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Louis TAVENNEC (1923-1982)

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    Enfance et jeunesse

     

    Louis Tavennec naquit à Saint-Goazec, au diocèse de Quimper, le 6 octobre 1923. Saint-Goazec, du nom d’un Irlandais, disciple de saint Patrick, est un pays aux paysages variés et pittoresques avec la Montagne Noire dont la ligne de crête est riche en mégalithes au milieu des ajoncs et des bruyères. En bas, c’est la vallée de l’Aulne dont les gracieux méandres arrosent une terre fertile. C’est aussi un pays de carrières. Justement le père de Louis était fendeur d’ardoises, travaillant dans une entreprise qui employa, au début du siècle, jusqu’à 300 ouvriers.

     

    À cette époque, toute la population de Saint-Goazec était catholique et tous se retrouvaient à l’église les dimanches et jours de fête. Voilà le milieu où Louis Tavennec passa une enfance heureuse dans une famille de quatre enfants dont il était le second, une enfance dont plusieurs traits ressemblent beaucoup aux descriptions et histoires narrées avec bonheur dans le livre : Le cheval d’orgueil.

     

    Parvenu à l’âge scolaire, Louis fréquenta d’abord l’école laïque de la localité qui groupait d’ailleurs la plupart des garçons de la commune. il y avait aussi une école libre, mais c’était pour les filles uniquement, car à cette époque il ne pouvait être question de mixité. Il termina ses études primaires au pensionnat des Frères à Châteauneuf-du-Faou. Entre-temps, l’adolescent avait manifesté son désir d’être prêtre et même missionnaire en Asie. Louis entendit parler de la Société des Missions Etrangères. Il prit contact avec le P. Le Restif qui s’occupait en ce temps des nombreux postulants et aspirants finistériens et qui plaça d’abord Louis au collège Saint-Vincent à Pont-Croix puis au petit séminaire Théophane-Vénard à Beaupréau. A la fin de ses études secondaires, il fit sa demande d’entrée aux Missions Etrangères au mois de juin 1942. Sur la fiche de renseignements, le Supérieur du petit séminaire notait : « Bon sujet – pieux – travailleur, discipliné – encore très jeune de caractère – très docile. » Louis Tavennec fut admis sans difficulté, mais on ne sait trop pourquoi il n’entra à Bièvres que le 12 octobre 1943, pour y commencer le cycle régulier des études ecclésiastiques. Au cours de ces études, il fut malade, probablement en 1948, après avoir reçu les ordres mineurs. En effet, il ne fut ordonné sous-diacre que le 23 décembre 1950. Sa dernière année de séminaire se déroula sans incident et il reçut le sacerdoce le 10 mars 1951. Quelques semaines plus tard, il apprenait sa destination pour la Mission de Tharé-Ubon, en Thaïlande. Il partit pour sa mission le 25 septembre 1951.

     

    En mission

     

    Ce n’est pas le lieu de faire toute l’histoire de cette mission. Disons toutefois qu’elle avait été créée par division de la mission de Thakhek, située, elle, au Laos, de l’autre côté du Mékong. Cette mission de Tharé allait elle-même être bientôt divisée en trois vicariats apostoliques : Tharé – Ubon – Udon. Plus tard, en 1965, la mission de Ubon fut encore divisée pour ériger le vicariat apostolique de Ratchasima, communément appelé Khorat. Ces quelques détails historiques suffisent pour nous permettre de suivre le P. Tavennec dans les divers postes qu’il a occupés jusqu’à sa mort.

     

    Une fois arrivé à Tharé, il se mit tout de suite à l’étude de la langue thaïe sous la direction du P. Inthi, un prêtre thaïlandais, et cela depuis son arrivée jusqu’au mois de mars 1952. En fin mars 1952, il alla se perfectionner chez le P. On, supérieur du petit séminaire de Siraja, au diocèse de Chantaburi, comme le faisaient tous les jeunes missionnaires de cette époque. Il rentra à Ubon au mois de novembre 1953. La division en trois vicariats apostoliques dont nous venons de parler ci-dessus était déjà opérée. En principe, le vicariat apostolique de Tharé était confié au clergé thaïlandais. Les confrères des Missions Etrangères furent donc affectés en majeure partie au nouveau vicariat de Ubon, sous la direction de Mgr Bayet qui, entre parenthèses, en était à son troisième siège : Thakhek, Tharé, Ubon. Voilà donc le P. Tavennec à Ubon. Il avait suffisamment maîtrisé la langue pour pouvoir s’adonner au ministère. Il fut donc nommé vicaire à la paroisse de Ubon, puis curé peu de temps après. Il accomplit dans cette paroisse un travail remarquable au point de vue catéchèse. En 1957, nous le trouvons à Thapthai, paroisse située non loin de Ubon, où il continua avec succès son travail de catéchèse tant et si bien que les élèves qu’il envoyait au petit séminaire se faisaient remarquer par leurs connaissances doctrinales. C’est ce fait qui attira sans doute l’attention de Mgr Bayet. En 1961, il envoya donc le P. Tavennec au petit séminaire interdiocésain de Tharé pour y enseigner l’anglais et la doctrine, Il devait y rester jusqu’en 1964. Après un petit intérim à Paksong pour remplacer le P. Nicolas en congé, il occupa le poste de Sessong pour assurer le ministère au centre et dans les diverses chrétientés plus ou moins éloignées. C’est de là qu’en fin 1966, il fut affecté au nouveau diocèse de Nakhonratchasima érigé en mars 1965 et confié à Mgr Van Gaver.

     

    A Nakhonratchasima

     

    Ce nouveau diocèse comprenait trois provinces : Khorat – Chaiyaphum – Buriram. Louis Tavennec arrivait dans un nouveau diocèse où tout était à faire, car cette partie avait été plutôt négligée, faute de personnel. Pendant toute l’année 1967 et durant les premiers mois de 1968, il résida dans la modeste maison qui servait alors d’évêché. Il effectua divers travaux sur les documents du concile et sur la Bible, car il faisait partie, déjà lorsqu’il était encore à Ubon, de la commission nationale pour la traduction de la Bible en langue thaïe. Il seconda aussi et parfois remplaça l’évêque, Mgr Van Gaver, au service de groupes de catéchumènes à Nong Bua Lai, Nong Phlouang et Müang-Khong à plus d’une centaine de kilomètres de l’évêché. On peut même le considérer comme le fondateur de la chrétienté de Müang-Khong qu’il fut le premier à évangéliser.

     

    En 1968, il fut associé à l’activité apostolique du P. Bray, curé de la cathédrale et cela pour se mettre au courant, car il devait le remplacer pendant le congé que ce dernier se proposait de prendre. De fait pendant toute l’année 1969, le P. Tavennec veilla sur tout ce complexe paroissial : soin des chrétiens, surveillance de l’école paroissiale et service pastoral des troupes américaines stationnées dans la ville et les environs. Dès le retour du P. Bray, ce fut le tour du P. Tavennec de profiter d’un congé qui devait durer presque une année. Il profita de ce séjour en France pour meubler son temps par diverses activités : voyage en Angleterre, sessions diverses. Au retour, il avait projeté de s’arrêter en Malaisie pour aller voir son cousin, le P. Jean Tavennec. Mais comme il n’avait pas rempli les formalités voulues avant son départ de France, il fut obligé de regagner la Thaïlande directement. Il n’abandonna pas son projet pour autant. Une dizaine de jours après son retour en Thaïlande, il repartait pour la Malaisie. Il avait devant lui un bon mois de liberté, car sa prochaine affectation devait être le poste de Kaeng-Klo où il remplacerait le P. Christian Michel sur le point de partir en congé. Le P. Tavennec resta à Kaeng-Klo du mois d’avril 1971 au mois de janvier 1972.

     

    C’est alors qu’il fut appelé à tenter une implantation dans le chef-lieu du département de Chaiyaphum, un des, trois grands centres urbains du diocèse de Nakhonratchasima. Il s’installa dans une modeste maison située dans un lotissement peu éloigné du centre de la ville. C’était le 2 mars 1972 ; il devait y rester dix ans, jusqu’à sa mort.

     

    Sa résidence était tout ce qu’il y avait de plus précaire et dans les premiers mois de son séjour, il n’avait personne pour veiller sur son modeste patrimoine, quand il s’absentait. Aussi fut-il cambriolé plusieurs fois, mais il n’en parlait guère. On apprit cependant qu’il perdit ainsi trois motocyclettes. Plusieurs mois après son installation, il reçut enfin le concours d’un jeune ménage catholique dont il avait fait la connaissance à Kaeng-Klo. Pour un modeste salaire, ce couple acceptait de lui faire la cuisine et de le décharger d’autres tâches domestiques. La chance voulut qu’une maison jouxtant celle qu’il occupait devînt libre. Il put ainsi y installer ses « collaborateurs ». Dès lors il entreprit avec ténacité de donner à cet homme et à cette femme une bonne formation chrétienne, car il pensait pouvoir les associer à son apostolat missionnaire. Et il y avait du travail pour tous.

     

    Dans l’immense secteur confié à sa sollicitude pastorale (plus de 120 km du nord au sud et de l’est à l’ouest) il n’y avait pas alors, dispersées çà et là, 20 familles chrétiennes ! Il aurait voulu s’appuyer sur elles pour diffuser l’évangile, mais la pauvreté de leurs connaissances et de leur vie chrétienne le désolait. Malgré tous ses efforts, le P. Tavennec ne réussit pas à les sortir de leur routine. Aussi préféra-t-il, par le truchement de son catéchiste, semer en terrain « vierge ». Grâce à son catéchiste, il était entré en contact avec un certain nombre de villages non chrétiens. Dans ses visites, il emmenait souvent avec lui un expert agricole français dont le diocèse s’était assuré les services, dans le but de faire évoluer ces populations essentiellement rurales par l’emploi de méthodes plus modernes et ainsi d’élever le niveau de vie de tous ces paysans. Mais il avait bien soin d’écarter toutes motivations ambiguës dans la démarche de ces gens vers le Christ. La conversion éventuelle ne devait pas être basée sur un espoir humain d’aide matérielle de la part du Père. Toutefois, devant la grande misère de ces paysans, le P. Tavennec ne pouvait rester insensible. Il apparaît finalement qu’il a été beaucoup sollicité et s’est montré très généreux. Sur ce point, il a subi bien des déconvenues et a beaucoup souffert du manque de fidélité aux engagements que souscrivaient ces gens. Malgré tout, souvent, pour ne pas dire toujours, il renonçait à relancer ses nombreux débiteurs...

     

    Quelques années après son installation dans les faubourgs de la ville de Chaiyaphum, il avait réussi à trouver un terrain très bien situé, à proximité de sa résidence. Il se passionna pour l’aménagement de ce terrain sur lequel il voyait en rêve s’édifier de multiples installations : église, résidence, maison pour les catéchistes, foyer d’accueil. Il demandait bien quelques secours à son évêque pour tous ces travaux, mais il contribuait largement de son argent personnel pour faire l’appoint. En outre, il travaillait de toutes ses forces, creusait, bêchait, souvent sous un soleil de plomb, avec une obstination, une constance qui faisaient l’admiration de ceux qui l’ont vu à l’œuvre. Quand quelqu’un lui reprochait amicalement le surmenage, il répondait amicalement : « Bah ! ça empêche la mauvaise graisse ! » Ainsi avec l’aide du catéchiste, de sa femme et de quelques journaliers, il réussit à défricher entièrement ce terrain abandonné. Il y construisit avec des moyens très modestes une « résidence » très simple dont le rez-de-chaussée servait de chapelle pour les 15 ou 20 fidèles qui assistaient à la messe le dimanche. L’étage était son logement. Il construisit également en grande partie de ses mains la maison pour son catéchiste. Il fit creuser des viviers, combler des bas-fonds ; il établit une clôture, planta des arbres. En dehors de son travail sur ce terrain, il visitait régulièrement ses villages, poursuivant patiemment un travail d’approche pour diffuser l’évangile et conduire les gens de bonne volonté au Christ. Tout le temps libre qui lui restait était consacré au travail intellectuel, spécialement à l’étude de la Bible. Sa table de travail était encombrée de papiers, de livres, de dictionnaires. Après sa mort, on a découvert une trentaine de cahiers auxquels il S’était confié jour après jour : projets de sermons, thèmes catéchétiques, réflexions personnelles, commentaires de la Bible. Son intérêt pour l’étude de la Bible mobilisait une part importante de son temps. Un mois avant sa mort, il avait annoncé qu’au cours de la réunion mensuelle du « presbytérium » durant laquelle il devait prendre la parole et alimenter les réflexions de tous, il traiterait de « La Parole de Dieu ».

     

    Plus d’un an avant sa mort, le couple de catéchistes qui prenait soin de lui avait dû le quitter pour regagner leur village natal. Cependant leur fils aîné, un garçon de 13 ou 14 ans, était resté avec le Père. Il lui faisait quelques commissions et cuisinait (assez mal) pour les deux. Mais comme il fréquentait les cours de l’école en ville, il était souvent absent : ce qui gênait le P. Tavennec pour ses déplacements. Il n’osait pas s’absenter, car il craignait toujours d’être cambriolé. Il s’éloignait de moins en moins de chez lui.

     

    Mgr Van Gaver – qui n’avait plus la responsabilité du diocèse – était son plus proche voisin. Il partageait avec lui la même boîte postale, ce qui lui donnait l’occasion de le visiter régulièrement deux fois par semaine.

     

    Le dimanche 28 mars, c’était la fête patronale dans la paroisse du P. Chevalier. Mgr Van Gaver invita le P. Tavennec à venir avec lui, mais il déclina l’invitation, car il n’avait personne pour garder sa maison. Donc à l’aller, Mgr Van Gaver ne s’arrêta pas. Au retour, le jeudi 1er avril, Mgr Van Gaver fut retardé ; il emprunta un itinéraire plus court pour rentrer chez lui et donc ne passa pas prendre son courrier chez le P. Tavennec. C’est probablement au cours de cette nuit du 1er au 2 avril que le P. Tavennec décéda.

     

    Le dimanche 4 avril, jour des Rameaux, Mgr Van Gaver s’arrêta comme de coutume pour saluer le Père, causer un instant avec lui et prendre son courrier. C’était vers 13 heures. À sa grande surprise, il trouva porte et volets clos. Cependant la lampe devant la porte qui donnait accès à l’étage où logeait le Père était allumée. Mgr Van Gaver fit le tour de la maison, appela sans succès, mais il détecta une certaine odeur... inhabituelle. Afin de savoir ce qu’était devenu le P. Tavennec, il alla s’enquérir près d’une famille voisine qui avait de fréquentes relations avec le Père. La dame, en voyant Mgr Van Gaver, lui demande : « Savez-vous où est le P. Tavennec ? – Non et je viens justement pour vous le demander. Ce matin je suis allée à l’église pour la messe et il n’y était pas. » Et alors Mgr Van Gaver de demander : « Vous avez senti l’odeur ?... – Justement, Père ; il faut forcer la porte. »

     

    Décision fut donc prise de forcer une des portes du rez-de-chaussée. À la grande surprise de tous, elle n’offrit aucune résistance, car le pêne n’était pas engagé dans son logement. Dans la pièce, à quelques pas de la porte, au pied de l’escalier intérieur conduisant à l’étage, il y avait une large plaque de sang qui avait manifestement coulé à travers le plafond. Mgr Van Gaver monta à l’étage et découvrit le corps du P. Tavennec, allongé sur le dos. Son cadavre baignait dans son sang. Tout de suite, Mgr Van Gaver pensa à un crime et c’est même la nouvelle qu’il communiqua par téléphone au Supérieur Régional à Bangkok. La police appelée exigea que le corps fit transporté à l’hôpital provincial pour autopsie. En fait cette autopsie n’eut jamais lieu, car l’hôpital n’était pas équipé pour cela. A l’hôpital, le seul médecin présent examina le corps : aucune violence apparente, aucune plaie ; le sang avait été expectoré par la bouche. Sans toutefois oser se prononcer formellement, ce médecin émit l’opinion que le Père avait eu une syncope occasionnée par un état d’hypotension artérielle due elle-même à un régime alimentaire déficient. Il semble bien que le diagnostic soit exact, car depuis le départ de son catéchiste et de sa femme, le P. Tavennec se nourrissait très mal et pas suffisamment. Il est vraisemblable qu’il en était arrivé à un grand état d’affaiblissement sans s’en rendre compte.

     

    Dans l’après-midi du lundi 5 avril, avec la permission de la police, le corps du P. Tavennec fut mis en bière et transporté à Nakhonratchasima. Une messe fut célébrée par l’évêque entouré du presbytérium et vu les circonstances, l’inhumation eut lieu le soir même, dans le cimetière catholique de Ratchasima où il est le premier Père à reposer.

     

    Le mercredi 7 avril, tous les prêtres de Thaïlande qui avaient pu être contactés et avaient pu se déplacer se réunirent au nombre d’une quarantaine et concélébrèrent le Saint Sacrifice de la messe pour le repos de l’âme de leur confrère. Mgr Phayao remercia la famille du P. Tavennec et la Société des Missions Etrangères d’avoir permis au P. Tavennec de venir témoigner de Jésus-Christ en Thaïlande. La messe terminée, tout le monde se rendit au cimetière où fut donnée l’absoute.

     

    Telles sont les grandes lignes de la vie du P. Louis Tavennec. Il resterait maintenant à le caractériser. Remarquons d’abord qu’il avait acquis une grande connaissance de la langue thaïe, de ses proverbes qui sont comme la « substantifique moelle » d’une langue. Il était donc bien armé pour entrer en relation avec les gens du pays. Cependant il avait une certaine difficulté à s’adapter à son auditoire. Parfois son « discours » passait bien au-dessus de la tête de ses auditeurs. Il s’en rendait compte, s’interrompait, posait des questions pour voir s’il était compris. Très souvent il n’y avait pas de réponse ou les réponses étaient totalement en dehors de la question.

     

    Il n’en reste pas moins vrai que le P. Tavennec a fait du bon travail, tant à Ubon qu’à Nakhonratchasima, dans les divers postes qu’il a occupés. Il avait deux passions : la catéchèse et la Bible. Et c’est surtout dans ces deux « secteurs » qu’il a œuvré. Comme nous l’avons dit ci-dessus, il faisait partie de la commission nationale pour la traduction de la Bible en langue thaïe. Il fit du bon travail à la satisfaction de tous. Jusqu’à la fin de sa vie, ses évêques successifs et les membres de la Commission biblique ont été unanimes dans leur appréciation sur le bon travail qu’il accomplit dans cette spécialité.

     

    Le P. Tavennec n’a pas eu une vie facile en Thaïlande. Cela est dû en partie aux circonstances de temps et de lieu, en partie aussi à son caractère très droit, même un peu abrupt. Certains l’ont critiqué. Qui ne l’a été ? Il est un point cependant sur lequel tout le monde est d’accord : sa vie sacerdotale et sa charité étaient exemplaires. N’était ce pas parce que, chaque jour, il les nourrissait de l’Eucharistie, de la prière et de l’étude méditée de la Parole de Dieu ?

     

    Le 10 avril fut célébré à St-Goazec un service funèbre pour le repos de l’âme du P. Louis Tavennec. Une foule nombreuse y assista, unissant sa prière à celle de la famille. C’est l’abbé Robert Tavennec, frère de Louis, qui présida la concélébration et donna l’homélie. Il la termina par ces mots : « Avec les chrétiens de là-bas, prions le Christ ressuscité qu’Il donne à son serviteur sa pleine part de vie et que sa mort soit, comme la mort du grain de blé, promesse de moissons à venir. »

     

     

    • Numéro : 3916
    • Pays : Laos Thailande
    • Année : 1951