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Jean SIMON (1917-2001)

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    Jean, Henri, Louis SIMON, fils de Jules, Jean, François et de Marie Marguerite Roy, vint au monde le 10 septembre 1917, à Saint Junien-les-Combes, département de la Haute-Vienne (87). Il fut baptisé le 12 septembre 1917, en l'église paroissiale de Saint Junien-les-Combes, diocèse de Limoges. Il fit ses études primaires à l'école St. Joseph à Bellac (87), puis, d'octobre 1928 à juillet 1936, il parcourut le cycle des programmes de l'enseignement secondaire au petit séminaire du diocèse de Limoges. En octobre 1936, il se dirigea vers le grand séminaire du diocèse, où il fit ses études de philosophie, commença celles de théologie et reçut la tonsure et les ordres mineurs.

     

    Le 20 février 1939, M.Jean Simon fit sa demande d'admission au séminaire des Missions Etrangères. .." Mgr. Rastouil, notre nouvel évêque, écrit-il, a bien voulu répondre favorablement, sans aucune difficulté, à mon désir le plus cher. J'aurais été très heureux, après votre permission, d'être compté au nombre des aspirants missionnaires, au début de ce second semestre, mais Monsieur le Supérieur a préféré différer mon départ, jusqu'en septembre….Ce fut, durant ma retraite de rentrée ici, au début de ma première année que je fus vivement attiré par cet idéal missionnaire. Je suis actuellement en deuxième année de théologie…." Et, par lettre du 26 février 1939, le supérieur du grand séminaire de Limoges présentait "M.Jean Simon, clerc du diocèse de Limoges, élève de 3ème année" comme ayant eu "pendant son séjour dans le séminaire, une conduite irréprochable. Régulier, laborieux et pieux, il est doué d'une intelligence moyenne. Bon jugement, caractère loyal, ardent. C'est un sujet excellent." Le 1er mars 1939, une réponse favorable était faite à sa demande d'aspirant missionnaire.

     

    Survint la déclaration de la seconde guerre mondiale, le 3 septembre 1939. Le corps professoral, un certain nombre de Pères et d'aspirants missionnaires du séminaire des Missions Etrangères furent touchés par les ordres de mobilisation et de rappel sous les drapeaux. Une quarantaine d'aspirants non encore mobilisables furent placés, avec l'accord des évêques respectifs dans leur séminaire diocésain. De ce fait, pour l'année 1939-40, M.Jean Simon fut invité à continuer ses études théologiques au grand séminaire de Limoges. Le Supérieur de cette maison, par lettre du 18 mai 1940, informait le Directeur du séminaire de Paris : "Le Conseil des directeurs du séminaire de Limoges a donné un avis favorable à l'appel de M. Jean Simon, votre aspirant missionnaire, au sous-diaconat…Si vous l'appelez, il pourra être sous-diacre le 30 juin, date de l'ordination que fera Mgr. Rastouil, notre évêque…"

     

    Mais, en France, les évènements se précipitèrent à une allure rapide et tout le monde connaît les tragédies douloureuses qui marquèrent le mois de Juin 1940, sous la poussée des armées allemandes. Ainsi, le 11 juin 1940, à 5h15 du matin, le P.Robert, supérieur général de la Société, accompagné du P.Chabagno, avec le P. Bibolet au volant de sa voiture, quittaient la capitale pour se replier à Montbeton qui devint pour fort peu de temps, le centre de la Société. Mais l'encombrement des routes était tel qu'à 9h30, on n'avait parcouru qu'une vingtaine de kms depuis la rue du Bac. Et la panne survint ! On demanda du secours au séminaire de Bièvres qui possédait une automobile. Enfin, il fallut 23 heures à nos deux voyageurs pour faire en train, et dans quelles conditions, le trajet Orléans-Montauban.

     

    Dans le courant du mois d'août 1940, la vie ordinaire reprit son cours peu à peu à la rue du Bac, sans trop d'ennuis. Bien que le séminaire de Bièvres fut réquisitionné par l'armée d'occupation qui avait pris la place de l'armée française, il devint cependant possible d'envisager le retour des aspirants et une circulaire, datée du 6 septembre 1940, leur fut adressée :.. "Le séminaire rappelle ses étudiants de théologie à Paris pour le 1er octobre. Il n'est pas sûr que ce sera un succès, tant de causes s'opposant à cette reprise des études. Quant à nos philosophes, on tâchera de les placer dans les séminaires de la zone libre."

     

    Environ une centaine d'aspirants répondit à cet appel ; le 30 septembre 1940, Mr.Jean Simon se présenta au séminaire des Missions Etrangères pour y continuer ses études théologiques, et sa formation sacerdotale. Sous-diacre le 8 mars 1941, diacre le 4 juin 1941, il fut ordonné prêtre le 29 juin 1941 ; le soir de ce même jour, il reçut sa destination pour le service de la mission de Bangalore et il fut agrégé à la Société des Missions Etrangères, le 15 septembre 1942.

     

    En raison de la seconde guerre mondiale, et ne pouvant rejoindre sa mission dans l'immédiat, M.Jean Simon prit donc, en ces temps troublés et difficiles , un ministère pastoral en France, vraisemblablement dans son diocèse d'origine où les maquis se montraient actifs. Voici le témoignage d'un ex-commandant des Transmissions F.F.I. (Forces Françaises de l'Intérieur), en R 5 (12ème Région Militaire), adressé depuis la Tunisie, à Mgr. L'Evêque de Limoges , le 23 juin 1946.

     

    Monseigneur,

    Il me vient peut être un peu tard à l'idée de vous signaler la belle conduite d'un de vos prêtres.

    Il s'agit d'un grand barbu du Sacré-Cœur (i.e. le P.Jean Simon), rue d'Aixe. Il vint fin juillet ou début d'août au maquis de Rochebas (?), près de Séreilhac nous apporter le secours de son ministère et réchauffer quelques cœurs refroidis par l'anéantissement récent du maquis voisin du nôtre (Gramont).

    J'étais avisé que le même sort nous attendait dans la semaine, la milice et la Gestapo patrouillaient constamment dans le secteur. Venir au maquis en soutane à cette époque c'était très crâne et je serais heureux que vous lui transmettiez cette lettre de félicitations.

    Veuillez agréer, Monseigneur, mes sentiments distingués.

    Signé : P. Martigny.

    Le 24 mai 1946, M. Jean Simon s'embarqua à Marseille ; la mission de Bangalore ayant été confiée à Mgr.Thomas Pothacamuri et au clergé indien vers 1943, il gagna Mysore, ancienne capitale royale, à 2500 pieds d'altitude, sur le plateau du Deccan, ville universitaire et cosmopolite, cité de la soie, de l'artisanat de l'industrie, centre du diocèse dirigé par Mgr. René Feuga, consacré évêque le 2 juillet 1941. Celui-ci envoya le jeune missionnaire, arrivé en Inde en juillet 1946, faire sa formation linguistique et missionnaire au Collège Ste Philomène à Mysore ; dans cette maison, un grand nombre de jeunes préparaient leur avenir en vue d'obtenir et d'exercer des responsabilités importantes dans les diverses administrations civiles. M.Jean Simon quitta cet établissement en juillet 1948. Mais, tout en faisant fonction de vicaire à la cathédrale Ste Philomène, il s'était occupé activement de la jeunesse et en particulier d'une troupe de scouts catholiques bien disciplinée.

     

    Après ce temps de préparation, il fut nommé à Settihalli, vieille et vaste paroisse pour apprendre le kannada,-une langue régionale-. Il y séjourna de juillet 1948 à décembre 1949. En janvier 1950, il alla prêter main forte à M.Paul Crayssac, curé de Lovedale (à côté d'Outy, au sommet des montagnes bleues) ; il y étudia le tamoul, et perfectionna son anglais.

     

    Rappelé à l'évêché de Mysore, en juillet 1951, son évêque lui confia la charge pas toujours facile, de Procureur de la Mission. Dès 1955, il lui fut demandé de répartir dans le diocèse de Mysore, les dons généreux des catholiques américains. En effet, le "National Catholic Welfare Conference of America" envoyait gracieusement aux évêques des denrées alimentaires : lait en poudre, beurre, fromage, des vêtements usagés etc..Il revint alors au procureur de la mission de s'organiser pour redistribuer cette aide aux orphelinats, aux crèches et dispensaires et autres œuvres sociales travaillant auprès des pauvres.

     

    Vers la fin mars 1956, M.Jean Simon remit, pour le temps d'un congé en France, ses livres de comptes et ses fonctions de procureur entre les mains de M. Jean-Baptiste Caminondo. Puis, avec M. Marcel Fayolle, comme compagnon de route, il s'achemina vers Madras et Colombo. Après une courte visite dans la péninsule de Jaffna, au nord de Ceylan, tous deux s'embarquèrent sur le paquebot "Viêtnam" à Colombo, le 7 avril 1956. A bord, ils trouvèrent un petit groupe de confrères Mep, les uns de la maison de Béthanie, quelques autres des missions de Saïgon et de Malacca, et tous arrivèrent à Marseille le 19 avril suivant. Le 8 mai 1957, M. Jean Simon prenait l'avion à Paris pour regagner sa mission.

     

    Rentré de France le 10 mai 1957, il reprit aussitôt ses fonctions de procureur de la mission de Mysore ; dès la mi-août, il fit le voyage à Bombay pour y accueillir l'un de ses confrères, M.Jean Nouet, et mettre dans le train, le passager avec les nombreux bagages qu'on lui avait confiés et qui appartenaient à plusieurs missionnaires revenus en Inde, au temps du blocage du canal de Suez.

     

    Depuis des années, sur la route Mysore-Ooty, en direction des Nilgiris la mission avait obtenu un terrain dans la grosse agglomération de Gunglepet, à 35 milles de Mysore. En 1958, M. Jean Simon, avec l'aide du P. Silva, curé de l'endroit, entreprit d'y construire une belle petite église gothique, dédiée à Notre Dame de Lourdes, avec sacristie et chambre par derrière pour le Père. Elle fut bénite par Mgr.René Feuga, le 16 décembre 1958. Dans le même temps, il en bâtissait une autre, dédiée à Saint Joseph, pour la communauté chrétienne de Mandya, un gros centre sur la route Mysore-Bangalore.

     

    En 1957, une quinzaine de familles de langue kannada, venues des villages d'alentour, s'établirent dans une plaine fertile située à une vingtaine de kms de la petite ville de Kollegal, dans l'est de la mission ; elles y fondèrent la colonie agricole de Kottanur. Pour permettre à ces premiers colons, nouveaux chrétiens, appartenant à la basse caste des "Harijans" de se suffire à eux-mêmes, et en attendant que les terres défrichées soient mises en valeur, M. Jean Simon, à partir de 1960, obtint que leur soit alloué un quota spécial des dons en nature offerts par le "National Catholic Welfare Conference of America" (Secours catholique américain). Puis, avec la collaboration du curé de Kollégal, il construisit à Kottanur, chapelle, presbytère et école. Ensuite, il frappa à la porte de l'œuvre allemande "Misereor" qui lui consentit un prêt important permettant l'achat de charrues et de bêtes de labour. Il obtint aussi de l'aide et des secours pour un autre centre de développement agricole crée à Périapatna, à proximité de la mission de Coorg. En toutes circonstances, il sût toujours cultiver d'excellentes relations avec les fonctionnaires du gouvernement, car l'installation de ces familles ne se fit pas sans difficultés, ni problèmes.

     

    Après l'Assemblée Générale de 1960, M.Maurice Quéguiner, nouveau Supérieur Général de la Société des Missions Etrangères, affecta M.Jean Simon au service des Procures de la Société, en octobre 1960. Après avoir remis sa charge de procureur de la mission entre les mains du P.Noronha, un prêtre indien, il quitta Mysore le 13 décembre 1960, pour rejoindre la Procure des Missions Etrangères à Singapore. A son départ, Mgr.René Feuga ne manqua pas de souligner que son procureur "sortant" avait établi le diocèse sur une base solide au point de vue financier, permettant ainsi non seulement la construction de plusieurs églises et l'érection de nouvelles paroisses, mais aussi la création de la colonie agricole de Kottanur.

     

    En août 1965, M. Jean Simon quitta la procure de Singapore où il fut remplacé par M. Jean-Baptiste Caminondo, et, dès le mois de septembre 1965, il alla à Toronto apporter son aide à M. Emmanuel Tournier, créateur de cette procure, et dont il prit la direction quelques temps après et la garda jusqu'en novembre 1968. Il remit alors sa charge entre les mains de M. Raphaël Ibarrart.

     

    Nommé procureur de la Société des Missions Etrangères à Genève, M.Jean Simon prit ses fonctions, en décembre 1968. En 1976, installé dans la nouvelle procure de Collonge-Bellerive, non loin de Genève, tout en continuant son travail de procureur, il assurait l'animation spirituelle d'un groupe de Foyers Notre-Dame.

     

    En 1993, il quitta le service des Procures, et prit sa retraite, d'abord au Portugal où il séjourna jusque vers la fin de l'année 2000, puis il rentra en France et se retira au sanatorium St. Raphaël à Montbeton. Le 21 novembre 2001, il décéda à Montauban.

     

     

     

     

     

    • Numéro : 3655
    • Pays : Inde Singapore Canada
    • Année : 1946