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Marie-Ernest SICÉ (1849-1880)

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    M. Marie-Ernest Sicé naquit à Pondichéry le 29 novembre 1849. Après avoir achevé ses études au collège colonial, alors dirigé par les Missionnaires du Vicariat, et y avoir exercé les fonctions de professeur, il vint en France et entra au grand Séminaire de Nantes pour y suivre les cours de philosophie et de théologie. Il était diacre lorsque, le 19 janvier 1877, il entra au Séminaire des Missions Étrangères. Il y fut ordonné prêtre le 22 septembre suivant, et reçut sa destination pour le pays auquel  déjà il appartenait par sa naissance.

    Il s’embarqua pour Pondichéry le 27 décembre de la même année et vint reprendre  sa palce au collège colonial. Lorsque la Mission renonça à la direction de cet établissement, il fut envoyé dans l’intérieur des terres.

    « C’était, écrit Mgr Laouënan, un pieux et zélé Missionnaire. Après avoir fait son apprentissage auprès du cher P. Gandy , dans les districts réunis de Canghouvély et d’Attour, il avait été chargé de ce dernier poste de formation récente. Il s’y trouva dans des conditions particulièrement difficiles et pénibles.

    « Ce district a une population chrétienne de 2,500 âmes. Il se compose d’un grand nombre de chrétientés nouvelles et ne possède encore ni église, ni résidence convenables. Tout ce qu’on y trouve, ce sont de petits oratoires en terre, couverts de chaume, sans habitation pour le Missionnaire. Après beaucoup de démarches et d’efforts, le cher défunt avait fini par acquérir un terrain à Attour, et il y avait construit une chapelle provisoire en terre et une cabane pour sa résidence.

    « Mais ses nouveaux chrétiens le préoccupaient plus vivement que lui-même ; il était toujours en course pour les soutenir, les fortifier et les défendre contre les attaques des protestants.

    « C’est dans ces courses et ces préoccupations qu’il a sans doute gagné la maladie qui nous l’a enlevé . Je venais de lui écrire pour lui recommander de s’occuper enfin de se construire une habitation modeste, mais suffisante, quand j’appris qu’il était gravement malade à Cottapaléam. Je fis immédiatement écrire aux PP. Dupas et Gandy, qui se trouvaient auprès de lui, de le transporter à Pondichéry ou au moins à Trichinopoly, où il pourrait recevoir les soins d’un médecin. Mais la gravité de son état ne le permit pas ; et d’ailleurs les pluies diluviennes qui se mirent à tomber justement à cette époque et qui ont duré environ trois semaines, empêchaient également tout voyage : les routes étaient défoncées, les fleuves débordés, les ponts enlevés, le chemin de fer interrompu sur plusieurs points, les lettres elles-mêmes n’arrivaient qu’après plusieurs jours de retard ; et ce n’est que les jours derniers que nous avons pu songer à envoyer le P. Desaint auprès de lui. Mais il était déjà trop tard. Le cher malade avait rendu son âme à Dieu le 9 décembre, à 9 heures su matin.

    « Je ne puis plaindre son sort ; je l’envie, au contraire, il n’a pas travaillé longtemps dans le champ du Père de famille, mais il l’a fait avec piété, zèle et dévouement ; et j’espère que Dieu lui a déjà donné la récompense réservée au fidèle serviteur. »

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    • Numéro : 1354
    • Pays : Inde
    • Année : 1877