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Charles VERSTRAETEN (1864-1892)

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    « Dieu continue à frapper notre petite mission, écrit M. Duhand, Provicaire de la Birmanie Septentrionale. Que sa sainte volonté soit faite ! Après les morts inattendues des P. Lecomte et Fercot, nous venons d’apprendre celle plus soudaine encore du P. Verstraeten, qui a succombé samedi dernier, 18 juin, à une attaque de choléra dans sa résidence de Monywa. À 5 heures du soir, un télégramme envoyé par un de ses chrétiens nous apprenait la triste nouvelle en ces termes : « P. Verstraeten mort du choléra à 3 heures. » Ce matin une lettre du P. Giraud, son plus proche voisin, nous donnait sur sa mort les détails suivants que je m’empresse de vous faire parvenir. De grand matin le terrible mal s’était annoncé par trois fois succes­sives ; mais le cher Père ne croyant qu à une simple diarrhée avait dit sa messe comme de coutume. Vers 10 heures, le mal triomphait ; les traits du malade étaient tellement altérés que ses chrétiens effrayés lui conseillèrent d’appeler le docteur. Il s’y refusa, disant que l’an dernier pareil accident lui était arrivé, que le soir il ferait une bonne promenade à cheval et serait guéri. Mais à midi le danger le frappa lui-même, et après m’avoir fait envoyer un premier télégramme, il donna ordre de faire appeler de Chyaong-oo le P. Giraud qui partit immédiatement, mais ne parvint à Monywa qu’à 6 heures. Il était trop tard. Le cher malade avait demandé le docteur anglais vers midi ; mais le docteur ne voulut point se déranger. Il envoya seule­ment son assistant avec quelques pilules qui restèrent sans aucun effet. Vers 2 heures et demie, le Père entra en agonie entouré de quel­ques chrétiens indiens, et à 3 heures il rendait son âme à Dieu. Le sacrifice de sa vie qu’il a dû faire généreusement, parlera haut devant Dieu, nous l’espérons, en faveur de cette nouvelle chrétienté de Monywa qu’il aimait si passionnément et à laquelle il se dévouait avec un zèle vraiment admirable.

    « En ce moment, nous attendons à Mandalav l’arrivée du cher P. Accarion que le P. Laurent nous renvoie de chez les Chins, atteint de la fièvre des bois et de la dysenterie. Le pauvre malade est parti depuis le 12 et ne sera ici probablement que dans quatre ou cinq jours. Dieu veuille qu’un si long voyage ne lui soit pas funeste et que nos soins lui procurent une prompte guérison !

    « Nous attendons aussi la semaine prochaine le retour de notre vénéré Vicaire apostolique qui se meurt, je crois, d’être si loin de sa bien-aimée mission et de ne pouvoir pour elle revenir à la santé. Daignez prier et faire prier beaucoup pour notre Birmanie si éprouvée, et nous envoyer de nombreux ouvriers apostoliques, pour remplacer ceux qui viennent de tomber. »

     

     

     

     

     

    • Numéro : 1867
    • Pays : Birmanie
    • Année : 1889