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Henri SION (1884-1935)

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    Henri-Jacques-Hubert Sion naquit le 5 juin 1884 à Camphin-en-Carembault du diocèse de Cambrai. Ses parents étaient cultivateurs et d’excellents chrétiens qui continuaient une longue génération de « gens d’église ». Le patriarche de la famille est un Sion, qui vint de Fournes en Weppes, vers l’an 1600, pour s’installer à Camphin comme clerc paroissial ; cette fonction resta presque sans interruption dans la famille jusqu’en 1912. Le grand-père d’Henri Sion fut clerc paroissial pendant 35 ans, son fils lui succéda pendant 45 ans. La tradition ne s’est éteinte que par l’entrée des descendants dans la vraie cléricature.

     

    Henri Sion fut baptisé dès le lendemain de sa naissance et consacré à la Sainte Vierge qui l’a manifestement agréé et béni. A peine âgé de 9 mois, il tomba gravement malade et le docteur désespérait de la sauver. Il recouvra néanmoins la santé après une messe célébrée dans un sanctuaire de la Sainte Vierge et la promesse d’un pèlerinage à pied à N.-D. de Bon Secours, à 48 kilomètres de Camphin. C’est cette protection de la Sainte Vierge qui soutint les pieux parents dans certaines circonstances pénibles. Aux amis et à la famille qui lui disaient de ne pas laisser partir en mission son fils unique, le père répondit : « Quand il fut malade, la Sainte Vierge nous le conserva ; nous lui avons promis de ne pas lui refuser notre enfant si elle le voulait prêtre ; et voici qu’elle nous le demande pour être missionnaire ; nous ne pouvons le lui refuser. »

     

    Dans un milieu aussi chrétien, la jeunesse d’Henri s’écoula très calme ; jusqu’à l’âge de 12 ans, il fréquenta l’école du village et fut noté par l’instituteur comme un élève docile et studieux. D’une nature très douce, il n’aimait pas les jeux bruyants et préférait la compagnie de sa sœur aînée ou celle de petits voisins à celle des enfants du village. Il fit sa première communion à Camphin avec la plus grande ferveur qu’il conserva jusqu’à sa mort. En octobre 1896, il entrait en pension à Saint-Amand-les-Eaux, à l’institution N.-D. des Anges où il fit toutes ses études classiques, tenant toujours la tête de sa classe et édifiant tout le monde par sa bonne conduite : professeurs et condisciples en témoignent encore 25 ans après. Au sortir de la rhétorique, il entra tout naturellement, peut-on dire, au séminaire de Cambrai et prit  la soutane. Mais son ambition visait plus haut, car il voulait se donner tout entier à Jésus. Aussi, à la fin de sa première année de philosophie, il sollicitait de ses parents et de ses supérieurs l’autorisation d’entrer au Séminaire des Missions-Étrangères. Avec la bénédiction de son père, il y arrivait le 18 septembre 1903. Il y fut un séminariste exemplaire suivant scrupuleusement le règlement, se donnant tout entier  à la piété et à l’étude. On peut constater par les notes qu’il nous a laissées, qu’en ce temps-là, il avait conscience de la grandeur et de la sainteté de sa vocation, et qu’il ambitionnait d’être le bon et saint missionnaire qu’il a été toute sa vie apostolique.

     

    Ordonné prêtre le 27 mars 1909, il fut destiné à la Mission de Cochinchine occidentale. Il arriva à Saïgon le 15 janvier 1910 et fut envoyé à Bai xan, pour apprendre l’annamite sous la direction de son compatriote, M. Bar. Rach-lop fut le champ où il fit ses premières armes. Il ne passa dans ce poste que six mois et de là fut envoyé à Phan-thiet où il s’intéressa aux sauvages de la région, puis à Lai-thieu  où il s’occupa des sourds-muets, tout en se dévouant sans compter pour ses chrétiens. Le 25 juillet 1916, il remplaça M. Ernest Hay comme Supérieur des Catéchistes de Cai-nhum.

     

    En janvier 1917, il dut aller passer six mois au Sanatorium de Béthanie, à Hongkong. A son retour, il fut nommé de nouveau chef du district de Phan-thiet. Au début de 1920, il tomba gravement malade et dut rentrer en France où il resta deux ans. Revenu en Cochinchine il fut appelé à professer au grand séminaire de Saïgon, puis de nouveau redevint curé de Lai-thieu le 16 août 1926. Missionnaire très dévoué et désirant fonder une chrétienté chez les sauvages « Moi », il quitta généreusement  la belle quasi-paroisse de Lai-thieu en 1929 et alla s’installer à Phu-rieng où, tout en cherchant à gagner la confiance de ces peuplades au tempérament rustre, il s’occupa des chrétiens de la plantation Michelin et de celles des environs. Il y passa deux ans et demi pendant lesquels il travailla avec un grand esprit de foi et de sacrifice.

     

    En mars 1932, M. Cassaigne devant rentrer en France pour y rétablir sa santé, M. Sion accepta de le remplacer à Djiring, pays de sauvages. Il pensait finir là ses jours ; mais moins d’un an après, M. Cassaigne vint retrouver ses chers chrétiens, sans lesquels il ne pouvait vivre. M. Sion fut donc nommé chef du District de Thu-dau-mot. Plein de sollicitude pour ses ouailles, il s’employa aussi avec un soin minutieux  à faire fructifier les biens de la chrétienté qu’il laissa prospère et à développer la plantation d’hévéas que le regretté M. Villeneuve avait créée à Ben-san et laissée à la Mission. Aidé par son vicaire, il s’intéressa en même temps aux chrétiens de l’Annam et du Tonkin qui se trouvaient dans les lointaines plantations des Européens de son vaste district.

     

    Epuisé par de fortes hémorragies, M. Sion dut être transporté à la clinique Angier de Saïgon le 22 avril 1935. La radiographie découvrit un large ulcère à l’estomac  dont  notre cher malade devait souffrir depuis longtemps. Les Sœurs de la clinique lui prodiguèrent leurs soins, malgré le peu d’espoir de guérison. Durant les 20 jours qu’il passa à la clinique, il reçut de nombreuses visites de ses confrères et de ses paroissiens de Thu-dau-mot et de Lai-thieu. Il édifia tout le monde par sa parfaite résignation à la volonté de Dieu, et le 14 mai il s’endormit doucement dans les bras de M. Soullard, provicaire de la Mission. Il continuera au ciel avec Notre-Seigneur les conversations qu’il eut avec Lui ici-bas durant les longues heures qu’il passa à genoux et sans appui devant le Saint-Sacrement. La Mission de Saïgon a perdu en M. Sion un bon et saint missionnaire.

     

    • Numéro : 3039
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1909