Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Jean TAVENNEC (1923-2007)

Add this

    Jean de Saint-Goazec ! De taille moyenne, de belle carrure, bien râblé, un Breton de bonne souche !

    L’hospitalité est son charisme avec, ici et là, des coups de gueule qui prouvent qu’il est en bonne forme. S’il ne se met pas en colère, on s’inquiète. « Qu’est-ce qui ne va pas ? » Ses yeux bleus, reflétant l’Atlantique les jours de soleil, peuvent jeter des éclairs, coup de tabac sur l’océan. Mais ça passe vite et on a plaisir à écouter le conteur qu’il est, gardant ses auditeurs sous le charme de sa parole. On ne sait s’il invente ou s’il raconte, mais il nous intéresse et lui rit encore plus que nous. Oh, ses histoires, nous les connaissons, mais on prend plaisir à le relancer et à découvrir de nouveaux détails qu’il vient d’y ajouter.

    Sa maison est ouverte à tous, avec priorité pour les pauvres, les touristes désargentés, ceux en difficulté avec la police ou les services de l’immigration. Dans une lettre au Père R. Girard, procureur de Singapour, il commence par une déclaration qu’il a eu plaisir à peaufiner : « Cette année, j’ai pris la résolution de faire comprendre à mes supérieurs et autres que je peux me passer d’eux ». Ce après quoi, il n’hésite pas à demander un service. Mais lui aussi est prêt à accepter les « sales boulots » : onze ans sur la côte Est de la Malaisie, dans un milieu malais musulman avec juste une poignée de chrétiens … Il a su tenir le coup et bâtir avec beaucoup de patience une communauté bien vivante.

    Il a besoin de se sentir compris et apprécié. Il garde un merveilleux souvenir de ses années au petit séminaire MEP de Beaupréau et aime se retrouver dans la compagnie du Père. Davias, son ancien supérieur, tout en ayant des points de vue contradictoires. Mais il se cabre dès qu’il se sent mal à l’aise. Il prend plaisir à étonner, et même quelquefois à choquer, mais il sait compatir et partager les peines.

    Serait-il sentimental ? Il est très attaché à ses nombreux amis ; il aime faire plaisir. Quand il était en charge de la maison de Cameron Highlands, quelle joie pour lui  de faire profiter les uns et les autres des beaux légumes de son jardin cultivé avec tant de soins, et des plats qu’il cuisinait lui-même. Et il a voulu être enterré à Ipoh, « pour que les gens puissent venir prier sur ma tombe ».

    Né à Saint-Goazec, vallée de Châteaulin, dans le sud Finistère, le 7 mai 1923 et baptisé le jour même de sa naissance, il est le second de douze frères et sœurs. Son père était ardoisier. Il étudie d’abord à l’école communale du village, puis, de la 6° à la 4°, au petit séminaire de Pont-Croix, pour finir son secondaire au séminaire des Missions Étrangères de Beaupréau. Il est le cousin du Père François Le Du, originaire du même village. Il a rencontré plusieurs fois le Père Le Restif, ancien missionnaire de Canton, alors « recruteur » en Bretagne. Ses notes de fin d’études le donnent comme deuxième sur sept, avec les mentions « Très bon » pour la piété, l’intelligence et la santé et « Bon » pour le caractère. Et le Père. Davias est bien connu pour être exigeant. Donc un excellent candidat pour la rue du Bac.

    Il y entre en septembre 1941, fait son service militaire à Dinan et Chartres, et sans à-coups arrive à l’ordination sacerdotale le 29 juin 1948 par Mgr Lemaire, dans la chapelle du 128. Il reçoit sa destination pour Suifu (Ipin), au sud du Setchouan , mission qui connut les débuts de Mgr de Guébriant, et dirigée alors par Mgr René Boisguérin. Parti en décembre, il y arrivera en janvier 1949.

    En Chine, à Lu Shien, diocèse de Suifu (Ipin) 1949-1951

    C’est auprès du Père Grasland, curé de la grosse communauté de Lu Shien (Luchow) qu’il va apprendre le chinois. Les comptes-rendus nous disent qu’il le fait à la vitesse accélérée. Dès janvier 1951, curé et vicaire ont maille à partir avec les nouveaux maîtres de la démocratie populaire : interrogatoires par la police qui leur demande des millions, jugement populaire, particulièrement humiliant pour le curé. Finalement, ayant demandé son exeat pour raison de santé, Jean Tavennec arrive à Hongkong en juin 1951. Deux ans et demi en Chine, avec à peine quelques mois de liberté. Il se repose pour un temps et, rappelé en France, débarque à Marseille le 17 septembre.

    Interlude : Beaupréau, Bretagne, 1951-1954

    Bien remis sur pied, dès octobre, il est professeur de mathématiques et de géographie au petit séminaire de Beaupréau. Il y reste un an et est remplacé par le Père Creignou. Jusqu’en 1954, il est « recruteur » en Bretagne.

    Après six mois en Angleterre, il part pour sa nouvelle destination, la mission de Malacca, en compagnie des Pères Carriquiry et Dermigny. Ils arrivent à Singapour début juin 1955. Le diocèse de Malacca vient d’être divisé : l’archidiocèse de Malacca-Singapour et deux nouveaux diocèses, Kuala Lumpur et Penang. C’est à ce dernier qu’est affecté Jean Tavennec. Il est heureux de se retrouver en Asie et ne parlera guère de ses années en France.

    Un premier séjour : Kota Bahru-Taiping-Kota Bahru, 1955-1968

    Il passe quelques mois à Kota Bahru, sur la côte Est de Malaisie, auprès du Père Surmon, pour y apprendre un nouveau dialecte chinois, le hokkien. Puis il va remplacer le Père Belleville à la paroisse indienne de Taiping. Tout en peaufinant son anglais, il apprécie la gentillesse et la simplicité de son curé, le Père Rigottier, un ancien de Salem en Inde, très apprécié pour sa maîtrise du tamoul et sa bonté.

    Entre autres choses, Jean assure la catéchèse à l’école tenue par les Dames de Saint-Maur. C’est alors que la mère Sainte-Adèle – une ancienne supérieure à la retraite, un vrai « monument de plus de 80 ans – lui dit : « Père, nos filles sont folles de vous, vos yeux …oui, vos yeux bleus … quand vous venez à l’école, mettez donc vos lunettes de soleil ». Une recommandation qu’il s’empresse de ne pas suivre, une petite histoire qu’il aime raconter pour la joie de tous. D’autant qu’elle et lui se complètent. « Chère Mère Adèle , c’est finalement moi qui l’ai enterrée, car l’évêque n’avait pas pu arriver à temps à cause d’un gros orage ». Le Père Surmon partant en congé, c’est notre Breton qui le remplace ; il connaît déjà l’endroit. Il sera le curé de Kota Bahru de mai 1957 à juin 1968, avec un congé entre deux. Il est le prêtre le plus isolé du diocèse ; à ce moment-là, l’avion est le seul moyen pratique pour lui rendre visite, car la route dont on parle ne sera ouverte que des années plus tard.

    Le travail est dur et délicat dans cet état de Kelantan où il est le seul prêtre : son district ne compte que 450 chrétiens sur une population de plus de 500.000 habitants dont 465.000 sont musulmans. Son plus proche voisin est son ami et compatriote, le Père Antoine Pallier, curé de Kuala Trengganu, 140 km plus au Sud. Le Père   Ollier, alors supérieur régional, écrit : « Le Père Tavennec, en plus des 250 chrétiens du poste central, doit prendre soin de 200 autres dispersés en une dizaine de postes secondaires. Ceux de la ville sont surtout des fonctionnaires, dont les fréquents déplacements ne favorisent pas une action en profondeur. Par le moyen d’un club, il s’efforce de faire fraterniser les différentes races et classes sociales. Sa maison est le rendez-vous de la jeunesse catholique de l’endroit : il y règne par sa bonne grâce et met tout le monde à l’aise par sa simplicité ».

    En 1960, on signale qu’il a réussi à bâtir une école, témoignage de sa patience et ténacité, car opposition systématique et déboires n’on pas manqué. En 1963, le Père Caset, un ancien de Chengtu, va lui tenir compagnie. Les Franciscaines Missionnaires de Marie, finalement installées, dirigent un jardin d’enfants. Jean, à ce moment-là, est en congé en Bretagne mais pense déjà à bâtir une église. Fn 1965, c’est chose faite : Notre-Dame de Fatima, « une église simple et belle, de dimensions moyennes avec la possibilité d’agrandissement ; quant à l’ancienne église, elle a été transformée en presbytère ».

    La paroisse du Christ Ressuscité, Penang, 1968-1983

    Après plus de dix ans sur la côte Est, il est temps de ramener Jean Tavennec vers le centre du diocèse. On a justement besoin de quelqu’un de sérieux et capable qui puisse accepter un « sale boulot ». Le Père Surmon est en train de construire à Penang l’église du Saint-Esprit, dans un quartier en plein développement. La bâtisse est déjà bien avancée, mais un congé s’impose. Et c’est notre Breton qui mène le projet à sa fin. Pas facile de chausser les souliers d’un autre, mais il a du doigté. À son retour de France, celui qui avait commencé le chantier reçoit une église fonctionnelle et de conception nouvelle : une église ronde qui, dans les années 2000, deviendra la cathédrale.

    Depuis déjà quelque temps, on pensait aussi à créer une autre paroisse dans le quartier d’Ayer Itam – l’eau noire – au pied des collines et près d’un grand temple bouddhique. Tout est à faire. Le Père Tavennec est déjà sur place. Sans perdre de temps, il achète un petit terrain et transforme la maison qui s’y trouve en lieu de culte et centre communautaire sous le vocable du  Christ Ressuscité. Après un temps, il bâtit une église et un centre paroissial bien adaptés à ce quartier grouillant de monde, surtout Chinois.

    En 1980 le Père Gauthier écrivait : « Le Père Tavennec reçoit volontiers les confrères, attirés par sa bonne humeur et ses talents de cuisinier. Autre spécialité : l’accueil des paumés, des marginaux, des cas spéciaux qui viennent chercher des encouragements, des conseils, des solutions à leurs problèmes conjugaux ou autres, des secours financiers aussi ; il leur arrive parfois de se servir sans la permission du maître de céans. .. Il fait aussi l’apostolat du tourisme, à mi-temps, comme guide pour les touristes de langue française attirés par les beautés de la « perle de l’Orient ». Il est ainsi devenu un véritable spécialiste des temples chinois. C’est pendant ces années à Penang qu’il chemine avec une jeune Française condamnée à mort pour trafic de drogue – affaire qui eut un grand retentissement dans la presse. Avec l’aide de sœur Nicole des Dames de Saint-Maur, il la visite et l’aide à garder espoir. Finalement, la peine de mort est commuée en peine de prison à vie, puis après quelques années, c’est la liberté. D’abord à Penang, puis à Kajang, ils la visitent très régulièrement. Elle s’étonne de ces deux religieux qui mettent tant de cœur à l’aider. Elle-même est agnostique ou indifférente. Elle ne connaît personne dans ce pays où elle faisait un court séjour, et trouver tant d’amitié et de secours la touche profondément. Des années plus tard, Jean recevra l’Ordre du Mérite, en grande partie sans doute pour l’aide offerte à cette condamnée.

    Il est vraiment à son affaire à Penang, et très apprécié de beaucoup : il partage la bonté du Seigneur. Se laisse-t-il berner parfois ? Il ne l’ignore pas, mais il préfère plutôt être trop bon que trop exigeant.  Il essaie d’aménager ses célébrations pour les trois groupes linguistiques de sa communauté – anglais,  chinois et tamoul. Cela rend les cérémonies assez longues, bien que les sermons ne soient jamais ennuyeux. C’est chez lui qu’en décembre 1982, on a remis à Mgr I. Aloysius, le vicaire général, le diplôme de membre honoraire de la Société

    Quinze ans à Penang, ça fait un bail ! L’évêque pense changer plusieurs prêtres de poste, y compris le curé d’Ayer Itam. Il est alors le candidat tout trouvé pour prendre la responsabilité de la maison régionale de Cameron Highlands et il accepte avec enthousiasme.

    Cameron Highlands, 1983-2007

    Il va passer vingt-quatre ans dans les montagnes couvertes de jungle, de plantations de thé et de jardins maraîchers, à 1.600 m d’altitude. De 1983 et 1999, il est à la fois responsable de la maison, économe de la partie malaisienne de la Région et curé de la communauté locale. De 1999 à 2007, il y prend sa retraite, devenant presque grabataire pendant plusieurs années. C’est l’homme de la situation. Nous le connaissions bon cuisinier, mais il se révèle aussi excellent jardinier – les maraîchers bretons ! Il met en culture des terrains en friche, aménage des jardins en terrasse, fait venir des graines de France et gâte ses visiteurs avec une merveilleuse variété de légumes frais – radis, tomates, concombres, salades, haricots verts, choux, petits pois et quoi encore – pour accompagner un civet de sanglier, un coq au vin ou tout simplement un bon pot au feu, suivi d’une tarte à la rhubarbe, - rhubarbe maison évidemment.

    En 1998, j’écrivais dans le compte-rendu : « Le jubilaire de l’année, Jean Tavennec, va célébrer ses cinquante ans de sacerdoce en Bretagne et en Malaisie. Il est notre économe qui boucle ses comptes la nuit et, qui de jour, vrai cordon bleu, transforme les récoltes de son potager en plats succulents. Indiquez-lui vos goûts et félicitez-le Autrement, ce sera la soupe à la grimace ! Les radis sont semés à temps pour qu’à l’occasion des conseils régionaux, nous en ayons même pour le petit-déjeuner ».

    Il est très près de ses paroissiens chinois avec lesquels il célèbre spécialement Noël et le Nouvel An : table ouverte et bien garnie ! Il accueille volontiers les visiteurs, passe du temps avec eux, leur raconte des histoires, mais sait aussi les écouter et les conseiller. Que de fois des gens, de retour de Cameron Highlands, disaient : « nous avons vu le Père Tavennec ! » C’était vraiment « l’incontournable » de ce haut lieu. Il mettra son point d’honneur à bâtir une chapelle dans un village éloigné ; il lui faudra batailler avec les autorités, mais Kampong Rajah aura son lieu de culte. Il célèbre la messe tous les jours avec un groupe de religieuses de Saint-Maur qui le secondent dans l’apostolat auprès des chrétiens de langue tamoule éparpillés dans les plantations de thé. Et comme il sait bien accueillir pour retraites et sessions qui amènent sur la montagne des prêtres et des laïcs.  C’est en l’appelant par son prénom qu’il accueille le délégué apostolique..

    Avec les années, Jean se voûte. Il entend avec difficulté et a épuisé les talents et l’expérience des prothésistes dentaires qui n’ont pas réussi à le doter d’un dentier adéquat pour ses mandibules … mais il a encore des histoires à partager. En 1999, il passe à d’autres ses responsabilités de curé et d’économe Tant qu’il peut marcher et rester lucide, il s’occupe toujours de la maison et du jardin. Fin 2003, il n’arrive plus à signer les chèques ; petit à petit, il devient complètement dépendant de la famille qui s’occupe de lui depuis plus de vingt ans, et avec quel dévouement. L’archevêque, Mgr Murphy Pakiam, tient à le garder là-haut tant qu’il n’a pas besoin de soins suivis. Il lui achète un lit d’hôpital et va souvent le visiter. Mais on ne sait pas jusqu’à quel point il nous reconnaît. C’est chez lui, dans cette chambre face à la montagne, qu’il part vers le Seigneur dans la nuit du 22 juillet 2007, sans déranger personne.

    J’ai rencontré le Père Tavennec…

    Ceux qui disent cela évoquent un événement marquant. Sauf les jours de « tempête »  rencontrer  le Père Tavennec était une expérience tonique. Il accueille, plaisante, se met à la disposition de l’autre ;  il a un rire contagieux et c’est la bonté qui l’emporte toujours, quelquefois au-delà du raisonnable. Sous une écorce rude, il reste un grand sensible qui apprécie la bonté chez les autres, mais s’indigne devant la mesquinerie et l’orgueil.l est très sensible aux besoins des pauvres et des paumés. Il sait que certains abusent de sa gentillesse, mais si ce sont des petits, des gens dans le besoin, il veut les excuser. C’est sa manière de compenser la dureté des autres. Les injustices qu’il rencontre provoquent des tempêtes. Il ne peut supporter les gens qui se veulent supérieurs ; il se fait un point d’honneur de les remettre à leur place ! Sa manière de vivre est simple et, s’il nous mijote de bons repas, ce n’est ni l’homme des grands restaurants ni un modèle d’élégance vestimentaire. Il est à l’aise au milieu des paysans chinois mais peut s’avérer aussi l’homme cultivé qu’il est lorsqu’il accueille des visiteurs de haut niveau et leur fait découvrir des réalités qu’ils ne connaissent pas. En même temps, il sait nous dire : « Il y a trois jours que vous êtes ici ; ce soir, pour soulager la cuisinière, nous irons au restaurant ». « D’accord » et nous nous retrouvons en une joyeuse tablée, heureux de partager son geste de bonté et ainsi de dire merci à celle qui se dévoue tous les jours.

    Plusieurs fois, nous avons eu des accrochages, mais nous en sommes toujours sortis plus amis qu’avant. Un coup de gueule, oui, suivi d’une gentillesse bien sentie Et puis son originalité et son imagination ! À un aumônier de jeunes de la région parisienne qui lui demande un souvenir inédit, il répond : « Je vais y penser cette nuit ». Et le lendemain matin, tout radieux, l’œil pétillant de malice : « Je vais vous donner le collier du chien qui a été mangé par un tigre ! » De fait, il y avait un collier qui traînait par là, mais y a-t-il eu un tigre ?  Point resté sans précision, mais le cadeau, précieusement emballé dans un sarong, partit pour la capitale. Il paraît que, depuis, il y avait quelques colliers en réserve. Il reste très attaché à sa Bretagne natale et à sa nombreuse famille : Saint-Goazec est le point de ralliement, mais pendant ses congés, il voyage jusqu’à la frontière espagnole de manière à pouvoir visiter tout son monde. J’ai trouvé dans ses papiers plusieurs listes de la famille incluant petits neveux et nièces.

    Il a pour ami l’évêque auxiliaire de Quimper et il parle souvent des pardons et des enclos, bien qu’il soit du Sud Finistère. Quelques expressions du terroir émaillent sa conversation et de temps en temps, un couplet en breton. Il aime sonner l’Angelus sur un petit gong chinois de la salle à manger et le termine fidèlement par une invocation pour les marins perdus en mer. Il est l’homme de l’apostolat ponctuel. Pas de plans pastoraux ni de choses trop organisées. Aller à l’immédiat, au plus urgent, le reste tombera en place automatiquement. La liturgie peut se transformer selon ses intuitions et les messes dépasser le temps prévu.  Mais il a, pense-t-il, un message à transmettre et tant pis – ou plutôt tant mieux – si ça ne suit pas les rubriques. L’Église est par trop traditionnelle, il faut de l’inédit… Il a de nombreux amis, conquis par sa bonté et sa cordialité. Il y a tous ceux « qu’il a remis sur les rails ». Plus que beaucoup d’autres, il a recueilli de confidences et a su dire le mot qui guérit.

    Allez, Jean, les tempêtes ne nous faisaient plus peur et l’on se rappelle les yeux bleus pétillants de malice et remplis de bonté. Kenavo, comme on dit en breton, en attendant que tu nous accueilles auprès du Seigneur.

    • Numéro : 3848
    • Pays : Chine Malaisie
    • Année : 1948