1951-1952 il fait son service militaire à Lille, puis il achève sa formation à Paris, rue du Bac.

    Le Supérieur du Séminaire écrivait le 31 mars 1954 au sujet de Maurice Windal, alors candidat à l’agrégation définitive à la Société : « Excellent aspirant, pieux et très régulier. Personnalité accusée, il sait ce qu’il veut. Il peut paraître parfois volontaire et un peu bourru ; mais il est très généreux et serviable. Talents d’organisateur. Excellente influence sur ses camarades ».

    Dans la lettre qu’il adresse au  Supérieur général le Jeudi Saint 7 avril 1955 pour demander l’ordination sacerdotale, Maurice écrit : « Je vous adresse cette demande en toute liberté, uniquement parce que je me crois appelé par Dieu à l’honneur de le servir en pays de mission, et que je veux répondre à son appel. Je sais aussi dans quelle voie je m’engage ; aussi est-ce en toute humilité que je me confie en Dieu, persuadé qu’avec le secours de sa grâce je puis être assez fort pour porter les croix qu’il me réserve, et travailler au salut des âmes qu’il me confiera ».

    Ordonné prêtre le 29 mai 1955, le jeune P. Windal reçoit sa destination le 13 juin 1955 : la mission de Hakodaté, au Japon. Mais il est d’abord envoyé à Rome, à l’Université Grégorienne, où il obtient en 1957 une licence de droit canonique.

    Le 1er octobre 1957 Maurice Windal part en mission. Il commence l’étude du japonais à Tokyo avant de se rendre dans le Hokkaido, où il reçoit sa première responsabilité pastorale en juin 1959, à Miyamae-cho, une grosse paroisse de la ville de Hakodaté.

    En juillet 1961 il est nommé à Motomachi, puis, en octobre 1962, à Esashi, toujours dans ce district de Hakodaté où il passera en fait toute sa vie missionnaire au Japon. Il connaissait très bien toute la région de Hakodaté et il était heureux de la faire découvrir.  Le P. Windal fut quasiment le fondateur de cette petite  paroisse Saint Pierre d’Esashi, dans un petit port très isolé de la côte est du Hokkaido, à deux heures de route de Hakodaté. Il y passa probablement les plus heureuses années de son ministère. Il aimait aller y célébrer la messe des années plus tard, alors qu’il était curé de Motomachi à Hakodaté.

    En février 1965 le P. Windal est affecté provisoirement à la Procure de Hongkong, mais il est de retour au Japon dès janvier 1966. L’évêque de Sapporo le renomme curé de la paroisse d’Esashi, qu’il avait quittée un an auparavant. Il assumera cette charge jusqu’en novembre 1972. Il est alors nommé curé de Miyamae, où il avait commencé son apostolat missionnaire  13 ans auparavant.

    En juin 1980 il devient supérieur de la maison MEP de Hakodate. Pendant 10 ans il  rend ce service de Société tout en assurant le service pastoral de la desserte d’Esashi et en s’occupant de jardins d’enfants catholiques ainsi que d’œuvres sociales pour enfants. En décembre 1990 l’évêque de Sapporo lui confie la paroisse de Motomachi. Il accordait une grande confiance au P. Windal et n’hésitait pas à aller le consulter sur des questions difficiles.

    Le P. Windal y travaille depuis 13 ans lorsque le 12 octobre 2003 une grave hémorragie cérébrale foudroie le P. Windal alors qu’il s’apprêtait à partir en voiture pour Esashi, à 70 km de Hakodaté. Heureusement, un groupe de chrétiens le conduit aux urgences et l’opération qu’il subit le jour même réussit à le sauver, mais il ne récupérera pas toutes ses facultés motrices au terme d’un long séjour à l’hôpital et d’une rééducation encore plus longue.

    En avril 2004, le P. Windal rentre en France afin de poursuivre sa rééducation et de revoir sa famille. En octobre 2004 il séjourne à Montbeton et il espère encore pouvoir retourner en mission, mais il doit y renoncer. Après un bref retour au Japon en avril 2005, Maurice Windal se retire définitivement à la Maison Saint-Raphaël de Montbeton. Sa santé continue de se dégrader, il y fait face courageusement. La diminution de sa capacité d’élocution est pour lui cause de souffrance, autant que sa mobilité réduite. Cependant il garde des liens avec de nombreux chrétiens de Hakodaté qui continuent à lui écrire et qui lui envoient même des colis. Parmi eux il y a des chrétiens qu’il avait baptisés adultes sous le nom de Maurice ou de Mauricette !

    Le 12 décembre 2012, le P. Maurice Windal décède à la clinique de Montauban où il séjournait depuis plusieurs semaines. Il fut inhumé le lundi 17 décembre dans le cimetière de la maison MEP Saint-Raphaël de Montbeton. Un confrère qui l’a bien connu écrit ceci au sujet du P. Windal : «Il était un excellent confrère, un peu bourru, mais avec un cœur d’or. Il avait un très bon sens pastoral. C’était un homme de confiance, très généreux et attentif. Maintes fois j’ai pu noter son souci des non-chrétiens. Il était aussi un bon vivant, avec une table et une cave toujours accueillante pour les confrères ». Que le Seigneur lui donne à présent la joie d’entrer dans la joie de son Maître et d’y demeurer à jamais.

    • Numéro : 4009
    • Pays : Japon
    • Année : 1957