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Claude SALEUR (1861-1890)

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    Nous empruntons à la Semaine religieuse du diocèse de Verdun les détails biographiques qui suivent :

    « Louis-Claude-Saleur, né le 17 août 1861, à Burey-en-Vaux (diocèse de Verdun), d’une famille de mœurs patriarcales, avait été élevé par son oncle maternel, le vénérable curé de Cousancelles, depuis sa plus tendre enfance jusqu’à son entrée au collège de Vaucouleurs où il fit ses études d’humanités et d’où il ne sortit que pour entrer au grand séminaire de Verdun. Mais il n’y demeura pas longtemps. Depuis un certain temps , il pensait aux missions ; la lecture des Annales de la Propagation de la Foi, en lui retraçant les luttes des courageux missionnaires, avait enflammé son âme du plus généreux dessein : il brûlait du désir d’aller se joindre à cette héroïque phalange. Il en avait souvent parlé à Dieu dans le secret de la prière. Mais ses parents étaient restés en dehors de ses confidences.

    « Enfin sa chère idée va se réaliser; il quitte Verdun pour le séminaire des Missions-Étrangères . C’était en 1881. Ce qu’a été sa vie durant les trois années de ce dur apprentissage de l’apostolat, ses maîtres et ses condisciples le savent. Pour nous , nous savons qu’il s’est préparé à son sublime ministère avec courage et avec joie, oui avec joie ; on peut dire que la gaieté, la bonne, la franche gaieté française et chrétienne tout à la fois, il l’a toujours eue ; et pendant qu’autour de lui, tout le monde , parents et amis pensent aux peines de la séparation, lui chante gaiement, pour montrer avec quel calme et quelle paix il fait ce que les autres regardent comme héroïque, le don entier de lui-même pour la vie et pour la mort.

    « Enfin le moment de la séparation arrive, il est désigné pour la mission du Thibet, une des plus ingrates et des plus difficiles. Avec quelle ardeur il accomplit son premier voyage ! Avec quelle impatience d’arriver sur ce sol où il doit répandre son travail avec ses sueurs, où peut-être il va couronner son sacrifice ! Hélas ! Cette ardeur et ce zèle vont trouver sur les flancs de l’Himalaya de bien fortes résistances ! Ce peuple thibétain, complètement séparé du reste du monde, est réduit en esclavage en quelque sorte par ses lamas, et il lui sera bien difficile de lui faire entendre la bonne nouvelle.

    Notre jeune missionnaire ne resta pas oisif ; il employa son temps à se perfectionner dans la langue du pays, à parcourir la contrée à la recherche de quelque âme à instruire, de quelques enfants à baptiser. Doué d’une âme ardente et sensible aux beautés de la nature, il étudie le pays, et les Missions catholiques de 1887 et 1888 ont publié d’intéressantes relations sorties de sa plume, et qui sous le titre de : Un coin des Himalayas, nous donnent la description de ces contrées encore inconnues du Népal et du Sikkim.

    Voici ce que M. Desgodins écrivait de lui à son oncle, dans une de ses dernières lettres:

    « J’aime à rendre témoignage à votre cher neveu que toujours il s’est montré pieux, exact à « remplir ses devoirs de dévotion, comme un séminariste, toutes les fois que les circonstances « le lui permettaient. Et dans ses voyages, il se servait facilement de toutes les beautés de la « nature, pour lesquelles il était passionné, pour élever son esprit et son cœur vers Dieu, « comme on le voit dans ses publications. Souvent aussi il dirigeait ses promenades et ses « courses à cheval vers quelque lieu habité, où il pût parler du bon Dieu, surtout aux enfants, « pour lesquels il semblait avoir une prédilection. Souvent aussi il allait voir les malades, leur « porter des remèdes à domicile, dans l’espérance de baptiser quelque enfant, bonheur qu’il a « eu quelquefois ; sans doute ses efforts n’ont pas toujours été couronnés de succès, pas plus « que les autres. Peut-être ces insuccès ont-ils contribué à développer en lui le germe de la « maladie…J’aimais sincèrement votre cher neveu, et je regrette vivement d’avoir été si vite « privé des travaux qu’il aurait pu exécuter dans la mission, mais j’espère qu’au ciel il restera « toujours missionnaire du Thibet, et nous aidera efficacement à convertir nos païens de « Padong. »

    « Il y avait trois ans à peine que M. Saleur était au Thibet quand cette maladie, qui vient de l’enlever, l’obligea à venir redemander au climat plus doux de la France de réparer ses forces. C’était au mois de mars 1887 qu’il s’embarquait pour la France, et une convalescence de dix-huit mois passés soit à Montbeton, soit en Suisse, ou à Cousancelles, avait rétabli ses forces d’une manière qui parut suffisante à ses supérieurs pour lui permettre de retourner sur le lieu de son apostolat. Ce nouveau départ eut lieu en octobre 1888. Il fut plus sensible que le premier au cœur de ses chers parents qui le donnaient ainsi pour la seconde fois. Pour lui, s’il l’accomplit avec moins d’enthousiasme, il ne l’accomplit pas avec moins de joie, tant lui pesait l’inaction que sa maladie lui avait imposée ! Tant il désirait reprendre son poste de combat. »

     

    • Numéro : 1620
    • Pays : Chine
    • Année : 1884