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Emmanuel VERROLLES (1805-1878)

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    M. Boyer, provicaire apostolique de la Mandchourie, nous écrivait de Ing-tsé, le 1er mai 1878 :

    « Mgr Verrolles, premier Évêque de notre chère Mission, doyen des évêques de notre Société et même de toute la Chine, s’est éteint presque sans agonie, le lundi de Quasimodo , 29 avril, à 4 heures du matin. Le lundi saint, la maladie s’était déclarée par une fièvre typhoïde, s’aggravant par crises, mais laissant aussi des intervalles de repos, pendant lesquels Mgr Verrolles se levait, ne sentant presque pas son mal. Deux médecins anglais l’ont soigné pendant tout le temps de la maladie ; deux médecins chinois chrétiens lui ont aussi donné leurs soins ; rien n’a pu empêcher la catastrophe . Malgré le désir qu’il en avait , Mgr Verrolles n’a pu célébrer ni le Samedi-Saint, jour de son baptême , ne le saint jour de Pâques. M. Raguit, procureur de la Mission, lui suggéra la pensée de recevoir les derniers sacrements ; il le fit avec beaucoup de dévotion et en pleine connaissance. »

    Mgr Emmanuel-Jean-François Verrolles était né le Vendredi-Saint 12 avril 1805, sur la paroisse Saint-Gilles de Caen (diocèse de Bayeux). Ordonné prêtre le 31 mai 1828, il exerce le saint ministère pendant deux ans dans son diocèse . Se sentant appelé à l’apostolat, il entra au Séminaire des Missions, le 5 juillet 1830, et, le 30 novembre de la même année ,il s’embarqua au Hâvre pour la Chine. A son arrivée dans ce pays, Mgr Verrolles dut séjourner quinze mois à Macao, avant de pouvoir se mettre en route pour sa Mission du Su-tchuen, où il n’arriva que le 13 décembre 1832. Il fut chargé de l’administration spirituelle d’un district jusqu’en 1835 ; à cette date Mgr Perrocheau, son Vicaire Apostolique , lui confia la direction du Séminaire de Mo-pin, dans les montagnes du bas Thibet, sur la frontière chinoise.

    Vers la fin de 1838, le Saint-Siège ayant détaché de l’ancien diocèse de Péking le Leao-tong et la Mandchourie, en forma un nouveau Vicariat, qu’il confia à la Société des Missions-Étrangères , et Mgr Verrolles fut désigné pour en être le premier Vicaire Apostolique . Le nouvel Évêque quitta sa chère Mission du Su-tchuen et se mit en route pour la Mandchourie, dans le courant du mois de septembre 1840. Pendant ce long et pénible voyage, il reçut, le 8 novembre, la consécration épiscopale des mains de Mgr Salvetti, Vicaire Apostolique du Chan-si.

    A son arrivée en Mandchourie en mai 1841, Mgr Verrolles ne trouva que 5,000 chrétiens disséminés dans la province de Leao-tong. Le petit nombre de Missionnaires n’avait pas permis de les visiter depuis quatre ou cinq ans. Le centre et le nord de son Vicariat n’avaient pas encore été évangélisés. « De la Kalmoukie jusqu’aux rives glacées du Soungari, écrivait alors le Prélat, (plus de 700 lieues), la bonne nouvelle du salut n’a pas encore été annoncée. Quelle déchirante pensée pour quiconque a le zèle des âmes ! »

    En 1845, Mgr Verrolles fit un premier voyage en Europe et vint à Rome où l’appelaient les intérêts de sa Mission. Grégoire XVI lui ayant exprimé le désir qu’il profitât de ce voyage pour exciter le zèle des catholiques en faveur de l’Œuvre de la Propagation de la Foi , il visita dans ce but la plupart des diocèses de France. L’éloquente parole de l’Évêque missionnaire eut un grand retentissement , et elle procura à l’Œuvre un développement considérable.

    Le 15 juillet 1847, Mgr Verrolles quitta de nouveau la France, reçut quelques jours plus tard à Rome, la bénédiction de Pie IX, et rentra dans sa mission au commencement de l’année suivante. Deux ans plus tard, il revint en Europe et réussit cette fois à terminer les affaires pour lesquelles il avait entrepris de si longs et si pénibles voyages.

    En 1854, Mgr Verrolles choisit pour coadjuteur son provicaire, M. Berneux, qui, depuis dix ans, travaillait en Mandchourie et que son zèle, ses talents et l’honneur qu’il avait eu de confesser la foi désignaient pour ce choix. Le 27 décembre suivant, le coadjuteur fut sacré Évêque de Trémite. Mais peu après arrivèrent de Rome des brefs qui nommaient le nouveau prélat Évêque de Capse et Vicaire Apostolique de Corée, en remplacement de Mgr Ferréol décédé . Mgr Verrolles se soumit aux ordres du Saint-Siège et fit le sacrifice d’un auxiliaire dont il avait apprécié le mérite et sur lequel il avait compté pour partager le fardeau de l’administration de ce vaste et difficle Vicariat. C’était pour la seconde fois qu’il faisait pareil sacrifice. Neuf ans auparavant, M. de la Brunière qu’il s’était choisi pour coadjuteur, était tombé percé de flèches et mutilé par le fer des Ghillimi, près de l’embouchure du Saghatien, et était mort martyr de son zèle pour le salut des âmes. Mgr Berneux devait , 12 ans plus tard, mourir à son tour , martyr de sa foi.

    Venu en Europe une troisième fois, en 1869, pour le Concile du Vatican, Mgr Verrolles prolongea son séjour jusqu’en 1875, afin de rétablir sa santé. Parti de Marseille le 23 mai, il entra le 18 juillet suivant, dans le port de Ing-tsé, devenu un des points les plus importants de sa Mission, et il y établit sa résidence.

    Depuis son retour, il s’occupa de développer les œuvres commencées , établit de nouveaux postes, et installa à Ing-tsé les Sœurs de la Providence de Portieux (Vosges). C’est au milieu de ces travaux apostoliques que la mort est venue le ravir à l’affection et à la vénération des Missionnaires et des fidèles de la Mandchourie. Mgr Verrolles avait 73 ans d’âge, 38 d’épiscopat et près de 38 ans d’apostolat.

     

     

     

    • Numéro : 387
    • Pays : Chine
    • Année : 1830