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Yves SPARFEL (1921-2007)

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    Paris ayant été libéré de l’occupation de l’armée allemande, en août 1944, dès l’automne nous nous sommes retrouvés nombreux au séminaire de la rue du Bac, pour nous préparer à partir en mission.
    Il y avait ceux qui avaient pris part à la Résistance, ceux qui s’étaient  cachés dans leur province ou réfugiés en Espagne ou en Suisse, puis ce furent ceux qui avaient été prisonniers ou travailleurs en Allemagne. Notre confrère Yves Sparfel était l’un de nous.
    Né à Plouider le 27 septembre 1921, le deuxième de cinq garçons dont trois devinrent prêtres, après ses études secondaires à Lesneven il entra au séminaire Théophane Venard à Beaupréau en 1941.
    Au moment du Débarquement en juin 1944, il était, semble-t-il, caché en  Bretagne. Il fut ordonné prêtre par Mgr Lemaire le 29 juin 1947 et reçut sa destination pour Chengtu, en Chine. Il partit en janvier 1948.
    Arrivé dans sa mission il se mit aussitôt à l’étude de la langue chinoise. Dès l’été 1949, il fut nommé vicaire et devint ensuite curé de Kyonglay, district de 2000 chrétiens. Il eut cette charge jusqu’en 1951.
    Des bouleversements politiques, en Chine, firent que le président Chang Kai Shek se réfugia à Taîwan et Mao Tse Tong s’étant installé à Pékin, les étrangers furent jugés indésirables. Nous étions alors près de 200 membres des Missions Étrangères, en Chine, plusieurs y étant depuis quarante ou cinquante ans ... tous nous avons été expulsés.
    Le Père Yves sparfel, près un court séjour à l’évêché de Chengtu, dut quitter la Chine le 21 février 1952 et arriva à Hong Kong. Il y reçut une nouvelle affectation, au diocèse de Yokohama, au Japon, où il parvint en avril. S’étant mis à l’étude de cette nouvelle langue, lui qui arrivait de Chine se trouva aidé, du fait que les iodéogrammes chinois sont utilisés pour l’écriture du japonais, bien que la prononciation soit différente. Notre confrère fut assez vite chargé de l’aumônerie de l’hôpital Saint-Joseph à Yokosuka et Mgr Breton, ancien évêque de Fukuoka, aurait aimé le garder pour la congrégation de la Visitation qu’il avait fondée, mais il préféra rester au diocèse de Yokohama.
    Après divers remplacements, à l’automne de 1955, il fut nommé curé de la ville de Numazu. C’était une des plus anciennes chrétientés de la province de Shizuoka et l’église, au centre de la ville, qui avait brûlé lors des bombardements à la fin de la guerre, était un bâtiment de fortune. Il était question de reconstruire à la limite de la ville, dans un champ de thé plus étendu, l’église et l’école enfantine Sainte-Marie. Notre confrère mena ce travail à bien et une belle église a été édifiée ainsi que des bâtiments scolaires  spacieux.
    Il resta une dizaine d’années en charge de ce district, 1955-1965. Après un court séjour en France, on lui demanda d’aller à la paroisse principale de la ville de Shizuoka, la paroisse Saint-Dominique.
    Il y fut d’octobre 1965 à avril 1969, date à laquelle il eut un accroc de santé et fit un séjour de deux mois à l’hôpital.
    Ayant recouvré une santé suffisante, il fut nommé à Ito dans la presqu’île d’Izu, région qu’il connaissait pour y avoir fait des remplacempents. Cette presqu’île, située sur la Côte Est du Pacifique à une centaine de kilomètres de Tokyo, a un climat agréable et, chose estimée des Japonais, bénéficie de nombreusese sources d’eau naturelle. Les jours de congé, les habitants de Tokyo qui se déplacent en famille dans la presqu’île sont nombreux, et l’église, au centre de la ville de Ito, est souvent trop petite pour accueillir tous ceux qui désirent participer à la messe dominicale.
    Quelques familles chrétiennes, qui se trouvent dans la presqu’île, viennent pour les fêtes à Ito, ou bien à l’extrémité, dans la ville de Shimoda, où une messe est célébrée dans la maison d’un docteur, une ou deux fois par mois. La ville de Shimoda est un port de pêche important . À côté de l’église de Ito il y a une école enfantine qui fut fondée par le P. Marius Courrier. Les Soeurs de Sainte Bernadette en ont pris la charge.
    Le Père Yves Sparfel resta une quinzaine d’années à Ito. De l’automne de 1969 à Pâques 1984.
    À la maison régionale de notre Société, à Tokyo, le Père procureur était un homme brillant, Paul Anouilh. Fondateur de l’Académie grégorienne, professeur au Gakushuin, curé de la communauté française ... Il mourut à 74 ans, après une courte maladie, en septembre 1983.
    Notre Supéreur régional, le Père Waret, est allé à Ito demander au Père Sparfel de succéder au Père Anouilh. Pour l’aider, un autre ancien chinois, le Père Grange, s’occuperait de la comptabilité.
    Notre confrère a accepté et est venu s’installer à Tokyo. Il devait garder cette charge pendant quinze ans, de 1984 à 1999. Quitter la vie provinciale et le bon air du bord de  mer, pour s’établir dans la ville capitale, a du être un sacrifice, mais l’ambiance animée, le passage de nombreux confrères et visiteurs du monde entier, s’accompagnaient aussi d’un intérêt certain. Et notre confrère accomplissait sa charge d’accueil et d’aide, avec son caractère à la fois calme et enjoué, il était bien où la Providence le voulait.
    Quand il jugea que le temps était venu de laisser la place à un successeur, il écrivit au Père Etcharren, Supérieur général, pour demander d’être reçu à Lauris ou à Montbeton.
    Nous avons la réponse à cette demande :
    “Je vous propose Montbeton plutôt que Lauris ... Je vous connais un peu, j’ai apprécié votre bonne humeur et la chaleur de votre accueil à Tokyo. La maison de Montbeton a besoin de votre présence. Le nombre de confrères invalides fait que l’atmosphère y est parfois un peu lourde et que tout confrère pouvant contribuer à un peu de gaité et de communication, peut encore y avoir un rôle important.
    Ce que je vous propose c’est une nouvelle façon de continuer la mission, dans la pratique d’une charité fraternelle, pour laquelle il nous faut toujours implorer la grâce du Seigneur.
    Je tiens à vous remercier pour tout le travail accompli, tout particulièrement depuis le temps où vous avez accepté le service des confrères, en assurant un accueil de qualité dans cette maison régionale de Tokyo ..”.
    Le Père Yves Sparfel quitta le Japon en juin 1999 et vint prendre place dans la communauté de Montbeton dans le courant de septembre.
    Comme il avait toujours parfaitement accompli les charges qui lui avaient été proposées, il fut à Montbeton ce qu’on attendait de lui, serviable, joyeux, d’un caractère égal.
    Sa santé se maintenait ...
    Le 11 août 2007 il ne se sentit pas bien. Il est décédé presque subitement dans l’ambulance qui le menait à l’hôpital.
    Heureux le serviteur fidèle et vigilant que le Maître a établi sur sa maison, pour donner à chacun sa mesure de froment.

    • Numéro : 3784
    • Pays : Chine Japon
    • Année : 1948