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Jules SAULOT (1872-1936)

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    Jules-Joseph Saulot naquit à Bolbec (Seine-Inférieure) le 7 décembre 1872. De ses jeunes années, nous n’avons aucun ren­seignement. En 1886, il fut envoyé au petit séminaire de Rouen où il fit toutes ses études secondaires, puis entra au grand sémi­naire de cette même ville. Après l’ordination sacerdotale qu’il reçut le 18 juillet 1898, M. Saulot fut nommé vicaire à Saint-­Nicolas du Havre, où il resta plus de quatre années. Depuis long­temps il désirait se consacrer aux Missions ; mais ce n’est qu’en 1902 qu’il obtient de l’évêque de Rouen l’autorisation de quitter le diocèse pour entrer au Séminaire des Missions-Étrangères de Paris. Après un an d’épreuve en cet établissement, ses supérieurs lui assignèrent la Mission de Quinhon (Annam) où il arriva le 1er avril 1903.

    Comme tous les jeunes missionnaires, il fut envoyé dans une paroisse pour y apprendre la langue annamite et s’initier aux us et coutumes du pays. Après quelques mois d’études, il devint vicaire de M. Maillard, et, l’année suivante, la cure de Ninh-Hoà lui fut confiée, mais pour un temps assez court, puisqu’en 1907 il devint professeur au grand séminaire. Sa santé très précaire ne lui permit pas d’enseigner bien longtemps, puisque, à la fin de l’année scolaire, il dut aller se faire soigner au sanatorium de Hongkong.

    De retour en Annam au mois de février 1908, il fut nommé curé de Tourane qu’il quitta en décembre 1914 pour occuper le poste de Quinhon. L’Allemagne venait de nous déclarer la guerre, mais ce n’est qu’en mars 1917 qu’il fut mobilisé comme infirmier à Saïgon. Il demanda à partir en France afin de soigner nos soldats français blessés sur les champs de bataille. L’autorisation militaire ne se fit pas attendre, et le 15 juin 1917 M. Saulot s’em­barqua à Saïgon sur un bateau japonais, avec un convoi d’Anna­mites. Le paquebot mit onze jours pour atteindre Colombo. Deux jours après avoir quitté cette ville pour Djibouti, il fallut lutter contre la mauvaise mer, et le commandant japonais, qui faisait le voyage pour la première fois, comprit qu’il lui était impossible d’arriver à Djibouti, faute de charbon. L’officier du bord essaya de prendre d’autres directions, mais le bateau n’avançait point. Il fallut se résigner à mettre le cap sur Mascate où, grâce à un vent favorable, le navire arriva le 16 juillet, n’ayant plus de charbon que pour un jour. En attendant le secours demandé télégraphi­quement, le convoi s’installa à Dar-selh, endroit désert sur le bord de la mer. Les Anglais, établis à quelques kilomètres de là, vinrent gracieusement à son aide en fournissant des tentes. Enfin, M. Saulot finit par arriver en France et fut affecté au camp de Fréjus, où il resta jusqu’à la fin de la guerre, remplissant son rôle d’infirmier avec dévouement.

    Les hostilités terminées, il reprit bien vite la direction de l’Annam pour occuper le poste de procureur de la Mission de Quinhon. En 1927, il redevint curé de Tourane. Durant les quelques années passées en cette paroisse, notre confrère eut toujours d’ex­cellentes relations avec la population européenne ; très dévoué pour ses compatriotes, il n’oubliait pas ses devoirs auprès des Annamites ; il aimait ses fidèles et quittait très peu sa résidence, craignant d’être appelé auprès des malades pendant son absence. Les fidèles eux aussi aimaient leur père à cause de sa grande franchise, de sa gaîté et de son dévouement. Son église était toujours propre, tout y était en ordre parfait et les offices célébrés aux heures régu­lières. Ses sermons étaient tous écrits, bien préparés et  appris par cœur, aussi ses auditeurs aimaient-ils à l’entendre.

    En 1936, M. Saulot, gravement malade, tenta un dernier voyage en France. Hélas ! il arriva mourant à Marseille. Pendant les quel­ques jours qu’il passa à l’hôpital Saint-Joseph, il eut la joie de revoir son frère et sa sœur, accourus à son chevet ; il eut encore la force de leur dire quelques mots affectueux. C’est le jour de Noël que notre confrère, assisté d’un prêtre qui lui donna une dernière absolution, rendit le dernier soupir. M. Bonhomme, ancien missionnaire de Quinhon, célébra la messe des obsèques, à laquelle assistèrent tous les procureurs des diverses Congrégations mis­sionnaires résidant à Marseille et les Religieuses de la Procure. Le regretté défunt repose dans le caveau des Missionnaires de la Société.

     

     

     

     

    • Numéro : 2684
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1903