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Pierre VILLETTE (1902-1940)

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    Pierre, Marie, Charles, Georges VILLETTE naquit le 24 novembre 1902 à Paris, paroisse N.D. de la Croix, Il fit ses études secondaires au petit séminaire de Paris situé à Conflans.

     

    Le 14 septembre 1922, il entra, laïque, au Séminaire des Missions Etrangères, à Bièvres, où il passa deux ans.  Son service militaire accompli, il continua, à Paris, rue du Bac, sa formation sacerdotale. Ordonné prêtre le 29 juin 1928, il reçut le soir même sa destination pour le vicariat apostolique de Phat-Diêm qu'il partit rejoindre le 9 septembre 1928.

     

    Il débarqua à Haï-Phong, passa quelques jours à Hanoï, et vers la fin d'octobre 1928, par Ninh-Binh, il gagna Phat-Diêm, centre de la Mission doté d'une belle cathédrale de style sino-viêtnamien, élevée à la fin du 19ème siècle, par le P.Six. Après avoir reçu de son évêque le nom viêtnamien "Vi" , M. Villette commença l'étude de la langue viêtnamienne, sous la direction d'un catéchiste. Probablement, au début de 1930, il fut envoyé au Châu-Laos, à Hôi-Xuân, en vue de remplacer M.Canilhac qui allait partir en congé en France. Dans ce centre administratif et commercial, Il prit contact avec les trois groupes ethniques qui formaient cette paroisse: les viêtnamiens, les Tay de Ban-Hiêng, et les "montagnards" (Moï), cantonnés à Van-Cha et à Thiêt-Ong. Il étudia la langue tay, et s'initia à leurs coutumes. Les chrétiens viêtnamiens lui donnèrent à la fois le plus de consolations et le plus de soucis.en raison de leur passion du jeu, de l'opium, de leur inconduite, de leurs disputes. Les autorités locales se montrèrent tracassières envers les chrétiens, la malaria fit des vides dans la communauté.

     

    Au retour de France de M. Canilhac, à la fin du mois de septembre 1931, M.Villette fut envoyé à Muong-Chu, poste distant d'une dizaine de kms de Hôi-Xuân, où, pendant son séjour de deux ans environ, il réussit à grouper plusieurs centaines de catéchumènes, dans cette chrétienté; en janvier 1934, Mgr.de Cooman lui demanda de prendre en charge la région de Muong-Dèng (Yên-Khuong), où il succéda au P.Ninh fatigué, car ce dernier était resté une vingtaine d'années dans cette contrée malsaine. Sachant les diffiicultés qu'il allait rencontrer, ce changement de poste lui fut un peu pénible, mais il obéit sans hésiter.

     

    Malgré l'hostilité du mandarin local et de quelques familles influentes, il visita ses chrétiens et les chefs de village; le centre paroissial de Muong-Dèng connut un renouveau de vie religieuse, et son école réunit une trentaine de garçons. En 1935, les habitants du village de Muong-Chèng demandèrent à devenir chrétiens, mais le personnel de la mission fut fort éprouvé par la maladie; le P.Dao vicaire de M. Villette quitta Muong-Dèng pour raison de santé, et en juillet 1935, une méchante bilieuse hématurique mena M. Villette à deux doigts de la mort. Transporté à l'hôpital de Thanh-Hoà, soigné énergiquement par le Dr.Chesneau, après deux mois de convalescence, il regagna son poste.

     

    À Muong-Dèng (Yên-Khuong), en 1936, M.Villette fit un essai d'Action Catholique; il fonda un groupe de Croisade Eucharistique dont les membres étaient répartis dans les villages. Avec la participation de ses chrétiens, il agrandit son église et construisit une école de 20 mètres sur 6, avec dortoir pour une trentaine d'élèves. Puis, trouvant ce  lieu de résidence trop excentrique, il obtint une concession de deux hectares à Lang-Chanh, centre administratif de la sous-préfecture, et là, il éléva une maison sur pilotis pour y fixer sa résidence principale.

     

    Devenant de plus en plus sourd, M.Villette pensa qu'un traitement en France pourrait améliorer son ouïe. Il demanda à prendre son congé, et partit vers la fin du mois d'avril 1938. Le poste de Lang-Chanh fut confié à M. Groleau. En France, les spécialistes après divers traitements, laissèrent entendre à M. Villette qu'il n'y avait rien à faire pour guérir ses oreilles, pas même pour enrayer l'aggravation de son mal; alors,celui-ci demanda au Supérieur Général d'être affecté à une autre mission, au climat plus sain. Connaissant les langues viêtnamienne et tay, il fut désigné pour la mission de Thakkek, au Laos. Mais en septembre 1939, la guerre éclata; mobilisé pendant quelques temps en France, il fut renvoyé au Tonkin, sa résidence officielle; embarqué à bord de l'André Lebon, il arriva à Haiphong en novembre 1939.

     

    Démobilisé, il se rendit à Hanoï, puis à Thanh-Hoa, remonta à Muong-Dèng, redescendit sur Saigon, gagna Paksé au sud de la mission du Laos où il arriva le 18 novembre 1939. Mgr. Gouin lui confia la charge pastorale des viêtnamiens dispersés le long  du Mékong dans la province de Paksé.

     

    Il fut emporté, au bout de quelques jours, par une congestion pulmonaire, et décéda à Paksé, le 27 janvier 1940. Ses obsèques eurent lieu à Paksé et il repose dans le cimetière catholique de cette ville. Sa tombe bien entretenue existait encore en 1976, à Paksé.

     

     

    Références bibliographiques

     

    AME 1888 p. 169. 1936 p. 22. 23. 1935 p. 19 (art). 1940 p. 61.

    CR 1928 p. 171. 1931 p. 160. 1934 p. 140. 1935 p. 138. 140. 1936 p. 137. 138. 1939 p. 137. 138. 1940 p. 102. 103. 1940 p. 118. 148.

    BME 1928 p. 575. photo p. 720. 1931 p. 226. 293. 378. 1933 p. 513 (art). 622. 1934 p. 134. 276. 579. 716. 800. 1935 p. 279. 364. 747. 813. 1936 p. 94. 135. 831. 1938 p. 347. 624. 1939 p. 868. 873. 1940 p. 66. 152. 1948 p. 95.

    EC1 N°  157. 160. 382. 410. 417.

     

     

     

     

    • Numéro : 3359
    • Pays : Vietnam Laos
    • Année : 1928