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Louis SILHOL (1899-1919)

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    M. Louis-Joseph Silhol était originaire du diocèse de Montpellier. Ses études de théologie terminées au Séminaire des Missions-Etrangères, comme il était trop jeune encore pour être ordonné prêtre, il fut envoyé à Rome comme socius du Procureur de la Société. Il profita de ce séjour dans la Ville Eternelle pour parfaire ses études théologiques et, entre temps, occupa utilement ses loisirs à étudier les souvenirs religieux et artistiques qui remplissent la capitale du monde chrétien. C’est là surtout qu’il prit son goût des cérémonies religieuses et qu’il développa ses connaissances liturgiques. Ordonné prêtre le 29 septembre 1912, il reçut le soir même sa destination pour la Mission d’Osaka. Il débarqua au Japon le 27 décembre après un rapide voyage par le Transsibérien.

     

    Il passa sa première année de mission à l’évêché, auprès de Mgr Chatron, et il eut la bonne fortune de recevoir ses premières leçons d’un de nos prêtres japonais, le P. Aloysius Nagata. Formé par un si bon maître, servi par une vive intelligence, une excellente mémoire et une grande facilité de travail, il fut jugé capable, au bout de treize mois, d’administrer un poste.

    Il fut envoyé à Maïzuru, au nord de la Mission, où il trouva un noyau de chrétiens fervents  et dociles qui augmente, chaque année, de quelques unités. Le nouveau curé se mit de tout cœur au travail et sut dès le début, se concilier ses ouailles. Il vivait heureux, souriant à l’avenir, quand la grande guerre qui mit à néant  tant de projets vint aussi déranger les siens. Il dut venir à Osaka, pour remplacer provisoirement un missionnaire mobilisé.

    Là, comme à Maïzuru, il sut se faire estimer et aimer des chrétiens et aussi des païens qu’il gagnait par son affabilité. Il y resta quatre ans jusqu’au jour où Mgr Castanier l’appela à succéder, à la cathédrale, au Père Nagata.

    A la cathédrale, le travail était plus absorbant que dans les postes q­u’il avait occupés précédemment. Il lui fallait plus qu’auparavant prêcher, confesser, catéchiser, donner l’hospitalité aux confrères de l’intérieur, etc... Notre cher M. Silhol faisait face, sans difficultés apparentes, à ses multiples occupations et il trouvait toujours du temps pour accueillir avec bonté soit ses confrères, soit les étrangers. Sa devise semblait être : se faire tout à tous.

    Aussi missionnaires, chrétiens et païens étaient-ils unanimes à lui souhaiter et à lui prédire un long et fructueux apostolat. Mais le bon Dieu a voulu nous montrer une fois de plus qu’il n’a pas besoin des hommes.

     

    Nous savions tous que notre confrère était d’une santé délicate, mais nous étions loin pourtant de nous douter qu’il nous quitterait si tôt. Dès le mois de novembre, ceux qui le fréquentaient, remarquèrent en lui quelque changement ; il avait perdu son entrain et son appétit. A la mi-décembre ; atteint de la grippe qui sévissait alors à Osaka, il dut s’aliter. Puis la grippe dégénéra en pneumonie, sans toutefois donner trop d’inquiétude au médecin. Mais, peu après, la faiblesse toujours croissante de l’estomac l’alarma ; le pauvre malade ne pouvait garder ni remède ni nourriture. Après Noël, le médecin perdait tout espoir.

    Il fallut dire la vérité à M. Silhol et comme M. Vagner, chargé de remplir ce devoir, procédait avec précautions, le cher malade le rassura lui-même : « Si vous pensez que mon état est grave, dites-le-moi bien simplement. Sans doute j’aurais désiré travailler encore quelques années pour les âmes de nos chers Japonais ; mais si le bon. Dieu en a décidé autrement, je suis complètement résigné à sa sainte volonté. »

    Il se confessa, demanda humblement pardon à son évêque, et à ses confrères de la peine qu’il aurait pu leur causer involontairement, il reçut ensuite le Saint Viatique et l’extrême-onction avec un esprit de foi et de renoncement qui édifia tous les assistants. Lui-même voulut

    suivre, le rituel en main, les prières liturgiques et y répondre. C’était le matin du 26 décembre.

    La journée et la nuit furent relativement bonnes. On recommençait presque à espérer quand, dans la matinée du 27, le médecin nous annonça que la fin ne pouvait tarder. En effet, ce jour-là même, vers sept heures du soir, notre confrère s’endormit doucement dans le Seigneur, pendant que son évêque et plusieurs missionnaires achevaient de réciter auprès de lui les prières des agonisants.

    Les funérailles eurent lieu, le 29 décembre, à la cathédrale d’Osaka. Presque tous les confrères de la Mission y assistèrent. Les chrétiens d’Osaka et même des païens vinrent aussi, témoignant ainsi de l’estime et de l’affection dont notre cher confrère jouissait auprès de tous. Il repose maintenant au cimetière d’Abeno, auprès du cher et vénéré Vicaire Général, M. Luneau, et du regretté M. Trintignac, emporté lui aussi à la fleur de l’âge.

    La carrière apostolique de M. Silhol a été courte. Le bon Dieu s’est contenté du désir sincère qu’il avait de se dépenser pour sa gloire et le salut des âmes. Ne pouvant travailler plus longtemps ici-bas, c’est avec le plus complet abandon à la Volonté Divine qu’il a fait le sacrifice de sa vie, nous laissant à tous le spectacle de la mort la plus édifiante. Beati mortui qui in Domino moriuntur.

     

    • Numéro : 3135
    • Pays : Japon
    • Année : 1912