Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Félix TISSIER (1856-1893)

Add this

    « Le 6 septembre dernier, 1er vendredi du mois, un bon missionnaire, véritable homme de Dieu, terminait saintement à Nagasaki, après 13 ans de mission, une existence vouée tout entière au travail et à la souffrance. On peut dire sans exagération qu’il est mort sur la croix, malgré les soins que ses confrères lui ont prodigués. Depuis près de trois mois, en effet, il était cloué sur son lit, ne pouvant presque plus se mouvoir et accablé par les fortes chaleurs de cette époque de l’année contre lesquelles on ne peut rien, sinon les accepter avec patience. Ses douleurs ont été grandes, mais la manière dont il les a supportées nous a donné à tous l’occasion d’admirer sa foi vive, son énergie d’autant plus admirable qu’elle était plus calme, et sa résignation si parfaite à la volonté de Dieu.

    Qu’il me soit permis, à titre d’ami, de relater ici les principaux traits de cette vie apostolique pour la consolation de sa pieuse mère qui vit encore, celle de ses deux sœurs  chéries, dont une est religieuse, et l’édification de ceux qui ont connu et aimé ce saint prêtre.

    M. Félix-Dominique Tissier, naquit à Epiry, au diocèse de Nevers, le 4 août 1857. Son père, qui exerçait alors les fonctions d’instituteur, se trouva, par le fait même, chargé de son instruction et de son éducation. L’une et l’autre furent fortes et sérieuses. C’est en effet aux leçons et aux exemples de ce père dévoué, aussi bien qu’aux soins assidus de sa tendre mère, qu’il faut attribuer les habi­tudes d’ordre et de régularité qui brillèrent plus tard dans le missionnaire.

    « Il fit ses études au petit séminaire de Pignelin pour lequel il conserva toute sa vie un grand attachement. Volontiers dans ses conversations, il évoquait le souvenir des jours heureux passés dans cette sainte maison, et celui des maîtres vénérés et distingués qui l’avaient formé à la science et à la vertu. Son cœur était plein de re­connaissance et d’affection pour eux, surtout pour M. Benoist, alors supérieur de l’établissement, maintenant chanoine titulaire de la cathédrale de Nevers. Par contre, jamais il ne parlait des succès qu’il obtint au cours de ses études, mais ils durent être remarquables, car dès avant son appel au sacerdoce, et pendant qu’il étudiait la théo­logie, il fut choisi pour remplir les fonctions de professeur dans ce même petit séminaire.

    « Acette époque, pour utiliser ses vacances, il accepta d’être employé comme précepteur dans plusieurs nobles familles, où il fut aussi aimé qu’apprécié. Dévoué à ses jeunes élèves, il ne perdait aucune occasion de leur être utile et de leur inculquer les principes chré­tiens qui devaient en faire des hommes sérieux. Son enseignement, ses bons exemples, eurent des résultats heureux ; ils influèrent notamment sur la vocation de l’un d’eux qui est devenu un fer­vent religieux de la Compagnie de Jésus. Quant à lui, il sut mettre à profit le temps qu’il passa dans ce milieu de bonne société pour compléter son instruction et acquérir la distinction particulière qui caractérisait sa personne. Jusqu’à sa mort d’ailleurs, son cœur aimant conserva pour l’une de ces familles l’attachement le plus vrai et aussi la reconnaissance la plus entière, en souvenir des bienfaits qu’il n’avait cessé d’en recevoir.

    « Cependant, le jeune professeur entendait l’appel de Dieu. Son âme aspirait à la vie apostolique ; ses pensées et son cœur étaient aux Missions. Mais que d’obstacles à surmonter pour obéir à cette voix intérieure qui le pressait de consacrer sa vie à l’évangélisation des peuples infidèles ! D’une part, sa santé était délicate, faible et probablement déjà minée par la maladie de poitrine qui devait abréger sa vie ; de l’autre, il fallait quitter sa famille, et la quitter pour jamais ; cette séparation allait causer une peine immense à un père, à une mère et à  des sœurs tendrement aimés. Il y eut lutte, lutte prolongée pendant laquelle il consulta Dieu dans la prière, la mortification et une plus grande fidélité à ses devoirs. Enfin la grâce triompha, et, quoique le sacrifice fût dur à la nature, son cœur généreux n’hésita pas à le faire pour le salut des âmes et la gloire de Dieu.

    « Ordonné prêtre à Nevers, le 11 juin 1881, M. Tissier prit peu après la route du Séminaire des Missions-Etrangères, où il arriva le 17 septembre suivant. Après dix mois de séjour dans cette maison, il fut désigné pour la Mission du Japon méridional et quitta Paris, le 2 août1882, avec cinq autres compagnons de voyage et d’apos­tolat. Vu son état de santé, il trouva la traversée longue et pénible, elle dura en effet deux mois entiers. Un accident de machine survenu au Melbourne en pleine mer Rouge, fit perdre du temps en obligeant ce paquebot à repasser le canal et à transborder voyageurs et, marchandises sur un autre qui prit sa place pour le voyage de Chine. Bref, M. Tissier débarqua à Nagasaki, le 6 octobre, brisé par la fatigue, quasi exténué. Quelques jours de repos le remirent un peu, suffisamment du moins pour lui permettre de commencer l’étude de la langue, qu’il continua une année entière à la résidence épiscopale, sans avoir aucun ministère à remplir. Ses confrères ne tar­dèrent pas à  s’apercevoir que la Mission aurait en lui un missionnaire vertueux, intelligent, doué d’un esprit méthodique et d’une grande énergie de caractère. Fortement attaché à ses devoirs, le nouvel ouvrier semblait être un instrument bien préparé : il l’était, en réalité, mais plutôt pour souffrir que pour travailler.

    « Dès les premiers jours de son arrivée au Japon, M. Tissier fut at­teint d’une diarrhée accompagnée de violentes douleurs d’entrailles, maladie qui devint chronique et resta pendant des années rebelle à toute espèce de médications. Dans ces conditions, Mgr Petitjean, désireux de seconder le désir qu’il avait de travailler et voulant lui éviter les fatigues de la vie de district, le nomma professeur au séminaire.

    « M. Tissier passa environ deux ans dans l’exercice de ces fonc­tions, enseignant avec zèle le latin à un cours de 8 élèves, mais non sans payer à plusieurs reprises son tribut à la maladie. Au mois de juin 1885, l’état de sa santé empira tout à coup ; plus de forces, plus d’appétit, ses nerfs seuls le soutenaient. Il essaya d’abord d’un chan­gement d’air à Urakami, chez M. Pélu, qui lui avait offert une cor­diale hospitalité ; ce fut sans succès. Alors, sur le conseil de ses amis, il se résigna à demander au supérieur de la Mission rési­dant alors à Osaka, l’autorisation de se rendre au sanatorium de Hong-kong pour tenter un rétablissement qui paraissait dès lors très difficile. Les soins spéciaux qu’il trouva à Béthanie et les égards charitables dont il y fut entouré, produisirent un heureux résultat ; les forces revinrent ;  et, au bout de trois mois, il reprit avec empressement la route de sa Mission. Evidemment, sa santé restait toujours faible et chancelante ; mais, grâce à son indomptable énergie, elle allait lui permettre de travailler dix ans encore au bien des âmes. Mgr Cousin lui en facilita d’ailleurs les moyens en le retirant du séminaire pour le placer à Kaminoshima, petite chrétienté de 450 fidèles.

    « Kaminoshima est une île située à l’entrée de la rade de Naga­saki, d’où elle n’est éloignée que d’une lieue environ. D’un abord facile, les nombreuses barques qui sillonnent le port peuvent s’y rendre à peu près en tout temps. La population chrétienne y vit presque uniquement du produit de la pêche et se trouve groupée dans deux villages très rapprochés l’un de l’autre. Ce poste conve­nait donc bien à l’état de santé du bon M. Tissier qui, avec recon­naissance, accepta la proposition de son Evêque. Grande fut aussi la joie de cette chrétienté d’avoir enfin un prêtre à elle : désormais l’assistance à la messe serait plus facile, l’administration des sacre­ments se ferait régulièrement, l’instruction religieuse serait donnée aux adultes comme aux enfants d’une manière plus complète ; enfin, le trésor de grâces que tout prêtre selon le cœur de Dieu porte avec lui, serait grandement ouvert aux âmes de bonne volonté de cette petite île.

    « En s’installant, vers la fin de novembre, à son nouveau poste, M. Tissier se proposa de réaliser ce but éminemment sacerdotal, et l’on peut dire qu’il y consacra toutes ses forces et tout son dévouement. Il s’occupa spécialement de l’éducation des enfants, devoir important que les parents ne comprennent pas assez et que le mis­sionnaire a l’obligation de leur rappeler sans cesse. Un autre but de ses efforts fut d’instruire plus à fond les âmes dont il avait la charge, sur la dévotion à la sainte Eucharistie. Ses conseils, ses exhortations et ses exemples portèrent des fruits. La visite au Saint-Sacre­ment fut comprise et pratiquée par plusieurs. Aussi, était-ce parfois un spectacle édifiant pour le visiteur, que celui de ces pieux fidèles, hommes et femmes, interrompant un instant leur travail, et gravissant les 70 marches qui mènent à l’église pour y adorer le Seigneur Jésus, Sauveur du monde.

    C’est pendant son séjour à Kaminoshima, en achevant l’ornemen­tation intérieure de son église, que M. Tissier révéla les aptitudes et les connaissances pratiques qu’il avait en architecture. Doué d’un grand esprit de précision, il excellait surtout à prévoir les détails d’une construction. Souvent ses confrères eurent recours à ses lu­mières et à son expérience, et il leur rendit avec plaisir les services qui furent en son pouvoir.

    « Charitable envers tout le monde, il était particulièrement ré­servé dans ses paroles. Son tempérament le portait à la mélancolie, mais il réagissait énergiquement contre cette tendance naturelle. La preuve en est dans les bons mots, les pointes spirituelles, qu’il savait agréablement mêler à la conversation. Il ne dédaignait pas non plus de rimer une chansonnette pour célébrer gaiement les exploits d’un confrère qu’on voulait fêter en famille.

    « Cependant la santé de M. Tissier, quoique éprouvée encore par des accès plus ou moins fréquents de la maladie d’entrailles dont il souffrait, s’était améliorée dans son ensemble, et il put administrer la petite chrétienté de Kageno qui compte trente familles. Comme à Kaminoshima, il fut aimé et vénéré à Kageno. Les chrétiens espé­raient le garder longtemps encore lorsque Mgr Cousin qui avait besoin d’un professeur de théologie pour le séminaire, le nomma à ce poste important. C’était au mois d’août 1889. Heureux de sa destination, M. Tissier se hâta de dire adieu à ses îles et re­vint à Nagasaki, le lendemain de la fête de l’Assomption. Son départ excita des regrets universels parmi la population qu’il quittait et donna lieu à des marques touchantes d’attachement et de sympathie. Aussi, pour en témoigner sa reconnaissance, n’hési­tera-t-il pas dans la suite, quand le temps et sa santé le lui per­mettront, à venir les jours de grande fête, célébrer la messe au milieu de son ancien peuple,dans cette église où il avait jadis tant prié.

    « En abandonnant la vie de district, M. Tissier ne cessa pas d’être apôtre. Ses aspirations restaient les mêmes ; le moyen seul de les réaliser était modifié. Au lieu de combattre lui-même directement, il allait travailler à la formation des prêtres indigènes qui nous sont si utiles.

    « Tout entier à son nouvel emploi, il se mit sous la protection du Sacré-Cœur de Jésus et redoubla de fidélité à la grâce. Levé avant 5 heures, il consacrait son temps à préparer ses classes avec un soin scrupuleux, approfondissant les questions qu’il devait enseigner, visant surtout à la précision de la doctrine et à l’instruction pra­tique de ses élèves. Ceux-ci se souviennent de l’exactitude qu’il avait coutume d’exiger dans les expressions qui regardent les ma­tières théologiques. Il se fit aussi un rigoureux devoir de conscience d’inspirer à ses élèves le goût des études sérieuses ; il insista sur ce point, y voyant avec raison un moyen de préservation pour le prêtre.

    « Persuadé en outre que l’enseignement, pour être complet, doit embrasser la formation du cœur autant que la culture de l’esprit, il s’appliqua à inculquer à ses élèves le respect de l’autorité, à développer en eux les sentiments de générosité, de délicatesse, le vérita­ble esprit ecclésiastique et un grand amour pour les exercices de piété, gage de la persévérance finale. Il suivit en toutes circonstances la conduite de Notre-Seigneur avec ses apôtres : cœpit facere, et, sous ce rapport, Dieu seul peut savoir les mérites de cette vie simple et modeste de directeur de séminaire, comme Lui seul les peut récompenser dignement. Toutefois ce que les hommes en ont vu est trop édifiant pour ne pas être signalé. Un mot, d’ailleurs, résume l’impression de tous : M. Tissier fut un saint prêtre. On remarquait en lui une foi profonde qui inspirait et surnaturalisait ses actes et ses paroles ; une mortification universelle qui l’entraînait à des sacrifices multiples et lui faisait dépasser parfois les bornes de la discrétion et de la prudence ; une régularité exemplaire, qui ne se démentait jamais ; une attention continuelle à la présence de Dieu, qui donnait à son visage amaigri un air grave et plein de dignité ; un zèle ardent qui le poussait sans cesse à s’immoler pour les âmes ; enfin et surtout un amour tendre pour Notre-Seigneur qui lui faisait trouver ses délices dans les exercices de piété, dans les prières mul­tipliées, dans les longues visites au Saint-Sacrement, et qui se traduisait par un vif désir de la perfection sacerdotale.

    « Voilà en quelques traits ce que fut, pendant ses six années de pro­fessorat notre pieux et dévoué confrère. Si parfois on trouvait sa nature énergique trop austère, sévère même, on n’en admirait que davantage le travail de la grâce qui avait su ajouter tant de calme à tant de force.

    « En luttant ainsi contre la nature, M. Tissier était parvenu à un haut degré de perfection. Ses notes intimes en font foi. Qu’on me permette de citer quelques courts fragments de celles qu’il écrivit pendant sa retraite annuelle, en 1891.

    « Mes nerfs ! vigilance pour en prévenir la surexcitation, patience pour la supporter.

    « Eviter autant que possible tout ce qui peut me singulariser. — Renoncement en toutes « choses, grandes et petites, mais surtout petites. — On ne peut être saint qu’en se sacrifiant « continuelle­ment. Quand cette immolation de tous les jours et de tous les ins­tants me « fatiguera, la rapprocher du moment de ma mort qui peut être n’est pas éloignée. Alors tous « mes sacrifices me seront une joie, et toutes mes immortifications un regret.

    « Souffrir et me taire. Sicut Domino placuit, ita factum est.

    « Le bon Dieu me donnera assez de forces pour le travail qu’il veut que je fasse. Et « d’ailleurs un prêtre qui ne s’épuise pas, à quoi donc est-il bon ?

    « Si je ne prends la résolution de me mettre au-dessus du manque de santé, je ne ferai « jamais rien. Qu’importe que je meure ! »

    « Cette vie de sacrifice, avait usé le corps en fortifiant l’âme. Au printemps de 1893, M. Tissier fut atteint d’une grave maladie d’es­tomac. Voyant que le vin, la viande, les œufs lui rendaient la di­gestion pénible, il résolut de s’en abstenir complètement. Dès lors, son régime fut des plus simples : une soupe maigre, toujours la même, du pain et de l’eau. Plus tard, il remplaça la soupe par du lait et du fromage blanc. Enfin, littéralement épuisé, le 2 juillet, après les examens de fin d’année, il se rendit aux instances de son évêque qui l’envoya, une seconde fois, à Hong-kong, pour y consulter les docteurs. Son séjour au sanatorium de Béthanie dura cinq mois, pendant lesquels sa santé, malgré les soins dévoués qui lui furent donnés, ne s’améliora que légèrement. On lui conseillait de rester encore à Hong-kong ; mais, connaissant lui-même son état et sa­chant qu’il ne devait pas compter sur une guérison qui paraissait im­possible, il insista pour obtenir l’autorisation de rentrer au Japon.

    « Le changement d’air, la joie du retour, la certitude de mourir désormais dans sa Mission, contribuèrent à renouveler son courage et à augmenter un peu les forces qui lui restaient. Comme l’inaction lui pesait, il reprit volontiers en février une partie de sa tâche qu’il poursuivit dix-huit mois encore. Pendant ce temps, le principal service qu’il rendit fut de préparer l’exécution des plans de la nou­velle cathédrale de Nagasaki. aujourd’hui en voie de construction.

    Il célébra sa dernière messe le 15 juin 1895, jour anniversaire de son ordination aux Ordres mineurs. Arrêté alors subitement par un crachement de sang, fatigué par une toux opiniâtre et par les fortes chaleurs de la saison, il dut s’aliter. Dès lors, ses forces diminuèrent à vue d’œil, et avec elles tout espoir de guérison disparut bientôt. Vers la fin de juillet, le cher malade reconnaissant la gravité de son état, renouvela de tout cœur à Dieu le sacrifice de sa vie, et demanda lui-même à recevoir les derniers sacrements qui lui furent admi­nistrés par Mgr Cousin, le 4 août.

    « À partir de ce jour, la faiblesse continua à augmenter progressi­vement, au point qu’il se vit bientôt incapable de se rendre à lui-même les services les plus nécessaires. Cette situation lui fut particulièrement pénible, il l’accepta néanmoins avec patience, l’offrant à Dieu pour expier les actes d’attachement à sa volonté propre. Il aimait à répéter qu’il ne verrait pas la fin du mois d’août ; mais Dieu pour sa consolation et celle de ses confrères voulut qu’il en fût autrement. Les exercices de la retraite annuelle devaient commencer le 1er septembre, et tout les missionnaires, un seul excepté, y avaient été convoqués. Revoir un frère bien-aimé sur le point de quitter ce monde, prier pour lui, lui dire adieu et lui confier ses pieuses commissions pour le ciel, était pour chacun de nous une véritable satisfaction. M. Tissier, lui aussi, en remercia Dieu.

    « Enfin, le 5 septembre, après une nuit fort agitée, les symptômes de la mort se manifestèrent ; la phtisie avait achevé son œuvre. Une dernière fois, le cher malade se confessa en pleine connaissance et se remit  humblement entre les mains de Dieu, pendant que tous ses confrères, réunis autour de son lit, récitaient les prières de la recommandation de l’âme. La nuit suivante fut relativement calme, mais déjà les moments de lucidité étaient devenus rares, Le lendemain, vers 9 heures du matin, la dernière agonie s’annonça par des  contractions douloureuses qui ne durèrent que quelques instants, et à midi 55 minutes, l’âme du bon M. Tissier, purifiée par les souffrances d’une longue maladie, quittait ce monde pour aller recevoir au ciel la récompense promise au bon et fidèle serviteur.

    « Les funérailles de notre cher confrère, ont été célébrées le diman­che 8 septembre. Mgr Cousin présida l’office et donna l’absoute. À la messe solennelle assistaient M. le contre-amiral Ollivier de Beaumont, commandant en chef de la division navale de l’Extrême-Orient, entouré de plusieurs de ses officiers, M. le vice-consul de France à Nagasaki, 24 missionnaires, 4 prêtres indigènes, les religieux de la Société de Marie, les séminarites des environs, les Reli­gieuses et leur communauté, les catholiques européens et japonais de la ville épiscopale, et plusieurs députations des fidèles de Kaminoshima, Kageno et Urakami. Le convoi funèbre, croix en tête, traverse les rues de la ville et se dirigea vers le nouveau cimetière, réservé à la sépulture des résidents étrangers, lequel est situé dans la chrétienté d’Urakami, sur le revers de la colline des Martyrs. C’est là que, dans l’attente, de la résurrection bienheureuse, repose en paix la dépouille mortelle du regretté M. Tissier.

    « Sancti mei, qui in carne positi, certamen habuistis, mercedem laboris ego reddam vobis. »

     

    • Numéro : 1532
    • Pays : Japon
    • Année : 1882