Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Joseph SAINT-GUILY (1864-1941)

Add this

    [1772]  SAINT GUILY Joseph, Paul, naquit le 26 septembre 1864 , en la paroisse N-D. de Bayonne. Entré lecteur aux Missions Étrangères le 20 mars 1885, il est ordonné prêtre le 24 septembre 1887, et part pour la Birmanie méridionale le 30 novembre suivant. Il fait partie de la grande vague de jeunes volontaires pour l'aventure de cette période de l'histoire de la France, et des Missions Étrangères qui, cette année-là, envoient 42 jeunes prêtre en Asie, la plupart de moins de 25 ans.

     

    Voilà deux ans que la Birmanie est totalement occupée par les Anglais et plusieurs postes militaires offre l'occasion d'apprendre l'anglais tout en s'occupant des soldats catholiques irlandais et indiens : c'est ainsi que le jeune Saint Guily est envoyé pour deux ans à Thayetmyo.

     

    À Rangoon, Mgr. Brigandet et les chrétiens cherchent à préparer la construction d'une cathédrale. On fait appel à Saint Guily, qui a le don de se faire beaucoup d'amis dans les divers milieux européens et eurasiens de la capitale. Trop même, au jugement de certains... Il fait remplir le terrain nouvellement acquis de pilotis de bois de fer, capables de supporter une solide bâtisse. Mais il reprend dès 1894 son apostolat de chapelain militaire dans l'église St John, au nord de Rangoon. Son succès auprès des soldats irlandais et des jeunes Eurasiens est connu. Les milieux distingués lui font confiance, au point qu'on lui demande de faire un remplacement au consulat de France. Mgr. Cardot n'apprécie guère, et trouve qu'il est temps de faire changer d'air ce missionnaire qui en 10 ans n'a connu que les Européens et les Eurasiens.

     

    En janvier 1899, le Père Saint Guily arrive au poste de Mittagong, près d'Henzada, où le Père Bringaud a préparé la mission des Chins, minorité venue de l'ouest et exploitée par les Birmans. À Okpo, Saint Guily trouve un village isolé, une hutte de bambou, à la fois maison et chapelle, où il se met enfin à l'étude du birman : un jeune catéchiste et un gamin font répéter les prières à 30, 40 personnes, matin et soir. Mais il doit payer son tribut au climat malsain des collines, prix à payer pour la fondation de cette première chrétienté Chin. Mais en 1905, épuisé, il doit aller en France se reposer. Quand il revient, c'est pour reprendre l'aumônerie militaire, puis en 1915, à la cathédrale, où il restera désormais pour animer une paroisse de 4000 chrétiens, dont beaucoup d'Eurasiens.

     

    Il s'occupe de l'école des filles, qui dès son ouverture en 1923 comptera 430 élèves. Le milieu eurasien, à la fois très pieux et plutôt frivole, il va s'y dévouer en lui donnant une formation de responsables chrétiens au sein d'associations diverses : il est assiégé par les gens, toujours en quête d'un appui, moral ou financier. C'est un monde de petites gens, généralement en charge de postes de deuxième importance dans toutes les administrations, ou activités commerciales ou industrielles. Ils sont à la fois conscients de leur supériorité par rapport aux Birmans et Indiens, et de leur dépendance face aux Anglais.

     

    Quand en mai 1930, après un terrible tremblement de terre, des émeutes raciales opposants les Birmans à tous les autres, le gouvernement anglais se sent contraint d'accorder aux Birmans une place prépondérante dans l'administration, la masse des Eurasiens se voit peu à peu rejetée en chomage. La Conférence de St Vincent de Paul déjà lancée par le Père Saint Guily a désormais à faire face à des situations de plus en plus difficiles : le gouvernement anglais ne paie plus les allocations aux écoles, et c'est un défilé continu de quémandeurs aux abois, chez le Père Saint Guily. Mgr. Provost écrit que le Père fait depuis trois ans un excellent travail auprès des 12000 catholiques de Rangoon, surtout pour les Anglo-indiens souvent réduits à la mendicité.

     

    Tel sera jusqu'à son Jubilé, célébré après un séjour à l'hôpital, l'activité du Père Saint Guily : même le maire de la ville vint apporter au Père le témoignage de reconnaissance de la ville pour 22 ans de dévouement aux pauvres et aux malheureux. Déjà l'évêque l'a envoyé remplacer à Pégou le Père Boulenger, comme aumônier des Clarisses, récemment arrivées en Birmanie. Mais Saint Guily est souvent fatigué et il a beau faire l'admiration de tous par son élan, il doit aller chercher la fraîcheur dans les montagnes de Maymyo.

     

    Il a pu voir avec joie la mission Chin lancée par lui autrefois se développer et passer à la charge des Pères de la Salette en 1939. Il ne verra pas le départ vers l'Inde des Soeurs Clarisses : dès octobre 1940, il est à l'hôpital de Rangoon : on le ponctionne pour son hydropisie, mais vu son âge, on n'ose l'opérer. Le 3 novembre, il peut faire des sorties, mais il doit cesser d'aller célébrer la messe au Couvent du Bon Pasteur. Il meurt le 31 décembre 1941.

     

     

     

    Références bibliographiques

     

    AME 1901 p. 154. 203 (art). 1912 p. 144. 146. 147. 270. 272. 1929 p. 225. 1930 p. 171. 178. 1932 p. 274. 275. 1937 p. 80.

    CR 1887 p. 197. 1894 p. 243. 1895 p. 270. 271. 1897 p. 225. 1898 p. 216. 1900 p. 192. 195. 1901 p. 204. 1902 p. 224sq. 1903 p. 233sq. 1904 p. 227. 388. 1905 p. 216. 1908 p. 221. 1909 p. 220. 1911 p. 328. 329. 1923 p. 144. 1925 p. 119. 122. 1926 p. 134. 139. 1927 p. 210. 1929 p. 181. 183. 291. 1932 p. 254. 1933 p. 207. 213. 1934 p. 184. 191. 1935 p. 193. 1936 p. 188. 1937 p. 186. 187. 1938 p. 194. 1939 p. 173. 1947 p. 349.

    BME 1922 p. 641. 1925 p. 375. 573. 1926 p. 452. 633. 958. 1928 p. 57. 1932 p. 632. 715. 958. 1933 p. 78. 427. 428. 560. 561. 715. photo p. 85. 1934 p. 217. 285. 1935 p. 172. 525. 678. 1936 p. 758. 1937 p. 145. 372. 375. 455. 810. 811. 1938 p. 488. 1939 photo p. 48.1941 p. 118. 424. 499. 739. 772. 1957 p. 886.

    EC1 N°  174. 177. 181. 187. 435.

    • Numéro : 1772
    • Pays : Birmanie
    • Année : 1887