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Jean TESSIER DE QUÉRALAY (1668-1736)

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    [116]. TESSIER DE QUÉRALAY , Jean-Jacques. C’est le nom sous lequel il est le plus connu­ ; mais ce nom est-il exact­ ? En tous cas, il laisse place à quelques doutes. Le missionnaire signait Texier, Tessier, de Quéralay-Tessier, de Kéralay-Tessier, Tessier-Quéralay, Tessier de Quéralay. Il naquit vers 1668 dans le diocèse de Nantes­ ; d’après une note anonyme, ce serait à Chantenay. Le nom de Quéralay ou Kéralay a été porté par plusieurs familles habitant les environs de Guérande (Loire-Inférieure).

    Il partit en 1699 pour être procureur à Pondichéry. Il arriva dans cette ville au moment où Quémener commençait la construction de la procure­ ; il acheva cette maison qui coûta 2 381 piastres. Il paraît avoir étudié fort sérieusement les cérémonies idolâtriques de l’Inde, les croyances des brahmes touchant la divinité, l’âme de l’homme, l’âme des bêtes et celle des plantes. Il mit par écrit le résultat de ses études, et fit lire son travail à Mgr de Tournon qui l’encouragea à le continuer. Il envoya en France ce manuscrit dont nous ignorons le sort.

    Après avoir rempli la charge de procureur pendant dix ans, il exprima le désir d’aller en mission, et particulièrement dans les îles Nicobar­ ; on lui conseilla de rester à Pondichéry­ ; il y consentit. En 1710, il commença, avec le gouverneur de notre colonie, des négociations pour faire confier la cure de Pondichéry à la Société des M.-E.­ ; il ne réussit pas.

    En octobre 1717, il fut nommé évêque de Rosalie et coadjuteur de Cicé, au Siam­ ; il hésita assez longtemps avant d’accepter, d’autant plus que de Cicé avait des dettes, et que sa succession paraissait de ce chef assez difficile.

    En 1720, il se décida cependant à quitter Pondichéry, où l’on caractérisait sa conduite envers les missionnaires qu’il recevait à la procure par ces mots­ : « Autant il est rigide pour lui-même, autant il est attentif à ce que ses confrères ne manquent de rien. » Il séjourna à Mergui près de deux ans, et n’arriva à Juthia qu’en 1722. Il y reçut la consécration épiscopale le 1er mai 1723. Il demeura au Collège général, et s’appliqua à la direction des séminaristes. Le 1er avril 1727, il devint vicaire apostolique par la mort de Mgr de Cicé.

    Ayant remis à un prince de l’ancienne famille royale des ouvrages sur le catholicisme, celui-ci les prêta à d’autres­ ; de la lecture de ces ouvrages naquirent des discussions­ ; les talapoins se plaignirent­ ; les mandarins se joignirent à eux ainsi qu’une famille mécontente, paraît-il, d’avoir vu un de ses enfants prendre l’habit ecclésiastique. L’évêque, un missionnaire, et deux séminaristes furent appelés devant le Conseil souverain. « On leur fit subir un interrogatoire fort long, et on leur défendit­ : 1° d’écrire en langue siamoise ou en bali des ouvrages sur la religion chrétienne­ ; 2° de prêcher le catholicisme à des Siamois, à des Pégouans ou à des Laotiens­ ; 3° de les engager, par quelque voie que ce fût, à se faire chrétiens­ ; 4° de condamner la religion du royaume. » L’évêque refusa de se soumettre à ces exigences­ ; mais, quelque temps après, le premier ministre fit graver ces quatre articles sur trois grandes pierres qu’il voulut placer dans les églises de Juthia et des environs. L’évêque s’opposa à ce caprice.

    Enfin, en 1731, une de ces pierres fut posée sur un socle près de l’église de Juthia, une autre devant l’église de Mergui. Les missionnaires et les chrétiens prirent l’habitude de les désigner sous le nom de « pierre de scandale ». Le récit de ces discussions et de ces difficultés a été consigné dans une lettre écrite par le prélat, en 1733, au Pape Clément XII.

    En 1734, Tessier de Quéralay essaya de parler au nouveau roi qui venait de monter sur le trône d’une alliance avec la France­ ; il se heurta à un refus. Il mourut à Juthia le 27 novembre 1736.

    Armes. — D’azur au faisceau de licteur d’argent en pal.

    Notes bio-bibliographiques

    — Hist. gén. miss. cath., ii, 2e part., p. 478. — Hist. gén. Soc. M.-E., Tab. alph. — Lett. à l’év. de Langres, p. 281. — Hist. miss. Inde, Tab. alph. — Mém. hist. sur les miss. des Ind. or., ii, p. 214. — Mém. util. et néces., p. 240. — Descrip. du roy. Thai, ii, pp. 199 et suiv., 207. — La Franc. pont., ii, p. 668.

    • Numéro : 116
    • Pays : Inde
    • Année : 1699