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Joseph THIERRY (1862-1896)

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    « M. Joseph-Gabriel Thierry, du diocèse de Lyon, s’embarqua à Marseille le 19 décembre 1886. À son arrivée au Cambodge, écrit M. Joly, il étudia la langue sous la direction de M. Combes qui, émerveillé des rapides progrès du jeune missionnaire, crut pouvoir lui confier bientôt une partie de son vaste district. Avec son cœur ardent, brûlant de zèle et d’affection pour ses ouailles, M. Thierry se mit à l’œuvre sans retard. Nombre de catéchumènes et de chrétiens, jusqu’alors dispersés çà et là, vinrent se grouper autour de sa chapelle et grossir son petit troupeau. Ces néophytes étaient pauvres, souvent ils étaient tracassés par les païens : notre confrère ne put supporter ce spectacle et, pour soulager une si grande misère, il donna, sans compter, jusqu’à sa dernière obole.

    « Il ne demeura pas longtemps dans ce poste qu’il affectionnait ; son Vicaire apostolique le rappela comme professeur au séminaire. Le jeune missionnaire accepta cette nouvelle fonction et, pendant quatre ans, mit toute son intelligence et tout son cœur à former les aspirants au sacerdoce. Mais sa santé fut vite compromise et il manifeste le désir de retourner en paroisse. Mgr Cordier, espérant aussi que la vie active lui serait plus favorable, lui confia successivement les districts de Xoai-doi et de Cai-doi.

    « M. Thierry rencontra sur son chemin des épreuves et des peines cuisantes, mais l’amour de Dieu les lui rendit plus supportables, et sa charité et son désintéressement ne se démentirent pas un instant. Malgré le mauvais état de sa santé, il consacra encore quatre années au labeur apostolique. Cependant son mal s’aggravait de jour en jour, sa vie était même en danger. Nous avions l’espoir fondé qu’un voyage en France le guérirait ; sur nos instances, il consentit à partir.

    « À peine arrivé au pays natal, il ressentit un mieux sensible et il se persuada qu’il était guéri : aussi, plein d’ardeur pour le salut des âmes, il quitta brusquement sa mère pour venir retrouver ses chers néophytes dont le souvenir ne l’avait jamais quitté. Les chrétiens furent heureux de le revoir ; leur joie malheureusement devait être bien courte, car le Père retomba malade dès les premiers jours de son arrivée.

    « Pendant huit mois, il lutta contre le mal qui le minait, ne voulant ni s’avouer son état à lui-même, ni l’avouer à ses confrères. Il bâtit à Cai-doi un beau presbytère et distribua entre les églises de son district les statues, les ornements, tout ce qu’il avait rapporté de France. L’œuvre de la Sainte-Enfance prit aussi, sous son impulsion, un nouvel essor. Il envoya chercher à grands frais et parvint à ramener près de lui plusieurs familles chrétiennes disséminées au milieu des païens. Par deux fois il fit la visite de son district.

    « Enfin, ses forces le trahirent à nouveau ; son estomac rebelle refusa toute nourriture solide ; il fut obligé de garder la chambre. Comme la maladie lui laissait encore par ci par là quelque répit, M. Janin, qui était alors supérieur de la Mission, en profita pour l’autoriser à retourner une seconde fois en France. Les soins de sa bonne et pieuse mère ne réussirent qu’à prolonger sa vie de quelques semaines. Le divin Maître, satisfait de ses travaux, de sa bonne volonté et de sa résignation, mit fin à ses souffrances et le rappela à Lui, le dimanche 26 janvier 1896.

    « Ses chrétiens et tous ceux qui l’ont connu prient pour lui et le pleurent amèrement. Tous, nous espérons que, là-haut, il continue à aimer ceux qu’il affectionnait tant ici-bas et à prier, lui aussi, pour eux. »

     

     

    • Numéro : 1737
    • Pays : Cambodge
    • Année : 1886