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Victor SAMSON (1897-1976)

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    Victor SAMSON naquit au village de Tréglion, paroisse de Guilliers, au diocèse de Vannes, le 9 juin 1897. Il était le benjamin d’une famille de cinq enfants, le seul garçon de cette famille. Une de ses sœurs était religieuse de la Providence ; elle est décédée à Ruillé-sur-Loire en 1958. Les trois autres se sont mariées à des cultivateurs et sont restées au pays. Toutes sont décédées, la dernière au mois de février 1977, à l’âge de 85 ans. Leur mère était cousine germaine de celle de Mgr Gaspais, Vicaire apostolique de Kirin (Mandchourie). Après ses études primaires à Guilliers, Victor Samson fit ses études secondaires au petit séminaire de Ploëmel et les continua au petit séminaire de Vannes, car à cette époque le petit séminaire de Ploëmel n’avait pas encore toutes les classes.

     

    Ses études secondaires terminées, il entra au grand séminaire de Vannes. On était alors en pleine guerre. Aussi fut-il mobilisé en 1916. Sa conduite, remarquable de bravoure et de dévouement lui valut d’être décoré de la Croix de guerre et de la Médaille militaire. Il termina la guerre comme lieutenant.

     

    Une fois démobilisé, il rentra au grand séminaire de Vannes, mais ce fut pour peu de temps car il avait demandé son admission aux Missions Etrangères, où il arriva le 17 septembre 1920. Il était déjà tonsuré. Pourquoi choisit-il la Société des Missions Etrangères ? Il fut vraisemblablement influencé par son cousin, le P. Gaspais qui fut nommé peu de temps après coadjuteur de Mgr Lalouyer à Kirin. Il continua sa préparation au sacerdoce et c’est le 26 mai 1923 qu’il fut ordonné prêtre. Peu de temps après, il recevait sa destination pour le service des procures en Extrême-Orient.

     

     

    À Shanghaï

     

    Parti le 1er octobre pour la Procure centrale de Hongkong, il fut sans tarder envoyé à Shanghaï comme « assistant » du Père Sallou. Il devait y rester jusqu’en 1937, sauf un séjour de repos de deux ans environ au Japon (1935-1937). A Shanghaï, en plus de son travail proprement dit de procureur, il était également directeur-gérant du journal en français « l’Echo de Chine ». Chaque jour, sous un pseudonyme à consonance japonaise, il écrivait un éditorial très documenté et très apprécié des lecteurs. — Pendant son séjour à Shanghaï, en 1930, id accompagna Mgr de Guébriant lors de son dernier voyage en Extrême-Orient. Mgr de Guébriant avait visité les missions du Setchoan. Il avait donné rendez-vous au P. Samson à Nankin. Celui-ci le rejoignit donc et l’accompagna à Shanghaï d’abord, puis au Japon, en Corée et en Mandchourie jusqu’au moment où Mgr de Guébriant, accompagné du P. Candau, prit place à bord du transsibérien qui devait le ramener à Paris. Quant au P. Samson, il rejoignit Shanghaï.

     

     

    Au Japon

     

    En 1935, le P. Samson se sentit fatigué ; il demanda à aller se reposer au Japon, à Nagasaki. Ce changement d’air lui fit du bien et il ne tarda pas à se mettre à l’étude du japonais. Il y réussit si bien qu’au bout de quelques mois il était capable de rendre des services appréciés aux confrères de Nagasaki.

     

    À Hongkong

     

    De retour à Shanghaï au début de 1937, le P. Samson fut affecté quelque temps après à la Procure de Hongkong, dirigée alors par le Père Vircondelet, Procureur général depuis 1935. Il y resta jusqu’à son congé en 1939.

     

    En France

     

    Le P. Samson se trouvait en France quand éclata la guerre. Il fut mobilisé comme lieutenant d’abord à Brest puis à Marseille. Il fut libéré en 1940. Comme il fallait pourvoir au poste de procureur à Marseille, le P. Samson remplit cette charge du mois de novembre 1941 jusqu’au mois d’octobre 1942.

     

     

    À Genève

     

    La procure de Société, d’abord installée à Lausanne, avait été transférée à Genève. Le P. Millet qui tenait ce poste décéda au mois de septembre 1942. C’est alors que les Supérieurs de la Société firent appel au P. Samson pour le remplacer. Pendant 26 ans, il va gérer et développer cette procure avec compétence et dévouement.

     

     

    Retraite

     

    L’âge se faisait sentir pour le P. Samson. Aussi, en 1968, à 71 ans, demanda-t-il à être déchargé de sa fonction de procureur à Genève. Sa démission fut acceptée. Il se retira alors à St-André de Roquepertuis avec sa gouvernante qui avait acquis une maison dans cette localité du Gard.

     

    Toute sa vie, le P. Samson avait désiré faire du ministère, et il n’en avait jamais vraiment eu la faculté. Pendant ses années de retraite il s’y adonna en aidant le curé de Goudargues pour les catéchismes et la visite des malades. Il s’était d’ailleurs vite acquis la sympathie des habitants de St-André par son affabilité.

     

     

    Maladie

     

    Le P. Samson jouissait, dans le calme de cette paroisse, d’une retraite bien méritée après 45 années au service de la Société, des Missions et des confrères. Soigné avec dévouement par sa gouvernante, Madame Hauser, il espérait encore de longs jours heureux. Mais les plans du Seigneur sont rarement les nôtres. La maladie rôdait : ce fut d’abord un abcès au poumon gauche, puis un autre à la tête. Les examens révélèrent la nature cancéreuse de ces abcès. Il était en traitement dans une clinique d’Avignon ; un mieux s’était fait sentir et il espérait pouvoir regagner St-André sans tarder. Mais vers le 25 octobre 1976 il prit froid ; son état s’aggrava subitement... et le vendredi 29 octobre il s’endormit tout doucement pour l’éternité alors que le P. Sylvestre et Madame Hauser récitaient le chapelet près de lui. Son corps fut ramené à Lauris. Ses obsèques eurent lieu le dimanche 31 octobre après-midi. Le P. Jean Simon, son successeur à Genève, présida la concélébration, entouré de six confrères. Plusieurs membres de sa famille étaient présents ainsi que des amis, paroissiens de St-André de Roquepertuis. Le P. Samson repose avec les confrères dans le caveau des Missions Etrangères au cimetière de Lauris.

     

    Telle fut en bref la carrière sacerdotale et missionnaire du Père Samson. Essayons maintenant d’évoquer quelques traits de sa personnalité.

     

    Le P. Samson était un homme droit, assez rigide même dans ses manières de voir ou de se comporter dont il n’aimait pas dévier.

     

    C’était un homme distingué, toujours impeccable dans sa tenue, dans son langage. Sans être homme du monde, il aimait fréquenter de nombreux amis aussi bien à Shanghaï qu’à Hongkong ou à Genève. Pendant les quelques années qu’il vécut à St-André de Roquepertuis, il se fit de chaudes relations parmi les habitants de cette localité.

     

    Une personne qui l’a spécialement connu a bien voulu nous donner le témoignage que voici : Le P. Samson avait le don de l’accueil. Toujours souriant, bienveillant, offrant tout ce qu’il avait avec une générosité jamais en défaut ; il mettait aussitôt à l’aise par cet accueil cordial, simple, par le tact et l’intelligence qui lui suggéraient toujours les mots justes — aussi bien avec les plus petits, les moins instruits, qu’avec les intellectuels, les ambassadeurs et autres « haut-placés » que ses fonctions à Genève lui faisaient l’obligation de recevoir.

     

    « Alors que pour lui-même il était d’une grande exigence (régularité volontaire, exemplaire dans la prière, lecture du bréviaire, chapelet... toujours avec discrétion, sans ostentation, presqu’en cachette pour ne gêner personne) très sobre en tout, si peu intéressé pour lui-même qu’il était incapable de se soigner, pour ses hôtes au contraire rien n’était trop beau ni trop bon.

     

    « Hypersensible, mais parfaitement maître de lui : l’interlocuteur qui venait de le blesser par manque de charité ou de réflexion ( par exemple au sujet de sa fonction de procureur qui était sensée lui rendre la vie facile et agréable, alors que cela avait été, par obéissance, le sacrifice douloureux de son idéal d’apostolat missionnaire ) cet interlocuteur maladroit ne pouvait jamais se douter de la peine qu’il venait de lui causer.

     

    « Combien il admirait les luttes, les sacrifices de ses confrères qui œuvraient — parfois dans de si dures, si dangereuses conditions, avec héroïsme et générosité — pour la gloire de Dieu et le salut des âmes !

     

    « Il avait le mensonge en horreur et une extraordinaire intuition de la valeur intrinsèque des gens. Fidèle dans l’amitié, sa charité sans défaillance a dû soutenir, dans les moments de déréliction, beaucoup de ceux qu’il a aimés avec son cœur  et son âme de prêtre...

     

    « Assoiffé de lectures, son humilité était si grande, si vraie, qu’il n’était guère possible, pour qui le connaissait peu, de se rendre compte de cette intelligence toujours en éveil et de l’étendue de sa culture.

     

    « Ceux qui ont eu le privilège de participer journellement à sa messe n’oublieront jamais avec quelle simplicité, quel respect, quelle humilité le Père la célébrait et la vivait ».

     

    Que le Père Samson qui a servi si discrètement et si efficacement la Société des Missions Etrangères et ses confrères continue à les assister auprès du Père des cieux !

     

     

    • Numéro : 3252
    • Pays : Chine Suisse
    • Année : 1923