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Jean Marie VEY (1872-1924)

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    M. Jean-Marie Vey naquit à Araules, chrétienne paroisse des montagnes du Velay qui a donné nombre de ses enfants à l’Eglise et aux Missions. — Le nécrologe de notre Société pour l’année 1925 porte deux confrères originaires de cette paroisse. — Un oncle paternel de M. Vey est mort Vicaire Apostolique de Siam après avoir travaillé quarante­-quatre ans dans cette Mission.

    Le petit Jean-Marie — il ne grandit jamais bien haut — fut élevé par ses pieux parents. Sa vénérable mère, qui lui a survécu, lui apprit à aimer le bon Dieu, et l’enfant mit en pratique ses enseignements. Sa jeunesse s’écoula tranquille dans la ferme paternelle et jusqu’à l’âge de vingt et un ans, le jeune homme ne semble pas avoir eu d’autres préoccupations que de s’adonner aux travaux des champs. Ce ne fut qu’après trois ans de caserne passés à Clermont-Ferrand et à Saint-­Etienne qu’il pensa à devenir prêtre et missionnaire. Une maison pour vocations tardives en Bretagne lui ouvrit ses portes et après deux années consacrées à l’étude du latin, il entrait au Séminaire des Mis­sions-Étrangères.

    Ordonné prêtre le 22 juin 1902, Jean-Marie Vey, après ses adieux à la famille, nous arrivait vers la fin du mois d’août de la même année. Après quelques jours de repos auprès de son évêque, Mgr Fée, il fut envoyé à Seremban étudier le Chinois et s’initier à la vie apostolique sous la direction de M. Catesson. Il se mit de tout cœur à l’étude de la belle mais difficile langue chinoise et au bout de quelques mois fut envoyé à Ipoh. Il y trouva sept ou huit cents chrétiens chinois et sut se dévouer à eux corps et âme.

    Deux ans plus tard, nous le retrouvons à Kuala-Lumpur et à Kajang où il travaille avec le même zèle.

    Mais sa santé était délicate, son estomac rebelle à s’assimiler la nourriture du pays ; il fut rappelé à Singapore où il resta jusqu’en 1912, soit à l’église de Saint-Pierre et Saint-Paul, soit à la nouvelle église du Sacré-Cœur.

    À cette époque, un voyage en France fut jugé nécessaire. Il en revenait l’année suivante avec une mine meilleure mais non complètement guéri. Nommé vicaire à la Cathédrale, il croyait y avoir trouvé son champ d’action définitif. Il s’était mis à l’étude de l’anglais qu’il était arrivé à fort bien parler ; mais la déclaration de guerre survint et le vicaire de la cathédrale dut gagner le poste de Taiping dont le titulaire était mobilisé. Là, sa connaissance de l’anglais lui fut très utile car Taiping possède une école de garçons tenue par les Frères et une école de filles tenue par les Sœurs ; un bon nombre de chrétiens sont Eurasiens, de langue anglaise ; il y a aussi des Chinois de race et de dialectes différents.

     

    Mais quatre années de travail à Taiping avaient de nouveau miné la constitution de notre confrère ; le poste était devenu trop fatigant pour lui et en 1919, nous le trouvons à Matang-Tingghy, puis en 1921 à Penang où il est chargé de l’église chinoise. Il sait désormais qu’il ne guérira pas ; il s’astreint à un régime sévère mais travaille comme s’il était bien portant.

    Il ne pensait pas à un retour en France, mais au commencement de l’année 1923, quand il vit son état empirer, il écouta les conseils de ses amis et consentit à s’éloigner de nouveau de sa Mission.

    De Marseille, il se rendit directement à Montbeton ; quelques mois après, il fit un voyage au Puy pour revoir sa bonne vieille mère, puis revint à Montbeton pour se préparer à la mort. Ce fut le 24 septembre 1924 qu’avec la simplicité de son amour et de sa foi il répondit « adsum » au dernier appel du Divin Maître.

    Le bon Dieu lui a déjà donné, nous l’espérons, la récompense promise au serviteur fidèle. M. Vey était un prêtre pieux, fidèle à ses exercices de piété et animé d’un grand esprit de foi.

    • Numéro : 2636
    • Pays : Malaise Singapour
    • Année : 1902