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Claude SAVIN (1881-1942)

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    Claude-Jean-Marie Savin naquit à Saint-Vallier au diocèse d’Autun, le 3 décembre 1881. Il fit ses études au petit séminaire et entra au grand séminaire d’Autun. Après avoir reçu les ordres mineurs, il demanda son admission au Séminaire des Missions-Étrangères, où il arriva le 1er mars 1905. A la rentrée de septembre 1906, il fut ordonné diacre pour éviter d’être rappelé à la caserne par suite de la loi de séparation, ses supérieurs l’envoyèrent à Penang pour terminer ses études. Prêtre le 10 mars  1907, il quitta le Collège général un mois plus tard pour se rendre à la Mission du Yunnan qui lui était destinée.

     

    M. Maire, devenu supérieur du Vicariat après la mort de Monseigneur Fenouil, l’envoya à Ko Koui apprendre la langue auprès de M. Barnabé. Quelques mois seulement après son arrivée, M. Barnabé mourait. Tout en continuant l’étude du chinois, le nouveau missionnaire prêta son concours à M. Mey pour la visite des chrétiens. En 1909, Mgr de Gorostarzu qui venait de prendre la direction du Vicariat, confia à M. Savin le poste de Long Ki, situé dans les montagnes qui surplombent la plaine du Szechwan, et assez proche de la ville de Suifu. Les bâtiments de cette résidence qui autrefois servaient d’évêché, tombaient en ruine ; il fallait reconstruire. M. Savin se mit immédiatement à l’œuvre, bâtit une maison pour le missionnaire, une chapelle et une école de filles. A peine avait-il terminé ses travaux, que Mgr de Gorastarzu le nomma Supérieur du petit séminaire, où grands et petits séminaristes étaient réunis. Au début de 1915, la mobilisation privant la Mission de plusieurs missionnaires, on envoya les grands séminaristes au Collège général de Penang ; et, en 1916, M. Savin fut nommé au poste de Taly, où il devait rester jusqu’en 1924, année où les Pères de Bétharram faisaient de cette localité le centre de la Mission que la S.C. de la Propagande venait de leur confier. Notre confrère avait ouvert en cette ville une école primaire qui fut une des premières de la cité et dont la bonne tenue lui attira beaucoup d’élèves ; lui-même y donnait des leçons de français. Les Pères de Bétharram, ont depuis lors, continué cette œuvre qui a contribué beaucoup au bon renom de la Nouvelle Mission.

     

    La présence de M. Savin à Taly n’étant donc, plus nécessaire, il revint à Kunming où il rendit de grands services à l’évêché jusqu’en 1928. Mgr de Gorostarzu le chargea alors d’organiser l’école de catéchistes et le nomma supérieur de cet établissement. Les élèves suivaient des cours de chinois, de religion et même de médecine. Quelques-uns d’entre eux sont devenus catéchistes ou maîtres d’école ; mais dans la suite, les enfants se présentèrent trop peu nombreux et parmi eux beaucoup ne persévérèrent pas, ce qui obligea le supérieur de la Mission à supprimer l’école. M. Savin était donc libre. Mgr de Gorostarzu connaissant bien son missionnaire en fit son procureur en remplacement de M. Guyomard dont, l’état de santé nécessitait un retour en France. Il exerça cette charge jusqu’à sa mort en 1942.

     

    L’offensive japonaise sur la Birmanie amena de nombreux réfugiés à Kunming apportant avec eux le microbe du choléra. M. Savin avait bien été vacciné, mais trop tard ; il contracta cette terrible maladie le soir du 25 mai, et malgré les soins empressés du médecin et des Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie, il succomba le lendemain matin. M. Savin, dans sa charge de procureur de la Mission avait su s’attirer l’estime de tous les missionnaires par sa discrétion et son empressement à leur rendre service. Les obsèques de notre regretté confrère eurent lieu le jour même de sa mort et le lendemain un service fut célébré à la cathédrale, auquel assistèrent les représentants de toutes les communautés de Kunming, les membres de la colonie française et un grand nombre de chrétiens. Un de ses anciens élèves à Taly, qu’il avait envoyé continuer ses études à Hanoi où il avait eu le bonheur d’être baptisé, demanda la faveur de construire le tombeau de son ancien maître, en reconnaissance des bienfaits qu’il en avait reçu.

     

    • Numéro : 2933
    • Pays : Chine
    • Année : 1907