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Christian SIMONNET (1912-2002)

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    Christian, Georges, Simon SIMONNET, fils de Henri, Honoré, et de Audebert Gilberte, Jeanne, son épouse, naquit le 26 septembre 1912, à Warmeriville, commune située à une vingtaine de kms au nord est de Reims, dans le département de la Marne. Il fut baptisé le 3 octobre 1912, dans l'église paroissiale de Warmeriville, du diocèse de Reims. Cette famille chrétienne comptait sept enfants dont six garçons et une fille. Son père était industriel en filature et tissage. Christian fut confirmé le 9 mai 1922, à Corbelin -38-, par Mgr. Caillot, évêque de Grenoble. C'est dans cette commune du département de l'Isère qu'il fit ses études primaires.

     

    Celles-ci achevées, il entra au Collège Saint Joseph de Reims où il fit sa première communion solennelle, dans la chapelle de l'école, le 20 mai 1923. Dans cet établissement, de la 6ème à la 3ème, il parcourut le premier cycle de l'enseignement secondaire. En octobre 1927, il passa au Collège Saint Félix de Valois à Soissons où il fit la seconde et la rhétorique. Vers la fin de l'année scolaire 1928-29, il présenta une première demande d'admission au séminaire des Missions Etrangères, mais, sur les conseils de Mgr. de Guébriant, Supérieur Général, il se dirigea, pour l'année scolaire suivante, vers le petit séminaire de la Providence à Reims où il étudia la philosophie universitaire.

     

    Christian rappellait tout cela dans sa demande d'admission au séminaire des Missions Etrangères, datée de Reims le 6 avril 1930, et adressée à Mgr. de Guébriant, Supérieur Général de la Société:.." Vous avez eu la bonté de vous intéresser à moi, et de m'écrire régulièrement des lettres que je conserve religieusement. C'est ainsi que votre Grandeur m'a dirigée vers le petit séminaire de Reims. J'ai suivi vos conseils, et j'ai trouvé bon accueil au petit séminaire…. Je viens de nouveau vous adresser ma demande et vous prier de me réserver une place parmi vos aspirants missionnaires pour la prochaine rentrée de cette fin d'année…"

     

    Mais avant de faire cette démarche importante orientant son avenir, il avait pris conseil de son directeur spirituel au petit séminaire de Reims, il avait demandé l'avis du Père préfet du Collège Saint Joseph "de qui j'ai été l'élève pendant cinq années", et il avait eu des entretiens avec le P. Depierre "recruteur" de la Société. .."Mes chers parents, continue-t-il dans cette lettre, éprouvent une joie sans mélange de voir leur fils devenir prêtre, d'abord, et missionnaire, ensuite. Le désir ardent que j'ai d'être des vôtres fait que, malgré toute la confiance que j'ai en St. Joseph et en Ste Thérèse à qui j'ai confié mes deux dernières neuvaines, j'avoue que j'aurai un gros poids de moins sur le cœur lorsque je recevrai votre réponse bénie. Je suis bien ému en vous écrivant cette lettre, Monseigneur…"

    La réponse du Supérieur Général tant attendue vint rapidement. Le 9 avril 1930, elle lui annonçait que M. Christian Simonnet était admis au séminaire des Missions Etrangères. Ainsi, tout heureux, il pourrait réaliser son projet : se rendre à Paris après les fêtes de Pâques "pour aller vous voir Monseigneur, non plus en enfant étranger, mais en fils.." Le 11 septembre 1930, il se présentait au Séminaire de l'Immaculée Conception à Bièvres, pour y commencer sa formation d'aspirant missionnaire. Que de merveilleux souvenirs dans ce mot : Bièvres !

     

    Plus tard, en 1986, dans la modeste parution de "l'Hirondelle", et dans une série d'articles intitulés "Notre Maison" il évoquait entre autres, la visite des aspirants de Bièvres, les jours de congé, à la statue de Notre Dame placée dans une niche et fixée par les "anciens" au fût d'un très beau et très haut chêne, dans la forêt de Meudon. ...."  En 1930, écrit il, le Chêne n'est pas oublié, et des groupes s'y rendent parfois en promenade le mercredi. Le cantique "Notre-Dame des voyous" s'est bien transmis oralement, et fait la joie des nouveaux aspirants venus de leur séminaires de province. Il y a même une espèce de rite informel à l'usage des excentriques, dû on ne sait à quelle initiative : se faire "sacrer chevalier" ; cela consistait à monter au pas gymnastique une forte pente voisine du chêne…puis à grimper au sommet du menhir et à s'y tenir debout en équilibre en récitant une dizaine de chapelet (ou en chantant un Magnificat ?) au risque de se rompre le cou…". En 1985, la carte Michelin au 1/50.000 de la banlieue de Paris signalait toujours ce "Chêne des Missions" dans la forêt de Meudon.

     

    En 1932-33, Monsieur Christian Simonnet fit son service militaire au 106ème R.I. de Reims. De retour au séminaire, il reçut la tonsure le 1er juillet 1934. Sous-diacre le 21 décembre 1935; diacre le 29 juin 1936, il fut ordonné prêtre, dans la chapelle du séminaire de Paris, le samedi 19 décembre 1936, par Mgr. Bruley des Varannes. Plus tard, le 29 juin 1939, il reçut sa destination pour le service du vicariat apostolique de Hanoï. Un calendrier avait été alors fixé retenant le 12 septembre 1939 pour la traditionnelle cérémonie de départ de Paris des nouveaux missionnaires, et le 15 septembre 1939 pour leur embarquement à Marseille. Mais entre-temps, le 3 septembre 1939, commençait la tragédie de la seconde guerre mondiale ; les partants de septembre 1939 étaient rappelés sous les drapeaux, pour une autre destination.

     

    M. Christian Simonnet évoquait cela, le 24 septembre 2001, dans son homélie, lors de la messe solennelle en l'honneur des Saints Martyrs du Viêtnam, qu'il célébra dans la chapelle des Missions Etrangères. .." Quand je reçus en 1939, ma destination pour Hanoï, j'en fus heureux et je connus la période exaltante  des vacances de partants. Et cependant, mon départ fut très triste. On sentait que, depuis le temps que cet orage tournait au dessus de l'Europe, la guerre allait éclater. Chaque semaine, puis chaque jour, l'un ou l'autre de mes confrères partants était rappelé dans une ville de garnison. A la fin d'août, je demeurai seul, réformé que j'étais à la suite d'un séjour de plusieurs années en sanatorium. Je partis donc seul, sans la belle cérémonie du Départ…"

    Un nouveau conseil de révision le maintenant en état de réforme définitive, M. Christian Simonnet, accompagné de M. Vuillard, provicaire de Hanoï, et de quelques confrères regagnant leur mission, pouvait s'embarquer à Marseille, le 27 octobre 1939, à destination de Hanoï. Quelques semaines plus tard, et après une courte escale à Hué, il était chaleureusement accueilli par Mgr. François Chaize, vicaire apostolique et par ses confrères. On ne lui chanta pas le "Gai Bonjour", mais chacun l'assurait de sa fraternelle affection. Lui même nous raconte : …" L'arrivée dans ma mission, au début décembre 1939, fut plus heureuse. Hanoï était une belle ville, une mission illustre, où je trouvais des hommes d'une envergure exceptionnelle: le Père Vacquier, à Nam-Dinh. Son nom se trouve aujourd'hui sur la liste affichée à la salle des Martyrs, des missionnaires morts de mort violente au service de leur mission… Le Père Seitz qui n'était à Hanoï que depuis deux ans et y était déjà célèbre…Commencer une vie de missionnaire au contact de tels hommes aide singulièrement à un bon acclimatement…"

    Tandis que son évêque s'en allait à Ke-So présider les examens théologiques qui précédaient l'ouverture de la retraite des Pères viêtnamiens, M. Simonnet rendait visite à ses confrères, chez eux, et prenait quelques jours de repos. Puis commença pour lui l'initiation à la langue viêtnamienne. Le chroniqueur de la mission ne doute pas de son succès ..."Il y réussira, écrit il, car la nature ou mieux la bonne Providence l'a doué d'un talent d'imitation et d'observation dont il nous a donné des preuves. Souhaitons qu'il le conduise jusqu'à devenir un "as" ès-langue viêtnamienne..". Dans ce but, et malgré le rappel sous les drapeaux en Indochine, d'un certain nombre de confrères, il fut envoyé à Ke-Nguom, Xuy-Xa (province de Hadông ), un poste missionnaire situé à l'entrée des montagnes, auprès de M. Marie-François Fourneuve et du P. Hoàn, curé de cette paroisse qui commença à l'introduire dans les us et coutumes du pays.

     

    Dans son homélie du 24 novembre 2001, M.Christian Simonnet évoquait ainsi le temps de sa première formation missionnaire…" A cette époque, il n'y avait pas d'écoles de langue, et je fus envoyé étudier le viêtnamien dans une paroisse du delta du Fleuve Rouge, assez éloignée de Hanoï, où je revenais de temps en temps. Un jour, le Père Seitz me demande si je me plaisais dans ma paroisse deltaïque, si j'y rencontrais des gens intéressants avec qui causer ? Je lui répondis que j'étais surtout intéressé par le jeune catéchiste qui y accomplissait son année de probation à la fin de ses études au petit séminaire de Hoàng-Nguyên. Malgré son aspect discret, presque effacé, il me faisait l'effet d'être profond et solide. Le Père Seitz me demande "Et tu crois qu'on pourra en faire un bon prêtre ? " Je réponds: "Et même un évêque". Le P. Seitz me regarda d'un air de se demander si je n'étais pas un peu pressé….Toujours est il que le jeune catéchiste stagiaire de la paroisse de Ke Ngüöm où je me trouvais est toujours vivant à l'heure qu'il est. Il s'appelait Tung. Il est aujourd'hui cardinal Archevêque de Hanoï…"

    En juin 1940, nommé vicaire à Hadong chez M.Victor Aubert, curé de cette paroisse et chef de ce district, M Christian Simonnet fit ses premières armes dans la paroisse de Phùng-Khoang. Il s'intéressa plus particulièrement aux jeunes organisant pour eux des camps de vacances à la station d'altitude du mont Bavi. Il fut ensuite appelé à prendre la succession de M. Victor Aubert, après le décès de ce dernier à Hanoï, le 3 février 1942, et devint curé de Hadong , charge qu'il gardera jusqu'aux évènements de mars 1945. Jusqu'à cette date, en effet, l'Indochine restait un pays apparemment calme où, malgré la présence japonaise, il était possible de se déplacer librement seul. Les missionnaires travaillaient dans leurs postes respectifs. Cependant, en raison de la guerre, et petit à petit, bien des produits disparaissaient des marchés, le coût de la vie augmentait régulièrement. Les avions américains apparaissaient de temps à autre dans le ciel du Tonkin. Trois bombardements massifs endeuillèrent la capitale en 1943 et 1944, faisant plusieurs milliers de victimes dans la population civile, et coupant les voies de communications avec le Sud. Eclata alors la famine de 1945 qui fit plus d'un million de victimes, doublée d'une épidémie de typhus. Un temps nouveau va commencer.

     

    Au soir du 9 mars 1945, éclata le coup de force japonais. Ces derniers s'emparèrent du pouvoir dans tout le pays, soulevant, contre les maîtres de la veille, la population viêtnamienne, proclamée indépendante. Ils neutralisèrent rapidement les forces militaires et les services de l'administration française. Les "Blancs" eurent obligation de se regrouper dans quelques villes désignées. Les missionnaires, sauf ceux qui résidaient à proximité des frontières, furent cependant autorisés, pour un temps, à rester chez eux.

     

    Mais après la capitulation nippone du 15 août 1945, un gouvernement communiste, sous la direction de "oncle Ho-chi-Minh" s'empara du pouvoir. On assista à la naissance d'une "république populaire", accompagnée de défilés bruyants, de manifestations de masse obligatoires, de chants révolutionnaires, de slogans hurlés, de menaces, de graffitis insultants inscrits sur les murs, et même d'assassinats. Quant aux missionnaires, la vie dans les paroisses devenant très difficile, tout travail leur étant rendu impossible, et leur présence au milieu de leurs ouailles pouvant être un danger pour elles, ils estimèrent plus sage de se replier sur le centre de la mission à Hanoï, dans l'attente de jours meilleurs. M.Christian Simonnet quitta alors la paroisse de Hadong , et rejoignit la mission catholique à Hanoï. Dès que les évènements le permirent, il prit un poste de professeur au Collège Sainte Marie, dirigé à Hanoï, par les Sœurs de Saint Paul de Chartres, et devint aumônier militaire auxilaire.

     

    Le 18 mars 1946, le général Leclerc à la tête de ses troupes, entrait à Hanoï ; sa mission, avec l'accord des autorités viêtminh, était de relever peu à peu, l'armée chinoise qui devait rentrer chez elle, son mandat d'occupation du Nord de l'Indochine que les alliés lui avaient confié, étant achevé. Mais le calme, la sécurité, la possibilité de travail ne revenaient pas pour autant. Aussi, en juin 1946, M. Christian Simonnet taraudé par l'ennui, ouvrait son atlas, et préparait un voyage jusqu'aux confins du Tibet lointain, ce "bout de la chrétienté" dont il avait rêvé. Après de nombreuses démarches, le 8 juin 1946, à bord d'un DC 3, il quittait enfin Hanoï à destination de Kunming ; puis, en empruntant les divers moyens de locomotion utilisés en Chine, camions, caravanes muletières, etc.. le 24 juillet 1946, il arrivait, à Tzedzjong, chef lieu de la partie méridionale de la mission du Tibet, dont M. Francis Goré était vicaire général,…"un personnage vif et menu, dont le visage émacié s'achève en une malicieuse barbiche blanche.." Un homme dont "l'érudition est considérable, tout comme la bibliothèque que j'ai la stupeur de découvrir dans son bureau…Il est capable de lire en allemand; il lit couramment l'anglais…; il parle le chinois aussi bien que le tibétain.." De là, il fallait un mois de marche au nord est pour atteindre Tatsienlou, la ville épiscopale .

     

    Le 29 juillet 1946, en route pour le pays des Loutze ! A deux jours de marche se trouvait la résidence du "Maitre de Bahang", le P. Georges André, un Franc-comtois; sous son écorce bourrue "bat un cœur des plus jeune et des plus sensible".  .Mais laissons la parole à M. Christian Simonnet:…"Enfin, à un dernier détour de la piste, tout le poste de Bahang apparaît; et en bas du remblai formidable, avec sa barbe de druide et sa morphologie d'ursidé, le Père André attend. …Franchissant d'un saut le remblai, je tombe bien d'aplomb face à lui. Il me prend alors les mains et les fait complètement disparaître dans les siennes en les serrant à craquer, et s'écrie d'une voix de stentor : - "Qui donc a osé venir jusqu'ici ? Ca ne pouvait être qu'un de l'illustre mission du Tonkin, la terre des Martyrs…" Le temps passe vite, mais que de souvenirs : .."Je suis à Bahang depuis le 30 juillet [1946] écrit il ; j'y ai passé une semaine inoubliable. J'ai profité, dans ce cadre unique, de l'hospitalité fameuse de l'empereur du Loutzejiang. Huit jous dans "le dernier avant poste de la chrétienté"… Et puis ce fut le dernier repas :.." Il y a de temps en temps des anges qui passent…Et c'est pendant un des passages d'ange que le P. André se lève et s'éclipse un moment…pour revenir et poser gravement sur la table une authentique bouteille de Bordeaux !…"

     

    Le 23 septembre 1946, M. Christian Simonnet était de retour à Hanoï; pour occuper ses loisirs, il écrivit le récit de son voyage, publié en 1949 aux Editions Monde Nouveau à Paris, sous le titre "Tibet, Voyage au bout de la chrétienté". Réédité aux "Editions de Septembre" en 1991, sous le même titre, mais pas à l'identique; l'auteur y avait ajouté un point d'exclamation après Tibet "pour mieux exprimer le mythe inaccessible que ce pays représentait pour moi…"

     

    A Hanoï, le 19 décembre 1946, à huit heures du soir, une soudaine coupure d'électricité plongea la ville toute entière dans l'obscurité ; c'était le signal convenu par les dirigeants viêtminh du début de l'attaque contre l'armée et la population françaises à Hanoï. Après quelques jours d'affrontements violents, les forces de l'ordre parvinrent à établir un certain périmètre de sécurité qui s'élargit un peu plus tard jusqu'aux villes et villages des alentours. Seul d'entre les missionnaires, M. Christian Simonnet pouvait se rendre à Hadong , son ancien poste, transformé en désert de ruines. Mais il n'y séjounait que deux jours par semaine.

     

    En 1948, laissant sa communauté chrétienne de Hadong entre les mains de M. Mauris-Demourioux, M. Christian Simonnet s'embarquait à destination de Marseille où il arrivait le 9 avril 1948. Le 6 avril 1949, il reprenait le chemin de sa mission. A son retour, Mgr. François Chaize le nommait curé de la paroisse des Martyrs à Hanoï où il succédait à M. Victor Caillon. Un jeune prêtre viêtnamien, le P. Tong, ordonné par Mgr. Jean-Marie Mazé le 3 décembre 1949, lui fut donné comme vicaire. Le chroniqueur de la mission relatant cette nomination, relevait le caractère difficile du curé qui est celui des artistes, mais il s'empressait d'ajouter :.." Après tout un carême en tête à tête, curé et vicaire en sont encore à la lune de miel sans nuage. Le maitre mot de tout cela ?…..C'est qu'il n'est question que du service de Dieu et de son Eglise.."

     

    Et voici le témoignage de M. Christian Simonnet dans son homélie du 24 novembre 2001 :.." Lorsqu'en 1949 je revins de mon premier congé en France, on me donna une paroisse hanoïenne et un vicaire viêtnamien. Nous avons travaillé ensemble pendant cinq ans. Il fut pour moi, mieux qu'un vicaire ; il fut un ami….Nous sommes encore restés en correspondance pendant de longues années. Toujours à Hanoï aujourd'hui, il est le plus précieux collaborateur du cardinal Tung. Croyez-moi : quand un vieux missionnaire arrivé au terme de son existence peut dire en toute vérité que le plus cher de ses amis a été un prêtre de sa mission, c'est une réussite. En fait, c'est plus qu'une réussite : c'est une grâce.."

    Le 22 février 1949, Mgr. François Chaize, vicaire apostolique rendait son âme à Dieu, à la clinique Saint Paul de Hanoï. La situation militaire dans le delta tonkinois n'était pas brillante. C'est alors que dans les premiers jours de mai 1950, parvenait à Hanoï une bonne nouvelle: Pour succéder à l'évêque défunt dans la charge de vicaire apostolique, Rome avait choisi, le 18 avril 1950, le P. Joseph Marie Khuê, curé de la paroisse populaire Saint Antoine à Hanoï. Né en 1899, celui-ci avait fait toutes ses études dans les séminaires du vicariat; il avait occupé des postes importants dans la mission et se voulait prêtre pour tout le monde. Le 15 août 1950, il était sacré évêque en la cathédrale de Hanoï , par Mgr. Lê-huu-Tu, vicaire apostolique de Phat-Diem. Le nouvel évêque avait insisté pour que les missionnaires demeurent dans son vicariat ; il leur avait dit combien il comptait sur eux pour l'aider à accomplir sa lourde tâche. C'était aussi le souhait de son Em. le cardinal Fumasoni-Biondi Préfet de la Congrégation de la Propagande. Mais une nouvelle période de travail avec le clergé viêtnamien commençait pour la Société des Missions Etrangères à Hanoï.

     

    M. Christian Simonnet était maintenu dans sa charge de curé de la paroisse des Martyrs. En 1950, il dota son église d'un chemin de croix aux couleurs vives dont il était l'inspirateur et un peu l'exécuteur. Il sut encourager sa chorale dans le choix et l'exécution des chants liturgiques pour rehausser la beauté des offices et obtenir une meilleure participation des fidèles. Correspondant de l'Agence Fides, il donna une partie importante de son temps au service de l'information missionnaire, en envoyant fréquemment des articles aux publications de la Société et à des revues missionnaires. Il organisa des conférences sur son voyage au Tibet. Il se fit bâtisseur. Sa paroisse n'avait plus d'école chrétienne; il en construisit une tout près de l'église avec l'aide de son vicaire très entendu en la matière.

     

    Photographe expert, passionné de cinéma, riche en talents pour manier la caméra et doué pour commenter les images, il réalisa un film documentaire sur la vie chrétienne au Tonkin. Le 1er décembre 1951, pour refaire sa santé, et sur ordre de la Faculté, il se rendit à Sonla; il y bénéficia de l'air frais et sec des plateaux Thaï, et de l'hospitalité des ses confrères MM.Millot et Desroches. Mais avant de reprendre la direction de sa paroisse des Bx Martyrs, au début du mois de mars 1952, il profita de son séjour pour tourner quelques trois cents mètres de film en couleur. Il y mettait en relief la vie quotidienne des populations autochtones et le travail des missionnaires pionniers. Le soir de la retraite du mois de mai 1952, pour ses confrères, il projeta en avant première, son film intitulé "le Pays Thaï", tourné à Sonla.

     

    Mais laissons le chroniqueur de la Mission, dans son "papier" de février 1952, nous livrer le souvenir le plus vivace de M.Christian Simonnet en pays Thaï : …" Par une belle soirée ensoleillée, on lit son bréviaire assis sur le bord d'une piste forestière. On baille un peu aux corneilles entre Matines et Laudes. Le bruit d'une feuille morte qui craque interrompt votre extase, et vous voyez à quinze mètres de vous une grande panthère qui s'avance à petits pas. Trois secondes inoubliables : cent degrés au thermomètre de la jouissance esthétique, et zéro au "trouillomètre". On se rappelle ses auteurs : Jules Verne, Mayne-Raid, les western… On se dresse brusquement, les deux mains sur les hanches et un petit air content de soi sur la figure, en s'efforçant de fixer le fauve comme si on voulait l'avaler. Surprise, la grande mouchetée lève la tête, se dresse à demi sur ses pattes de derrière, exécute un demi-tour pas pressé, et se restitue à la jungle en deux bonds suprêmement harmonieux. Alors, on prend son bréviaire et sa canne et on va lire Laudes un peu plus loin, en terrain largement découvert ; et on récite un Te Deum, quoique l'office du jour n'en comporte pas…"

    Nous sommes au 1er juillet 1952. A Hanoï, à la mission, au début du repas du soir, le Père Paul Seitz, depuis peu Supérieur de la Région Nord-Indochine, tirait de sa poche un télégramme, émanant de Mgr. Dooley, délégué apostolique lequel l'informait de sa nomination comme évêque de Catula et vicaire apostolique de Kontum. Comme chez ses confrères, dans un premier temps, cette nouvelle produisit une grande émotion et un certain regret dans le cœur de M.Christian Simonnet. Ce dernier voyait un ami s'éloigner, mais il était aussi sensible à la confiance et à l'honneur que le Saint Siège manifestait au nouvel élu. Sacré à Hanoï, par Mgr. Dooley, Délégué Apostolique, le 3 octobre 1952, jour de la fête liturgique de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, Mgr. Paul Seitz quittait Hanoï pour rejoindre Kontum peu après le 19 octobre 1952.

     

    Et la vie continue ! Au cours de la retraite annuelle de janvier 1953, quelques confrères Mep ouvrirent un débat grave selon eux, sur la question de l'uniformisation du costume des missionnaires. Avec tout cet l'humour qui lui était propre, M. Christian Simonnet les aida à résoudre le problème. Il se fit grand couturier. Au cours du repas qui suivit la discussion, trois tableaux noirs s'offraient dans le réfectoire. Sur chacun d'eux était dessinée la maquette des trois projets vestimentaires qui avaient émergés au cours de cet échange. Ces costumes habillaient des mannequins qui n'étaient autres que les supporters des projets en question : il y avait la solution traditionaliste du P. Fourneuve , la progressiste aérée du P. Kerbaol, et l'intermédiaire qui revêtait un P. Caillon plein de combativité. Le premier projet enleva tous les suffrages, mais cette exposition avait été un succès !

     

    Cette même année, M. Christian Simonnet fut choisi pour être l'un des membres fondateurs du club des cinéastes amateurs de Hanoï qui rassemblait viêtnamiens, chinois, et français en nombre à peu près égal. Après la projection de son film sur le Pays Thaï , il fut nommé premier conseiller technique du club. C'était l'une de ses activités de "la main gauche", mais de la droite, toujours bien secondé par son vicaire viêtnamien, il gardait ferme la direction de sa paroisse et construisait nouveau bâtiment pour l'école de la paroisse .

     

    De l'année 1954, on retiendra principalement la bataille de Diên bien-Phu, et la chute du camp retranché le 7 mai, la menace d'investissement de Hanoï par six divisions viêtminh, puis la signature de Accords de Genève du 20 juillet 1954, partageant le Viêtnam en deux zônes d'influence. Ces graves évènements provoquèrent un mouvement d'exode imprévu et de très grande ampleur des populations du nord vers le sud Viêtnam. C'est alors que de nombreux chrétiens avec leur curé, mais pas uniquement, ainsi que plusieurs congrégations religieuses, malgré bien de difficultés, prirent par tous les moyens, le chemin de l'exil. Qu'allaient donc devenir les missionnaires du Nord Viêtnam ? Le P. Pierre Pencolé, supérieur régional des Missions Etrangères du Nord Viêtnam, en accord avec NN.SS.les vicaires apostoliques Khuê de Hanoï et Mazé de Hung-hoa décidèrent que les missionnaires qui avaient charge d'âmes ou étaient en fonction resteraient à Hanoï ; les autres suivraient l'exode en vue de regrouper les chrétiens et de venir en aide à tous dans les camps de regroupement d'abord, puis dans leur lieu de ré-implantation..

     

    Dans le même temps, pour rétablir sa santé bien éprouvée, M. Christian Simonnet s'était rendu à Saïgon en consultation chez deux spécialistes; en meilleure santé, sinon guéri, il rentrait dans sa paroisse des Bx Martyrs, le 29 juin 1954, après deux mois d'absence. Le dimanche suivant, il déclarait à ses paroissiens: … "Je reviens au milieu de vous, pour partager vos angoisses…" Dans un climat nouveau, avec courage et prudence, il continua son travail de pasteur ; en effet, l'armée révolutionnaire et les autorités viêtminh avaient pris possession de la ville de Hanoï, le 9 octobre 1954. Le nouveau régime politique s'installait. Mais quelques jours après Noël 1954, toujours fortement handicapé par des troubles urinaires, et dans l'espoir de guérison, M.Christian Simonnet se voyait contraint à prendre l'avion pour Saïgon d'abord, et pour la France ensuite, où il arriva le 18 avril 1955. "Ce départ, note le chroniqueur, lui a beaucoup coûté et les larmes perlaient aux cils quand le supérieur régional lui fit ses adieux : on ne quitte pas sa mission sans déchirement.."

    Pendant son séjour à Saïgon, il prit contact avec la masse des réfugiés arrivant du Nord Viêtnam. Il visita plusieurs centres d'accueil, et des villages de réimplantation, préparant une riche documentation sur cette exode en vue d'en tirer un film. En janvier 1955, il n'hésita pas à courir en scooter les quelques 200 kms séparant Saïgon de Phnompenh. Il lui fallait satisfaire sa curiosité d'artiste photographe; en effet, il avait appris l'existence à Banam, de pythons apprivoisés chez M. Joseph Vulliez. Accueil chaleureux des confrères et écrit le chroniqueur de la mission de Phnompenh :  "Toujours aussi ardent que grand homme il nous a valu un bon moment de joyeuse rétrospective autour des "sites" illustres des maisons de Bièvre et de la rue du Bac.."

    Rentré en France, il mit au point les documents photographiques sur les réfugiés. Il écrivait vers mars 1956 :…" Mon film "L'Exode du Nord Viêtnam"a été édité pa le Secours Catholique, et sonorisé. Il est actuellement tiré à dix exemplaires et passe dans tous les coins de France. Deux firmes, américaine et allemande, sont en pourparlers en vue de faire établir des versions dans ces deux langues. La réaction des gens est, en général, bonne : "Nous avions lu tout cela dans la presse ; jamais nous n'avions imaginé chose pareille !" Je n'ai donc pas perdu mon temps…"

    Affecté au vicariat apostolique de Kontum, en septembre 1956, M. Christian Simonnet s'embarqua à Marseille le 23 octobre 1956. Mais avant de rejoindre sa nouvelle mission, le Service de l'Information de la Société lui demanda de pousser jusqu'à Hwalien dans l'île de Formose (Taiwan) où il arriva vers la fin novembre. Il séjourna un mois dans cette jeune mission dont il visita à peu près tous les districts. Conduit par Mgr. Vérineux qui s'y rendait pour la confirmation, il passa la fête de l'Epiphanie 1957, dans le district des aborigènes taroko de Morisaka, chez M. Ferdinand Pecoraro. Il fixa sur la pellicule de magnifiques images. Le 14 janvier 1957, il quittait Taipei pour rejoindre Kontum. De tous ces documents, notre cinéaste tira un film " Le Miracle de Formose". (1957)

     

    En collaboration avec le Centre Culturel Cinématographique Italien, la Direction des Œuvres Pontificales Missionnaires organisa en 1959, quatre soirées et trois matinées de films missionnaires, dans le magnifique auditorium de la CIDA, au centre de Rome. "Le Miracle de Formose" était inscrit au programme. "Pour avoir su le mieux exprimer cinématographiquement la défense des valeurs sociales et traditionnelles en Asie," ce film de M. Christian Simonnet reçut la coupe de l'Exposition Internationale d'art cinématographique de Venise. Les prix furent remis par son Eminence le cardinal Agagianian, préfet de la Congrégation de la Propagande, et le 13 janvier 1960, la coupe attribuée à ce film fut reçue à Rome, par Mgr. Anoge, procureur général des Missions Etrangères de Paris.

     

    Du 18 au 20 janvier 1960, se tint à Lille la troisième rencontre internationale du cinéma missionnaire. Y étaient représentées 24 Congrégations et Sociétés religieuses, appartenant à huit nations différentes. A l'issue de ce festival, le 6ème prix fut attribué au film  "Le Miracle de Formose"

    A Pâques 1957, M. Christian Simonnet était à Kontum . il s'en alla assurer la messe dans deux camps militaires où les catholiques originaires du nord pour la plupart, étaient nombreux. Mais il était avant tout cinéaste et photographe au service de la mission; il prit contact avec le monde montagnard en vue de réaliser un film sur "les Sauvages Bahnars" du P. Dourisboure, et cela malgré une santé contrariante, et bien d'autres difficultés, surtout lorsqu'il fallut amener un tigre à portée d'objectif. Puis, documents sonores, et images recueillis en abondance, en vue du montage de son film intitulé " La Mission des Grands Plateaux", il rentrait en France où il arrivait le 4 avril 1959.

     

    En 1960, ses supérieurs le chargèrent officiellement de recueillir des documents sonores, de réaliser des reportages photographiques et des films documentaires pour le service d'Information des Missions Etrangères. A ce titre, il partit rendre visite aux missions en Extrême Orient. En 1961, en lien avec son film et associant à son nom, celui du P. Dourisboure, il ré-écrit et fit paraître aux Editions "France-Empire" sous le titre "La Mission des Grands Plateaux" une nouvelle relation de l'épopée missionnaire racontée jadis par le P. Pierre Dourisboure dans son livre "Les Sauvages Bahnars, Souvenirs d'un Missionnaire".

     

    Cinéaste et photographe officiel de la Société, habile artiste et fin causeur, il parcourut longuement l'Extrême Orient. En 1961, il fit un séjour en Inde. En 1962, il passa plusieurs semaines à Bangkok se rendant à Juthia; berceau des Missions Etrangères en Asie et du séminaire de Penang. Il se proposait de monter un film pour montrer que les premiers missionnaires de la Société s'étaient bien préoccupés, dès leur arrivée en Asie, du recrutement et de la formation d'un clergé autochtone. En 1963, il séjourna quelques temps dans la mission du Cambodge pour faire certaines prises de vues. Ainsi, grâce à lui, le service d'Information de la Société put s'enrichir d'un stock de photographies et de films documentaires qui connurent un grand succès. En 1964, ses documents étaient reproduits dans la Presse et diffusés par les chaines de télévision tant françaises qu'étrangères. L'O.R.T.F. en présenta plusieurs séquences.

     

    En mars 1965, départ pour le Japon, en vue de réaliser un film sur ce pays, puis à Hongkong où il continua et compléta sa riche documentation. En 1966, le voilà au pays du Matin Calme; dans l'archidiocèse de Taegu, le 8 juin, par un très beau temps, il s'en donna à cœur joie, dans le secteur de Changson, à la poursuite du folklore local. Ainsi, en 1966, trois nouveaux films, sur Hongkong, la Corée et le Japon vinrent enrichir le service d'Information missionnaire de la Société. Quelle joie pour lui de les présenter aux confrères en congé, lors des sessions d'informations et d'études à Bièvres ou à Paris. En 1970-71, il entreprit une dernière tournée en Thaïlande et Malaisie.

     

    M.Christian Simonnet était un bon chasseur d'images. On trouve des photos de lui et quelques communications entre autres dans le Magazine "Missi" et le mensuel inter-instituts "Peuple du Monde" qui commença à paraître en mai 1967. Il savait écrire, et débordait d'humour ; aussi, mit il sa plume au service de la Société des Missions Etrangères. Nombreux sont ses articles parus dans les "Echos Missionnaires" puis " Missionnaires d'Asie", les revues : "Echos de la Rue du Bac" et "Missions Etrangères de Paris", le "Bulletin de la Société des Missions Etrangères" etc… A la demande de M. André Rannou, Délégué du Supérieur Général pour la diaspora, il donna, de 1981 à 1986, une très intéressante série d'articles intitulés "Notre Maison", dans la modeste feuille trait-d'union  "l'Hirondelle".

     

    Il publia plusieurs ouvrages parmi lesquels : En 1949, "Tibet ! voyage au bout de la chrétienté" re-édité en 1991 ; en 1961, "La Mission des Grands Plateaux", re-écrit et publié en 1977, sous le titre "Les Tigres auront plus pitié" récit de l'exploration du pays bahnar en 1850, et de l'évangélisation de ses habitants. ; en 1982, " Les enfants du Fleuve Rouge" , saga de Kim fuyant le pays de ses ancêtres; en 1983, "Théophane, celui qui embellissait tout" ; en 1989, "Les Dix Saints Martyrs Français du Viêtnam" en réponse à la canonisation à Rome, par Jean-Paul II, le 19 juin 1988, de 96 viêtnamiens, de 11 dominicains espagnols, et de ces 10 missionnaires français, dont 2 évêques : NN.SS. Pierre Borie et Etienne Cuénot.

     

    En 1975, M. Christian Simonnet fut chargé d'accueillir les groupes qui venaient visiter la maison, faire une halte à l'oratoire dans le jardin des Missions Etrangères, après une longue station à la Salle des Martyrs. En effet, après le décès de M. Paul Destombes, il en fut nommé responsable. Chaque jour, il venait y prier tout en contemplant ces nombreux objets exposés dans les vitrines, et les tableaux évoquant en style asiatique, la mort glorieuse en Extrême-Orient, de ces bienheureux et de ces saints. A ses visiteurs venus individuellement ou en groupe, il racontait longuement l'histoire de la Société, et des pays dans lesquels elle travaillait. Il faisait remarquer que ces "missionnaires apostoliques" envoyés par leurs Supérieurs, ne choisissaient pas leur pays de mission. Il leur expliquait aussi comment "les missionnaires s'attachaient à la mission à laquelle ils étaient voués et l'aimaient…" jusqu'à donner leur vie. Il connaissait les étapes missionnaires de chacun des martyrs et le genre de mort qui avait été le leur, mais il devenait intarissable lorsqu'il s'agissait du Viêtnam, et de Saint Théophane Vénard "littéralement amoureux de son Tonkin, et cela depuis l'âge de neuf ans.."

    Quotidiennement, des groupes francophones ou des étrangers se présentaient, certains visiteurs de passage venaient individuellement. A leur intention il avait rédigé une plaquette illustrée sur cette salle des Martyrs où lui-même passait une partie de ses journées. Sur bandes magnétiques, et en plusieurs langues, il avait fait enregistrer ses explications et commentaires permettant une visite guidée et méthodique des objets présentés en vitrine et l'admiration des tableaux rassemblés dans cette salle ; il suffisait de prendre un casque d'écoute. Pour que cette visite soit différente de celle d'un musée, il proposait un temps de prière ou de silence, des revues de la Société, et, pour garder mémoire, des livres tels que "Tibet ! Voyage au bout de la chrétienté" ou "les Dix Saints Martyrs Français du Viêtnam" et surtout "Théophane, celui qui embellissait tout"

     

    Car, pendant cinq ans, à Hanoï, M. Christian Simonnet avait eu en charge la paroisse sur le territoire de laquelle Saint Théophane Vénard avait subi sa détention et son martyre. Puis, pendant une vingtaine d'année, par l'image et la documentation cinématographique, il avait travaillé sur le terrain, dans les missions d'Extrême–Orient pour le compte du service d'Information de la Société ; enfin, pendant un quart de siècle, de 1975 à 2000, il avait fait de la salle des Martyrs, à Paris, le principal champ de son apostolat missionnaire, et peut être le plus aimé.

     

    Au début du mois de mai 2002, souffrant de l'asthme, il se retira à Montbeton où il décéda vers neuf heures quinze, au matin du 29 mai 2002. Ses obsèques furent célébrées à Montbeton le 31 mai 2002. Et, dans son homélie, le célébrant soulignait :… "Le Père Simonnet était un vrai MEP. Il vivait de l'esprit MEP, prêt à aller là où on l'envoyait, prêt à aimer les gens vers qui il était envoyé…Il était heureux de voir que le travail commencé par les missionnaires MEP continuait avec les chrétiens viêtnamiens, en particulier les nombreux prêtres qui viennent chez nous aujourd'hui pour poursuivre des études et aussi pour revenir aux sources de l'évangélisation du Viêtnam…"

     

     

    • Numéro : 3625
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1939