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Frédéric SCHOESER (1916-2004)

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    Frédéric, Guillaume, Christophe Schoeser, fils de Frédéric, Guillaume et de Marie-Madeleine Weissang, naquit le 13 octobre 1916, à Wilhelmsburg Neuhof (Hanovre-Allemagne). C'était au temps de la Première Guerre Mondiale. Il fut baptisé le 15 octobre 1916, en l'église paroissiale St. Boniface de Wilhelmsburg (Allemagne). La famille comptait cinq enfants, cinq garçons. En 1935, un vicaire de la paroisse de Sarreguemines donnait ce témoignage : "Son père travaille aux Chemins de Fer ; chaque matin, avant de se rendre à son travail, il se rend à l'église, il fait la communion fréquente". Le 22 septembre 1934, dans une correspondance adressée au Secrétaire Général de la Société des Missions Étrangères, l'un des professeurs prêtre au lycée de Sarreguemines qui avait eu Frédéric comme élève et qui connaissait bien la famille, écrivait : "J'ai surtout connu son grand père d'une famille très nombreuse avec lequel j'ai pendant de longues années travaillé d'un commun accord dans la politique générale et locale". À cette époque, la famille était installée à Sarreguemines, dans le département de la Moselle et le diocèse de Metz. En octobre 1924, Frédéric commençait le cycle des études secondaires au Lycée de cette ville et les y poursuivra jusqu'en juillet 1934. Le 10 juin 1929, il fut confirmé en l'église St. Nicolas de Sarreguemines.
    C'est depuis cette ville que le 29 août 1934, M. Frédéric SCHOESER adressait au Supérieur Général de la Société des Missions Étrangères, sa demande "d'accueil au Grand Séminaire de Bièvres, afin de pouvoir me consacrer à l'évangélisation des peuples d'Extrême-Orient" . Dans cette même correspondance, il parlait de sa formation intellectuelle : "J'ai fait toutes mes études au Lycée de Sarreguemines, comme boursier, depuis la cinquième. L'an dernier, j'ai passé avec succès la première partie A prime (latin - allemand) du baccalauréat. Cette année, j'ai échoué à l'écrit en philosophie. Je compte me représenter en octobre à Strasbourg. C'est pourquoi, je demanderais de n'entrer au Séminaire qu'après la mi-octobre".
    Au cours de ses études secondaires, le jeune lycéen Frédéric était entré en relation avec le P. Thibaud Jean, prêtre des Missions Étrangères, un ancien missionnaire du Laos. Ce dernier avait été rappelé à Paris en 1931 comme représentant des missions d'Indochine Occidentale, il était aussi "recruteur" dans la région de l'Est, et fut le fondateur de la maison - probatorium de Ménil-Flin. Reparti au Laos en 1938, il fut supérieur de la mission du Laos par interim, en 1943. Arrêté par les japonais, lors du coup de force du 9 mars 1945, il fut fusillé par eux, le 21 mars 1945, à Nakhay, en même temps que Mgr. Ange-Marie Gouin, 3ème vicaire apostolique du Laos, arrêté le 9 mars 1945, et Mgr. Henri Thomine, son successeur, arrêté le 11 mars 1945.
    Suite à la demande présentée par son jeune paroissien, Mr. le curé de la paroisse Saint Nicolas de Sarreguemines donnait les informations suivantes : "Frédéric Schoeser est un très bon élève du lycée. Le Proviseur en est très satisfait. Il est pieux et reçoit très fréquemment la Ste Communion, presque journellement. Je puis lui donner un très bon témoignage par sa conduite, sa piété,son travail, son caractère très sérieux". Dans une lettre du 5 septembre 1934, le vicaire de la paroisse écrit : "Je l'ai connu à Sarreguemines où j'ai été vicaire pendant cinq ans,jusqu'à l'année dernière. Frédéric avait été membre de la Croisade Eucharistique et il est resté fidèle à son esprit. C'est un travailleur comme les certificats de Lycée le prouvent du reste. Depuis longtemps,il avait l'idée de devenir prêtre. Monsieur le Curé de Sarreguemines m'avait dit de le suivre un peu, c'est pourquoi, je puis vous donner ces renseignements". L'un de ses professeurs de Lycée le présente comme " élève doué, d'une conduite irréprochable, et d'un travail consciencieux presque méticuleux".
    Le 9 septembre 1934, une réponse positive était donnée à la demande présentée par M. Frédéric Schoeser qui arrivait à Bièvres le 16 octobre 1934. Il reçut la tonsure le 21 décembre 1935. Appelé au service militaire en 1937, il fut maintenu sous les drapeaux lors de la déclaration la guerre en 1939. Il semble avoir connu quelques mois de captivité du 4 juin 1940 jusqu'au 18 novembre 1940. Devenu libre, il reprit alors le chemin du séminaire. Diacre le 20 décembre 1941, il fut ordonné prêtre le 29 juin 1942, au séminaire des Missions Étrangères. Il reçut alors une première destination pour le service du vicariat apostolique de Taegu (Taikou), Corée. Le 15 septembre 1942, il était agrégé temporairement à la Société des Missions Étrangères. Mais ne pouvant rejoindre sa mission, en raison de la guerre, il prit un poste de professeur au Collège St. Etienne à Chalons, où Il travailla pendant trois années scolaires. En 1946-47, il fit un séjour d'une année en Angleterre et obtint une licence d'enseignement en allemand. Ses supérieurs lui donnèrent une nouvelle destination ; M. Frédéric Schoeser était envoyé en Inde, et mis au service du jeune diocèse de Mysore. Le 24 décembre 1947, il s'embarquait à Marseille pour rejoindre sa mission.
    En janvier 1948, M. Frédéric Schoeser arrivait à Mysore ; il était accueilli par Mgr. René Feuga, premier évêque de ce diocèse érigé en 1941. Celui-ci mit le jeune missionnaire à la disposition du Collège Universitaire Ste Philomène, établi en cette ville. Ce Collège catholique grandissait rapidement en nombre d'élèves car il était fort réputé pour la qualité de son enseignement et la valeur éducative de ses maîtres. En 1949, au dire du chroniqueur de la Mission, M. Frédéric Schoeser "y enseigne le français d'une façon parfaite, dans un anglais méticuleusement correct".
    Après trois ans et un trimestre de professorat, son évêque le nomma en mars 1951, vicaire à la paroisse de la cathédrale alors placée sous la protection de Ste Philomène, la petite sainte du Saint Curé d'Ars, et à présent, sous le patronage de St. Joseph. En plus de son travail paroissial ordinaire, il devint le correcteur d'épreuves "à toute épreuve" du "Messager de Ste Philomène" et autres Bulletins.
    Le 4 juillet 1953, il quitta la cathédrale de Mysore pour aller prêter main-forte au P. Louis d'Hendecourt. Celui-ci, ancien professeur à l'Université de Lille, était venu offrir ses services au Collège Universitaire Ste Philomène dont il avait été vice-recteur. Il venait d'être nommé curé de Kollegal, au sud-est de Mysore. Dans ce vaste district, voilà déjà une trentaine d'années environ, les Intouchables avaient manifesté à Mgr. Maurice Despatures leur désir de se faire chrétiens. Celui-ci avait confié le soin de les instruire aux Frères Franciscains de Mount Poinsur, sous la direction du missionnaire M. Alcime Graton. Le mouvement de conversion s'étendit à de nombreux villages des alentours. Deux centres importants furent crées et développés avec église, résidence pour le prêtre, l'un à Kollegal, avec un petit couvent de Franciscaines Missionnaires de Marie, l'autre à Kamakarai. Pendant un séjour d'une année environ à Kollegal, M. Frédéric Schoeser eût l'occasion de s'initier à la langue canara et de travailler au service des pauvres. Le 4 juin 1954, son évêque le nomma assistant au petit séminaire Sainte Marie, à Mysore City ; il fut chargé d'enseigner le latin et l'anglais aux petits séminaristes ; il resta dans cette fonction jusqu'en juin 1962.
    Mgr. René Feuga, évêque de Mysore depuis 1941, et son auxiliaire depuis 1959, Mgr. Albert D'Souza originaire du diocèse de Mangalore partaient pour l'Europe, le 26 juillet 1962, pour participer au Concile Vatican II. Le 3 septembre 1962, on apprenait que Mgr. D'Souza était promu archevêque de Calcutta. Le 3 décembre suivant, une dépêche de l'Agence Reuter annonçait en Inde que Mgr. René Feuga avait donné sa démission, et que celle-ci avait été acceptée par le Saint Père.
    Près du Collège Universitaire Ste Philomène à Mysore, Mgr. Albert D'Souza venait de terminer la construction d'un nouveau petit séminaire pour le diocèse de Mysore ; c'était un bâtiment prévu pour satisfaire une centaine de demandes. L'effectif présent était alors d'une cinquantaine d'élèves. Après de nombreuses années consacrées à la formation des petits séminaristes, M. Frédéric Schoeser estima qu'il était temps pour lui de résigner cette charge ; il demanda à faire une expérience pastorale en pays tamoul. Il quitta diocèse de Mysore pour celui de Salem, où il arriva vers la fin du mois de juin 1962. C'était le commencement d'une nouvelle étape de sa vie missionnaire.
    Après une quinzaine d'année de mission en Inde, principalement dans l'enseignement, M. Frédéric Schoeser se mit avec ardeur et courage à l'étude du tamoul. Son évêque l'envoya dans le district de Kakkaveri. Vicaire de M. Jean-Louis Hourmant, curé de cette paroisse au sud de Salem , il établit sa résidence à Pudupalayam ; il avait en charge la communauté chrétienne de cette annexe paroissiale, et assurait en même temps les fonctions d'aumônier du couvent des Sœurs du Sacré-Cœur à Rasipuram ; celles-ci étaient responsables d'un orphelinat qui comptait environ une centaine d'enfants.
    Au bout de quelques mois de présence, malgré son âge, il avait assez bien appris le tamoul grâce à son travail persévérant et à sa remarquable ténacité ; il prêchait,confessait, instruisait, donnait chaque mois, en cette langue,une conférence aux religieuses, suivait le travail apostolique de la Légion de Marie, organisait les catéchismes. Son tamoul n'était pas encore aussi coulant que son anglais ; voilà pourquoi, il lui fallait consacrer une partie de son temps à la préparation de son sermon du dimanche.
    Le 26 juin 1967, pour la seconde fois, M. Frédéric Schoeser rentrait en congé en France. Son état de santé l'obligea à y prolonger son séjour pour faire "une saison" à Plombières. Celle-ci lui fut relativement bénéfique ; le 25 octobre 1968, il était de retour dans sa paroisse de Pudupalayam. Mais le jour était venu où Pudupalayam, annexe de Kakkaveri pouvait être élevé au rang de paroisse ; ainsi de vicaire, il devenait le premier curé de ce territoire. C'était en 1968.
    Dès son retour dans sa paroisse, avec la même ténacité, et sans faiblir, il reprit ses longues études de tamoul, et son travail pastoral quotidien. Aimant les choses bien faites, il s'attela à la mise à jour des registres paroissiaux. Ce travail lui fit découvrir que la situation matrimoniale de certains de ses paroissiens n'était pas des plus simples. Vers 1969, pour mettre en application les nouvelles directives liturgiques conciliaires de Vatican II, il entreprit de transformer le chœur de son église, et établit des plans pour une sacristie.
    Le 12 septembre 1975, M. Frédéric Schoeser, fatigué, arrivait à Paris pour prendre son troisième congé et refaire ses forces. Mais, en décembre 1975, suite à un malaise assez sérieux, il fut hospitalisé à Paris ; bien que rétabli, son état de santé ne lui permit pas d'envisager dans l'immédiat, un retour dans sa mission. En 1976, il accepta la charge de curé de la paroisse de Arry, à une vingtaine de kms au sud de Metz, son diocèse d'origine. Le 21 août 1980, il partit faire une voyage de quelques semaines en Inde, où il fut accueilli avec chaleur ; de retour en France, le 19 septembre 1980, il commença à envisager la possibilité d'un nouveau départ pour Salem ; il informa de son projet Mgr. l'évêque de Metz, et ses supérieurs ; après avoir consulté son médecin, il posa une demande de visa de séjour en Inde, le 6 février 1981. Malgré tous les efforts faits pour l'obtenir, la réponse fut négative.
    Il renonça à son projet missionnaire ; Mgr. L'Évêque de Metz lui confia alors la charge pastorale de la paroisse de Charleville-sous-bois, dans le canton de Vigy, et le département de la Moselle ; c'est une bourgade chargée d'histoire, à quelques 21 kms au Nord-Est de Metz. Au dire du chroniqueur de "l'Hirondelle", modeste feuille de liaison des confrères de la diaspora, "le village qu'il dessert fut fondé à la veille de la guerre de Trente ans (1618-1648) par l'Abbaye cistercienne de Villers-Bettnach, elle-même établie à l'aube du XIIè siècle, et donc dès l'époque de Saint Bernard, comme dépendance de Morimond, une des "quatre filles de Citeaux", après Clairvaux, La Ferté et Pontigny".
    Le voilà installé dans "un immense presbytère d'où la vue sur la vallée lui permet de rêver à des horizons lointains" . En 1983, il commença des démarches auprès de la municipalité, en vue de la rénovation de son église paroissiale. "Une église qui domine les environs, dit le chroniqueur, mais dont on ne sait pas trop par quel côté il convient de l'approcher". En coopération avec les autorités locales, il en fera "une demeure digne du Seigneur, agréable à contempler, même la nuit, de l'extérieur bien illuminée qu'elle est".
    Tout en assurant son travail pastoral, M. Frédéric Schoeser consacrait une partie de son temps à sa formation permanente. Il assistait fidèlement à un séminaire d'Écriture Sainte à Metz où il avait comme professeurs M. Daniel Voinson pour la réconciliation et M.G. Claudel pour la Bible. Il suivait aussi régulièrement des cours d'anglais à l'Université de Metz, puis partait mettre en pratique les connaissances acquises ; chaque année, il faisait un séjour de quatre semaines en Angleterre, dans une paroisse du diocèse de Westminster ; il y remplaçait un curé de ce diocèse, permettant ainsi à ce dernier de partir en vacances. En 1996, il obtint un diplôme de phonétique.
    En 1992, il fit une chute malencontreuse dans un escalier ; là où il prenait ses cours d'Écriture Sainte. Cet accident fâcheux le conduisit à la clinique Saint Nabor, à Saint Avold, puis à la maison de repos de Charleville, sur sa paroisse. L'année suivante, en septembre, il fut hospitalisé à Claude Bernard de Metz, pour des problèmes aux voies urinaires. En mars 1997, en se rendant à un cours d'anglais, à l'Université de Metz, pris d'un malaise, il s'affaissa dans la rue. Conduit au Centre Félix Maréchal, il fut transféré à l'hôpital Bon Secours où il fut victime d'un arrêt cardiaque et amené en service de réanimation ; il resta plusieurs jours dans le coma. Remis sur pied, mais un peu diminué, il rentra à la maison de convalescence à Charleville-sous-Bois. À plusieurs reprises , il avait présenté sa démission à son Évêque, mais cet accident de santé mit fin à son ministère de curé.
    À la fin du mois de juillet 1997, M. Frédéric Schoeser quitta la maison de repos de Charleville-sous-Bois pour entrer à la maison de retraite médicalisée Sainte Marie, à Sarreguemines. En1999, il se retira à Montbeton.  C'est là qu'il décéda le 17 mai 2004.
    Marius Boutary

    Frédéric, Guillaume, Christophe Schoeser, fils de Frédéric, Guillaume et de Marie-Madeleine Weissang, naquit le 13 octobre 1916, à Wilhelmsburg Neuhof (Hanovre-Allemagne). C'était au temps de la Première Guerre Mondiale. Il fut baptisé le 15 octobre 1916, en l'église paroissiale St. Boniface de Wilhelmsburg (Allemagne). La famille comptait cinq enfants, cinq garçons. En 1935, un vicaire de la paroisse de Sarreguemines donnait ce témoignage : "Son père travaille aux Chemins de Fer ; chaque matin, avant de se rendre à son travail, il se rend à l'église, il fait la communion fréquente". Le 22 septembre 1934, dans une correspondance adressée au Secrétaire Général de la Société des Missions Étrangères, l'un des professeurs prêtre au lycée de Sarreguemines qui avait eu Frédéric comme élève et qui connaissait bien la famille, écrivait : "J'ai surtout connu son grand père d'une famille très nombreuse avec lequel j'ai pendant de longues années travaillé d'un commun accord dans la politique générale et locale". À cette époque, la famille était installée à Sarreguemines, dans le département de la Moselle et le diocèse de Metz. En octobre 1924, Frédéric commençait le cycle des études secondaires au Lycée de cette ville et les y poursuivra jusqu'en juillet 1934. Le 10 juin 1929, il fut confirmé en l'église St. Nicolas de Sarreguemines.
    C'est depuis cette ville que le 29 août 1934, M. Frédéric SCHOESER adressait au Supérieur Général de la Société des Missions Étrangères, sa demande "d'accueil au Grand Séminaire de Bièvres, afin de pouvoir me consacrer à l'évangélisation des peuples d'Extrême-Orient" . Dans cette même correspondance, il parlait de sa formation intellectuelle : "J'ai fait toutes mes études au Lycée de Sarreguemines, comme boursier, depuis la cinquième. L'an dernier, j'ai passé avec succès la première partie A prime (latin - allemand) du baccalauréat. Cette année, j'ai échoué à l'écrit en philosophie. Je compte me représenter en octobre à Strasbourg. C'est pourquoi, je demanderais de n'entrer au Séminaire qu'après la mi-octobre".
    Au cours de ses études secondaires, le jeune lycéen Frédéric était entré en relation avec le P. Thibaud Jean, prêtre des Missions Étrangères, un ancien missionnaire du Laos. Ce dernier avait été rappelé à Paris en 1931 comme représentant des missions d'Indochine Occidentale, il était aussi "recruteur" dans la région de l'Est, et fut le fondateur de la maison - probatorium de Ménil-Flin. Reparti au Laos en 1938, il fut supérieur de la mission du Laos par interim, en 1943. Arrêté par les japonais, lors du coup de force du 9 mars 1945, il fut fusillé par eux, le 21 mars 1945, à Nakhay, en même temps que Mgr. Ange-Marie Gouin, 3ème vicaire apostolique du Laos, arrêté le 9 mars 1945, et Mgr. Henri Thomine, son successeur, arrêté le 11 mars 1945.
    Suite à la demande présentée par son jeune paroissien, Mr. le curé de la paroisse Saint Nicolas de Sarreguemines donnait les informations suivantes : "Frédéric Schoeser est un très bon élève du lycée. Le Proviseur en est très satisfait. Il est pieux et reçoit très fréquemment la Ste Communion, presque journellement. Je puis lui donner un très bon témoignage par sa conduite, sa piété,son travail, son caractère très sérieux". Dans une lettre du 5 septembre 1934, le vicaire de la paroisse écrit : "Je l'ai connu à Sarreguemines où j'ai été vicaire pendant cinq ans,jusqu'à l'année dernière. Frédéric avait été membre de la Croisade Eucharistique et il est resté fidèle à son esprit. C'est un travailleur comme les certificats de Lycée le prouvent du reste. Depuis longtemps,il avait l'idée de devenir prêtre. Monsieur le Curé de Sarreguemines m'avait dit de le suivre un peu, c'est pourquoi, je puis vous donner ces renseignements". L'un de ses professeurs de Lycée le présente comme " élève doué, d'une conduite irréprochable, et d'un travail consciencieux presque méticuleux".
    Le 9 septembre 1934, une réponse positive était donnée à la demande présentée par M. Frédéric Schoeser qui arrivait à Bièvres le 16 octobre 1934. Il reçut la tonsure le 21 décembre 1935. Appelé au service militaire en 1937, il fut maintenu sous les drapeaux lors de la déclaration la guerre en 1939. Il semble avoir connu quelques mois de captivité du 4 juin 1940 jusqu'au 18 novembre 1940. Devenu libre, il reprit alors le chemin du séminaire. Diacre le 20 décembre 1941, il fut ordonné prêtre le 29 juin 1942, au séminaire des Missions Étrangères. Il reçut alors une première destination pour le service du vicariat apostolique de Taegu (Taikou), Corée. Le 15 septembre 1942, il était agrégé temporairement à la Société des Missions Étrangères. Mais ne pouvant rejoindre sa mission, en raison de la guerre, il prit un poste de professeur au Collège St. Etienne à Chalons, où Il travailla pendant trois années scolaires. En 1946-47, il fit un séjour d'une année en Angleterre et obtint une licence d'enseignement en allemand. Ses supérieurs lui donnèrent une nouvelle destination ; M. Frédéric Schoeser était envoyé en Inde, et mis au service du jeune diocèse de Mysore. Le 24 décembre 1947, il s'embarquait à Marseille pour rejoindre sa mission.
    En janvier 1948, M. Frédéric Schoeser arrivait à Mysore ; il était accueilli par Mgr. René Feuga, premier évêque de ce diocèse érigé en 1941. Celui-ci mit le jeune missionnaire à la disposition du Collège Universitaire Ste Philomène, établi en cette ville. Ce Collège catholique grandissait rapidement en nombre d'élèves car il était fort réputé pour la qualité de son enseignement et la valeur éducative de ses maîtres. En 1949, au dire du chroniqueur de la Mission, M. Frédéric Schoeser "y enseigne le français d'une façon parfaite, dans un anglais méticuleusement correct".
    Après trois ans et un trimestre de professorat, son évêque le nomma en mars 1951, vicaire à la paroisse de la cathédrale alors placée sous la protection de Ste Philomène, la petite sainte du Saint Curé d'Ars, et à présent, sous le patronage de St. Joseph. En plus de son travail paroissial ordinaire, il devint le correcteur d'épreuves "à toute épreuve" du "Messager de Ste Philomène" et autres Bulletins.
    Le 4 juillet 1953, il quitta la cathédrale de Mysore pour aller prêter main-forte au P. Louis d'Hendecourt. Celui-ci, ancien professeur à l'Université de Lille, était venu offrir ses services au Collège Universitaire Ste Philomène dont il avait été vice-recteur. Il venait d'être nommé curé de Kollegal, au sud-est de Mysore. Dans ce vaste district, voilà déjà une trentaine d'années environ, les Intouchables avaient manifesté à Mgr. Maurice Despatures leur désir de se faire chrétiens. Celui-ci avait confié le soin de les instruire aux Frères Franciscains de Mount Poinsur, sous la direction du missionnaire M. Alcime Graton. Le mouvement de conversion s'étendit à de nombreux villages des alentours. Deux centres importants furent crées et développés avec église, résidence pour le prêtre, l'un à Kollegal, avec un petit couvent de Franciscaines Missionnaires de Marie, l'autre à Kamakarai. Pendant un séjour d'une année environ à Kollegal, M. Frédéric Schoeser eût l'occasion de s'initier à la langue canara et de travailler au service des pauvres. Le 4 juin 1954, son évêque le nomma assistant au petit séminaire Sainte Marie, à Mysore City ; il fut chargé d'enseigner le latin et l'anglais aux petits séminaristes ; il resta dans cette fonction jusqu'en juin 1962.
    Mgr. René Feuga, évêque de Mysore depuis 1941, et son auxiliaire depuis 1959, Mgr. Albert D'Souza originaire du diocèse de Mangalore partaient pour l'Europe, le 26 juillet 1962, pour participer au Concile Vatican II. Le 3 septembre 1962, on apprenait que Mgr. D'Souza était promu archevêque de Calcutta. Le 3 décembre suivant, une dépêche de l'Agence Reuter annonçait en Inde que Mgr. René Feuga avait donné sa démission, et que celle-ci avait été acceptée par le Saint Père.
    Près du Collège Universitaire Ste Philomène à Mysore, Mgr. Albert D'Souza venait de terminer la construction d'un nouveau petit séminaire pour le diocèse de Mysore ; c'était un bâtiment prévu pour satisfaire une centaine de demandes. L'effectif présent était alors d'une cinquantaine d'élèves. Après de nombreuses années consacrées à la formation des petits séminaristes, M. Frédéric Schoeser estima qu'il était temps pour lui de résigner cette charge ; il demanda à faire une expérience pastorale en pays tamoul. Il quitta diocèse de Mysore pour celui de Salem, où il arriva vers la fin du mois de juin 1962. C'était le commencement d'une nouvelle étape de sa vie missionnaire.
    Après une quinzaine d'année de mission en Inde, principalement dans l'enseignement, M. Frédéric Schoeser se mit avec ardeur et courage à l'étude du tamoul. Son évêque l'envoya dans le district de Kakkaveri. Vicaire de M. Jean-Louis Hourmant, curé de cette paroisse au sud de Salem , il établit sa résidence à Pudupalayam ; il avait en charge la communauté chrétienne de cette annexe paroissiale, et assurait en même temps les fonctions d'aumônier du couvent des Sœurs du Sacré-Cœur à Rasipuram ; celles-ci étaient responsables d'un orphelinat qui comptait environ une centaine d'enfants. 
    Au bout de quelques mois de présence, malgré son âge, il avait assez bien appris le tamoul grâce à son travail persévérant et à sa remarquable ténacité ; il prêchait,confessait, instruisait, donnait chaque mois, en cette langue,une conférence aux religieuses, suivait le travail apostolique de la Légion de Marie, organisait les catéchismes. Son tamoul n'était pas encore aussi coulant que son anglais ; voilà pourquoi, il lui fallait consacrer une partie de son temps à la préparation de son sermon du dimanche.
    Le 26 juin 1967, pour la seconde fois, M. Frédéric Schoeser rentrait en congé en France. Son état de santé l'obligea à y prolonger son séjour pour faire "une saison" à Plombières. Celle-ci lui fut relativement bénéfique ; le 25 octobre 1968, il était de retour dans sa paroisse de Pudupalayam. Mais le jour était venu où Pudupalayam, annexe de Kakkaveri pouvait être élevé au rang de paroisse ; ainsi de vicaire, il devenait le premier curé de ce territoire. C'était en 1968.
    Dès son retour dans sa paroisse, avec la même ténacité, et sans faiblir, il reprit ses longues études de tamoul, et son travail pastoral quotidien. Aimant les choses bien faites, il s'attela à la mise à jour des registres paroissiaux. Ce travail lui fit découvrir que la situation matrimoniale de certains de ses paroissiens n'était pas des plus simples. Vers 1969, pour mettre en application les nouvelles directives liturgiques conciliaires de Vatican II, il entreprit de transformer le chœur de son église, et établit des plans pour une sacristie.
    Le 12 septembre 1975, M. Frédéric Schoeser, fatigué, arrivait à Paris pour prendre son troisième congé et refaire ses forces. Mais, en décembre 1975, suite à un malaise assez sérieux, il fut hospitalisé à Paris ; bien que rétabli, son état de santé ne lui permit pas d'envisager dans l'immédiat, un retour dans sa mission. En 1976, il accepta la charge de curé de la paroisse de Arry, à une vingtaine de kms au sud de Metz, son diocèse d'origine. Le 21 août 1980, il partit faire une voyage de quelques semaines en Inde, où il fut accueilli avec chaleur ; de retour en France, le 19 septembre 1980, il commença à envisager la possibilité d'un nouveau départ pour Salem ; il informa de son projet Mgr. l'évêque de Metz, et ses supérieurs ; après avoir consulté son médecin, il posa une demande de visa de séjour en Inde, le 6 février 1981. Malgré tous les efforts faits pour l'obtenir, la réponse fut négative.
    Il renonça à son projet missionnaire ; Mgr. L'Évêque de Metz lui confia alors la charge pastorale de la paroisse de Charleville-sous-bois, dans le canton de Vigy, et le département de la Moselle ; c'est une bourgade chargée d'histoire, à quelques 21 kms au Nord-Est de Metz. Au dire du chroniqueur de "l'Hirondelle", modeste feuille de liaison des confrères de la diaspora, "le village qu'il dessert fut fondé à la veille de la guerre de Trente ans (1618-1648) par l'Abbaye cistercienne de Villers-Bettnach, elle-même établie à l'aube du XIIè siècle, et donc dès l'époque de Saint Bernard, comme dépendance de Morimond, une des "quatre filles de Citeaux", après Clairvaux, La Ferté et Pontigny".
    Le voilà installé dans "un immense presbytère d'où la vue sur la vallée lui permet de rêver à des horizons lointains" . En 1983, il commença des démarches auprès de la municipalité, en vue de la rénovation de son église paroissiale. "Une église qui domine les environs, dit le chroniqueur, mais dont on ne sait pas trop par quel côté il convient de l'approcher". En coopération avec les autorités locales, il en fera "une demeure digne du Seigneur, agréable à contempler, même la nuit, de l'extérieur bien illuminée qu'elle est".
    Tout en assurant son travail pastoral, M. Frédéric Schoeser consacrait une partie de son temps à sa formation permanente. Il assistait fidèlement à un séminaire d'Écriture Sainte à Metz où il avait comme professeurs M. Daniel Voinson pour la réconciliation et M.G. Claudel pour la Bible. Il suivait aussi régulièrement des cours d'anglais à l'Université de Metz, puis partait mettre en pratique les connaissances acquises ; chaque année, il faisait un séjour de quatre semaines en Angleterre, dans une paroisse du diocèse de Westminster ; il y remplaçait un curé de ce diocèse, permettant ainsi à ce dernier de partir en vacances. En 1996, il obtint un diplôme de phonétique.
    En 1992, il fit une chute malencontreuse dans un escalier ; là où il prenait ses cours d'Écriture Sainte. Cet accident fâcheux le conduisit à la clinique Saint Nabor, à Saint Avold, puis à la maison de repos de Charleville, sur sa paroisse. L'année suivante, en septembre, il fut hospitalisé à Claude Bernard de Metz, pour des problèmes aux voies urinaires. En mars 1997, en se rendant à un cours d'anglais, à l'Université de Metz, pris d'un malaise, il s'affaissa dans la rue. Conduit au Centre Félix Maréchal, il fut transféré à l'hôpital Bon Secours où il fut victime d'un arrêt cardiaque et amené en service de réanimation ; il resta plusieurs jours dans le coma. Remis sur pied, mais un peu diminué, il rentra à la maison de convalescence à Charleville-sous-Bois. À plusieurs reprises , il avait présenté sa démission à son Évêque, mais cet accident de santé mit fin à son ministère de curé.
    À la fin du mois de juillet 1997, M. Frédéric Schoeser quitta la maison de repos de Charleville-sous-Bois pour entrer à la maison de retraite médicalisée Sainte Marie, à Sarreguemines. En1999, il se retira à Montbeton.  C'est là qu'il décéda le 17 mai 2004.

     

    • Numéro : 3658
    • Pays : Inde
    • Année : 1947