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Georges STREICHER (1864-1895)

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    M. Georges Streicher, né à Munwiller (Alsace), le 20 octobre 1864, entra au Séminaire des Missions-Étrangères le 18 mars 1890 : il était sous-diacre. Ordonné prêre le 12 juillet 1891, il partit le 25 novembre de la même année, pour la mission du Kouang-si, en compagnie de M. Collonge. C’est en février 1892, que les deux jeunes mission­naires parvinrent à leur destination.

    Au mois d’avril, M. Streicher fut envoyé par Mgr Chouzy dans le district de M. Bazin, au pays de Sy-lin-hien, où il demeura quelque temps pour apprendre la langue mandarine.

    La facilité qu’il montra dès le début pour cette étude, décida Sa Grandeur à l’envoyer chez les indigènes évangélisés par M. Lavest, afin que, sous la direction de ce confrère, il se formât aux mœurs et usages de cette race, branche de la grande famille laotienne. En même temps, il étudierait le dialecte qui est particulier à cette région, et dont la connaissance est indispensable pour travailler à l’évangélisation de ces peuplades. Mais bientôt il dut être rappelé au poste de Chang-tsin, devenu vacant par la mort si prématurée de M. Collonge, son ancien compagnon de voyage.

    Il revenait avec joie au milieu de ces chrétiens, chez lesquels il avait déjà habité. Et nous, à voir son état de santé, nous nous croyions autorisés à espérer qu’il fournirait une longue carrière. Mais, hélas ! Dieu, dont les desseins sont impénétrables, en avait décidé autrement.

    Au moment où il allait être à même de rendre des services à la mission du Kouang-si, il nous était ravi par la mort !

    Dans les premiers jours de septembre 1895, ayant été mandé en toute hâte par M. Lavest, malade à Cha-ly, à deux fortes journées de là, il était allé de suite lui administrer les derniers sacre­ments. Grâce à Dieu, l’état de M. Lavest s’améliora assez vite pour ôter toute inquiétude. M. Streicher songea, dès lors, à regagner son poste, pour aller faire la visite des chrétiens de la station de Hong-­kia, située à quelque distance de sa résidence habituelle.

    Il lui tardait, du reste, d’être libre, afin de se rendre au marché de Lo-li, distant de quatre journées, où il devait faire exécuter des tra­vaux urgents à notre pharmacie qui menaçait ruine.

    Il était depuis deux jours à peine dans la chrétienté de Hong-kia, lorsqu’un malaise indéfinissable, accompagné de fièvre, le força à regagner sa résidence de Chang-tsin. Bientôt se déclara dans la gorge une excroissance qui le gênait singulièrement, l’empêchant de manger et même de parler.

    Conscient de la gravité de son état, M. Streicher lui-même s’empressa d’envoyer chercher M. Lavest, pour recevoir de lui les mêmes services qu’il lui avait rendus douze ou quinze jours aupara­vant, dans une circonstance semblable.

    Cependant la maladie faisait de rapides progrès, et le samedi, 21 sep­tembre, notre cher confrère, entouré de ses chrétiens, nous quittait pour une vie meilleure.

    Le 23, ses restes furent déposés près de ceux de MM. Mallevialle et Collonge, ses deux prédécesseurs à Chang-tsin, sur un monticule, en face du village : c’est là qu’ils attendent la résurrection.

     

     

     

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    • Numéro : 1979
    • Pays : Chine
    • Année : 1891