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Pierre SAUVION (1925-2008)

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    Notre confrère Pierre Sauvion, d’une famille d’agriculteurs-vignerons de la campagne nantaise, en venant prendre place dans l’équipe missionnaire du Japon d’après guerre, avait gardé toutes les qualités de ces paysans, qui ont la Foi chevillée au corps, de nos campagnes françaises.

    La Providence a voulu qu’il passe presque toute sa vie missionnaire dans des postes entourés de rizières ou de champs de thé, aussi a-t-il été vite surnommé “l’Apôtre des campagnes”.

    Pierre Joseph Marie Sauvion né à la Haie Fouassière, au diocèse de Nantes, le 9 août 1925, entra au petit séminaire de Guérande en 1937, et il termina ce temps par la réception des deux parties du baccalauréat.

    En 1943 il fut reçu au grand séminaire de Nantes où il poursuivit ses études jusqu’en 1946, année de sa demande d’entrer aux Missions Étrangères.

    Il vient alors à Paris et est à la rue du Bac de 1947 à 1949 ; il est admis au sous-diaconat le 29 mai 1949. Pour raison de santé il alla une année au séminaire d’Aix-en-Provence, où il a été ordonné diacre le 8 décembre 1949. L’année suivante c’est à Marseille qu’il fut ordonné prêtre le 21 mai 1950. On lui demanda alors de faire une année de ministère à Gréoulx-les-Bains, dans les Basses Alpes.

    Il reçut son obédience pour le Japon, et partit pour Yokohama le 28 septembre 1951 sur la Marseillaise, en compagnie des Pères Baudu, Bombled, Bontemps, Corvaisier et Laurendeau. Ils arrivèrent à bon port à la fin d’octobre.

    Destiné au diocèse de Yokohama, notre confrère commença l’étude de la langue japonaise à notre maison MEP de Shizuoka. Cette province venait d’être entièrement confiée à notre Société.

    Il se retrouva là avec plusieurs membres des Misssions Étrangères qui venairent d’arriver de Chine, où ils avaiient été jugés indésirables par le gouvernement de Mao Tse Toug. Le signataire de ces lignes était l’un d’eux et je me souviens que Pierre Sauvion nous enviait ? de parler  chinois et de connaître déjà un assez bon nombre de caractères. De fait, cela nous fut une aide et nous avons été assez rapidement nommés en paroisses.

    Au moment où Pierre Sauvion était en état de prendre des responsabilités, il dut aller se reposer pendant plusieurs mois. Étant séminariste il avait eu des pleurésies et restait fragile de santé.

    Le premier poste qui lui fut confié était le bourg de Kakegawa, entre les villes de Shizuoka et de Hamamatsu, où il y avait déjà un petit nombre de chrétiens. Il s’y installa ern 1955.

    Ces années, après la Deuxième guerre mondiale, furent un temps de grâce. La population qui avait connu les bombardements et vu s’éloigner tous ceux qui étaient en âge de porter les armes, fit bon accueil, la paix étant revenue, à ces jeunes étrangers qui venaient aider à restaurer le pays.

    Pierre Sauvion dans son poste de campagne, prit contact avec les jeunes, il aurait désiré former un groupe de J.A.C. comme il en avait connu en France. Mais les jeunes pensaient plutôt s’établir dans les villes proches, où des usines s’installaient qui étaient appelées à un bel avenir. Il se tourna alors vers les enfants, réussit à bâtir une assez grande salle pour qu’ils puissent se réunir et jouer, et se plaisait à les instruire et guider dans la connaissance du Seigneur Jésus.

    En quelques années, il eut la joie d’accueillir dans l’Église plusieurs familles. Il nous annonça un jour que le nombre de ses paroissiens dépassait la centaine.

    À l’autombne de 1960, il partit en congé en France et revint à Kakegawa en avril 1961.

    En 1964, il était dans sa dixième année dans ce poste qu’il aimait, on lui demanda de le quitter et d’aller prendre soin des chrétiens de plusieurs villages autour du bourg de Yoshida. Il se chargeait aussi du petit village de Yatsu, assez proche de Shizuoka, qui avait eu, avant la guerre, parmi ses fidèles un jeune prêtre qui devint l’un premiers Préfets apostoliques du Japon.

    À Kakegawa un confrère un peu plus jeune, Pierre Lanher, vint continuer le bon travail de son prédécesseur.

    Il agrandit les bâtiments, fonda une école enfantine que des Soeurs japonaises, de Saint Jean de Dieu, prirent en charge. La communauté chrétienne prenait de l’ampleur. Ce confrère mourut d’une attaque cardiaque foudroyante, ayant juste le temps de griffonnner un mot d’adieu pour ses paroissiens, le 25 septembre 1979.

    Pierre Sauvion fut rappelé dans ce district qu’il avait fondé. Il retrouvait, devenus pères de famille des enfants qu’il avait eu la joie d’accueillir dans l’Église par le baptême.

    Cette même année 1979, l’Évêque de Yokohama, Mgr Arai qui était notre évêque depuis le début de l’année 1952, demanda de prendre sa retraite.

    Quand il avait reçu cette charge, les chrétiens catholiques étaient environ 20.000. Trente ans après ils étaient 45.000, quand il confia le diocèse à son successeur Mgr Hamao, qui fut intronisé le 15 janvier 1980.

    Pendant ces mêmes trente années, dans notre province de Shizuoka, le nombre des églises passa de 5 à 17, dont celle de Kakegawa, et les chrétiens dépassaient 5.000.

    Pierre Sauvion, revenu à kakegawa, devait y rester 25 ans. Il aura donc passé 35 ans de sa vie de missionnaire dans ce district qu’il a parcouru en tous sens.

    Circonstance inattendue, à cette même époque, de nombreux Philippins et Brésiliens sont venus travailler dans les usines japonaises et beaucoup d’entr’eux sont chrétiens.

    La paroisse de Kakegawa compta désormais plus de 300 chrétiens.

    Notre confrère fut grandement fêté, l’an 2000, pour ses 50 ans de vie sacerdotale.

    Pendant ce demi-siècle le bourg de Kakegawa a bien changé d’aspect. D’être entouré de rizières permit l’utilisation d’un terrain, pour établir une gare importante de la nouvelle ligne ferroviaire du Shin Kan Sen, le TGV japonais. Cette gare a été l’occasion de venir s’installer à proximité pour plusieurs sociétés. Kakegawa est maintenant une jolie ville qui ne cesse de prendre de l’extension.

    L’an 2000 fut aussi, pour Pierre Sauvion, marqué d‘une circonstance moins agréable. Il eut un assez grave accroc de santé et il ne s’en ait jamais bien remis.

    En 2005, il dut se résigner à quitter ce district où il avait consumé ses forces. Il est reparti en France et est allé à notre maison MEP de Lauris.

    Il a étré rappelé à Dieu le 3 février 2008.

    Nous remercions Dieu d’avoir eu comme compagnon notre ami Pierre Sauvion. Il a été pour nous un modèle d’abnégation personnelle et de dévouement total à sa charge pastorale.

     

    Daigne le Seigneur nous réunir tous, un jour, près de Lui.

     

    Shizuoka, 3 avril 2009, Henri MALIN

     

    • Numéro : 3917
    • Pays : Japon
    • Année : 1951