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Noël SADOUX (1853-1916)

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    M. Sadoux naquit le 19 octobre 1853 à Chambéry, d’une famille aisée et très chrétienne. D’un caractère vif, léger et espiègle, il fut un grand souci pour ses parents, et sa sainte mère dut mettre plus d’une fois en pratique la maxime : qui bene amat bene castigat.

    Après ses études préliminaires, il fut envoyé avec ses deux frères au collège des Jésuites à  Dôle (Jura), où il resta jusqu’à sa philosophie. Ce fut durant ce temps que sa vocation se développa et s’affermit. Son frère aîné étant entré au grand séminaire de Chambéry, Pierre l’y suivit.

    Les récits des persécutions de l’Annam et de la Corée l’attirèrent vers le séminaire des Missions-Etrangères, où il entra en 1873. Il fut ordonné prêtre le 23 décembre 1876.

    Désigné pour la Birmanie méridionale, il partit le 19 avril 1877. La mission commençait alors à se développer, et Mgr Bigandet voulait surtout des missionnaires pour tâter le terrain, et fonder de nouveaux postes sur des bases solides. Aussi M. Sadoux aura-t-il à voyager souvent pour aider à l’exécution de ce programme.

    Placé à Rangoon, d’abord à la paroisse Saint-Antoine pour apprendre le tamoul, il passa l’année suivante à la paroisse Saint-Jean pour se perfectionner dans la connaissance de l’anglais, qu’il parla avec beaucoup de facilité et de distinction. Quelques années plus tard, afin qu’il pût apprendre le birman, il fut envoyé à Talaindat, petite chrétienté en formation ; mais son tempérament assez faible ne s’y acclimata pas ; il fut rappelé à Rangoon et nommé curé de la cathédrale.

    La station militaire de Thayetmyo étant devenue vacante, ses connaissances en tamoul et en anglais le désignèrent pour ce poste, où bien des Indiens catholiques n’avaient pas souvent l’occasion de voir un prêtre parlant leur langue.

    Malheureusement, sa santé ne lui permit pas d’y résider longtemps. Malgré un voyage en France, il ne se rétablit pas. Après un bref séjour à Mergui, il dut aller au sanatorium de Béthanie, à Hongkong ; de retour à Rangoon, il n’y resta que quelques mois et se rendit au sanatorium Saint-Théodore dans les Indes, où il demeura plusieurs années.

    Quand il comprit qu’il ne pourrait jamais recouvrer ses forces, il demanda à revenir en Birmanie, et obtint l’autorisation de se retirer chez le P. Cartreau, à Kanazogon. Il essaya de travailler ; mais son intelligence diminuant peu à peu, il dut y renoncer. Il vécut encore 14 ans à peu près en solitaire. A Noël 1915, il célébra la sainte messe pour la dernière fois. Bientôt sa vue s’affaiblit, et il lui devint impossible de réciter le saint office. Désormais on ne le verra plus que le chapelet à la main. Des crises de plus en plus fréquentes firent prévoir un dénouement prochain. Le 4 décembre 1916, un télégramme du cher M. Mourier, qui veillait sur lui avec tant de sollicitude, annonça qu’il baissait rapidement. Par une faveur toute spéciale de la Sainte Vierge, en laquelle le cher malade avait une si grande confiance, il retrouva dans ses derniers jours la plénitude de son intelligence. Il reçut l’Extrême-Onction avec une piété émouvante, et il était touchant de l’entendre remercier les missionnaires qui l’entouraient des pieuses pensées qu’ils lui suggéraient. Il fit de grand cœur le sacrifice de sa vie pour la mission de Birmanie méridionale. Le 6 décembre, vers 9 heures du soir, l’agonie commença ; à 11 heures 30, en recevant une suprême absolution, il rendit le dernier soupir.

    Plus de 600 personnes tinrent à se joindre aux six prêtres qui l’accompagnèrent à sa dernière demeure, et j’espère que Dieu, dans son infinie miséricorde, aura déjà reçu l’âme de celui qui s’était consacré à Lui.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    • Numéro : 1327
    • Pays : Birmanie
    • Année : 1876