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Jean SOUBEYRE (1853-1880)

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    Mgr Galibert écrivait le 14 novembre dernier les détails suivants sur la trop courte carrière et la mort prématurée de M. Soubeyre, dont le nom est venu s’ajouter à la liste déjà si longue des Missionnaires tombés victimes de leur zèle dans le pays des sauvages Ba-Hnards. Cette lettre est adressée au père du défunt.

    « Votre fils, le R.P. Jean Soubeyre que vous aimiez tant, a passé une vie meilleure. Vous pleurez un fils, et nous pleurons un Confrère bien-aimé dont le plus grand plaisir était de rendre service aux autres ; nous pleurons un saint prêtre qui fut toujours pour nous un modèle de toutes les vertus, un zélé Missionnaire dont l’unique désir fut de glorifier Dieu et de sauver les âmes. Le souvenir de sa piété et de son humilité sera longtemps vivant parmi nous, et je me rappellerai toujours avec bonheur une parole bien belle que M. votre fils m’écrivait autrefois :  « L’humilité et la plus parfaite soumission, me disait-il, me tiendront lieu de tout ce qui pourrait me manquer par ailleurs : j’espère que le bon Dieu aura pour agréables les dispositions de mon cœur, et bénira mes œuvres. »

    « Le bon Dieu a béni en effet ses travaux, car placé dans un poste de confiance, il a triomphé de toutes les difficultés que lui suscitait le démon et qu’il rencontrait dans l’esprit des peuples qu’il évangélisait, il a enfin converti un assez grand nombre d’âmes. Le voyant ainsi protégé de Dieu d’une manière toute spéciale, nous espérions beaucoup de lui pour l’avenir, mais la mort nous l’a enlevé sans qu’aucun indice ne fît à l’avance présager un tel malheur. En effet, il se portait ordinairement assez bien, quoiqu’il eût la fièvre de temps en temps, ce qui est inévitable dans nos pays malsains.

    « Mais, le 26 juin, il commença à ressentir les premières attaques de la maladie qui l’a emporté. Il se fit transporter aussitôt chez un de ses Confrères voisins, le P. Dourisboure. Tous les Missionnaires des environs vinrent en toute hâte le visiter, mais personne ne remarqua aucune gravité dans sa maladie, d’autant plus qu’il avait été malade de la sorte plusieurs fois déjà : enfin le 8 juillet, on vit apparaître tous les symptômes d’un fièvre pernicieuse. Le P. Dourisboure soigna son Confrère avec dévouement habituel : il ne le quittait ni jour ni nuit ; il lui administra l’Extrême-Onction, ne cessa de l’exhorter et de prier pour l’aider à bien mourir.

    « Ce fut le Dimanche 11 juillet, à 4 quatre heures du matin, que notre cher malade rendit sa belle âme à Dieu.

    « Au moment de la mort, m’écrit M. Dourisboure, il avait un air calme, serein, magnifique, accompagné d’une respiration si douce qu’on eût dit : le Père est endormi. J’avais les yeux toujours fixés sur lui, mais il m’a été impossible de distinguer son dernier soupir. »

    M. Jean-André Soubeyre était né le 21 février 1853, à Céaux d’Allègre, diocèse du Puy. Entré au Séminaire des Missions Étrangères le 25 septembre 1873, et ordonné prêtre le 24 février 1877, il était parti le 5 avril suivant pour la Cochinchine orientale.

     

     

     

    • Numéro : 1321
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1877