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Léonard VIELMON (1825-1870)

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    [726]. VIELMON, Léonard, vit le jour à Saint-Aubin-de-Nabirat (Dordogne) le 24 octobre 1825. Il fit son service militaire qui à cette époque durait sept ans, devint sous-officier du génie, et épousa la fille du tailleur de son régiment. Après la mort de sa femme, il prit la résolution de devenir prêtre. Il apprit rapidement le latin, passa quelque temps au grand séminaire de Périgueux, entra tonsuré au Séminaire des M.-E. le 20 septembre 1855, fut ordonné prêtre le 29 mai 1858, et envoyé le 29 août suivant au Kouy-tcheou où il arriva le 7 janvier 1860.

    Il demeura d’abord à Ma-tchang, et l’année suivante fut placé à Kouy-yang. Il participa à la cérémonie qui eut lieu pour présenter les passeports des missionnaires aux autorités locales, et qui mécontenta ces dernières. Quelques jours après, le 31 mai, il fut appelé au prétoire par les grands mandarins, qui essayèrent vainement de l’intimider­ ; il répondit avec habileté et courage.

    Après le martyre à Kai tcheou de J.-P. Néel et de ses compagnons, il fut envoyé à Pékin en 1862, pour éclairer la Légation française sur la situation du vicariat du Kouy-tcheou. Il séjourna à Pékin avec M. Mihière tant que durèrent les négociations au sujet du drame de Kai tcheou, et rentra à Kouy-yang en mars 1864. Cette même année, il éleva dans cette ville une maison d’habitation pour l’évêque­ ; le 7 mai suivant, on l’installa curé de la paroisse Saint-Louis (Lan-tang).

    Bientôt après, le vice-roi Lao, de concert avec Mgr Faurie, lui confia la délicate mission de négocier la soumission des Musulmans rebelles, cantonnés principalement dans la préfecture de Hin-y. Parti de Kouy-yang le 25 novembre 1864, il resta auprès d’eux jusqu’en septembre de l’année suivante­ ; par son activité, son énergie et son habileté, il réussit à pacifier une grande partie du pays. Aussi, pour le remercier, lui donna-t-on à Hin-y fou une propriété, où il installa un asile, une pharmacie, une école pour les garçons, un couvent de vierges chrétiennes, un oratoire et un presbytère (Plan de la propriété de la mission à Hin-y fou, grav., A. M.-E., 1907, p. 297. — Hist. miss. Kouy-tcheou, iii, pl. ii). Au cours des négociations, il trouva le temps de visiter quelques stations et de donner un nouvel essor aux œuvres. A Mou-you-se, à Lan-pan, il ouvrit des écoles­ ; à Tchen-lin, il fonda une pharmacie.

    De retour à Kouy-yang, il établit dans l’ancien prétoire du général Tien, persécuteur des chrétiens, l’église Saint-Louis qui fut bénite le 23 septembre 1866, et des logements pour les baptiseurs. En avril 1867, il se rendit à Tsin-gai avec M. Lamy, afin de fonder un poste dans cette ville­ ; il obtint de pouvoir y élever une église et un presbytère. En 1868, il passa à Gan-chouen que menaçaient alors les rebelles, et y improvisa une église.

    Quand Mgr Faurie partit en 1869 pour assister au concile du Vatican, ce fut à Vielmon qu’il commit le soin de régler avec les autorités chinoises et avec la Légation de France toutes les questions et difficultés qui pourraient se présenter. Le missionnaire entreprit aussitôt des négociations au sujet des troubles récents de Tsen-y, et de l’attentat dont M. Lebrun venait d’être victime, ainsi que de différents meurtres et pillages­ ; mais les autorités chinoises firent tellement traîner en longueur toutes ces affaires qu’il n’en vit pas le terme. Miné depuis six mois par un mal inconnu, il rendit le dernier soupir, dans son presbytère, à Kouy-yang, le 30 novembre 1870. On l’inhuma avec beaucoup de solennité à Tayn-po, près de Kouy-yang.

    C’était un homme d’un grand courage, dont la prudence égalait l’initiative. Si l’on a discuté l’opportunité des missions périlleuses dont il fut chargé, personne n’a jamais mis en doute l’habileté avec laquelle il les remplit.

    Notes bio-bibliographiques

    C.R., 1872, p. 31.

    A. P. F., xlii, 1870, Mort de M. Gilles, p. 137­ ; Ib., pp. 142, 144­ ; xliii, 1871, Violences contre les chrétiens, p. 32­ ; Ib., p. 39.

    A. S.E., xvii, 1865, Le médecin Bruno, p. 11­ ; Ib., p. 301­ ; xix, 1867, Progrès de la Sainte-Enfance, p. 8­ ; Ib., pp. 14, 17, 20, 83­ ; Ib., Un martyr­ : J.-B. Tchen, p. 218­ ; xx, 1868, pp. 362, 365­ ; xxi, 1869, pp. 237, 246­ ; xxii, 1870, p. 290­ ; xxiii, 1872, p. 22.

    M. C., ii, 1869, Evénements de Tsen-y, pp. 337, 409­ ; iii, 1870, p. 54­ ; Ib., Edit contre les chrétiens, p. 81­ ; Ib., Punition des persécuteurs, p. 100­ ; Ib., Persécutions, pp. 140, 195, 296, 321­ ; iv, 1871-72, p. 125.

    — Sem. rel. Périgueux, 1915, p. 190.

    Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. — Hist. miss. Kouy-tcheou, Tab. alph. — Hist. miss. Kouang-si, Tab. alph. — Vie de Mgr Faurie, pp. 214, 231 et suiv., 247 et suiv., 294, 306, 322, 331, 365, 374 et suiv., 438 et suiv., 489 et suiv., 561 et suiv., 590, 617.

    • Numéro : 726
    • Pays : Chine
    • Année : 1858