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René TROUSSÉ (1865-1899)

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    René-Joseph Troussé naquit le 19 novembre 1865 à Varades, chef-lieu de canton de la Loire-Inférieur, à 13 kilomètres à l’est d’Ancenis sur la rive droite de la Loire.

     

    Les Varadais sont les fils des premiers héros des guerres de Vendée, et Mgr Jacquemet ne parlait qu’avec amour de  la « belle paroisse de Varades ».

     

    Un an et demi avant la naissance de M.Troussé, le 6 mars 1864, Varades avait reçu un nouveau pasteur dans la personne de l’abbé Georgelin, précédemment vicaire à la cathédrale de Nantes. Prêtre d’un rare mérite, il s’était présenté à ses ouailles comme « l’homme du bon Dieu » en faisant naître et grandir dans sa paroisse cinq confréries, en y érigeant plus de cinquante calvaires, en y appelant des sœurs gardes-malades, mais surtout en veillant avec une extrême sollicitude sur l’âme des petits enfants et en prenant soin qu’ils fussent élevés dans la crainte de Dieu, aussi bien à l’école qu’à la maison paternelle.

     

    Ces détails nous permettent d’entrevoir sous quelle direction grandit René. Sa jeune âme, simple et naïve, est émue de ces érections de croix à chaque carrefour. D’autre part, les cérémonies auxquelles elles donnent occasion, les prédications qui les accompagnent, ne manquent pas, en lui rappelant ce que Dieu a fait pour lui, de lui montrer ce que lui-même doit faire pour Dieu.

     

    C’est à ces premières impressions, aux exhortations d’une « mère si pieuse », aux conseils et aux exemples d’un pasteur vigilant, que, sans nul doute, remonte chez M.Troussé «  le besoin de se dévouer, de se sacrifier » qu’il a éprouvé toute sa vie, et dont on se sent emparé soi-même à la lecture des nombreuses notes qu’il a laissées.

     

    À la fin de 1878, nous trouvons l’enfant dans la classe de sixième au collège d’Ancenis, dirigé par M.Bodet. Une retraite prêchée par le P.Benoît-Joseph, supérieur des Capucins de Nantes, semble marquer une étape ; c’est peut-être là qu’il faut rechercher la première lueur de sa vocation apostolique. Il énumère les livres qu’il eut alors entre les mains ; en tête de la liste apparaît celui-ci : « Le jeune homme de noble famille missionnaire en Chine ».

     

    En cinquième, s’il ne brille pas par ses succès scolaires – il avoue qu’en excellence il est 16ème sur 28 élèves- au moins fait-il preuve de solide piété. Dans un âge si tendre, il faut en vérité qu’il soit doué d’une énergie peu commune, pour prendre la résolution de ne commettre aucun péché véniel de propos délibéré. Sept ans plus tard, il se rendra le témoignage de n’avoir point failli une seule fois. Heureux, mille fois heureux, le jeune homme qui arrive à ses vingt ans et les franchit avec une conscience aussi délicate, un cœur aussi pur ! Et soient bénis, mille fois bénis, ces collèges libres, ces séminaires où la religion a le talent de former des saints en formant des hommes !

    Avec une santé débile et une intelligence ordinaire, notre étudiant ne pouvait être un de ces phénomènes auxquels le seul effort de tremper une plume dans l’encrier suffit pour écrire des chefs-d’œuvre. En revanche, il savait dire : Je veux ! Savoir vouloir est un talent qui en vaut bien d’autres, qui est plus précieux que d’autres, car c’est grâce à lui que les autres s’exercent  et obtiennent des résultats. Une des résolution de René fut : Je veux travailler, et cet acte de volonté a été si puissant que la mort seule a été capable d’y mettre un terme.

     

    C’est pourquoi les années que M.Troussé passa à Ancenis peuvent se résumer en deux mots : piété et travail, mais piété forte et travail opiniâtre, piété ayant pour mérite de pousser au travail, travail ayant pour effet de sauvegarder la piété.

    Aussi notre confrère n’a-t-il pas seulement conservé un bon souvenir du collège d’Ancenis : il a estimé une grande grâce de son passage dans cette institution et, au moments solennels de son existence, il en a remercié spécialement le bon Dieu en même temps que de son baptême, de sa confirmation et de sa première communion, associant la pensée de ses « bons maîtres » à celle de ses « parents chrétiens ».

     

    Ses humanités terminées, son attrait pour les missions étrangères ne lui paraissant pas assez décisif, il prit le chemin du grand séminaire de Nantes. Il y était à peine rentré que la lutte s’engageait dans son âme au sujet de sa vocation. Le 25 janvier 1886, il croit la bataille terminée. C’est entendu : il n’ira pas aux Missions. « Résolution de ne plus penser à m’en aller missionnaire ». Pourquoi ? Ah ! voilà ! « Suis-je digne ? aurai-je le courage de rester 40 ans, seul, avec quelques indigènes ignorants, tièdes ? »

     

    Mais il n’a pas voulu mettre fin à la lutte qu’elle recommence. C’est que « durum est tibi contra stimulum calcitrare, il est difficile de se rebiffer contre l’aiguillon ! » - « Ambition et amour, s’écrie-t-il, voilà le vrai fond de mon caractère, autant que je puis me connaître » et il se montre, « éprouvant le besoin de se dévouer, de se sacrifier, aimant Jésus à la folie, ne trouvant rien de plus doux que de parler de Lui et de son amour ». N’est-ce pas le langage d’un François Xavier ?

    Aussi bientôt ce n’est plus lui qui ne veut pas partir, c’est son directeur qui lui conseille la réflexion. Que faire ? Il prie. Et comme il a une très grande confiance en la sainte Vierge, c’est à Elle qu’il s’adresse. « O Marie, je serai missionnaire, j’aurai votre médaille miraculeuse, mon crucifix. Je serai tout à Dieu et aux âmes. Je ferai connaître Jésus et Marie aux païens, aux pécheurs, aux enfants….O Marie, vous êtes ma mère, et une mère veut toujours le bonheur de ses enfants. Oh ! comme ma mère de Varades fait attention à ce qu’il ne me manque rien ! Ferez-vous moins, ô Marie ? »

     

    Le 28 mai 1887, veille de la Pentecôte, il reçoit la tonsure. La question de son avenir n’est pas encore tranchée. « O Marie, je vous confie deux choses pour le mois prochain : 1° faites que je travaille bien ; 2° faites tourner les choses de manière que mon Directeur me permette de partir missionnaire ».

     

    Il fut exaucé. La sainte Vierge et le Sacré-Cœur s’entendirent si bien que le jeune clerc eut enfin l’autorisation de « partir missionnaire ». Pendant les vacances, il fit les démarches nécessaires pour être admis à la rue du Bac. Le 13 septembre, au comble de ses vœux, il arrivait à Paris et prenait place parmi les aspirants.

     

    Au bout de deux ans de probation, M.Troussé fut appelé à la prêtrise. Il fut ordonné le 21 septembre 1889. Le soir de ce même jour, il apprit sa destination pour le Maissour avec M.Servanton. Les missionnaires quittèrent Paris le 11 décembre, s’embarquèrent à Marseille le 15, et arrivèrent à Bangalore le 11 janvier 1890, ayant mis un mois à faire le voyage.

     

     

    On les logea provisoirement « au poulailler », l’unique chambre qui se dressât à l’étage de la pauvre Procure en ce temps-là. M.Baslé, vicaire général, leur donna les premières leçons de tamoul. D’ailleurs, Mgr Coadou ne tarda pas à les séparer, et, pendant que M.Servanton prenait la route de Shimoga, M .Troussé se dirigeait à l’opposé vers la ville de Mysore.

    M.Troussé ne passa que quelques mois à la capitale du Maïssour. Ayant acquis une connaissance suffisante de la langue, sous la direction de M.Laurent d’abord, du regretté M.Quénard ensuite, il fut envoyé au Wynaad et partit pour Manantoddy.

     

    Que d’aventures marquent déjà cette première année de mission ! Ah ! quand on est jeune !... On compromet quelquefois les vieux ans, sans le vouloir, mieux que cela, en cherchant à bien faire. C’est en ce sens que Mgr de Ségur a écrit cette pensée que M.Troussé n’a pas manqué de retenir dans ses notes : « Les saints se sont tous quelque peu tués : ne craignons pas les bons excès ! »

     

    La série commence à Bangalore. Les nouveaux pour faire plaisir aux anciens, leur font quelque fois des visites. Un soir, en revenant de remplir cette œuvre de charité, M.M.Troussé et Servanton s’égarent ; ce n’est qu’à onze heures de la nuit, après des marches et des contre-marches en ville et hors de la ville, qu’ils rentrent au quartier. « Nous étions timides alors, écrit M.Servanton. Quoique le P.Teissier ne fût pas encore au lit, nous eûmes peur de lui et nous allâmes nous coucher »…sans souper !

     

    Une visite d’un autre genre à Mysore aurait pu coûter la vie à M.Troussé. En ce temps-là, on bâtissait la grande « Katchéru », tribunal monumental, à l’européenne, avec dôme. Pour arracher son vicaire à ses livres et le distraire, M.Quénard le prit un jour avec lui, et les voilà partis voir les travaux. En arrivant, ils constatèrent qu’à l’intérieur, il faisait bien noir. Leurs yeux s’étant accoutumés à l’obscurité, ils s’avancèrent entre les échafaudages. M.Quénard s’aperçut qu’il était seul. Saisi d’effroi, il cria : « Père Troussé ! Père Troussé ! » À son appel l’édifice sonore se remplit de bruit, et c’est tout. Anxieux, il s’adresse à un ouvrier, qui, pour le rassurer, s’empresse de lui répondre :

    « Votre compagnon est peut-être tombé dans le trou.

    -Un trou ? où cela ?

    -Là, derrière vous ; vous avez dû passer tout à côté ! »

     

    On va au trou, une sorte de puits creusé sous le dôme ; on l’éclaire : M.Troussé était au fond. Heureusement il n’était qu’étourdi et n’avait aucune contusion. Il en fut quitte pour la peur.

     

    À Manantoddy, autre histoire ; cette fois il ne s’en tira pas à si bon marché. Devant se rendre à une dizaine de lieues de là, chez M.Marcon, il résolut de faire la route à pied pendant la nuit, avec un croûton dans sa poche. À mi-chemin, le voyageur n’en peut plus ; forcé de s’arrêter, il se couche en sueur dans la sacristie d’une petite chapelle, se serrant contre le mur pour éviter l’air froid qui le saisit, et la rosée que le toit délabré ne peut arrêter. Quand il arriva dans la matinée auprès de M. Marcon, il était complètement sourd. Il en revint ; mais plus tard il a perdu l’usage d’une oreille.

    Imprudences ! s’écriera quelque disciple de Caton l’Ancien. Imprudences, soit, mais imprudences qui aident à devenir prudent et expérimenté.

     

    Voilà donc notre M.Troussé éclairé par de bonnes leçons d’expérience, partant plus en mesure de se rendre utile. Seul à Manantoddy, il a devant lui une tâche qu’il désirait ardemment, quoiqu’il la redoutât parfois : des chrétiens à perfectionner, des païens à sauver. Il s’aperçut de bonne heure que l’Indien converti ne se perfectionne pas si aisément, et que l’Indien à convertir ne se rend pas si vite qu’il se l’était imaginé. La douche que reçut alors son zèle, loin de le refroidir, l'enflamma davantage et le poussa à recourir aux petites industries. Il s’en épanche dans un dialogue intime avec un missionnaire bien capable de le comprendre :

    « Ne sachant plus que faire pour réussir avec mes chrétiens, je me suis mis à les aimer.

    -Vous vous êtes mis à les aimer ! que voulez-vous dire ?

    -Mais oui, je me suis dit : Il faut que mes chrétiens sachent que je les aime, et j’ai tâché de le leur prouver en les aidant dans leurs besoins… »

     

    La meilleure manière, à la portée de tous, d’arriver à quelque résultat en ces contrées, est encore celle préconisée par Notre-Seigneur, Docteur des Apôtres : « Pater…sanctifica eos in veritate. Sermo tuus veritas est…Et pro eis ego sanctifico meipsum. »

    L’étude assidue, devoir d’état des missionnaires comme de tout prêtre, la fidélité aux exercices de piété, moyen infaillible de sanctification : voilà le secret du salut des pécheurs. M.Troussé ne s’est jamais cru dispensé ni de l’une, ni de l’autre . Aussi a-t-il grandement édifié ceux qui l’ont vu, et a-t-il déposé dans les âmes des germes de grâce qui se développeront tôt ou tard. Qu’importe que lui ou nous en soyons les témoins ? Ce qui importe, c’est que nous, qui venons après lui, nous échauffions ces germes précieux et en écartions ce qui tendrait à les étouffer ;

     

    Notre cher confrère ne fit d’ailleurs que passer à Manantoddy. À la fin de 1892, il est à Mercara, capitale du Coorg. Un an et demi plus tard, nous le retrouvons avec M.Vallet, à Mysore. En 1895, lorsque M.Correc quitte la paroisse de Saint-Joseph à Bangalore-city et s’e va mourir à Hong-Kong, M.Troussé lui est donné comme successeur . C’est le poste qu’il a occupé le plus longtemps, et il y est à peine demeuré trois années !

     

    Dans chacun de ces endroits est-il besoin de faire remarquer qu’il conserva ses bonnes et fortes habitudes de travail intellectuel et de discipline. Il laissa pourtant d’autres traces de son passage. Au Coorg, il acheva le transept de la chapelle de Santikoppa, commencé par L. Le Tohic. À Mysore, il eut la consolation de convertir plusieurs païens qu’il instruisit et dirigea de telle sorte qu’on les croirait chrétiens de vieille souche. À Saint-Joseph, il jeta les fondations du mur d’enclos de l’église ; il aurait continué l’ouvrage si la maladie ne l’en eût empêché.

     

    Tuberculeux, il n’échappait ni aux manies ni aux illusions des poitrinaires, et vraiment on ne saurait sans injustice lui en faire reproche. Une des ses illusions était de croire qu’il pouvait encore aller quand il était rendu. Plusieurs fois, force lui avait été d’interrompre son ministère et de prendre du repos. Le moment vint où il dut s’établir pour tout de bon à l’hôpital Sainte-Marthe, tenu par des religieuses du Bon Pasteur. Pendant le carême de 1898, le mal le conduisit si bas que nous crûmes qu’il n’irait pas jusqu’à la mousson. À l’étonnement général, il échappa au danger et se remit à marcher en s’aidant de béquilles.

    Etait-ce manie, sensibilité extrême, ou bien les deux à la fois ? Tout le temps qu’il séjourna à Sainte Marthe, il fut difficile à soigner ; il criait, avant que le docteur le touchât. L’amour de la pénitence qu’il a montré précédemment, la belle patience dont il fera preuve dans la suite, nous défendent de lui attribuer un manque de vertu. La force d’âme n’empêche pas les défaillances de la nature ; qu’on se rappelle plutôt l’agonie du divin Maître, avant que les déicides eussent mis la main sur Lui.

     

    Après un mois ou deux de convalescence relative, voyant qu’il n’allait ni mieux ni plus mal, pensant que l’air natal hâterait sa guérison, appuyé d’ailleurs sur le conseil des médecins, notre confrère présenta à Mgr Kleiner une requête pour retourner en France. Les formalités prévues par le règlement étant remplies, il nous dit au revoir et s’éloigna de Bangalore pendant l’octave de la Fête-Dieu. M. Servanton l’accompagna jusqu’à Pondichéry où il s’embarqua aussitôt.

    De Marseille on le dirigea sur Paris, où le succès des bons soins des Frères de Saint-Jean-de-Dieu lui donna l’espoir d’une prompte et complète résurrection. Aux beaux jours, il put entreprendre le voyage de Nantes. Il revit Varades, sa mère, son frère, les parents, « toujours les amis ». Douze mois encore lui sont accordés pour achever sa purification et augmenter ses mérites. Terrassé de nouveau, le malade se rend à notre sanatorium de Montbeton et se préare au grand passage.

     

    Copions maintenant le journal de M. Rêmes, supérieur du sanatorium.

     

    « 30 octobre 1899. – Le pauvre P. Troussé est à ses derniers jours. Vendredi dernier, je lui ai donné l’extrême-onction. Quant au saint viatique, je le lui avais donné quelques jours avant. Hier, il l’a de nouveau reçu. On viendrait me dire qu’il se meure en ce moment même, cela ne m’étonnerait pas. Il respire à peine et avec peine ; il ne bouge presque plus dans son lit.

    Après l’extrême-onction que je lui donnai en présence de tous les confrères, il me dit : «  Vous direz au P. Delpech que je suis content de mourir membre de la Société ; le seul regret que j’ai, c’est de ne pas mourir dans ma mission. Je demande pardon à tout le monde des peines que j’ai pu causer. »

     

    5 novembre 1899. – Les dispositions de son âme étaient aussi consolantes qu’on pouvait désirer. Depuis plusieurs mois, il n’aimait lire que ce qui concernait la passion de Notre-Seigneur ou des livres qui parlaient de la souffrance.

     

    On ne l’a jamais entendu se plaindre. Les trois ponctions qu’on a été obligé de lui faire à la jambe malade, ne lui ont pas arraché un cri.

     

    Dans les derniers jours, l’immobilité à laquelle il était condamné lui a occasionné des plaies dont il souffrait beaucoup : il les a toutes supportées avec une patience édifiante.

     

    Sa faiblesse extrême ne lui permettant plus de réciter les 20 Pater, Ave, Gloria prescrits pour gagner les indulgences du chemin de la croix sur son crucifix, il demanda qu’on lui commuât cette obligation. Sa soumission à la volonté de Dieu était parfaite, il cherchait en outre, par ses souffrances et par le gain des indulgences, à satisfaire à la justice divine. Jusqu’au dernier soupir, il ne s’est pas départi de ce calme qui nous a édifiés durant toute sa maladie.

     

    Mardi matin, 31 octobre, se sentant plus faible, il me fit appeler et me dit : «  Je ne vois plus, je n’entends plus. » Je lui proposais de réciter les dernières prières, je lui suggérai des pensées de confiance et de résignation. Les confrères qu’on avait appelés, étaient arrivés. Nous récitâmes tous ensemble les prières des agonisants.

     

    Quelques instants après que les confrères se furent retirés, le râle fit place à une douce respiration qui devint bientôt de plus en plus rare. Le cher mourant croisa ses deux mains sur la poitrine avec la même aisance qu’une personne en bonne santé, puis serrant son chapelet entre ses deux mains, il rendit l’âme à Dieu sans secousse, sans effort. »

     

    À Varades, Mme Troussé avait précédé de quelques semaines son cher missionnaire au tombeau.

     

    La soif des âmes et l’énergie de volonté que nous avions remarquées en notre cher confrère, nous autorisent à lui appliquer le beau titre que l’Ange donnait au prophète : « Vir desideriorum ». M.Troussé fut un homme de désirs, c’est-à-dire un homme à hâter par la force de ses supplications le salut des peuples.

    Ni sa santé, ni ses talents ne lui permirent de jeter les assises de grandes œuvres. A ne regarder que les apparences, il a fait peu de chose. Mais, en réalité, il a économisé des trésors de grâce pour ceux qui sont appelés à travailler après lui.

     

    Heureux ceux qui peuvent compter sur un P.Troussé comme prédécesseur ! Ils défrichent un sol moins ingrat, parce que la pluie des bénédictions divines l’a pénétré.

     

     

    P.Picot

    Missionnaire apostolique

    • Numéro : 1877
    • Pays : Inde
    • Année : 1889