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Théodore WIBAUX (1820-1877)

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    M. Théodore-Louis Wibaux naquit en 1820 à Roubaix (diocèse de Cambrai). Il avait achevé ses études et suivait les cours de droit, lorsqu’il se sentit appelé à l’état ecclésiastique et à l’apostolat. Il ne put donner immédiatement suite à son désir de se vouer à l’œuvre des Missions. Après son ordination, il professa la rhétorique au collège de Marcq (près Lille). Il avait trente-huit ans, quand il s’arracha à l’affection de sa famille et de ses nombreux amis, et entra au séminaire des Missions-Étrangères , le 24 novembre 1857. Là, le brillant professeur se fit le plus humble des élèves : « Ceux qui ont eu le bonheur de le connaître au séminaire , nous écrivait un de ses amis et collègues, se souviennent encore de sa régularité, de sa simplicité, de son humilité, de sa piété, de son amabilité, de son esprit fin et enjoué, et de tout cet ensemble de belles qualités qui attirent le respect , la confiance et l’affection. » Destiné à la Cochinchine occidentale, M. Wibaux s’embarqua le 20 février 1859.

    La Cochinchine, à son arrivée dans ce pays, était dans l’état le plus déplorable ; la guerre, la famine, la persécution l’avaient dévastée ; tout était à refaire. Les chrétiens étaient dispersés ; leurs prêtres, leurs catéchistes étaient morts dans les prisons ou au milieu des supplices. Mgr Lefebvre, désireux de porter remède à un tel état de choses, par la formation d’un nouveau clergé indigène, chargea M. Wibaux de l’entreprise et, conséquemment, de l’établissement et de la direction du séminaire de la Mission. » Notre cher confrère, écrivait encore le même Missionnaire, n’écoutant que sa confiance en Dieu, se mit courageusement à l’œuvre . Les circonstances étaient cependant difficiles, les ressources faisaient complètement défaut, et l’avenir était sombre et incertain. Son dévouement , sa charité et son zèle suppléèrent à tout… La formation du clergé indigène devint dès lors son œuvre de prédilection, le but unique et constant de ses pensées et de ses efforts. Il y a dépensé généreusement sa fortune, ses talents, sa santé et sa vie, et il a eu la consolation de mourir à la tâche. Mais avant , Dieu lui a accordé la grâce de voir 10 de ses chers élèves monter au saint autel. Et, en mourant, il lègue à tous ses confrères un noble exemple, et à la Mission de Saïgon un magnifique séminaire , qui compte actuellement plus de 150 élèves. »

    La maladie, pour la première fois, en 1869, arrêta le cours des travaux de notre cher défunt et le força de faire un voyage en Europe. « Revenu en Cochinchine à la fin de 1871, il se remit avec un nouveau zèle à son œuvre chérie, ne comptant jamais avec le travail ni avec la fatigue. » Mais bientôt ses forces trahirent de nouveau son zèle, et dès lors sa vie ne fut plus qu’infirmités et souffrances. « Cette longue maladie mit à découvert les trésors de foi, de piété, de patience et d’abnégation complète qui étaient dans son cœur . Il acceptait avec une résignation parfaite toutes ses peines, s’entretenait de la mort avec la gaieté de celui qui prend le chemin de la patrie. Quand il sentit que le grand jour appprochait, il demanda lui-même les derniers sacrements, qu’il reçut en pleine connaissance et avec les plus touchants sentiments de foi, de piété et d’humilité. Enfin, après une longue agonie, il rendit doucement son âme à Dieu à une heure et demie du matin, le 7 octobre, fête du Saint Rosaire. » Le gouverneur de la Cochinchine et les habitants de Saïgon tinrent à honneur de témoigner, par leur présence à ses obsèques, de leur estime pour le vénérable Missionnaire . Son corps repose au milieu de ses enfants , et sa tombe leur rappelle les pieux enseignements et les beaux exemples qu’il leur a laissés en héritage : Defunctus adhuc loquitur.

     

     

    • Numéro : 741
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1859