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Pierre-Ferdinand SIMON (1855-1893)

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    Mgr Usse, vicaire apostolique de la Birmanie septentrionale, nous a adressé la notice suivante sur la vie et les travaux de son vénéré prédécesseur.

    Le 20 juillet 1893 fut un jour de deuil pour les missionnaires et les catholiques de la Birmanie Septentrionale. Les tombes de M.Cadoux et de plusieurs de nos confrères étaient à peine fermées, que notre vénéré vicaire apostolique, évêque éminent et père tendrement aimé, rendait sa belle âme à Dieu. Cest un devoir et une consolation pour moi de consacrer quelques pages à sa mémoire.

    Pierre-Ferdinand Simon était un enfant de l’héroïque Vendée. Il naquit le 2 mars 1855 à Chaillé-les-Marais, au diocèse de Luçon. Dès avant sa naissance, sa pieuse mère l’avait consacré à la sainte Vierge et ses premières années furent toutes d’obéissance et d’amour envers ses parents. C’est à la campagne, à l’ombre du grand moulin qui fai­sait vivre la famille, que cet enfant de prédilection grandit et se pré­para par une vie pure au jour béni de sa première communion. Il fit cet acte solennel avec une piété si édifiante que le souvenir en est demeuré vivant dans sa paroisse : M. Michaud, son ancien pro­fesseur, aujourd’hui curé doyen de Chaillé, nous donne ce détail.

    En 1870, le départ de son frère aîné pour l’armée de la Loire, vint étendre un voile de tristesse sur le foyer domestique ; le jeune Pierre connut dès lors ce qu’il y a de beau dans la souffrance, et son cœur délicat employa toute son affection à consoler la douleur de sa mère. Lui-même la quitta bientôt pour entrer au petit séminaire des Sables-d’Olonne. Il fit ses études dans cette maison, où la vertu et la science sont également estimées. Elles furent brillantes, et le prix d’honneur, remporté en rhétorique, ne fut que le couron­nement d’une longue suite de succès, qui lui valurent de la part d’un de ses professeurs cet éloge remarquable : « Voilà plus de qualités qu il n’en faut pour être à la tête d’un diocèse de France. »

    Néanmoins le jeune lauréat aspirait à une palme plus glorieuse. Ame ardente, il avait soif du salut de ses frères ; il voulait être mis­sionnaire. Il alla donc au grand séminaire de Luçon pour y étudier sa vocation. Quatre ans plus tard, il crut que l’heure du sacrifice avait sonné. Il se disposait à partir lorsqu’une fluxion de poitrine vint sus­pendre pour quelque temps l’exécution de ses projets. Dès qu’il fut rétabli, lu qui « aurait traversé le feu » afin d’épargner une larme à ses parents, dut s’arracher à leurs embrassements pour se rendre au Séminaire des Missions-Étrangères.

    Il n’y resta pas même un an. Après avoir fait l’édification de ses confrères dans cet asile béni où nous avons tous goûté des joies si pures, il fut ordonné prêtre par Mgr Bourdon, vicaire apostolique de la Birmanie Septentrionale, que la maladie avait ramené en France pour quelques mois. L’évêque, sans le savoir, venait de consacrer son missionnaire, et le jeune apôtre reçut avec joie la nouvelle de sa destination. Mais avant de partir, il alla faire ses adieux à sa famille. La divine Providence, pour tremper cette âme d’élite, lui demanda un nouveau sacrifice : son père mourut au moment de cette visite suprême ; et c’est sur sa tombe entr’ouverte qu’il donna aux siens rendez-vous au ciel : il ne devait plus les revoir ici-bas.

    Au commencement de septembre 1878, M. Simon quittait Marseille sur un navire en partance pour Singapore. Mgr Bourdon, son évêque, était allé à Rome solliciter pour lui et sa Mission les bénédictions du Saint-Père ; il le rejoignit à Naples, et vers la fin d’octobre, tous les deux arrivaient à Mandalay.

    La Birmanie, à cette époque, était loin de ce qu’elle est aujourd’hui, Les rois birmans, souverains absolus de la religion bouddhiste voyaient d’un mauvais œil les missionnaires catholiques s’établir dans leurs États.

    Ceux-ci se présentaient-ils à la cour ? la réception était des plus bienveillantes ; flatteries, promesses, rien ne coûtait pour se débar­rasser d’eux, sauf à ne rien tenir dès qu’ils étaient partis. Les gou­verneurs des provinces avaient même reçu en secret l’ordre formel de ne pas céder un pouce du terrain aux ministres de la religion étrangère. Aussi les conversions étaient-elles très rares ; une persécu­tion ouverte eût été mille fois préférable. En voyant l’héroisme des confesseurs de la Foi, les Birmans auraient ouvert les yeux à la lumière de l’Évangile ; et là, comme partout ailleurs, le sang aurait été une semence de chrétiens.

    Cet état de choses durait encore, lorsque M. Simon arriva à Man­dalay. Il fut tout d’abord envoyé à Bhamo, un des postes les plus avancés dans le nord de la Mission. Bientôt, grâce à ses talents peu ordinaires, la langue birmane et la langue anglaise lui devinrent fami­lières. Il s’adonna même à l’étude du chinois, indispensable dans ce district, à cause des nombreux Chinois que leur commerce y attire.

    Un peu plus tard, une circonstance favorable s’étant présentée, ses supérieurs l’envoyèrent à Ta-ly-fou (Chine) pour s’y perfectionner dans la langue et étudier les moyens les plus propres à la conver­sion de ses néophytes. Ce voyage dura près de six mois. À son retour, il en publia une relation intéressante qui parut dans les Missions Catholiques.

    Pendant son absence, Mgr Bourdon l’avait remplacé à Bhamo, par M. Fercot, et avait résolu de l’appeler près de lui à Mandalay pour lui confier le soin de l’importante colonie chinoise qui se trouvait dans cette ville, M. Simon descendit donc à la capitale et se consa­cra sans réserve à son nouveau ministère. Peu de temps après, il reprenait le chemin de Bhamo, que M. Fercot s’était vu obligé de quitter à cause du mauvais état de sa santé. La situation était péril­leuse. Les Katchins étaient descendus de leurs montagnes, et aidés des Chinois, s’étaient emparés de la ville après avoir mis en fuite les soldats de la garnison. Heureusement, les renforts ne tardèrent pas à arriver et l’ordre fut rétabli ; mais ce ne fut qu’avec beaucoup de temps et de patience que M. Simon réussit à reconstituer les membres épars de sa jeune chrétienté. Les autorités birmanes, par esprit de vengeance, emprisonnèrent quelques néophytes chinois, qui grâce aux démarches du Père furent bientôt relâchés.

    Cependant, la santé du zélé missionnaire n’avait pas pu résister au climat et Dieu voulait en faire une victime. Dans ses épanchements intimes, le bon Père nous avait dit que tous les jours, au saint autel, il demandait la grâce du martyre. Sans l’exaucer complètement, le bon Dieu lui envoya le martyre bien méritoire de la maladie sainte­ment supportée. C’est vers le milieu de 1885 qu’il ressentit la pre­mière atteinte de ce mal terrible qui allait le clouer sur la croix. Il arriva mourant à Mandalay, et après quelques jours de repos, fut envoyé à Thayetmyo, où M. Guérin l’entoura de toute sa solli­citude. Bientôt le docteur déclara que le malade était en danger. M. Simon fit une confession générale et se prépara à la mort. Il n’avait qu’un seul désir, revoir sa chère Mission avant de mourir. Dieu qui le réservait à de plus grands travaux, exauça ses vœux . Une légère amélioration s’étant produite, le malade revint à Mandalay. Je le vis le 15 décembre 1885 : il était exténué. Malgré tout, son amour de Dieu et des âmes lui donna des forces, et il reprit son ministère auprès de ses chers Chinois, jusqu’en février 1887.

    Vers ce temps, Mgr Bourdon, dont la santé était ébranlée, songea à se décharger d’un fardeau désormais trop lourd pour ses épaules. M. Simon fut élu, d’un commun accord, supérieur de la Mission : son aimable et sage réserve lui avait acquis, dès le commencement, l’estime et la confiance de tous ses frères dans l’apostolat. Aux élec­tions qui se firent pour nommer un nouveau vicaire apostolique, son nom fut mis en avant et accepté à Paris et à Rome. La nouvelle fut pour lui comme un coup de foudre. Son humilité lui fit tenter tous les moyens pour se soustraire à une responsabilité qui le faisait trem­bler ; il avait même conçu le dessein de quitter la Mission, lorsqu’un ordre formel de ses supérieurs de Paris lui fit courber la tête.

    Il reçut la consécration épiscopale à Mandalay des mains de Sa Grandeur Mgr Bigandet, vicaire apostolique de la Birmanie Méridio­nale. Ce fut un jour de joie et de triomphe pour les missionnaires et les catholiques de la Birmanie Septentrionale. Aussitôt après le sacre, confiant en l’Esprit du Très Haut dont l’épiscopat lui avait conféré la plénitude, et appuyé sur la croix, son unique espérance et désormais sa devise, il sembla reprendre une nouvelle vigueur. Lui, naguère aux portes du tombeau, se transforme soudain en apôtre infatigable. Il multiplie sa présence sur les divers points de son vaste vicariat, et ses lettres, toujours admirables de bonté, suppléent à ce qu’il ne peut faire par lui-même. L’œuvre de Dieu grandit. Neuf postes nouveaux sont fondés, nonobstant des difficultés sans nombre soule­vées par les bonzes birmans, et l’indifférence proverbiale d’un peuple tout pétri de matérialisme et d’orgueil. C’était un succès sans précé­dent : seuls les moissonneurs manquaient à la moisson. Au Nord, à l’Est et à l’Ouest, des tribus sauvages demandaient le pain de la divine Parole : et non erat qui frangeret eis. Les immenses plaines qu’arrose l’Irawaddy absorbaient toute l’activité des missionnaires. Toutefois, Mgr Simon voulut tenter une expédition chez les Chins. La petite troupe qui devait arborer là-haut l’étendard de la Croix, avait pour chef le brave M. Laurent ; à ses côtés luttait M. Maurice Jarre. Plus tard un nouveau volontaire s’adjoignit aux deux précé­dents : c’était M. Accarion, mais la terrible fièvre des bois, en affaiblissant les santés, contraignit ces héros de la foi à redescendre dans la plaine.

    Plus heureux furent les efforts de Mgr Simon pour l’éducation de l’enfance et de la jeunesse. Tout était à faire, car les anciennes cons­tructions ne suffisaient plus aux besoins créés par l’occupation an­glaise. Bientôt on vit s’élever de terre un magnifique couvent pour les Sœurs de Saint-Joseph, tandis que la belle cathédrale du Sacré-Cœur , dont il avait posé la première pierre au soir de son sacre, s’élançait vers le ciel et était consacrée solennellement le 8 décembre 1890. Une école des Frères et un hôpital devaient les suivre de près, mais la mort vint entraver la réalisation de ces vastes projets. L’évêque eut cependant la consolation de construire pour ses chers lépreux, la léproserie Saint-Jean, bâtie dans un site charmant à trois milles de la ville. C’est là que souvent il allait passer une journée au milieu de pauvres malheureux d’autant plus chers à son cœur qu’ils étaient plus délaissés. Ajoutez à tous ces travaux un hospice pour les femmes païennes et vous aurez une légère esquisse des bienfaits que Mgr Simon a répandus en Birmanie.

    Toutefois ces occupations multiples ne le distrayaient pas de la grande œuvre de sa sanctification personnelle. Il conserva sa régularité du séminaire, et je ne pense pas qu’il ait jamais manqué volon­tairement à ses exercices de piété. Même quand la maladie le tenait cloué sur sa chaise, il voulait encore réciter son bréviaire. Toute sa vie, son cœur fut embrasé du plus vif amour envers le Très Saint-Sa­crement. Chaque jour,à onze heures et quart, vous l’auriez trouvé en adoration devant le Tabernacle : il avait tant à dire à Dieu, tant de lumières à implorer, tant de grâces à obtenir. C’est là que ses mis­sionnaires recevaient de lui les marques non équivoques de la tendre affection qu’il leur portait. Son désir était que nous fussions tous des saints, et c’était le but de ses prières.

    Sous sa prudente administration, les catholiques devinrent meilleurs Deux dévotions lui étaient spécialement chères, la dévotion au Sacré­-Cœur et à la très sainte Vierge, aussi voulut-il que la Ligue du Sacré-Cœur et la Confrérie du Rosaire fussent érigées dans tous les postes de son vicariat apostolique, de sorte que la mission de la Bir­manie Septentrionale est la mission du Cœur de Jésus et de l’Imma­culée Conception ; et, si les espérances que cette pensée nous inspire viennent à se réaliser, nous le devrons à la piété de Mgr Simon.

    Malgré des succès remarquables, l’âme du pieux prélat se tenait dans l’humilité la plus profonde : c’était la vertu de son cœur et elle se traduisait chez lui par une douce réserve. Toutes ses entreprises étaient, en conséquence, comme frappées au coin de la sagesse et de la fermeté. On ne pouvait le voir sans être ému, tellement la résigna­tion avait rendu l’expression de son visage souriante et paisible. S’il y avait en lui de la majesté, c’était celle que donnent la souffrance et la sainteté.

    Cependant la maladie faisait des progrès alarmants. Au mois d’avril 1892, le médecin conseilla un changement d’air. Notre vénéré vicaire apostolique ne se décida qu’à grand’peine à nous quitter, et il ne fallut rien moins que les instances de tous ses missionnaires pour l’y contraindre. Le 10, il était à bord d’un bateau qui faisait voile pour Pinang. M. Huysman, dont le dévouement pour Monseigneur a été admirable, accompagnait Sa Grandeur. Ils arrivèrent à Pinang, le samedi saint vers 10 heures du matin. Les directeurs du Collège gé­néral les reçurent avec bonheur, et envoyèrent notre cher malade respirer l’air pur de Mariophyle où les soins les plus assidus lui furent prodigués. De là, il partit pour l’hôpital tenu par les sœurs de Saint-Maur. Si la charité pouvait guérir un malade, Mgr Simon nous serait revenu florissant de santé, car les religieuses ne le quittèrent pas et s’acquirent des droits sacrés à notre reconnaissance. Néan­moins le mal résistait à tous les soins : le vénéré prélat comprit que l’heure de la récompense ne pouvait tarder à sonner, et il voulut revenir dans sa chère mission. Quittant donc Pinang, où il laissait la réputation d’un saint, il arriva à Mandalay le 30 juin 1892. Quelque mois après, son zèle le conduisit à Pyinmana où il voulait visiter le séminaire préparatoire au Collège général et fonder une nouvelle station (Thaya-gon), à 7 milles plus loin au milieu de la grande forêt du Sud. Ces instants passés au milieu de ses petits enfants et fervents catéchumènes furent remplis de joie, mais il dut bientôt revenir dans sa ville épiscopale qu’il ne quitta plus.

    Son corps se refusait à seconder l’énergie indomptable de sa vo­lonté, tandis que son esprit toujours actif continuait à diriger toutes les œuvres de la mission. Le jeudi saint 1893, l’intensité de ses douleurs l’avertit que la mort était proche. Le lendemain fut pour lui un jour de douleurs cruelles. « Comme Notre-Seigneur, vous êtes sur la Croix, lui dit celui qui a l’honneur d’écrire ces lignes, unissez-vous à Lui. » Il remercia avec humilité. Il devait rester encore trois mois dans cet état, et s’il sortit deux fois de sa maison, ce ne fut que soutenu par ses confrères, afin de contempler les cons­tructions du couvent qui s’achevait.

    Cependant les catholiques de la ville et de tous les districts étaient en prières pour demander à Dieu la conservation de leur Père. Les neuvaines se succédaient. La dernière fut faite en l’honneur de Notre-Dame de Lourdes, et le pontife mourant s’y associa avec des senti­ments admirables de foi. Sur ces entrefaites arriva Mgr Gasnier, évê­que de Malacca, qui venait d’assister au sacre de Mgr Cardot. Appre­nant que son frère dans l’épiscopat était dangereusement malade, il se détourna de sa route pour lui donner un nouveau témoignage de son respectueux attachement. Le 29 juin, jour de la fête de Mgr Simon, il y eut messe pontificale et les supplications s’élevèrent plus nom­breuses vers le ciel pour obtenir la santé du prélat. Dieu ne voulut pas les exaucer, et, en dépit des soins des bonnes religieuses de Saint-­Joseph, la phtisie continua son œuvre de destruction.

    Le 11 juillet, Mgr Simon éprouva une crise terrible. Je crus le moment arrivé de lui administrer le sacrement de l’extrême-onction. Il s’y prépara par une confession générale, nous demanda pardon des peines qu’il aurait pu nous causer et ajouta ces paroles qui retentirent jusqu’au fond de mon âme : « Ah ! quelle folie que celle d’un homme qui commet un péché ! au moment de la mort, alors que les yeux sont sur le point de s’ouvrir aux rayons de la lumière divine, on voit clairement l’énormité d’un péché. » Dans la soirée, il mit ordre à ses affaires et commença une neuvaine spécialement chère à sa piété : la neuvaine de la Croix et de l’Agonie sainte. Ce fut la der­nière. Chaque jour, pendant près de deux heures, il était à l’agonie : l’or s’épurait dans le creuset de la souffrance. Il reçut encore deux fois la sainte Communion avec une foi et un amour qui nous ému­rent jusqu’aux larmes. Puis ses prêtres l’aidèrent à réciter la profession de foi de Pie IV, et, sur sa demande, le bienfait de l’indulgence plénière in articulo mortis lui fut accordé. « Tout est prêt pour partir », nous dit-il alors, et peu après, serrant son crucifix sur sa poitrine, il s’écria comme dans un transport d’amour : Amplius, Domine, amplius, et ajouta: « L’aube du grand jour de l’éternité vient de pa­raître. » Ce furent ses dernières paroles : l’agonie dura quelques mi­nutes et à quatre heures du matin, cette âme, purifiée par la croix, brisait sa mortelle enveloppe et s’envolait vers les cieux. Pretiosa in conspectu Domini, mors sanctorum ejus. On était au 20 juillet.

    La nouvelle du deuil qui nous frappait se répandit rapidement. Mgr Bigandet, averti, arriva dès le 21 au soir. Pendant les deux jours qui précédèrent les funérailles une foule pieuse et recueillie de catholiques et aussi de protestants se succéda auprès du lit funèbre de Mgr Simon dont le corps conserva jusqu’à la fin toute sa sou­plesse et toute sa beauté. Le vendredi soir, 21 juillet, en présence de S. Gr. Mgr Bigandet et du P. Conti, envoyé par Mgr Tornatore, vicaire apostolique de la Birmanie Orientale, après la récitation publique du chapelet, la dépouille mortelle du défunt fut déposée dans un cercueil blindé : la cérémonie était touchante. Tous voulaient contempler une dernière fois les traits de leur Père bien-aimé, et approcher de son corps des objets de piété, leurs chapelets, leurs images.

    Le samedi, dès six heures du matin, la cathédrale, toute tendue de noir, était remplie par les fidèles. Après le chant des Matines et des Laudes, Mgr Bigandet célébra la messe solennelle de Requiem et fit l’éloge de notre regretté pontife. Pour obéir aux dernières volontés du défunt, son corps fut déposé dans un caveau de la cathédrale, en face de l’autel de la très sainte Vierge. C’est là que reposent ses restes vénérés en attendant le jour glorieux de la résurrection.

    Defunctus adhuc loquitur. Son souvenir ne mourra jamais dans nos cœurs . Le parfum de ses vertus nous entraînera après lui, vers ce céleste séjour, où nous espérons que règne son âme qui n’eut sur la terre d’autre amour que Dieu, l’Église, les âmes et la Croix !

     

     

     

    • Numéro : 1383
    • Pays : Birmanie
    • Année : 1878