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Jean Baptiste URRUTIA (1901-1979)

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    Jean-Baptiste URRUTIA

    Né lé 6 novembre 1901 aux Aldudes (Bayonne – Pyrénées-Atlantiques)

    Entré laïque aux Missions Etrangères le 16 septembre 1921

    Prêtre le 6 juin 1925

    Parti pour la mission de Huê le 14 septembre 1925

    Evêque d’Isauropolis et Vicaire apostolique de Huê le 18 février 1948.

    Démissionnaire le 27 novembre 1960

    Rentré en France et en retraite à Montbeton le 10 avril 1975 -

    Décédé à Montbeton le 15 janvier 1979

     

     

    Enfance et jeunesse

     

    Jean-Baptiste URRUTIA naquit aux Aldudes (Pyrénées-Atlantiques) le 6 novembre 1901. Sa famille était d’origine basque-espagnole. Son grand-père avait à Ururita, en territoire espagnol, une modeste exploitation agricole. En 1866, lors des guerres carlistes, sa ferme fut brûlée et toute la famille dut se réfugier en France, aux Aldudes, dans le dénuement le plus total. Le père de Monseigneur Urrutia avait alors trois ans.

    Quand, vers la fin de sa vie, retiré à Dông-Hà, Viêt-Nam, Monseigneur Urrutia sera lui-même en contact direct et quotidien avec de nombreuses personnes déplacées par la guerre, le souvenir de ses grands-parents qui avaient connu le même sort reviendra à sa mémoire, avivant ainsi le désir de se dévouer pour ces populations démunies de tout.

    À dix-huit ans, comme beaucoup d’autres basques, le père de Mgr Urrutia s’en alla chercher fortune aux Etats-Unis. Après une douzaine d’années comme berger en Californie, il revint en France et se fixa aux Aldudes, d’où il était parti, et s’y maria. De son union avec Marie Ardans (qui avait trois frères prêtres bénédictins) devaient naître dix enfants. Jean-Baptiste étant le 4e par rang d’âge. Deux de ses sœurs deviendront religieuses.

    Jean-Baptiste Urrutia fit ses études primaires à l’école communale. Il fut le premier à faire sa « première communion privée », selon les instructions nouvelles du saint Pape Pie X. Cela se passa un jour de semaine, sans solennité, car la décision du Pape Pie X demeurait encore mal comprise, même par les prêtres.

    En 1911, il entre au collège d’Hasparren. Ce collège était tenu par les Frères des Ecoles chrétiennes. Dans le courant de l’été 1911, les Frères avaient été chassés du collège et l’œuvre avait été reprise par des prêtres du diocèse pour la rentrée d’octobre 1911. Jean-Baptiste Urrutia y fait la 6e et la 5e. En octobre 1913, il passe au collège de Belloc pour y continuer ses études jusqu’en juin 1919, sous la houlette de Messieurs Abadie et Canton.

    Ses études secondaires terminées, il entra au grand séminaire de Bayonne pour deux ans : une année de philosophie et une année de théologie. C’est alors qu’il adressa sa demande d’admission aux Missions Etrangères. Sa lettre est datée du 19 juin 1921, une lettre très brève dans laquelle il exprime son désir d’entrer au séminaire des Missions Etrangères en septembre de cette année-là. Mais sa lettre est heureusement complétée par celle du supérieur du grand séminaire qui écrit : « Le bon Dieu prend à son service qui il veut. Mais d’ordinaire c’est aux meilleurs qu’il fait entendre son appel pour les offices de dévouement... C’est le cas pour Monsieur Urrutia. Je ne ferai pas autrement son éloge qu’en relevant les notes qu’il a méritées l’an dernier : piété, régularité, tenue, travail, jugement, chant et santé : bien. – Intelligence assez ouverte. Le caractère bon est particulièrement calme. Cette année, le calme de son caractère ne s’est pas démenti.» Jean-Baptiste Urrutia fut donc admis le 4 juillet 1921 et entra au séminaire le 16 septembre pour y poursuivre ses études et sa préparation au sacerdoce.

    Nous ne savons pas comment naquit en son cœur le désir de consacrer sa vie au service des missions. Mais par une confidence, nous savons dans quelles circonstances il s’en ouvrit à son père. C’était aux champs, quand ils travaillaient ensemble. Ils se reposaient sous un pommier. C’est alors que Jean-Baptiste Urrutia déclara à son père son intention de partir en Asie comme missionnaire. La réaction du papa fut immédiate et spontanée : « Tu as bien raison, dit-il; beaucoup de Basques s’expatrient et vont à l’autre bout du monde pour amasser quelques sous ; si, à ton tour, tu dois quitter le pays, j’aime mieux que ce soit pour le Royaume de Dieu. » Admirable réponse, en vérité !

    Après un an de séminaire, il accomplit son service militaire au 18e R.I. à Pau où il retrouva son compatriote et ami, le futur Monseigneur Olçomendy déjà « ancien dans la carrière » puisqu’il avait été promu caporal. Jean-Baptiste Urrutia aurait dû être incorporé avec Michel Olçomendy, mais il ne fut pas appelé à cette époque car il était encore légalement citoyen espagnol. Il lui fallut donc, à lui et à toute sa famille, un an pour acquérir la citoyenneté française. Une petite anecdote à propos de cette année de service militaire. Le caporal Olçomendy fut réprimandé par l’adjudant, car, lui caporal, avait tutoyé le soldat de 2e classe Urrutia !.. et cela dans l’exercice de ses fonctions.

    De retour à la rue du Bac en octobre 1923, il y continua ses études et fut ordonné prêtre le 6 juin 1925. Après ses adieux à sa famille et ses préparatifs achevés, il s’embarqua à Marseille sur le « Compiègne » le 14 septembre pour arriver environ un mois plus tard au Viêt-Nam.

     

    En mission

     

    Il débarqua à Tourane, nom donné par les Français au port vietnamien de Dà-Nang. Il y fut accueilli par le Père Etchebarne de Baigorry, procureur de la mission de Hué et tous les deux s’en allèrent passer la nuit chez le Père Etcheberry, de St-Jean-Pied-de-Port. qui résidait non loin de là.

    C’est quelques jours plus tard, vers la fin d’octobre, qu’il arriva à Hué, le diocèse au service duquel il restera cinquante ans... Comme tout jeune missionnaire à son arrivée en mission, Jean-Baptiste Urrutia s’attendait à être envoyé dans une paroisse pour l’étude de la langue. Son évêque, Mgr Allys, prit une autre décision, décision au sujet de laquelle Mgr Urrutia devait exprimer ses regrets jusqu’à la fin de sa vie. Un mois après son arrivée, il fut nommé professeur au petit séminaire de Anninh, situé au nord de la mission, un peu plus haut que le 17e parallèle dont il a été si souvent question pendant la guerre au Viêt-Nam, après les accords de Genève, car le 17e parallèle faisait la limite entre les « deux Viêt-nam ». Ce séminaire avait été ouvert dès 1780 dans cet endroit reculé et discret car c’était au temps des persécutions... Jean-Baptiste Urrutia savait qu’une des tâches prioritaires de la Société des Missions Etrangères est de préparer un clergé autochtone et d’assurer la relève par des prêtres viêtnamiens et ainsi de fonder réellement l’Eglise. Il fut l’un des hommes les plus fidèles à cet esprit. Le Père Roux, supérieur du séminaire, lui confia l’enseignement du latin et du français. Mais comment n’aurait-il pas regretté qu’on ne lui donnât pas le temps ni les moyens de connaître une langue, une civilisation, une culture, une histoire, bref tout un passé millénaire dans lequel il souhaitait tant que s’enracinât profondément la foi chrétienne ! Il obéit cependant sur la promesse d’être relevé du professorat dès que cela serait possible. Le P. Urrutia ne manquera pas de rappeler régulièrement cette promesse à son évêque. En 1930, Mgr Allys lui avait enfin promis de l’envoyer en paroisse pour le mettre dans un milieu favorable à l’étude du viêtnamien. Mais la maladie du P. Roux, envoyé en France pour se soigner, contrecarra ce projet. Non seulement il ne put aller en paroisse, mais il fut nommé supérieur du séminaire pour une première période jusqu’en juin 1937.

    C’est dans le cadre du petit séminaire d’Anninh que le P. Urrutia, aidé de prêtres viêtnamiens et français, devait, au cours de vingt années, contribuer à former le clergé qu’il retrouvera plus tard comme Vicaire apostolique de Hué, un clergé qui n’a cessé de s’étoffer et qui aujourd’hui continue l’œuvre d’évangélisation dans les conditions difficiles que nous connaissons, sous le régime communiste. Tant comme professeur que comme supérieur, le P. Urrutia, avec une souriante vigilance, veillait sur les futurs prêtres de son futur Vicariat. La règle d’or pour lui, c’était de déceler la qualité du jugement au-delà de l’intelligence et des sentiments pieux.

    Notons ici le témoignage récent et l’hommage rendu à l’œuvre de Mgr Urrutia par l’actuel Archevêque de Hué, Mgr Philippe Diên. Tout récemment, il disait à un ancien missionnaire de Hué, lors d’une rencontre à Rome, « son bonheur et son réconfort de se sentir entouré de près de soixante-dix prêtres, en étroite communion avec lui, vivant dans la pauvreté la plus totale, partageant le dénuement de la vie de tout un peuple plus que jamais sensible au témoignage de libération et de liberté spirituelle donné par ces prêtres ».

    Après le décès de Mgr Allys en 1935 et un an après, celui de son successeur, Mgr Chabanon, Mgr Lemasle fut nommé Vicaire apostolique de Hué. Celui-ci choisit le P. Urrutia comme « provicaire ».

    C’est alors que le P. Urrutia prit un congé en France de juin 1937 à septembre 1938. De retour en octobre 1938, il assuma de nouveau la charge de supérieur du petit séminaire de Anninh. Tout se passa bien jusqu’au coup de force japonais, au mois de mars 1945. Peu de temps après, il fut emmené ainsi que le P. Cadière à Hué. Là il retrouva tous les missionnaires de Hué et de Quinhon regroupés dans le quartier de Phu-Cam. Tous les Français étaient d’ailleurs concentrés là et étroitement surveillés, sur ordre des Japonais, par la police viêtnamienne à tel point qu’ils ne pouvaient avoir de contacts avec la population ; tout juste étaient-ils autorisés à faire leur marché... Après la défaite japonaise, le 15 août 1945, ce fut l’occupation par l’armée chinoise en décembre 1945 et cela dura jusqu’à l’arrivée des Français au printemps de 1946. Alors la situation s’améliora sans toutefois devenir normale. C’est au cours de l’été 1946 que Mgr Lemasle mourut à Saigon. Par le fait même le P. Urrutia prenait en charge l’administration de la mission, avec résidence à l’évêché. Les difficultés n’étaient pas terminées. La situation politique était très instable et ambiguë. Un certain « modus vivendi » s’était instauré entre le Viêt-minh (parti communiste) et la France. Cet état de choses « éclata » le 19 décembre 1946 par le coup de force viêtminh. Le 23 décembre, le P. Urrutia faillit être arrêté. Il put se réfugier au collège Dông-Khanh puis après Noël à l’hôtel Morin où il restera jusqu’au 4 février 1947, date à laquelle les troupes françaises reprirent le contrôle de la ville de Hué puis occupèrent peu à peu les principaux centres : ce fut le début de la « guerre d’Indochine » qui devait se terminer par les Accords de Genève en 1954, après la défaite de Diên-Biên-Phu. Pendant ce temps les consultations suivaient leur cours pour le choix d’un nouvel évê­que. Comme il était à prévoir, ce fut le P. Urrutia qui fut nommé, le 18 février 1948, et il reçut l’ordination épiscopale le 27 mai suivant.

    Pendant douze ans, il devait faire face à une tâche bien difficile dans une conjoncture politique délicate où les dispositions ne furent pas prises à temps pour répondre aux aspirations les plus légitimes de tout un peuple.

    C’est surtout sa grande bonté et sa loyauté envers tous qui lui permirent de traverser cette période difficile. Il resta très vigilant et, loin de se laisser paralyser par les événements, il multiplia ses activités pour préparer l’avenir du diocèse : formation des séminaristes, des religieux et des religieuses, organisation de l’Action catholique, attention au monde étudiant en scolarisation accélérée. Il créa l’aumônerie des étudiants et demanda aux Pères Jésuites d’ouvrir un foyer pour eux. Sa vigilance fut grande aussi pour la formation des catéchumènes en un temps où certains pouvaient être tentés de baptiser trop rapidement. Il faisait de nombreuses visites dans les paroisses, sans crainte du danger et présidait lui-même les baptêmes d’adultes ; il se rendait régulièrement dans les couvents et au petit séminaire, suivant ainsi personnellement et de près toute cette vie de plus en plus féconde dans l’ensemble du Vicariat. Cette vigilance était nécessaire surtout pour les couvents de religieuses, car à maintes reprises, des loups tentèrent de se glisser dans la bergerie. Mais le regard clairvoyant du Pasteur n’a jamais manqué de les déceler de loin ou de près. Voici un fait authentique : la fille d’un haut personnage du Nord Viêt-Nam se présenta un jour à Mgr Urrutia. Elle se disait chrétienne et désirait entrer au couvent. Elle savait d’ailleurs parfaitement les prières et la doctrine chrétienne. Elle demanda même à Mgr Urrutia de se confesser et elle le fit très bien comme une chrétienne authentique. Monseigneur Urrutia restait quand même perplexe et méfiant. Une enquête discrète lui permit de découvrir que cette fille était un agent communiste, qu’elle se faisait passer pour chrétienne, qu’elle cherchait à entrer dans une communauté pour la noyauter.

    Lorsqu’en 1960 les Vicariats apostoliques furent érigés en diocèses, c’est en toute sérénité que Mgr Urrutia laissa sa place à Mgr Ngô dinh Thuc, premier Archevêque de Hué. N’était-ce pas là l’expression la plus concrète d’une vocation missionnaire et aussi le couronnement de trente-cinq ans de dur labeur ?

    La dernière période de sa vie missionnaire commençait. Il se retira dans la discrétion la plus totale, sans tracas de déménagement, car il n’était guère encombré de bagages. Il fut curé dans la paroisse de Kim-Long, à proximité de Hué, puis, laissant encore sa place à un prêtre viêtnamien, il se retira à Lavang, dans la province de Quang-Tri, dans un centre de pèlerinage très fréquenté par les catholiques viêtnamiens. Il lui arrivait parfois de s’y ennuyer, de trouver que son temps n’était pas suffisamment occupé. Et un malicieux confrère avait relevé qu’étant en charge du diocèse, il disait souvent : « Je suis empoisonné » tandis qu’à certains moments de sa retraite il disait : « Je m’empoisonne. »

    En février 1966, le Père Louis Valour, originaire du Puy, le neveu des trois Pères Valour, fut tué par une mine. C’est le P. Etcharren qui fut appelé à le remplacer dans la paroisse de Dông-Hà. Il y invita Mgr Urrutia qui accepta sans hésitation. Il savait cependant que ce ne serait pas de tout repos. L’équipe était composée de jeunes : prêtres et séminaristes en stage, donc de gens un peu bruyants et de mentalité différente. De plus la région était très agitée. Les routes furent minées pendant plus d’un an. Les bombardements aux roquettes commencè­rent un an après et le centre de la paroisse était particulièrement exposé. Deux personnes furent tuées et une quinzaine blessées dans la maison. Même le P. Valour, enterré devant le presbytère, ne fut pas épargné jusque dans sa tombe. Durant cette période, trois confrères français furent tués, les PP. Audigou, Cressonnier et Poncet et un autre, le P. Neyroud grièvement blessé, réduisant ainsi à un tout petit groupe le nombre des missionnaires français. Malgré cela, Mgr Urrutia tint à rester à Dông-Hà, rendant de nombreux services, n’hésitant pas à faire plusieurs kilomètres à pied pour se rendre dans les chrétientés annexes.

    Dans l’homélie qu’il prononça au cours du service funèbre pour Mgr Urrutia célébré aux Aduldes le 21 janvier 1979, le P. Etcharren déclara : « C’est surtout durant ces six années à Dông-Hà que j’ai appris à le connaître : bon, simple, dévoué, totalement donné sans aucun souci de lui-même, puisant sa charité et sa force dans une vie de prière et de méditation de plus en plus intense, vivant pauvrement, partageant avec plaisir le peu qu’il recevait pour sa subsistance.

    « Nous dûmes nous quitter en 1972, au moment de la grande offensive lancée par les troupes du Nord sur toute la province de Quang-Tri. Il partit dans une voiture, le soir du Samedi Saint, au milieu des bombardements incessants. Cela lui épargna l’exode que nous dûmes effectuer en pleine nuit, à une heure du matin de Pâques, dans des conditions pénibles.

    « Il rentra en France pour un congé bien mérité. Revenu au Viêt-Nam en 1973, il espérait bien y mourir mais les circonstances en décidèrent autrement. En mars 1975, voyant que les événements se précipitaient et pour lui épargner d’inutiles souffrances, je lui conseillai de partir. Il savait que cette fois c’était définitif ! Combien fut douloureux ce départ pour lui et aussi pour d’autres qui avaient donné tout leur cœur et toute leur vie à ce pays.

    « En terminant, dit le P. Etcharren, je ne puis m’empêcher de raconter un fait un peu amusant qui se passa au moment du départ si triste de Mgr Urrutia. Cela peut paraître un propos un peu léger dans l’évocation d’une vie si sérieuse ; cependant je m’y risque. Tout d’abord il faut dire qu’avec son bon sens et sa docilité habituelle, il accepta tout de suite de partir. Mais il n’avait rien à se mettre sur le dos. Parti de Hué sans rien, il n’avait que ses habits vietnamiens et une vieille soutane vietnamienne. À Saigon, pour être tout-à-fait présentable, il se fit faire rapidement un beau costume. Le matin du départ, je le vis sortir de sa chambre, magnifique dans son costume tout neuf et le béret basque sur la tête. Mais, catastrophe ! Sous sa veste toute neuve, il n’avait qu’un maillot de corps ; il n’avait pas de chemise ! Quand je le lui dis, il me répondit : « Vous croyez qu’il faut une chemise avec ça? D’ailleurs je n’en ai pas ! ». Nous lui trouvâmes bien une chemise...! C’est ainsi que l’Archevêque de Carpathos, l’ancien Vicaire apostolique de Hué, faillit quitter le Viêt-nam sans chemise...»

     

    Nous avons évoqué plus haut les paroles de son père : « Si tu dois quitter le pays, j’aime mieux que ce soit pour le Royaume de Dieu.» Effectivement, Mgr Urrutia donna cinquante années de sa vie au peuple viêtnamien, à l’Eglise du Viêt-Nam, pour le Royaume de Dieu, au point de ne plus avoir une chemise à se mettre sur le dos !

     

    Arrivé en France le 5 avril 1975, Mgr Urrutia se retira dans la maison de repos des vieux missionnaires à Montbeton, non loin de Montauban. Il devait y vivre pendant près de quatre ans, en assez bonne santé jusque vers le milieu de l’année 1978. C’est alors qu’il commença à décliner. Il perdit presqu’entièrement la mémoire. Son cerveau mal irrigué fonctionnait au ralenti. Il s’éteignit paisiblement le 15 janvier 1979.

     

    Enfin, nous faisons nôtre la conclusion de l’homélie du P. Etcharren : « Ce que l’on peut retenir de cette vie peut se résumer ainsi : c’est dans le contact quotidien avec Jésus que Mgr Urrutia trouvait l’inspiration de ses sentiments comme de ses actes. Dans l’exercice des responsabilités les plus hautes comme dans le témoignage le plus humble et le plus caché, c’est dans l’union à Dieu, la prière profonde devant le Saint-Sacrement, la réflexion à partir de I’Evangile que Monseigneur Urrutia puisait sa force.

     

    « Maintenant qu’il est retourné à la Maison du Père, qu’il soit pour nous une lumière et un guide. »

     

     

    • Numéro : 3279
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1925