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Bernard SEYRÈS (1875-1951)

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    Le P. Seyrès naquit à Coarraze, au diocèse de Bayonne le 25 mai 1875. Il fit de bonnes études secondaires à Bétharram et entra au Séminaire de la rue du Bac en septembre 1894. Prêtre le 20 novembre 1898, il reçut sa destination pour la Mission de Pondichéry.

     

    Peu de jours après son arrivée, il était affecté au collège de Cuddalore. Le P. Berthaud avait la direction de l’établissement. Les autres professeurs étaient les PP. Fahrer, Verdure, Loubière et le P. Morel qui devait être le successeur de Mgr Gandy sur le siège archiépiscopal de Pondichéry. Dans un tel milieu, le P. Seyrès ne pouvait recevoir que de bonnes directives. Aussi fit-il de rapides progrès dans l’étude des langues tamoule et anglaise. Ayant une prédisposition spéciale pour la grammaire il devait plus tard adapter à la langue anglaise une grammaire française-latine, afin de faciliter les études des futurs séminaristes, petits et grands. Il se forma aussi à l’enseignement du latin et eut des élèves brillants qui n’oublièrent jamais ce qu’ils devaient à leur jeune professeur. Cependant, il ne passa que quelques années au collège de Cuddalore.

     

    Comme tous les jeunes missionnaires, il désirait ardemment être envoyé dans le service actif des paroisses. Il obtint satisfaction et fut nommé à Villupuram. Cette petite ville a une gare importante sur la grande ligne Calcutta-Colombo. Une colonie d’employés de chemin de fer s’y était donc établie et la paroisse comprenait en outre un bon nombre de villages, dont une grande partie habitée par des chrétiens baptisés depuis peu par le P. Maurin et ses successeurs. Le travail ne manquait pas. Il se mit à l’œuvre et se donna tout entier à ses fidèles, surtout les plus éloignés et les nouvellement convertis. Il n’oubliait pas toutefois le chef-lieu de la paroisse. C’est pendant son séjour dans cette ville, que se place un événement très rare heureusement, mais fort triste. Les païens mécon­tents de la décision des catholiques de faire passer une procession dans la rue principale de la ville, s’émeutèrent et vinrent en foule, armés de bâtons et de pierres, détruire et brûler le char sur lequel devait être placée la statue de la Sainte Vierge. Il y eut pas mal de têtes cassées et de blessures plus ou moins graves ; puis, tout rentra dans l’ordre et le calme revint. Mais le P. Seyrès ressentit de cet inci-dent une très vive émotion, se croyant coupable d’imprudence. Toute la responsabilité, en réalité, revenait à quelques chrétiens riches et orgueilleux, qui avaient eux-mêmes pris la décision, afin que la procession passât devant leur maison. Mais le P. Seyrès se reprocha longtemps cette bagarre, comme s’il en eût été l’auteur responsable.

     

    Après Villupuram, il fut nommé au district de Thély. Bien secondé par son caractère facile et sa grande bonté envers tous, il fut bientôt populaire dans cette nouvelle paroisse. Il devint père et roi non seulement des chrétiens mais aussi des païens. Pour tous sans distinction, il était bon, serviable, la main et le cœur toujours ouverts. Membre du Conseil d’arrondissement, il avait, de ce fait, une certaine influence dans les bureaux du Gouvernement. Il en faisait profiter tout le monde, chrétiens, païens, protestants. Il fut aussi un bâtisseur. On lui doit le presbytère de Thély, l’église de Kakanur, les fondations des presbytères de Rakanur et de Kalpet. Les dépenses étaient considérables et malheureusement sa caisse était souvent vide. La Mission de Pondichéry a toujours été proverbialement pauvre et il ne fallait pas compter sur elle pour venir en aide aux bâtisseurs d’églises ou de chapelles. Le P. Seyrès dut donc écrire de nombreuses lettres aux bienfaiteurs de France et d’Amérique pour demander des secours. Ses appels furent entendus, les dons arrivèrent et lui permirent de mener à bien ses entreprises. Lorsque, en 1914 il fut mobilisé en France au début de la pre-mière guerre mondiale, il put laisser entre les mains de son évêque une bonne somme qui lui permit de continuer et d’achever les travaux que lui-même avait dû abandonner.

     

    Toutes ces entreprises et l’administration de son district, les déplacements continuels qui s’imposaient, le peu de soins qu’il prit de sa personne, tout cela fit que sa santé eut beaucoup à souffrir. Il était en outre très sensible aux insolations et ne prenait pas toujours les précautions nécessaires. A la fin de la guerre, espérant que le soleil de Singapour lui serait plus clément, il passa quelque temps en Malaisie. Mais il constata que, passé le canal de Suez, le soleil est le même partout, dangereux pour les imprudents.

     

    Il revint à Pondichéry, Monseigneur, connaissant les aptitudes de son missionnaire pour l’enseignement et aussi, peut-être, pour le protéger des rayons du soleil, le nomma de nouveau au Collège de Cuddalore. Lorsque le petit séminaire fut fondé à Cuddalore, le P. Seyrès redevint professeur de latin. C’est alors qu’il composa sa grammaire latine et la fit imprimer à Hong-Kong. Sans doute il eut le tort d’y travailler avec trop d’ardeur, car c’est à ce moment, qu’il fut atteint de maux de tête et de neurasthénie persistante. Aussi, après quelque temps passé à Hong-Kong, sous prétexte de corriger les épreuves de sa grammaire, en réalité, pour essayer de combattre la maladie, il rentra en France. Pendant quelques années, il exerça le saint ministère dans son diocèse d’origine ; puis il fut admis au sanatorium de Montbeton où il mourut le 14 janvier 1951.

     

     

     

    • Numéro : 2417
    • Pays : Inde Malaisie Chine
    • Année : 1899