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Etienne VIVIER (1842-1898)

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    Étienne Vivier naquit à Cerre-lès-Noroy, dans le département de la Haute-Saône, et appartenait au diocèse de Besançon. Après de brillantes études faites dans les séminaires diocésains, il fit son entrée au Séminaire de Paris. Là, comme à Besançon, ses talents furent très appréciés. Mgr Charbonnier, vicaire apostolique de la Cochinchine orientale, demandait alors un homme doué d’aptitudes spéciales pour l’enseignement ; les directeurs du Séminaire de Paris lui envoyèrent M. Vivier en compagnie de M. Galibert. Leur départ eut lieu le 16 août 1868. Durant le voyage qui ne fut point sans danger et que des circonstances contraires prolongèrent outre mesure, les deux missionnaires eurent le temps de faire plus ample connaissance et de s’apprécier mutuellement ; ils se voilèrent une de ces amitiés fortes qui ne se démentit jamais dans la suite.

    Monseigneur garda près de lui, à Go-thi, M. Vivier, dont on lui avait vanté les dispositions pour le professorat ; son intention était de l’envoyer au séminaire de la Mission, sitôt qu’il saurait un peu la langue annamite. Non loin de là, à Lang-song, M. Derenne enseignait les notions élémentaires du latin à quelques élèves qu’il préparait au collège de Pinang ; il avait aussi à s’occuper de plusieurs chrétientés voisines. Mais, malade, épuisé, le Père ne pouvait plus remplir son ministère. M. Vivier fut envoyé à son aide; depuis six mois seulement, il étudiait la langue indigène, et déjà il était en état de rendre de réels services à son supérieur. Celui-ci ayant été enlevé bientôt par la mort, le jeune missionnaire devenait tout à la fois supérieur du district, professeur et curé. Il prit aussitôt son œuvre à cœur et s’y dévoua tout entier : il répara quelques églises ; au collège, le nombre des élèves augmentant sans cesse, il se fit constructeur ; le terrain devenant par trop étroit, il se fit acquéreur ; il inaugurait ainsi ce qu’il devait faire jusqu’à la fin de sa vie : construire et s’étendre.

    Sa sollicitude se portait surtout sur les élèves latinistes, et Dieu sait quel soin il mettait à former leurs cœurs et cultiver leur esprit. M. Vivier, entre autres belles qualités, avait celle d’être pratique et pratique en tout. Étant doué par ailleurs de réels talents naturels, on peut se représenter avec quel art il savait et se faire à tout et se mettre à la portée de tout le monde.

     

    Pour faciliter l’étude à ses élèves, il composa une grammaire annamite-latine, très estimée des connaisseurs ; il songeait à la faire imprimer, quand, sur l’ordre de son Vicaire aposto-lique, il dut quitter Lang-song pour prendre la direction de l’important district de Phù-thuong au Quâng-nam. Sa grammaire devint la proie des flammes dans la persécution de 1885.

    M. Vivier, au Quâng-nam, devenait le voisin de son cher compagnon de voyage, M. Galibert, déjà depuis longtemps curé de Tra-kieu. De plus, à Phù-thuong, il se trouvait à la tête de grandes paroisses connues pour leur entier dévouement envers leur père en Dieu. M. Vivier était homme à goûter ce précieux avantage. Sans négliger le spirituel et pour le consolider dans les cœurs, il consacra son activité à améliorer le temporel de ses ouailles, pauvres pour la plupart. « Si la grande richesse prête occasion de nuire au salut, disait-il, une trop grande pauvreté n’est point non plus de nature à favoriser la dévotion. »

    Le pays de Phù-thuong est un pays élevé, environné de montagnes ; il fallait trouver moyen d’en tirer parti. M. Vivier remarqua, çà et là, quelques plantations de thé isolées, offrant bel aspect et d’un bon rapport. Aussitôt sa décision fut prise ; il fit part de son projet aux chrétiens ; il encouragea les uns, aida les autres, et lui-même donna le premier l’exemple, dans le double but de stimuler tout le monde et d’utiliser des bras sans travail. Le mouvement était lancé : depuis lors, le pays s’est couvert d’année en année d’immenses plantations de thé, au point qu’aujourd’hui il fait l’admiration des autorités françaises. A M. Vivier revient l’honneur d’avoir lancé le mouvement ; à ses successeurs, celui de l’avoir activement soutenu.

    A Phù-thuong, il y avait une église à construire. M. Vivier n’eut que le temps de préparer bon nombre de matériaux ; au bout de quatre ans, il était changé et appelé à occuper une plus haute position. Là-bas, après bientôt vingt années d’intervalle, on se rappelle, on loue encore le dévouement du généreux Père. Ce dévouement se manifesta surtout dans un moment de grande famine, durant lequel il s’imposa d’énormes sacrifices et se trouva réduit à prendre pour mesure, dans la répartition du riz entre ses chrétiens, une petite tasse de thé de la grandeur d’un centilitre environ.

     

    Pendant ce temps, Mgr Charbonnier, malade, était allé à Saïgon pour y mourir, et le choix des confrères avait élevé M. Galibert à la dignité épiscopale. Celui-ci avait besoin d’un supérieur pour prendre la direction du grand séminaire nouvellement construit à Nuoc-nhi. Sa pensée se porta sur son ancien compagnon de voyage dont il appréciait les connaissances théologiques, sur son ami qu’il était heureux d’appeler près de lui.

    Enseigner la théologie, c’était pour M. Vivier chose plus qu’aisée, c’était encore chose agréable. Toute sa vie, en effet, la théologie avec l’Écriture sainte avaient été pour lui l’objet d’une étude constante et approfondie. Au séminaire, il trouva encore moyen de s’occuper ; il éleva de nouvelles constructions et s’appliqua surtout à bâtir la chapelle. Il ne prit point le temps de l’achever ; après deux ans de supériorat, il demanda lui-même son changement ; à la vie sédentaire du séminaire, il préférait la vie mouvementée du district.

    Déjà Mgr Galibert était parti pour refaire sa santé en France, mais il n’y trouva que la mort. Son successeur, Mgr Van Camelbecke, accédant à la demande du Père, lui désigna le district de Xom-nam, situé près de Gothi. Ce district ne comprenait que cinq chrétientés anciennes, populeuses, prospères au spirituel et généralement favorisées au point de vue du bien-être. M. Vivier eût préféré un milieu plus important, plus vaste, dans lequel il lui aurait, été plus facile de donner libre essor à son activité. Pour la première fois, il put goûter les douceurs du repos relatif ; elles lui étaient méritées, et il sut les apprécier. Plus tard, il aimait à rappeler les deux belles années de tranquillité qu’il avait passées à Xom-nam.

     

    M. Vivier ne resta en effet que deux ans à Xom-nam ; déjà nous arrivons à cette terrible année de 1885 qui accumula tant de ruines, et réduisit presque à néant la belle mission de Cochinchine orientale. Cette persécution, si elle éclata soudain, était cependant prévue. Les mandarins, naturellement si fourbes et si dissimulés, avaient peine à contenir leur haine et leur vengeance. En 1883, des chrétiens furent victimes d’un odieux arbitraire : un prêtre annamite fut arrêté et conduit à la citadelle comme un criminel ; ses serviteurs, qui l’accompagnaient, furent roués de coups de rotin et renvoyés sans autre forme de procès.

    Dans le même temps, à Binh-lâm, près Xom-nam, M. Vivier revenant de voyage, fut reconnu, arrêté et enfermé dans la maison commune du village. Quelques notables des environs, aussi hostiles, mais plus avisés sans doute, firent comprendre aux habitants de Binh-lâm que, s’ils n’avaient pas trop fait pour assouvir leur haine, ils étaient du moins allés trop vite en besogne pour être à l’abri d’un délit. Ils ouvrirent alors les portes et proposèrent à M. Vivier de rentrer chez lui. Mais le Père, nullement intimidé et voyant que le village était conscient de sa culpabilité, posa des conditions, qui, bien qu’humiliantes, furent néanmoins acceptées. En conséquence, le lendemain matin, il fut reconduit chez lui en hamac, porté par des gens du village et suivi des principaux chefs.

    De son côté, la chrétienté de Xom-nam préparait une ovation à son Père captif ; la réception fut solennelle, joyeuse pour les uns, accablante pour les autres. M. Vivier aimait à rappeler ce glorieux incident. « Je me vengerai, ajoutait-il, je ne mourrai pas avant que j’aie fondé une paroisse et élevé une église à Binh-lam. » Dieu lui permit d’exercer cette sainte vengeance : en 1896, le Père, tout triomphant, y baptisait les premiers néophytes ; en 1897, il y élevait un oratoire, et l’année suivante, il mourait.

    En juillet 1885, la révolte éclatait au Quâng-ngâi ; elle s’abattait comme une tempête sur la province de Binh-dinh aux premiers jours d’août Dès le 2, M. Vivier était descendu à Gothi, chez M. Martin, son voisin ; tous les deux résolurent de combiner leurs efforts et de se fortifier pour se mettre à l’abri d’un premier coup d’audace. On y travaillait depuis deux jours et d’autant plus activement que l’anxiété croissait d’heure en heure par suite d’alarmantes nouvelles, lorsque soudain arriva un exprès porteur d’un billet. C’était un mot de Mgr Van Camelbecke annonçant que la position devenant intenable, tout Lang-song allait se réfugier à Qui-nhon près des autorités françaises ; Sa Grandeur pressait les Pères d’en faire autant. C’était le 4 août, dans la soirée ; on n’attendit pas au lendemain, de suite l’ordre du départ fut donné. Environ 3.000 chrétiens se mirent à fuir pêle-mêle dans la direction de Qui-nhon. L’inquiétude était grande ; tous les 5 villages étaient soulevés ; en outre, impossible d’éviter Lang-song dont les rebelles étaient maîtres. Déjà un grand nombre de chrétiens étaient arrivés au pont construit sur la rivière qui partage la chrétienté en deux ; sur l’autre rive, des révoltés, armés de lances et de piques, en défendaient le passage. Personne n’osait s’aventurer ; on attendait l’arrivée des deux Pères. Hélas ! nos deux Pères, il n’en restait plusqu’un.

    Après environ deux heures de marche forcée, M. Martin s’affaissait sous le poids de la fatigue, et surtout sous le coup de l’émotion que lui causait l’aspect de ses chrétiens en fuite. M. Vivier dut revenir à la hâte sur ses pas pour assister son confrère ; il n’eut que le temps de l’administrer. La nuit commençait à tomber, vite on emporte la dépouille du pasteur défunt et on arrive au pont. A l’angoisse du moment se mêlaient les pleurs et les cris ; il fallait un cœur  de bronze pour y tenir.

    Voyant tous les bras tendus vers lui, M. Vivier, quoique le cœur brisé, n’hésita pas un instant ; le premier, il s’engagea sur le pont. Arrivé à l’extrémité, il interpella les quelques séditieux qui en défendaient l’issue ; son calme leur imposa, et, tout déconcertés, ils ne songèrent même pas à faire usage de leurs armes. Pendant ce temps, les chrétiens passaient le pont à la hâte et coupaient au plus court pour gagner Qui-nhon. M. Vivier partit le dernier, et parvint à conduire tout son monde en lieu sûr.

     

    Dix mille chrétiens en fuite étaient massés à Qui-nhon. Dans l’embarras de subvenir aux différents besoins de tant de monde entièrement dépourvu de tout, Monseigneur dut chercher une solution. Il fit appel au dévouement de M. Vivier, et lui proposa d’embarquer et de conduire à Saïgon bon nombre de chrétiens de Go-thi et de Xom-nam. Le Père accepta sans hésiter. On sait comment les Saïgonnais reçurent ces persécutés ; mus par un sentiment de légitime pitié, ils tendirent une main généreuse à ces pauvres affamés.

    M. Vivier prit aussitôt ses mesures, et grâce à son activité, chaque famille put trouver un abri. Mais tout ce monde ne pouvait vivre des seules ressources de la charité ; on ne devait, on ne pouvait pas y compter. Il fallait donc chercher de l’ouvrage, et de l’ouvrage suffisant pour occuper tous les bras valides. C’est dans cette circonstance surtout que le Père montra de quelle initiative il était capable ; c’est ici qu’il faudrait entrer dans les détails, le suivre pas à pas, narrer ses allées et venues, implorant ici une faveur, quêtant là un emploi, épiant toujours les bonnes occasions et intéressant tout le monde à sa cause.

    Après deux années d’exil environ, le calme paraissant assuré au Binh-dinh, les exilés purent y revenir. Chargé de relever les chrétientés de Go-thi et de Xom-nam, M. Vivier ne recula pas devant la tâche. Tout était à refaire, mais avec lui le nécessaire ne se fit point attendre, et chaque famille eut bientôt une case pour s’abriter, chaque paroisse un hangar pour prier.

    L’année suivante, en 1888, le Père dut revenir en France pour subir l’opération de la cataracte. Il lui fut ainsi permis de revoir ce qu’il avait de plus cher au monde, sa mère, presque octogénaire. Curieuse rencontre ! Le fils reconnut sa mère, celle-ci ne reconnut point son fils ! Le bonheur de se revoir fut ainsi tempéré par une émotion facile à comprendre. L’année dernière, il parlait souvent de sa mère, cette fois plus qu’octogénaire. « J’ai reçu d’inquiétantes nouvelles de sa santé, répétait-il ; d’un courrier à l’autre, je m’attends à recevoir la nouvelle de sa mort. » Hélas ! ce n’était point lui qui devait s’affliger sur la mort de sa mère, c’était celle-ci qui devait pleurer sur le cercueil de son fils !

    Dans la mission de Cochinchine orientale, le sang des martyrs ne tarda point à fructifier ; dès l’an 1889, il germait en abondance. A son retour de France, M. Vivier put faire une abondante moisson de conversions. La population chrétienne de son district recouvra son ancien chiffre ; de nouvelles chrétientés furent fondées ; prospères jusqu’à ce jour elles forment un cercle complet, ayant Go-thi comme centre ! Assidu à maintenir autour de lui le mouvement des conversions, attentif à former les néophytes à la vraie vie chrétienne, le Père se préoccupait encore de la reconstruction de l’église de Go-thi. Celle qui fut brûlée en 1885 était bien jolie, le bon Père n’entendait pas faire moins beau. Il put la commencer en 1894, pour l’achever l’année suivante ; il y mit tout son talent, tout son cœur, toutes ses ressources ; c’est un travail fini, délicat, qui s’impose à l’admiration des visiteurs.

     

    Tant de constantes et multiples préoccupations altérèrent la robuste santé du vaillant Père : les forces diminuèrent, l’appétit eut ses caprices, l’estomac supportait péniblement la nourriture. Au mois d’août 1896, il alla à Tourane, espérant trouver un remède à son mal près du docteur de l’hôpital. Les remèdes n’adoucirent que momentanément ses souffrances. Pendant une année, sa santé subit des alternatives de mieux et de pire qui ne laissaient pas d’inquiéter son entourage. Lui, à chaque mieux, se croyait radicalement guéri ; la gaieté, l’ardeur des anciens jours revenaient, et semblaient lui donner un renouveau de jeunesse.

    En cette année 1897, NN.SS. les vicaires apostoliques de Hué, de Saïgon et de Pnom-penh vinrent à Lang-song. M. Vivier ne pouvait mieux faire que de profiter de la présence de Leurs Grandeurs pour la bénédiction de sa nouvelle église. La fête fut splendide, et le bon Père, si dignement entouré, si heureux des hautes et publiques félicitations de son évêque, éprouvait un bonheur tel qu’aucune autre heureuse circonstance de sa vie ne semblait rappeler. Hélas ! cette fête si magnifiquement célébrée devait être le couronnement de sa carrière apostolique. Dieu, semble-t-il, avait décrété que ses mérites fussent unanimement reconnus sur cette terre, avant que Lui-même les récompensât au ciel. Le mal revint plus terrible, la faiblesse augmenta. Il fut transporté à Qui-nhon au commencement de décembre ; le docteur reconnut aussitôt la gravité de la maladie, et ne cacha point qu’une fin prochaine était inévitable.

    Au bout de quelques jours, à la suite d’une certaine amélioration, le Père voulut revenir à Go-thi ; les chrétiens se prirent d’espoir et résolurent de fêter le retour de leur cher curé. Touché de ces marques d’attachement et de respect, le Père fut gagné par l’émotion, et, se voyant faiblir, il se laissa tomber dans les bras de ceux qui l’entouraient. Il était si heureux de revoir Go-thi ! Go-thi, en effet, tant au temporel qu’au spirituel, était vraiment son œuvre ! Alité dès son retour, le Père ne devait plus se relever. Dieu ne lui épargna point les souffrances, il les supporta avec patience et résignation, et le 4 février 1898, il rendait son âme à Dieu, après vingt-quatre heures d’agonie. Le surlendemain, dix confrères des environs, prévenus à temps, firent de solennelles obsèques au cher et regretté défunt, au milieu d’une grande foule de fidèles, impuissants à comprimer leurs regrets et à retenir leurs sanglots. Ses restes reposent dans l’église de la paroisse, en attendant le jour de l’éternelle résurrection.

     

    Peu communicatif de sa nature, M. Vivier ne fut point toutefois l’homme mystérieux qui laisse à supposer des merveilles de sa petite personne, ni le concentré, qui, enfermé en lui-même, ne permet aux autres de ne formuler que des soupçons. Il était homme de bonne discrétion et de prudente réserve qui plaît toujours et gagne la confiance et l’estime ; il était de ces sages, qui, humbles et maîtres d’eux-mêmes, se font connaître et apprécier comme à leur insu, et ne disent que ce qu’ils veulent dire. Esprit judicieux, c’était un homme de bon conseil : d’un coup d’œil, il saisissait le nœud d’une difficulté, et traçait la conduite à tenir ; et, chose curieuse ! le plus heureux n’était point celui qui le quittait éclairé sur la voie à suivre, c’était le bon Père si content d’avoir pu lui rendre service. Esprit large et de grande envergure, notre sainte religion lui apparaissait sans cesse sous un aspect de grandeur, de dignité, qui ne souffrait ni la mesquinerie, ni la censure ; il ne croyait jamais faire assez beau quand il travaillait pour elle. L’église de Go-thi, Dieu sait ce qu’elle lui coûta de peines et d’argent, et cependant il eût voulu faire mieux encore ! Ses ornements de messe étaient tous jolis, certains même riches, il les eût voulus moins indignes de l’auguste et divine Victime.

    Dans son église, les jours de grande fête, on ne savait ce qu’on devait admirer davantage ; l’ornementation de l’autel, les bannières, les habits des enfants de chœur, tout était magnifique ; et lui, comme il jouissait au milieu de tout ce beau décor religieux ! L’esprit de foi lui inspirait également une très haute idée de la dignité du sacerdoce ; prêtre, il ne perdait point de vue qu’il était l’oint du Seigneur. Respectueux lui-même de sa dignité, il ne souffrait point qu’elle fût méconnue des autres, quels qu’ils fussent ; il avait, en un mot, toute la gravité d’un missionnaire du Très-Haut.

    D’après ce court exposé de sa vie intime, il ressort que si, chez le cher P. Vivier, l’esprit était orné de beaux talents, le cœur était également doué de hautes vertus.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    • Numéro : 997
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1868