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Jean SAVEL (1923-2009)

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    Jean, Marc, Benoît SAVEL, selon son certificat de baptême, fils de André, cultivateur, et de Gagnaire Maria, Julia, ménagère, son épouse, vint au monde le 25 juillet 1923, à Cheyssac, domicile de la famille. Ce "lieu dit" est situé en pays Velay, sur le territoire de la commune et de la paroisse de Saint-Pierre-du-Champ, à quelque 950 mètres d'altitude ; toutes deux font partie du canton de Vorey, un chef-lieu implanté sur les bords des Gorges de la Loire, à une dizaine de kilomètres au sud de Saint-Pierre-du-Champ, dans le département de la Haute- Loire, et relèvent du diocèse du Puy-en-Velay, ville célèbre en raison de la magnificence de sa cathédrale, de ses trésors d'art religieux, de son rocher surmonté de la statue de Notre Dame de France, de son culte marial très ancien, de son étape reposante pour les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle, sans oublier ses ateliers de dentelle, et ses nombreux sites touristiques.

     

    Trois enfants, un garçon et deux filles, virent le jour dans ce foyer bien chrétien et très honorable d'agriculteurs solidement enracinés en ce pays ponot. Le 5 août 1923, Jean, le nouveau-né, reçut le baptême, en l'église paroissiale de Saint-Pierre-du-Champ, des mains de son oncle paternel, Jean-Marie Savel, prêtre et chanoine du diocèse du Puy-en-Velay, qui fut curé doyen de Loudes, un chef-lieu de canton, à une quinzaine de kilomètres vers l'ouest de la ville du Puy-en-Velay. Cet oncle paternel, sans en être membre, était resté un grand ami de la Société des Missions Étrangères de Paris à laquelle il se sentait fortement lié. En effet, il avait été aspirant MEP, condisciple de cours, au séminaire de la rue du Bac, de M. Henri Prouvost qui fut assistant du supérieur général de la Société de 1950 à 1960.

     

    Jean Savel fit ses études primaires à Saint-Pierre-du-Champ. Puis, en octobre 1935, il entra au petit séminaire de la Chartreuse où il parcourut successivement les classes du cycle complet de l'enseignement secondaire d'alors. Ayant obtenu son diplôme de bachelier en juin 1942,  en octobre de la même année  il se dirigea vers le grand séminaire diocésain du Puy-en-Velay pour y commencer ses études ecclésiastiques et sa formation sacerdotale. Pour les jeunes particulièrement, c'était une époque marquée par l'imprévisible, l'incertitude des lendemains, les orientations et décisions difficiles à prendre, les inquiétudes et les difficultés de tous ordres, liées à la situation politique et économique de la France d'alors ainsi qu'aux évènements violents survenant en ce temps de la seconde guerre mondiale.

     

    Plus tard, les hostilités terminées, M. Jean Savel s'en ouvrira à Mgr le supérieur de la Société des Missions Étrangères.  Dans une lettre du 26 avril 1947 rédigée au grand séminaire du Puy, il présente sa demande d'admission au séminaire de la rue du Bac, et il écrit : .." J'ai l'honneur de vous demander de vouloir bien me recevoir au séminaire des Missions Étrangères, en octobre prochain, en vue d'y terminer mes études et, si j'en suis jugé digne, de porter la parole du Maître en pays lointain…Rentré au grand séminaire en octobre 1942, j'ai dû interrompre deux fois mes études pour partir aux Chantiers d'abord, puis à l'armée. Aussi je ne me trouve encore qu'en première année de théologie…"

    En effet, la débâcle de l'armée française en juin 1940 avait jeté sur les routes, et livré à eux-mêmes, souvent sans chefs, un très grand nombre de jeunes gens de la classe 40, récemment mobilisés et nouvellement incorporés. Du fait de la situation militaire lamentable, et dans ce désordre général, beaucoup se trouvaient coupés de leurs familles, elles mêmes souvent en situation d'exode. Au lendemain de l'armistice du 22 juin 1940, pour les regrouper en zone non occupée, mais dans une improvisation totale, le gouvernement installé à Vichy depuis le 10 juillet 1940, créa les "Chantiers de la Jeunesse", le 30 juillet 1940. Il en confia la direction et l'organisation au général de La Porte du Theil. La loi du 18 janvier 1941 rendit obligatoire pour tout citoyen français du sexe masculin, résidant en zone libre, un stage dans un Chantier de la Jeunesse, au cours de sa vingtième année. La durée du stage était de huit mois. C'était un Service Civil National différent de la vie de caserne. Il en fut ainsi jusqu'en janvier 1944. À cette date, leur général fondateur fut déporté en Allemagne, et les autorités d'occupation exigèrent la dissolution des Chantiers.

     

    Comme tous les jeunes gens de son âge, M. Jean Savel fut appelé en 1943 à servir dans les Chantiers de la Jeunesse pour une durée de huit mois. Dans quelles conditions se termina son temps de service ? On l'ignore. Peut être dans un certain désordre. C'était assez fréquent. Mais le 6 juin 1944, les forces alliées débarquaient en Normandie, libérant rapidement la plus grande partie du territoire national. Dans le même temps, des jeunes Français en âge de combattre étaient aussi appelés ou rappelés sous les drapeaux. Les Chantiers les avaient préparés à une certaine discipline militaire, en vue d'une incorporation future dans l'armée. Ce fut probablement le cas pour M. Jean Savel. Celui-ci fait allusion à la situation personnelle qu'il connut à cette époque. Dans sa lettre adressée à Mgr. le supérieur général des Missions Étrangères, datée du 1 mai 1948, en vue d'être admis à recevoir les ordres mineurs, il écrit :… « Je n'avais pu présenter de demande d'admission [comme aspirant au séminaire des Missions Étrangères] avant cette date (du 26 avril 1947,  qui est la date de sa lettre de demande d'entrée au séminaire de Paris), à cause des stages aux Chantiers de la Jeunesse Française et à la caserne, séparés par un semestre seulement… »

     

    Rendu à la vie civile, M. Jean Savel, ayant reçu une réponse positive à sa demande d'entrée du 26 avril 1947, se présenta au séminaire des Missions Étrangères, le 29 septembre 1947. Le voilà "en première année de théologie". Monsieur le supérieur du grand séminaire du Puy-en-Velay, dans une lettre du 11 mai 1947, adressée à Mgr. le supérieur général des Missions Étrangères, présentait ainsi le nouvel aspirant :…" Mr. L'Abbé Jean Savel qui a effectivement reçu de Monseigneur l'évêque du Puy l'autorisation d'entrer aux Missions Étrangères appartient à une famille bien chrétienne et très honorable de Saint-Pierre-du-Champ, en ce diocèse. Un de ses oncles est actuellement curé doyen de Loudes, dans les environs du Puy. Il a fait ses études au petit séminaire de la Chartreuse. Il est bachelier ès Lettres, philosophie. Il est entré au grand séminaire en octobre 1942. Il y aura passé, en juin prochain deux ans et deux trimestres, interrompus par un séjour aux Chantiers et le service militaire. C'est un bon sujet, pieux et assez travailleur…Son attrait pour les missions parait mûr et réfléchi. Nous regretterions vivement son départ si la tradition missionnaire n'était si vivante dans le diocèse du Puy…"

    M. Jean Savel avait été tonsuré le 22 mars 1947, au Puy-en-Velay. Il reçut les quatre ordres mineurs au cours de l'ordination du 29 juin 1948, au séminaire de Paris. Sous-diacre le 3 octobre 1948, il devint diacre le 18 décembre 1948. Le dimanche 29 mai 1949 était jour d'ordination au séminaire des Missions Étrangères. Y prirent part 16 prêtres, 2 diacres, 16 sous-diacres, 17 minorés et 8 tonsurés. M. Jean Savel était l'un des 16 nouveaux prêtres. Puis, le 29 juin 1949, il reçut de Mgr. le supérieur général sa destination : "mis au service des procures de la Société". Au jour de ses funérailles, le célébrant évoquera ce moment attendu où ce jeune missionnaire reçut son affectation : "Quelle a été sa réaction quand il apprit cette affectation ? Je ne sais pas. Etait-ce ce qu'il avait envisagé quand il demanda à entrer aux MEP ? Sans doute pas. Ne pensait-il pas alors plutôt à un ministère plus directement missionnaire, au contact des populations du pays où il serait envoyé en Asie ? Peut être a-t-il été déçu en apprenant cette affectation, mais il a accepté, y voyant certainement la volonté du Seigneur sur lui…"

    En compagnie de M. Raphaël Ibarrart, son confrère qui avait reçu la même destination, tous deux quittèrent Paris, par avion, le 5 septembre 1949. Ils firent une brève escale à Bangkok. Mgr Louis Chorin, accompagné de deux autres confrères, les accueillit à l'aéroport. Après avoir visité la ville et rencontré presque tous les confrères de la Mission, un dîner les réunit autour de Monseigneur, dans son nouvel évêché où ils furent hébergés pour la nuit du 7 au 8 septembre 1949. Puis ils gagnèrent la procure de Singapore, lieu de leur affectation.

     

    La première étape de la vie missionnaire de M. Jean Savel s'est déroulée à la procure de Singapore. Cet Établissement Commun de la Société avait été créé en cette ville en 1856 ; la direction en avait été confiée à M. Pierre-Marie Osouf. En ce temps là, les voyages s'effectuaient par bateau, en attendant le jour encore lointain où l'avion prendrait la relève. Aussi, les compagnies maritimes assurant les liaisons entre l’Europe et l’Extrême-Orient faisaient escale à Singapore, un port très dynamique Les traversées étaient longues et quelquefois fatigantes. L'une des tâches importantes du procureur, parmi d'autres à caractère plus spécifique, était d'accueillir et d'héberger en cette maison pour un temps plus ou moins long, évêques et missionnaires venant d'Europe et des Missions. Se rendre au port pour accueillir ou reconduire les missionnaires, faciliter leurs démarches administratives, s'occuper de leurs bagages, leur assurer un séjour agréable à la procure, leur faire découvrir la ville ou visiter les missions voisines, telle était la tâche délicate et ordinaire le plus souvent confiée au procureur assistant.

     

    En 1953, M. Jean Savel prit quelques jours de vacances. Dans l'après midi du 10 octobre, il arrivait à Bangkok, heureux de rencontrer ses confrères de séminaire qui travaillaient en Thaïlande. MM. René Lamoureux et Roger Ragazzi de la mission de Tharé étaient venus l'attendre pour le conduire chez eux. Mais avant de partir, ils restèrent une dizaine de jours à Bangkok pour permettre à M. Jean Savel de visiter la capitale. De retour à Singapore, M. Jean Savel reprit ses activités ordinaires jusqu'à sa mutation, le 20 janvier 1958, à la procure de Saïgon. Depuis 1955, celle-ci fondée en 1901, avait quitté la rue Colombert, derrière la cathédrale, et s'était réinstallée en cette ville au 205 Duong-Hieng-Vuong (ex rue Mayer) Saïgon.  Le Bulletin de la Société des Missions Étrangères de juillet 1955, prie ses lecteurs de noter désormais sa nouvelle adresse.

     

    Pour l'Indochine, en situation de conflit, depuis 1945, les années 1954-1955 furent singulièrement difficiles, mais elles furent surtout douloureuses pour le Viêtnam : guerre violente et guérilla, opérations militaires, instabilité politique, Dien-Biên-Phu, Conférence et accords de Genève, partition du pays, départs brusqués,  exode vers le sud d'un flot de réfugiés nord viêtnamiens, catholiques en majorité,  qu'il fallait transporter, nourrir, accueillir et réimplanter dans le sud du pays, mise en place d'un nouveau régime politique au Sud Viêtnam, présence américaine etc... En effet, tous ces bouleversements avaient amené les responsables du Service des procures de la Société à se pencher sur l'avenir de celle de Saïgon.

     

    1959, voici la dixième année de l'ordination sacerdotale et du premier départ en mission de M. Jean Savel. Il lui était permis de prendre son premier congé en France. M. Étienne Mamet, qui avait été mis à la disposition de l'Économe général en 1958 pour le service des procures vint de Singapore pour assurer l'intérim. Et, après avoir remis direction et consignes entre les mains de ce dernier, M. Jean Savel arrivait en France, le 13 avril 1959. Son temps de repos achevé, il quittait Paris, le 1er octobre 1959, et, par avion, rejoignait la procure de Saïgon pour y continuer son travail ordinaire discret au service de la Société et des confrères. Ce fut aussi probablement vers cette époque que la procure quitta définitivement la rue Mayer, pour venir se fixer à la Maison Régionale 11, rue Nguyên-Du (ex Rue Mossard) à Saïgon.

     

    Parmi un certain nombre d'autres, trois évènements plus importants marquèrent l'année 1960. Au plan de la Société des Missions Étrangères d'abord : Cette année là, à partir du 2 août, une Assemblée Générale de la Société se réunit à Bièvres, sous la présidence de Mgr. Charles Lemaire. M. Maurice Quéguiner fut élu supérieur général, et un nouveau conseil central entra en fonction.

     

    Au Sud Viêtnam, au plan national, un premier coup d'état manqué contre le Président de la République Ngô-Dinh-Diem, eût lieu dans la nuit du 11-12 novembre 1960. Plusieurs bataillons de parachutistes et une division d'infanterie de l'armée avaient déclenché à l'aube, un coup de force antigouvernemental et occupé la plupart des bâtiments officiels, l'aérodrome et la radio. Mais, à l'appel du Président, des troupes loyalistes rapidement amenées de province mataient, dès le lendemain, les insurgés et délivraient la famille du président Ngô-dinh-Diêm assiégée depuis la veille dans le palais présidentiel de Saïgon. Le chroniqueur habituel de cette Mission installé à la Maison Régionale, située dans le quartier, fait le récit des évènements dans le Bulletin de la Société de février 1961. :…" C'est vers trois heures du matin que toute la maisonnée ou presque fut réveillée par des coups de fusil et des rafales de mitrailleuses qui allèrent en s'amplifiant au point de devenir un feu nourri. Nous nous trouvions vraiment aux premières loges, étant donné l'emplacement de la maison à proximité de la Présidence, de la caserne de la garde de la Présidence et de l'immeuble de la Shell qui était devenu le Q.G. du Comité Révolutionnaire pendant la nuit. Fusillade, mitraillage et même quelques coups de mortier durèrent exactement deux heures…Fort heureusement la procure se trouvait en fait abritée par un grand immeuble qui servait d'écran en l'occurrence et l'on n'enregistra sur les murs que quelques points d'impact du côté de la chambre du P. Savel"

     

    Enfin, au plan religieux : le 8 décembre 1960, officiellement, on apprenait l'établissement de la hiérarchie ecclésiastique dans l'Église du Viêtnam. Trois archevêchés et trois provinces ecclésiastiques étaient créés : celles de Hanoï, de Hué, de Saigon. Les titulaires respectifs en étaient : S.E. Mgr.Trinh-nhu-Khuê pour le Nord Viêtnam, S.E. Mgr.Ngô-dinh-Thuc pour le Centre Viêtnam, S.E. Mgr. Nguyên-van-Binh pour le Sud Viêtnam. Les missions de Hung-Hoa et de Thanh-Hoa étaient confiées au clergé viêtnamien. Quatre nouveaux évêques viêtnamiens étaient nommés et consacrés, le 22 janvier 1961, en la cathédrale de Saïgon, par Mgr.Ngô-dinh-Thuc, doyen de l'épiscopat. Dans la province du Sud Viêtnam, trois nouveaux diocèses étaient érigés : Dalat, Mytho et Long-Xuyên, ce qui portait à vingt le nombre de circonscriptions ecclésiastiques pour tout le Viêtnam.

     

    De plus, l'établissement de la hiérarchie, la création des trois sièges métropolitains et des nouveaux diocèses, la consécration des quatre nouveaux évêques coïncidaient avec les fêtes du jubilé d'argent sacerdotal de S.E. Mgr.Simon Hoa Hien, premier vicaire apostolique viêtnamien de Saïgon, ayant en charge, depuis 1955, un vaste territoire gonflé de nombreux réfugiés venus du Nord Viêtnam, à la suite de l'exode de ces populations en 1954. Celui-ci quittait son siège épiscopal de Saïgon, et devenait le premier évêque du nouveau diocèse de Dalat.

     

    Tous ces évènements amenèrent des changements. En août 1964, la procure de Saïgon fut supprimée ; M. Jean Savel fut alors rappelé à Paris, et il fut affecté au service d'accueil, à la maison de la rue du Bac. Celle-ci présentait aussi un nouveau visage. En septembre 1960, sous la direction de M. Roger Favier du Noyer, les deux sections du séminaire avaient été réunies à Bièvres. Ce transfert des aspirants et des professeurs du séminaire permettait de recevoir à la rue du Bac des prêtres étudiants venant d'Asie, de divers Instituts missionnaires, et de plusieurs diocèses de France. En 1965, cette maison abritait ordinairement une centaine de personnes : une quarantaine de confrères attachés à la maison, responsables des divers services généraux, et autant de prêtres étudiants, des confrères de passage et des hôtes étrangers à la Société. M. Jean Savel fut l'assistant de M. Pierre Grasland, responsable du service d'accueil. Mais il fut aussi appelé à travailler pendant un certain temps à l'Économat, tout en veillant à l'entretien et à la propreté de la maison.

     

    M. Pierre Grasland dirigea ce service d'accueil d'octobre 1960 à septembre 1967, date à laquelle il tomba malade. M.Jean Savel assura alors la relève dans ce Service important et difficile. Le compte-rendu présenté en 1968 à l'Assemblée Générale de la Société nous détaille les nombreuses activités du titulaire :.." Pendant les cinq premiers mois de 1968, M. Jean Savel a arrangé 19 départs en Mission, et 44 retours de Mission. Il a assuré l'hospitalisation et les visites régulières d'une douzaine de confrères soignés en divers hôpitaux ou cliniques de Paris ou de banlieue. Il s'est occupé aussi des formalités, de la constitution des dossiers et de l'obtention des prestations ; au cours de ces cinq mois, il à présenté 35 dossiers à l'E.M.I.

    Depuis janvier 1968, les billets de voyage avion à tarif réduit sont demandés à Paris pour les retours comme pour les départs. Au 15 mai [1968] il avait déposé 45 demandes.

    L'obtention des visas est une affaire très compliquée : les exigences, la procédure, les délais varient avec les pays et d'une année à l'autre. Nos confrères se rendent en treize pays différents et, en route certains en traversent parfois plusieurs autres. Or, la plupart de ces pays sont dans une situation plutôt instable.

    Avant d'avoir les visas nécessaires, notre confrère doit multiplier les démarches, s'imposer beaucoup d'allers et retours d'un consulat à l'autre, à travers Paris, éventuellement supporter les accès de passivité des employés et secrétaires, se plier à de longues heures d'attente etc.. et écrire beaucoup de lettres à des confrères négligents ou distraits.

    Tout cela impose au Père du Service d'Accueil un continuel exercice de patience."

    Après l'Assemblée Générale de la Société qui se tint au Séminaire de l'Immaculée Conception à Bièvres, du 15 juillet au 17 août 1974, M. Léon Roncin nouveau supérieur général de la Société nommait, le 1er octobre 1974, M. Jean Savel responsable du service des assurances (maladie, vieillesse, voitures). Ce service était rattaché à l'Économat Général. C'est à lui que les confrères  s'adressaient pour tout ce qui avait rapport avec les rendez-vous pour les soins médicaux, les hospitalisations, les remboursements d'honoraires de médecins, de dentistes, et autres spécialistes, relations avec les mutuelles, questions concernant  les allocations vieillesse etc  En somme, tout un domaine de connaissances bien particulier qui nécessitait une sérieuse compétence. Il dirigea ce service jusqu'en 2002 ; il se retira alors à la maison de retraite de Lauris (Vaucluse).  C'est là qu'il est décédé subitement au matin du 28 novembre 2009, alors que l'aide soignante finissait de l'habiller.

     

    Ses obsèques furent célébrées à Lauris, le mardi 1er décembre 2009, et furent présidées par M. Georges Mansuy, secrétaire général de la Société des Missions Étrangères.: .." Jean Savel,- soulignait-il dans son homélie, a donc accompli sa vocation missionnaire en étant dans l'administration de la Société des MEP. Mais être dans une procure ou un autre service de cette administration ne veut pas dire que le confrère qui y est affecté est moins missionnaire que ses confrères qui sont "sur le terrain" en Asie ou dans l'Océan Indien. Le confrère affecté à un service de la Société MEP accomplit bien une œuvre missionnaire, en étant en particulier au service de ses confrères qui sont "sur le terrain", et ces derniers ne peuvent pas se passer des services de ceux qui sont à l'arrière, chargés de l'intendance…Oui, tous les confrères MEP sont missionnaires où qu'ils soient."

    • Numéro : 3873
    • Pays : Singapore Vietnam
    • Année : 1949