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Claude SABATTIER (1831-1889)

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    « Le 25 novembre 1889, s’est éteint dans la paix du Seigneur, à la petite chrétienté de Pa-kéou-ouan, à quelques pas de la ville de Tchang-chéou-hien, M. Claude-François Sabattier, après trente et un ans passés dans les missions,  dont dix dans celle du Kouy-tcheou et vingt et une dans celle du Su-tchuen oriental.

    « M. Sabattier naquit à Aime, au diocèse de Tarentaise, le 29 mai 1831.Il fit ses études au collège de cette ville et se disposait à entrer au grand séminaire, lorsque son père, riche constructeur de navires, pour la marine marchande, n’ayant pas d’autres fils, s’opposa à la réalisation de ce dessein. Pour y mieux réussir, François étant tombé au sort, il le laissa partir sans vouloir le racheter, comme il aurait pu le faire, dans la pensée que le service militaire le détournerait de l’état ecclésiastique. Il fut donc enrôlé dans l’armée de Victor-Emmanuel II, roi du Piémont, dont la Savoie faisait encore partie.

    « Comme il ne se sentait pas de vocation pour l’état militaire, notre jeune soldat entra dans les bureaux de l’intendance où il atteint vite le grade de caporal-fourrier. Il passa paisiblement deux années en garnison, soit à Turin, soit à Novarre, profitant de sa présence à la caserne pour donner l’exemple d’une vie régulière, chaste et chrétienne et, dans l’occasion, se faire le défenseur et le protecteur des jeunes conscrits savoisiens, dont les habitudes pieuses étaient tournées en ridicule par les soldats piémontais. Il quitta le service, sans autre regret que celui de la mort de son père, à laquelle comme fils unique de veuve il dut la faveur d’être exonéré.

    « Il allait rentrer au logis paternal, quand, atteint d’une maladie contagieuse, il crut que sa dernière heure allait sonner. Sa mère et sa sœur accourues pour le soigner, contractèrent la maladie et en moururent. Claude-François recouvra la santé, Dieu gardait son futur missionnaire ! Mais ce souvenir douloureux ne s’effacera jamais de son cœur si sensible, et jusqu’à ses derniers jours on l’entendra, dans son émotion filiale, dire, les larmes aux yeux :  « Ma mère et ma sœur se sont sacrifiées pour moi, et ont donné leur vie pour sauver la « mienne. »

    « Désormais, libre de se consacrer tout à Dieu, Claude-François, qui depuis son enfance veut être missionnaire ; quitte son pays natal qu’il ne reverra plus ! Admis au grand séminaire d’Orléans, il y passe deux ans et reçoit la tonsure et les ordres mineurs des mains de Mgr Dupanloup.

    « En septembre 1855, il faisait son entrée au séminaire des Missions-Étrangères.

    « Pendant les trois années qu’il y demeura, M. Sabattier se fit remarquer par la régularité de sa conduite, son application à l’étude et sa franche piété : A ces qualités nous ajouterons : cette gaieté, cette belle humeur, ce bon caractère qui lui ont gagné partout les sympathies et l’affection.

    « Ordonné prêtre en 1858, il fut, avec trois de ses confrères, destiné à la nouvelle et lointaine mission du Kouy-tcheou. Le 28 août de cette même année Le Syngapore partait de Bordeaux pour la Chine, ayant à bord douze jeunes missionnaires destinés aux missions de Siam, du Tonking et de la Chine. La traversée fut longue, Le Syngapore n’arriva à Hong-kong que dans les premiers mois de 1859.

    « M. Sabattier et les missionnaires du Kouy-tcheou, ne purent quitter Canton que le 25 août, juste un an après le départ de Bordeaux.

    «  En ces temps, la paix religieuse était loin d’exister en Chine, de plus le Kouy-tcheou était en pleine rébellion. Pour voyager à travers les provinces de cet immense empire, où il n’était pas permis à un Européen de pénétrer, que de prudence, de précautions et de saintes ruses ne fallait-il pas déployer ! Sous ce rapport, M. Sabattier était habile stratégiste.

    « Malgré cela il fut obligé plusieurs fois de revenir sur ses pas. Il avait pour compagnon de route M. Jean Néel, le futur martyr, dont l’attitude et la démarche simple et modeste le faisaient toujours reconnaître comme Européen ; l’un et l’autre furent obligés de revenir à Canton et ramenés sous escorte.

    « Enfin, Dieu aidant, les deux missionnaires, prenant une autre direction, arrivèrent au Kouy-tcheou, où après avoir fait mille détours pour éviter les rebelles, ils touchèrent au terme de leur voyage et entrèrent à Kouy-yang-fou, capitale de la province et centre de cette mission. C’était le temps où Tien-ta-jen était la terreur des missionnaires et des chrétiens dont il était l’ennemi juré. Plus d’une fois M. Sabattier et ses confrères furent sur le point d’être massacrés par les soldats du terrible général Tien.

    « M. Néel, le compagnon de voyage et l’ami du P. Sabattier, visitait alors les chrétientés du district de Kay-tcheou. Arrêté à Tsin-gay, traîné au prétoire, il entendit avec joie prononcer sa sentence de mort. Quelques chrétiens remportèrent avec lui la palme du martyre. Ce fut pour la mission du Kouy-tcheou une première source de bénédictions et l’aurore de quelques années de paix. Le rappel et la disgrâce de Tien-kuin-men et des autres persécuteurs, l’arrivée du vice-roi Lao rendirent confiance à tous.

    « C’est alors que Mgr Faurie, qui venait d’être sacré évêque d’Apollonie par Mgr Desflèches, confia au zèle du P. Sabattier le poste devenu vacant par le martyre de M. Néel. Quelle joie et quel honneur d’aller recueillir une si belle succession ! Avec quelle ardeur parcourut-il ces chrétientés fertilisées par le sang de son ami. Le cher Père aimait à raconter plus tard ses courses triomphales, où monté sur son grand cheval qu’il avait surnommé  « Cambacérès » il franchissait les montagnes et traversait les torrents, comme un brave chevalier sans peur et sans reproche, allant à la conquête des âmes et comptant pour rien la fatigue et le danger. En peu de temps et à lui seul, il baptisa plus de 800 chrétiens et sut se ménager l’amitié des chefs de tribus de ce pays à demi sauvage.

    « Vers la fin de 1865, M. Payan, supérieur du petit séminaire de Lou-tsong-kouan, vint à mourir, Mgr Faurie rappela M. Sabattier pour occuper ce poste de confiance.

    « Il l’occupait depuis trois ans, lorsqu’en octobre 1868, l’état de sa santé l’obligea à quitter sa chère mission pour aller chercher un repos et des soins qu’il ne pouvait trouver au Kouy-tcheou. Muni des meilleures recommandations de son vicaire apostolique il se mit en route pour Hong-kong. L’état du P. Sabattier était-il moins grave qu’on ne l’avait jugé de prime abord ? toujours est-il qu’arrivé à Tchong-kin, après une semaine ou deux repos dans une famille aisée dont il avait connu le chef à Kouy-yang-fou et qui lui procura la visite d’un habile médecin dont il suivit le traitement, il s’opéra chez le cher malade un mieux si sensible qu’il renonça à aller plus loin.

    « Ayant le choix ou de retourner de suite au Kouy-tcheou ou de passer quelque temps dans la mission du Su-tchuen oriental, le P. Sabattier crut devoir suivre ce dernier parti. Pour lui témoigner qu’on le jugeait bien en état de rendre de suite des services à la mission où il venait de recouvrer la santé d’une façon aussi subite qu’inespérée, Mgr Desflèches lui confia le district de Fou-tcheou, l’un des plus importants du vicariat après la chrétienté de Tchong-kin. A peine état-il installé à son poste que les graves événements de Yeou-yang lui amenèrent une foule de chrétiens fuyant la persécution. M. Rigaud venait d’être massacré dans cette ville le 2 janvier 1869, avec une quarantaine de néophytes, et de, la ville la persécution, le pillage, le meurtre, l’incendie s’étaient étendus à toutes les stations de la campagne. M. Sabattier fournit aux plus nécessiteux les moyens de se rendre à Tchong-kin, et à tous il prodigua des encouragements et des consolations.

    « A la suite des chrétiens de Yeou-Yang arrivèrent à Fou-tcheou ceux de Pen-chouy . Les trois missionnaires qui se trouvaient alors à ce dernier poste, ne tardèrent pas eux-mêmes à venir lui demander un asile provisoire en attendant le jour où il serait possible de retourner occuper les deux districts de Peu-chouy et de Yeou-yang désolés par la persécution. Le sachant toujours prêt à se dévouer, Mgr Desflèches désigna le P. Sabattier lui-même pour aller reprendre le poste de Yeou-yang. Accompagné de M. Provost et d’une vingtaine de chrétiens, il s’embarqua pour Kong-tan le 24 mars. Le 10 avril, dimanche du Bon Pasteur, les deux missionnaires et leur escorte n’étaient plus qu’à six lieues de la ville de Yeou-yang ; lorsque le préfet de cette ville leur envoya signifier l’ordre de repartir, sous peine d’avoir inévitablement le sort du Ly-se-to (M. Rigaud). A l’appui de cette injonction, quelques centaines de touan, ou milice rurale, avaient été convoqués en armes pour barrer le chemin aux prédicateurs de la religion. Il fallut donc céder à la force, M. Sabattier et son compagnon, après avoir secoué la poussière de leurs pieds, revinrent à Tchong-kin, Mgr Desflèches nomma alors M. Sabattier professeur de philosophie au grand séminaire de Pee-ko-chou.

    « Le deux années qu’il y passa avec M. Blettery, supérieur du grand séminaire et provicaire de la mission, furent pour lui un temps de repos et félicité, car au milieu des séminaristes, il était dans son élément : toutefois elles ne furent pas exemptes de tristesse. Au Kouy-tcheou, son ancienne et sinon regrettée, du moins toujours bien chère mission, moururent successivement et à quelques mois de distance, quatre ou cinq missionnaires, auxquels le P. Sabattier était resté sincèrement attaché : les PP. Fourcy et Vielmont, ses deux compagnons de traversée de Bordeaux à Hong-kong, puis Mgr Faurie qu’il avait eu la joie de revoir quelques jours à Pee-ko-chou lorsque Sa Grandeur partait pour le concile du Vatican. Mgr Faurie était mort à Kouy-fou le 21 juin 1871, sur la route de sa mission, mais encore loin d’elle. Enfin M. Mihières, nommé supérieur de la mission du Kouang-si, à son tour succombait à Kouy-yang-fou, quelques semaines après y avoir ramené les restes mortels de Mgr Faurie. Tous ces messages de morts impressionnèrent vivement le P. Sabattier.

    « Pour dissiper ces tristes souvenirs, on le chargea de conduire au Yun-nan quatre séminaristes de Pee-ko-chou qui, en l’absence de Mgr Desflèches alors au concile, furent ordonnés prêtres à Long-ky par Mgr Ponsot, évêque de Philomélie.

    « A peine était-il de retour au séminaire de Pee-ko-chou que le district important de Huin-Tchouan étant devenu vacant, M. Sabattier fut choisi pour aller l’occuper; il y passa deux ans visitant chacune des stations fort nombreuses dans ce district qui contient environ 1.500 chrétiens. Là il fut surtout l’ami des pauvres ; il aimait à con-verser avec eux et à les secourir dans leur détresse. Le 10 septembre, Mgr Desflèches l’appela de là à Liang-chan où il demeura jusqu’au commencement de l’année 1876.

    « Dans l’intervalle il fut chargé par Sa Grandeur d’aller recevoir à Kouy-fou M. de Roquette, premier secrétaire de la légation de France en Chine, et son chancelier M. Gaston de Bezaure qui se rendaient à Tchen-tou. Il accompagna ces messieurs jusqu’à Tchong-kin-où ils arrivèrent le 28 féyrier, 3e dimanche de Carême. M. de Roquette témoigna à plusieurs reprises à Mgr Desflèches qu’en chargeant M. Sabattier d’aller le recevoir et de l’accompagner, il lui avait été très agréable. De retour à Liang-chou il entreprit de reconstruire la résidence et l’oratoire situé hors de la ville. Certes, ce n’était pas sans besoin, le missionnaire n’avait pas où se loger et les chrétiens point de maison de prières.

    « En mars 1876, le P. Sabattier quittait son oratoire et la résidence de Liang-chou pour aller à Siutin aider le provicaire, M. Blettery. Il y était depuis un an, lorsque le 7 septembre arrive dans cette importante station le missionnaire qui devait remplacer M. Blettery, rappelé par Mgr Desflèches à Tchong-kin. Le P. Sabattier y accompagna le vénérable provicaire qu’il a toujours affectionné d’une manière spéciale. Ayant à choisir entre un nouveau district non éloigné de Tchong-kin, centre de la mission, et le séminaire de Pee-ko-chou, où il avait déjà fait ses premières armes, M. Sabattier préféra reprendre ses fonctions de professeur. Il fut chargé des cours d’Ecriture sainte, de Liturgie et de chant.

    « Il sut rendre cette dernière étude attrayante pour ses élèves. Né poète, il composait pour eux spécialement des cantiques et des chants latins, pleins de charmes, et qu’ils redisaient tous, sinon d’une voix harmonieuse (le Chinois n’est pas né musicien !), au moins avec beaucoup d’ardeur et d’entrain.

    « Le professorat lui laissant des loisirs, il les employait à la lecture et à l’étude. Peu de missionnaires ont lu ou écrit autant que le P. Sabattier. De la première à la dernière ligne il lut et relut l’histoire générale de l’Eglise de Rorhbacher ; avec une patience de vrai bénédictin, il copia une grammaire anglaise, une grammaire hébraïque et d’autres ouvrages dont il ne pouvait que très difficilement se procurer l’édition. Son imprimerie à lui était sa plume.

    « Ce serait le lieu de parler ici de ses nombreuses poésies presque toutes inédites et dont il a laissé un petit recueil. La note gaie se mêle aux accents de foi et aux traits d’esprit, le cœur du bon Père s’y révèle tout entier.

    « Lors de la première visite de Sa Grandeur Mgr de Tagaste au grand séminaire de l’Immaculée-Conception à Pee-ko-chou, le bon P. Sabattier qui se sentait le désir et encore la force de faire un peu de ministère, demanda à Mgr Coupat de lui donner un petit poste, où il aurait une résidence fixe et quelques chrétiens à l’entour. C’était son rêve, il fut réalisé, Monseigneur accéda à ses désirs, et lui donnant pour vicaire un jeune prêtre chinois, chargé de la visite des stations éloignées, il fut nommé à Tchang-cheou, avec résidence fixe à Pa-teou-ouan, site tranquille et solitaire et où il se plaisait tellement, qu’à part la visite des malades, il n’en franchissait pas le seuil deux fois par an.

    « Un confrère du voisinage venait tous les quinze jours s’asseoir à sa table, passer auprès de lui d’agréables instants et jouir du charme de sa conversation. A part cela, ses livses, la vie des Saints, l’Écriture sainte, la Somme de saint  Thomas et son chapelet, voilà les meilleurs amis avec lesquels il se plaisait à converser souvent et en compagnie desquels il se trouvait heureux.

    « Ses distractions étaient des œuvers de charité. Du matin au soir, et tous les jours, les petits mendiants assiégeaient sa porte, c’était presque une occupation pour les domestiques de leur porter le riz ou les sapèques. Lui-même allait souvent leur donner une plus riche aumône avec de bonnes paroles, et il était heureux de soulager la misère, même quand elle était le fruit de la paresse !…

    « M. Sabattier était charitable et généreux, il ne voulait jamais recevoir en Chine l’argent de son patrimoine de France, il disposa de sommes assez importantes qu’il possédait en faisant deux parts : l’une pour le Saint-Père, l’autre pour les pauvres.

    « A Pa-teou-ouan, sa générosité était bien connue des païens : ce fut à elle et aussi à l’imperturbable sang-froid qu’il montra toujours dans le danger, qu’on doit la conservation de la résidence et de l’oratoire, à l’époque des pillages et incendies de Tchong-kin et de Moutong, district distant seulement de sept à huit lieues de celui de Tchang-cheou.

    « C’est dans la pratique de toutes ces bonnes œuvres que l’an dernier il sentit comme une tumeur se former sous les côtes ; dès lors il éprouva un malaise général, il perdit le sommeil et l’appétit : il ne put que rarement célébrer la sainte messe et réciter son bréviaire. Les remèdes des médecins chinois ne produisirent aucun effet salutaire sinon un allègement à la souffrance. Mgr Coupat informé de cet état maladif, l’invita à monter à Tchong-kin pour consulter le médecin anglais et suivre un traitement. Le bon Père ne put se résoudre à quitter Pa-teou-ouan, et puis il était convaincu que tout remède serait désormais inutile. Cette tumeur ou cancer intérieur faisait de rapides progrès. Le cher malade devenait de jour en jour plus faible. Il se prépara à mourir dès qu’il eut reconnu, à l’enflure des jambes, qu’il n’y avait plus de guérison à espérer. Généreusement, il offrit à Dieu le sacrifice de sa vie. « Beaucoup des « anciennes connaissances et amis de Savoie, disait-il, croient qu’il y a longtemps que je suis « mort ! et puis, ajoutait-il (faisant allusion à tout ce qu’il avait souffert en Chine, avec une « âme si sensible que la sienne…), et puis…60 ans pour François Sabattier, c’est bien autant « que 80 pour d’autres ! A la volonté de Dieu ! »

    « Au moment où il recevait le saint Viatique étant en parfaite connaissance et lucidité d’esprit, il voulut qu’on lui apportât son ƒang-kin-mao ou barrette chinoise, la plaça sur sa tête comme s’il dût aller offrir le S. Sacrifice et monter à l’autel, puis, joignant les mains, il communia pieusement et renouvela au bon Dieu le sacrifice volontaire qu’il faisait de sa vie.

    « Le lendemain il reçut l’Extrême-Onction, puis entra en délire et enfin en une tranquille et calme agonie. De sa voix à demi éteinte il essayait de redire encore quelques cantiques à la sainte Vierge. « Je mourrai en chantant », avait-il écrit dans une de ses poésies… La prédiction fut réalisée : ses dernières paroles furent un essai de chant à Marie que sa voix entrecoupée et mourante voulait redire encore.

    « M. Sabattier aimait bien la sainte Vierge ! Espérons que cette bonne Mère par sa bienveillante intercession lui aura ouvert les portes de la bienheureuse éternité, et que sa voix se mêle aujourd’hui au concert des anges et des saints.

    « Sa dépouille mortelle est placée à côté de l’oratoire. Son tombeau s’élève sur cette terre qui fut le berceau de la foi au Su-tchuen oriental et qu’habita autrefois M. Moye, de vénérée mémoire : c’est à Pa-téou-ouan que ce zélé missionnaire était retiré secrètement pour se former à la langue chinoise, commencer son apostolat qui devait ensuite rayonner dans tout le Su-tchuen et le Kouy-tchéou.

    « Deux confrères qui l’avaient assisté dans ses derniers moments bénirent sa tombe ; plus de deux cents chrétiens récitèrent la prière des morts, et une foule compacte de païens assistait avec une tenue respectueuse, lorsque nous rendions les derniers devoirs au missionnaire qui fut toujours bon confrère, homme de foi, de prières et de sacrifices, aimant Dieu et la sainte Église. »

     

     

    • Numéro : 724
    • Pays : Chine
    • Année : 1858