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Maurice VIGUIER (1920-1953)

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    Le Père VIGUIER naquit le 29 Juin 1920 à Cransac au diocèse de Rodez, dans une modeste famille d’ouvriers.

     

    Assez faible de santé, il dut souvent interrompre ses études, et même faire connaissance avec la table d’opération.

     

    Exempt du service militaire puis des chantiers de jeunesse, il parvint au sacerdoce le 23 décembre 1944. Quelques jours plus tard il était nommé curé de la paroisse St Christophe, à l’autre bout du diocèse.

     

    Paroisse paysanne de montagne, le changement fut sensible pour lui. Il sut cependant, malgré son caractère porté à accentuer les difficultés et à les attraper du plus mauvais bout, s’adapter à ce nouveau milieu et susciter en peu de temps de nombreuses vocations religieuses.

     

    La mort de son père survenue durant l’hiver 1947-48 lui permit de réaliser le désir de son enfance. Il fit sa demande d’admis­sion au M. E. P. où il fut reçu comme aspirant prêtre. Après un an de probation il s’envolait au Bourget, laissant une maman seule en France et nous arrivant à Kontum le 7 Novembre 1949.

     

    Là, il dut, suivant la tradition, prendre le chemin de l’Ecole Apostolique et s’y exercer aux rudiments de la langue vietnamienne. Le stage se prolongera pour lui 14 mois durant, et c’est en Janvier 1951 seulement qu’il put reprendre contact avec le ministère actif, dans la petite chrétienté de Ngo-Trang. — C’est là qu’il fit connaissance avec les mille et une petites particularités de la vie des Hauts Plateaux et qui sont l’agrément du broussard de Kontum : sangsues, tigres, faisans, chevreuils, sangliers, pousses de bambou, chaleur, orages, pluies diluviennes, boue, chemins détrempés, ponts emportés...

     

    Le mardi 10 Septembre 1951, il était envoyé chez les Sédangs à Dak Chô s’exercer au dialecte local et faire la popote du Père Crétin, intérimaire en ces mêmes lieux, très actif encore dans l’apostolat, mais un peu trop porté à se négliger. Le jeune apprenti en langue sut si bien soigner son curé que l’on venait à Dak Chô jouir de son Hospitalité et goûter à sa cuisine. Son repos du soir était de s’en aller, fusil à l’épaule, au coucher du soleil, réciter son chapelet en brousse. Mais il ne fallait pas avoir le malheur de marcher sur une branche morte ou d’éternuer lorsqu’il était à l’affût !

     

    Chargé en Juin 1952 des villages de la montagne, il souffrit de cette nomination un peu comme d’un exil, alors qu’il avait cru comprendre devoir rester définitivement à Dak Chô où il s’était attaché.

     

    Sa nomination à la tête du nouveau district du Haut Tokan en Janvier 1953 accentua en lui cette souffrance. Il fit cependant tout son ministère apostolique, sans rien laisser paraître. Lui qu’on avait tendance à considérer plutôt comme un homme d’intérieur, aimant surtout à bricoler et à tenir sa maison, il parcourut régulièrement son dur district de montagne, malgré les pluies, la fatigue, les incursions viêtminh, s’occupa de l’installation des villages récemment convertis, en accepta deux autres, sans cesse en souci pour ses catéchistes et pour ses chrétiens

     

    Sa santé résistait apparemment assez bien à ce dur travail, mais son caractère s’aigrissait de plus en plus. Il souffrait surtout des heurts inévitables avec ses confrères. Alors qu’il aurait eu besoin qu’on lui passât bien des choses, on avait plutôt tendance, avec lui, à marquer des points et à le remettre en place. — Les derniers mois accentuèrent cet état d’esprit au point de devenir, chez lui, presque une obsession. — Assez découragé, il envisageait de plus en plus de tout laisser tomber.

     

    Si, durant les quelques jours de maladie qu’il passât à l’hôpital de Kontum, le docteur ne sut exactement quoi diagnostiquer, ceux qui l’approchèrent alors l’entendaient à nouveau exprimer sa lassitude et son dégoût ; et sans doute est-ce parce qu’il ne désirait plus davantage de cette vie terrestre, qu’il reçut du Maître le repos éternel.

    • Numéro : 3858
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1949