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Hippolyte TEISSIER (1853-1922)

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    Mgr Hippolyte Teissier naquit le 15 novembre 1853, à Saint-Ferréol-d’Auroure, diocèse du Puy, au sein d’une famille honorable et foncièrement chrétienne. Nous ne connaissons presque rien de son enfance. Par quelques rares confidences échappées à sa modestie, nous savons que sa mère était une de ces chrétiennes vaillantes, image parfaite de la femme forte de nos Livres Saints. Ce fut sur ses genoux que le petit Hippolyte apprit à bégayer ses prières, et de ses lèvres pieuses qu’il reçut les premiers enseignements de la Religion. Elle était exigeante sur l’assistance à la messe du dimanche : au sorti de l’église, Hippolyte devait lui rendre un compte exact du prône de M. le Curé.

    Après ses études primaires à l’école du village, il fut envoyé au petit séminaire de Monistrol, d’où sont sorties tant de vocations pour les Missions Etrangères. Nous n’avons aucun détail de son passage dans cet établissement. Aussi bien, cette vie si pleine de réalisations durant les quarante-deux années d’apostolat au Maïssour, dépasserait le cadre de cette courte notice, s’il fallait en décrire les diverses phases, même en les résumant, depuis la première enfance jusqu’au départ en mission. On reconnaît l’arbre à ses fruits : à leur plein épanouissement en mission, on reconnaîtra ce que durent être les qualités et les vertus de l’enfant et de l’adolescent, de l’écolier et du séminariste.

    Au grand séminaire du Puy, il ne fit qu’un séjour d’une année et reçut la tonsure. Nous le trouvons en 1876 au Séminaire des Missions-Étrangères de Paris. Il y demeura trois ans, y fut ordonné au sacerdoce le 20 septembre 1879, et reçut sa destination pour le Maïssour. Il arriva à Bangalore le 3 décembre 1879.

    Nous allons suivre  Mgr Teissier dans les diverses fonctions qu’il exerça, sous le soleil des Indes, durant sa longue carrière apostolique, et considérer en lui le Missionnaire, le procureur, l’aumônier et l’évêque.

    Le Missionnaire. – À peine arrivé, le jeune missionnaire se mit avec ardeur à l’étude du Tamoul ; six mois après, étant jugé capable de se tirer d’affaire, il quitta la procure et fut envoyé à Mattigiri, où il ne resta que quelques mois. En novembre 1880, ses supérieurs l’envoyèrent à Shimoga ; il y exerça le saint ministère pendant trois ans. Il y avait à cette époque, à Hossur, une grande ferme où l’on avait recueilli un bon nombre d’orphelins et d’orphelines, victimes de la terrible famine de 1877. Mgr Teissier parlait souvent de ces chers enfants qu’il avait eu l’occasion de soigner, et ce fut là sans doute que se développa cet amour vraiment maternel dont il entoura toujours nos orphelins et les pauvres déshérités du monde.

    En l’année 1883, il fait l’administration de Closepett et de quelques petites chrétientés autour de Bangalore. Un an plus tard (janvier 1884) nous trouvons notre jeune missionnaire à la ferme de Siluveipura, au milieu des orphelins maintenant un peu grandis, qu’il avait connus à Shimoga. Il put, dans ce milieu, donner libre carrière à sa bonté et à son zèle, et former ces pauvres âmes à la pratique des vertus chrétiennes.

    Son séjour à Siluveipura ne fut pas très long et, en juin 1885, il fut appelé à diriger le district de Ganjam. Ce village est situé dans l’île célèbre de Siringapattam, où le fameux Hyder Ali et son cruel fils, Tippu Sultan, avaient bâti la grande forteresse qui tint si longtemps en échec la puissance des Anglais.

    Ganjam et les villages environnants étaient habités par des chrétiens, Canaras de caste, probablement les descendants de ces vaillants qui eurent à confesser leur foi au temps du terrible Tippu, surnommé « le Tigre du Maïssour ». M. Teissier resta cinq ans au milieu d’eux. Il y a lieu de croire que ce furent les années les plus heureuses de sa vie de missionnaire, car il se complaisait à évoquer le souvenir de ses occupations et de ses randonnées, au milieu de ses chers chrétiens canaras. Sa bonté et sa gaieté naturelles lui attirèrent tout de suite l’amitié et la confiance de ces braves qui, longtemps après, aimaient encore à rappeler le passage du bon Père Teissier parmi eux, et ne cessèrent de lui témoigner leur affection.

    Ce fut à cette époque qu’il essaya de convertir une tribu nomade de la forêt, connue sous le nom de Kadu Kurberus. Il réussit à en baptiser quelques-uns, auxquels il bâtit des huttes ; mais un an après, pris de nostalgie, ils regagnèrent la forêt, sans toutefois apostasier. On retrouve encore leurs descendants sur la lisière des bois du Maïssour et du Coorg.

    Ce fut aussi sous son impulsion que le pèlerinage de Saint-Antoine de Padoue prit un si grand essor à Dornhalli. Des milliers de chrétiens se rendent maintenant, chaque année, à la belle chapelle qui y a été construite, pour accomplir leurs vœux et demander la protection du grand thaumaturge.

    Les missionnaires qui ont connu le Père Teissier de ce temps-là se plaisent à décrire sa franche gaieté et sa bonne humeur. Quand il revenait de la visite de son district, il s’arrêtait à Mysore où se trouvaient plusieurs confrères ; c’était alors la joie universelle ; il était le boute-en-train ; sa nature ouverte, franche, joviale, pleine d’à-propos et d’esprit se donnait libre carrière ; il aimait la compagnie de ses confrères. Il ne résistait pas à la tentation de jouer quelque bon tour ou de lancer quelque innocente plaisanterie dont tout le monde d’ailleurs, même la victime, s’égayait de tout cœur.

     

    Le Procureur. – Ces cinq années, passées aux abords de la forêt et au milieu des rizières, ne laissèrent pas que de miner sa robuste santé ; elle succomba sous les atteintes de la fièvre paludéenne, et Mgr Couadou dut lui imposer quelques jours de repos. Au bout d’un mois, il revint au milieu de ses chrétiens de Ganjam ; mais ce ne fut pas pour longtemps. Sa grandeur l’appela aux fonctions de procureur de la Mission en janvier 1890.

    Ce fut alors que les qualités de M. Teissier brillèrent de leur plus vif éclat. Les finances de la Mission étaient dans un assez triste état, pour ne pas dire qu’elles étaient un mythe. C’était l’époque héroïque où le conseil se réunissait pour discuter gravement sur l’opportunité d’une allocation de huit annas (environ un franc) pour blanchir les murs de la chapelle. M. Teissier se mit à l’œuvre. Servi par une intelligence claire, et un savoir-faire merveilleux, il parvint à mettre les finances de la Mission sur une base solide sinon brillante.

    Il pratiquait l’économie mais sans avarice ; et toutes les demandes motivées de secours pécuniaires trouvaient auprès de lui un accueil bienveillant. Il ne refusa jamais de l’argent à un confrère dans le besoin. Malgré ces brèches fréquentes faites à ses réserves, il réussit si bien, qu’à l’époque de la grande guerre et maintenant encore, le viatique des missionnaires ne fut jamais diminué dans notre Mission, bien que le change fût défavorable. Grâce à son habileté, une magnifique floraison d’œuvres de toutes sortes put s’épanouir dans notre diocèse. Sa caisse était toujours à la hauteur des nouveaux besoins.

    Mais les fonctions de procureur dans les missions ne se bornent pas à la bonne gestion des biens  temporels. Il doit aussi recevoir les missionnaires  qui, de la brousse, viennent à la procure reprendre des forces épuisées. Ce fut surtout dans cette œuvre de prédilection que M. Teissier montra toute la délicatesse de son âme. Avec quelle charité exquise il se donnait à ses chers confrères; son cœur compatissant allait surtout vers ceux qui arrivaient plus fatigués et souffrants. De quels soins maternels ne les entourait-il pas. Son bon sourire était souvent plus efficace que les remèdes ; il savait dérider les fronts les plus assombris ; il avait toujours de bonnes et réconfortantes paroles sur les lèvres ; il encourageait les timides, approuvait et félicitait les braves, guidait les inexpérimentés, relevait ou entretenait les courages. Il devint ainsi l’ami et le confident de presque tous les missionnaires.

    Aussi personne ne s’étonna lorsque, le 5 juillet 1910, Mgr Baslé le choisit pour son vicaire général. M. Teissier n’en continua pas moins ses fonctions de procureur qu’il remplit fidèlement pendant vingt-sept ans, jusqu’au jour où il fut promu à la dignité épiscopale. Un si long service indique assez qu’il fut en toute vérité un « Procureur modèle » .

     

    L’Aumônier. – Malgré ses occupations multiples à la Procure, il trouva encore le temps d’exercer les fonctions d’aumônier à l’hôpital Saint-Marthe, qui lui devait d’avoir pu survivre à une crise sérieuse. Cet hôpital, dirigé par les Sœurs du Bon-Pasteur d’Angers, est situé à cinq kilomètres de la procure. Par tous les temps, le bon M. Teissier partait en voiture à 5 heures ½ du matin. Cheval et voiture étaient légendaires et plus d’une chanson fut composée en leur honneur. Le cheval était si bien habitué au trajet quotidien qu’il partit un jour tout seul, dès que l’aumônier eût pris place dans la voiture. Celui-ci, assis à l’intérieur ne se doutait de rien. Quelle ne fut pas sa stupéfaction en arrivant à l’hôpital de constater l’absence du cocher !

    Il fut tout de suite l’ami et le confident des malades. Que de misères physiques et morales, il eut l’occasion de soulager ! Il trouva dans la Mère Hiacynthe, de sainte mémoire, supérieure de l’hôpital, une digne collaboratrice. Leurs deux âmes s’entendaient à l’unisson pour accomplir les œuvres de miséricorde. Par leurs efforts réunis, que de moribonds réconciliés avec leur Sauveur s’en allèrent au ciel en les bénissant ! Que d’enfants de païens furent régénérés dans les eaux du saint Baptême ! Que de misérables, guidés par leur parole, retrouvèrent la bonne voie !

    M. Teissier s’appliqua aussi à développer et à perfectionner l’œuvre de l’hôpital. Sous son impulsion, quelques jeunes filles pieuses et intelligentes furent envoyées à l’école de médecin. L’une d’elles, après avoir passé ses examens se fit religieuse et exerce maintenant sa profession à Sainte-Marthe. Il encouragea le recrutement d’infirmières bénévoles parmi les jeunes personnes européennes et anglo-indiennes. Il institua le tiers-ordre de Saint-François d’Assise pour le bénéfice des filles indigènes qui se vouent au service de l’hôpital et des malades. Pour les religieuses du Bon-Pasteur, il fut un ami sûr et fidèle, un conseiller éclairé, un père affectueux et un bienfaiteur insigne.

    Son activité était sans cesse en éveil. Par ses bons conseils, cet établissement s’accrut rapidement et devint l’hospice le plus populaire de Bangalore. Aujourd’hui il compte quelque 100 lits, et près de 40.000 malades viennent, chaque année, y cherche leur guérison.

    Mais ce qui lui confère un titre spécial à la reconnaissance des missionnaires de l’Inde et de la Société, c’est la fondation d’une maison pour les confrères malades. Depuis longtemps, le besoin d’un pavillon réservé aux missionnaires malades se faisait sentir. Il y a bien aux Nilghiris le Sanatorium de Saint-Théodore ; mais ce dernier, situé sur les montagnes, dans un climat plutôt froid, loin des communications, ne répondait pas complètement à toutes les exigences . M. Teissier, dont le cœur saignait à la vue des souffrances de ses confrères, se mit à l’œuvre. Il sut intéresser le Séminaire de Paris et plusieurs confrères à ses projets, et en 1909 il eut enfin la joie de voir s’élever un joli pavillon contenant six chambres de malades pour l’usage exclusif des prêtres. Cet établissement devint tout de suite populaire, et il est rare d’y trouver une seule chambre inoccupée. Que de missionnaires y sont venu demander le rétablissement de leur santé ! Que d’autres hélas ! y ont déjà terminé leur rude carrière et exhalé leur dernier soupir, résignés et confiants, entre les bras des anges de charité qui veillaient à leur chevet. Il en est venu de Birmanie, de Malacca, du Siam, de la Chine, du Japon et de la lointaine Corée. Le climat tempéré de Bangalore, et surtout les soins intelligents et dévoués des Sœurs du Bon-Pasteur ont répandu au loin le bon renom de cet établissement. Il est ouvert non seulement aux membres de notre chère Société, mais aussi à ceux des autres congrégations. C’est aux efforts de M. Teissier que nous devons l’existence de cette maison bénie.

     

    Le Vicaire Général et l’Evêque. Comme nous l’avons dit plus haut, M.Teissier fut nommé Vicaire Général en 1910 par Mgr Baslé. Cet honneur ne le changea en rien, et ses relations avec ses confrères restèrent ce qu’elles avaient toujours été, simples, pleines d’aménité et de confiance. Il eut à s’occuper plus spécialement de l’administration du diocèse pendant le séjour de Mgr Baslé en France (1912-1914). Il eut une affaire surtout , dans laquelle il montra sa clairvoyance et sa fermeté : c’est la construction d’un bâtiment pour la section indienne du Collège Saint-Joseph.

    Quelques années auparavant, le gouvernement anglais, pour des motifs qu’il est inutile d’apprécier ici, décida que les Européens seraient désormais séparés des Indiens pour l’enseignement dans les écoles. Jusque-là ils avaient fréquenté les mêmes classes et s’étaient assis sur les mêmes bancs. Pris au dépourvu, les supérieurs durent loger les Indiens dans des classes de fortune ; elles étaient basses, étroites et mal éclairées ; les études en souffraient ; les élèves humiliés s’en allaient, et notre influence parmi les indigènes risquait fort de sombrer. Il fallait donc, au plus tôt, remédier à cette situation regrettable ; le seul moyen pratique était de bâtir un local près du collège existant. Le gouvernement consulté se montrait favorable et promettait un large subside pour couvrir les dépenses. Tout semblait aller pour le mieux, lorsque soudain une vive opposition se manifesta : pourquoi tant de frais ? Le terrain en vue ne convenait pas ; il n’était pas disponible ; il était indispensable à d’autres œuvres.., disait-on. M.Teissier écouta patiemment pesa le pour et le contre, et enfin convaincu de la nécessité de bâtir, passa outre, et le magnifique bâtiment, de style classique, à trois étages, orgueil de Bangalore, abrite, grâce à lui, les 800 étudiants de la section indienne du collège Saint-Joseph.

    Le 13 décembre 1915, Mgr Baslé rendit pieusement son âme à Dieu, et les missionnaires du Maïssour durent par leur vote indiquer celui qu’ils jugeaient le plus digne de lui succéder ; leur choix se porta sur le Vicaire Général qui fut le seul à s’en étonner. Rome exauça le désir des missionnaires : le 22 août 1916. M.Teissier fut nommé évêque de Mysore ; il fut sacré solennellement le 24 janvier 1917, à la cathédrale de Saint-Patrick, au milieu d’une foule enthousiaste et émue.

    Le nouveau pasteur était bien connu de tout son troupeau. Ses fonctions  d’aumônier de Saint-Marthe et de procureur avaient multiplié ses relations.

    Tous avaient été charmés par son sourire accueillant, sa simplicité et son humeur toujours égale. Aussi son élévation à l’épiscopat causa une joie universelle. Lui seul se trouvait indigne, et ce fut avec crainte qu’il accepta cet honneur qu’il n’avait jamais brigué. Il choisit pour devise : « In te Domine speravi » et ses armes portaient l’ancre, symbole de son espérance en Dieu ; la croix, source de ses consolations, et le monogramme de notre chère Société, objet de son amour.

    Les craintes de Mgr Teissier n’étaient pas sans fondement :  les difficultés du présent en faisaient prévoir de plus grandes encore pour l’avenir. La grande guerre sévissait, seuls les vieux et les  infirmes restaient au poste, et l’on ne pouvait compter sur de nouveaux arrivants. Les ressources de la Mission se ressentaient gravement de la chute du change, et la cherté des vivres et des objets de première nécessité imposait des charges très lourdes.  À tout cela il faut ajouter l’état d’agitation dans lequel se débattait l’Inde. Un esprit d’insubordination et d’indépendance s’infiltrait partout dans les masses et jusque dans les chrétientés.

    À défaut de grandes entreprises devenues impossibles, le grand mérite de Mgr Teissier aura été de faire face à toutes les difficultés et de tenir les positions acquises. Grâce à sa tenace énergie et à toutes ses qualités d’administrateur, toutes nos œuvres et institutions ont été maintenues intégralement en pleine prospérité.

     

    Ces deux années de travaux et de soucis ne tardèrent pas à avoir un effet funeste sur sa constitution pourtant robuste. Le Ier septembre 1918, il fut soudain terrassé par une angine de poitrine qui le mena aux portes du tombeau. La science du Docteur et les soins empressés des religieuses du Bon-Pasteur l’arrachèrent à la mort. Mais il ne fut plus que l’ombre de lui-même. La maladie  fut enrayée mais non guérie et le cœur resta gravement atteint, ce qui était comme une menace redoutée par tous de mort soudaine. Monseigneur le savait ; sa gaieté naturelle en souffrit ; il avait des heures pleines de tristesse et d’abattement. Dieu, qui voulait sans doute le sanctifier davantage, permit cette dure épreuve,  qu’il supporta d’ailleurs avec un courage et une résignation exemplaires. Les dernières années de sa vie s’écoulèrent ainsi dans des alternatives de convalescence et de maladie.

    Au début de l’année 1922, Mgr Teissier se disposait, dans un sursaut d’énergie, à visiter le Wynaad, lorsque le 25 janvier, après la messe qu’il venait de célébrer dans sa chapelle privée, il éprouva un certain malaise et fut obligé de s’étendre sur le tapis au pied de l’autel. Au bout de quelques instants, se sentant mieux, il descendit au réfectoire. Sur les instances de ses missionnaires, il consentit à se rendre à l’hôpital Sainte-Marthe ; le docteur reconnut les symptômes de l’influenza ; la maladie n’était pas grave, mais les forces ne revenaient pas. Il était depuis quatre semaines à l’hôpital, lorsqu’il éprouva une douleur lancinante au-dessus du sein gauche. Hélas ! c’était le réveil de l’ancienne maladie. Le samedi, 25 février, vers deux heures du soir, Monseigneur fut pris d’une crise cardiaque qui faillit l’emporter. Dans toute la lucidité de son esprit et se rendant parfaitement  compte de la gravité de son état, il demanda et reçut les derniers sacrements, avec une piété confiante et résignée. A partir de ce moment, les crises se succédèrent de plus en plus fréquentes et violentes. Les douleurs étaient terribles, mais sa patience ne se démentit pas un seul instant. Il conserva sa connaissance jusqu’au bout, et le soir du 26 février, à 6 h ¼  , Mgr Hippolyte Teissier rendit sa belle âme à Dieu, entouré de tout le clergé de Bangalore.

     

    La nouvelle de sa mort se répandit  rapidement ; les chrétiens de la ville et des environs se rendirent  en foule auprès de sa dépouille mortelle exposée à l’hôpital. Ce fut toute la journée du lundi une allée et venue continuelle de gens éplorés venant baiser, pour la dernière fois, la main du Pasteur aimé qui les avait si souvent bénis.

    Le mardi, 28 février, les funérailles eurent lieu à la cathédrale qui se trouva bien trop étroite pour contenir la foule qui s’y pressait. Après la messe de Requiem, les restes mortels de Mgr Teissier furent inhumés dans l’une des chapelles latérales, où ils attendent le grand jour de la Résurrection.

     

    • Numéro : 1423
    • Pays : Inde
    • Année : 1879