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Émile QUERRY (1904-1990)

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    QUERRY Émile

    Né le 22 mars 1904 à La Chaux-de-Fonds, diocèse de Lausanne, Fribourg et Genève (canton de Neuchâtel, en Suisse)

    Entré au séminaire des Missions Étrangères le 10 septembre 1930

    Ordonné prêtre le 5 juillet 1936

    Parti pour le vicariat apostolique de Chengdu (province de Sichuan en Chine) le 15 septembre 1936

    Transféré au vicariat apostolique de Pakhoi (province de Guangxi en Chine) en janvier 1937

    Transféré au vicariat apostolique de Saïgon en mars 1942

    Décédé à Montbeton le 22 février 1990

     

    Émile Querry naquit le 22 mars 1904 à La Chaux-de-Fonds, dans le canton de Neuchâtel en Suisse. Son père, M. Victor Querry, était tonnelier, et sa mère, née Rosine Froidevaux, horlogère. Il fit ses études primaires, puis des études d’horlogerie à La Chaux-de-Fonds, et, comme il se sentait appelé au sacerdoce, il alla étudier la langue latine dans un séminaire pour vocations tardives, l’Institution N.-D. de Lourdes à Changis-sur-Marne. De là il demanda et obtint son admission au séminaire des Missions Étrangères où il entra le 10 septembre 1930 âgé de vingt-six ans.

    Son temps d’études au séminaire fut sans histoire, et il fut ordonné prêtre le 5 juillet 1936, en même temps que treize autres aspirants. Le soir de ce jour, M. Robert, alors supérieur général, lui donna comme destination Chengdu dans le Sichuan en Chine. Il quitta Marseille avec quinze autres jeunes missionnaires le 15 septembre suivant.

    Le vicariat apostolique de Chengdu était peuplé d’environ dix-huit millions de Chinois, dont trente-huit mille étaient catholiques, disséminés dans trente-cinq villes ou villages possédant un lieu de culte. Vingt-six missionnaires, quarante et un prêtres chinois et soixante-trois religieuses travaillaient à établir l’Église. Le vicariat possédait neuf petites écoles qui totalisaient cinq cent cinquante élèves, huit crèches peuplées de plus de deux mille enfants, six dispensaires et cinq hôpitaux. La guerre civile ravageait la province, aggravée par les inondations, le brigandage et la levée des emprunts obligatoires du gouvernement. Au milieu de ces calamités, prêtres et religieuses faisaient leur devoir, tel qu’il avait été défini par le délégué apostolique : « Notre devoir actuel est de prier, de travailler et de souffrir avec et pour la Chine, pour ceux qui combattent et meurent, pour les malades et les blessés, pour les réfugiés et les fugitifs. Nos églises, nos résidences sont ouvertes à tous ceux qui n’ont pas d’habitation, nos hôpitaux reçoivent et soignent les blessés, et tout ce que nous possédons est divisé entre les victimes de la guerre ».

    M. Querry voyagea avec M. Barthod, un autre jeune missionnaire destiné à la même Mission. Après avoir remonté le Fleuve Bleu de Shanghaï à Chongking, ils arrivèrent à destination le 17 novembre et furent accueillis à bras ouverts par les missionnaires et les prêtres chinois présents à Chengdu. « Durant les premiers jours qui suivirent son arrivée, M. Querry semblait heureux, mais à la fin de la première semaine il parut fuir la compagnie de ses confrères, et, finalement, s’enfermait dans sa chambre dont il ne sortait que pour se rendre au réfectoire, à l’examen particulier et à la prière du soir », écrivit Mgr Rouchouse, le vicaire apostolique. Le 15 décembre, M. Querry déclara qu’il voulait absolument rester missionnaire, mais quitter le Sichuan. Mgr Rouchouse, décelant des signes d’un début de dépression nerveuse, lui en donna la permission, et M. Querry quitta Chengdu trois jours plus tard. Il fit route pour Hongkong où l’attendait Mgr Deswazière, alors supérieur de la maison de Nazareth.

    M. Robert de passage à Hongkong, lui donna comme nouvelle destination le vicariat apostolique de Pakhoi dans le Guangxi, en Chine du Sud, à la frontière du Tonkin. Cette Mission, peuplée de près de six millions de Chinois, comprenait quatorze mille catholiques et un clergé composé de dix-sept missionnaires, neuf prêtres chinois et quatre-vingt-douze religieuses. Elle était responsable de quarante-quatre écoles, quatre crèches, cinq dispensaires et quatre hôpitaux. Dans cette province limitrophe de l’Indochine, on notait un très fort courant d’émigration, y compris parmi les chrétiens, vers le Tonkin et Singapore, émigration due à la misère aggravée par de trop lourds impôts.

    Mgr Pénicaud, le vicaire apostolique, envoya M. Querry commencer l’étude du chinois à Limkong, grosse paroisse aux chrétiens fervents. La guerre sino-japonaise avait commencé, et la ville de Pakhoi était survolée par des avions ennemis qui, à ce moment, ne lâchaient que des tracts, mais la population était inquiète. Pendant une visite à Pakhoi, M. Querry « amateur de belles images, prenait, sans malice aucune, la photographie d’une rue de Pakhoi lorsqu’il se vit arrêté comme un vulgaire espion japonais, conduit au commissariat de police, d’où on l’emmena à la prison de la sous-préfecture de Limzhou, où il resta trois jours ». Mgr Pénicaud eut beaucoup de mal à obtenir sa libération : il dut pendant une journée fermer l’hôpital où de nombreux militaires venaient se faire traiter, pour que l’autorité la lui accordât.

    Au mois d’octobre 1937, M. Querry fut nommé « socius » de M. Sonnefraud en l’île de Weizhou. Les chrétiens de cette grande île, longue de dix kilomètres, étaient disséminés et M. Sonnefraud attendait un compagnon depuis longtemps. Mais la guerre sino-japonaise s’intensifiait et l’île fut souvent bombardée. En juillet 1938 Mgr Pénicaud jugea sage d’envoyer M. Querry calmer ses nerfs à Hongkong pendant quelques mois. A son retour, il le garda près de lui à Pakhoi, lui confiant les fonctions d’aumônier à l’école des Frères des Écoles chrétiennes et à celle des Sœurs de Jésus et Marie. M. Querry s’adonna à cette tâche jusqu’en 1942. À cette date, Mgr Deswazière, qui avait succédé à Mgr Pénicaud, constatant que les bombardements incessants, puis l’occupation japonaise, le rendaient malade, jugea plus prudent de le faire partir en Indochine, qui était alors en paix, quoique partiellement occupée par les Japonais.

    M. Querry se rendit à Saïgon où Mgr Cassaigne, le vicaire apostolique, le nomma aumônier de l’école Taberd, grand collège de plus de mille élèves tenu par les Frères des Écoles chrétiennes, une communauté de près de cinquante religieux. M. Querry resta aumônier de cette école pendant quatorze années, coupées par un congé de six mois en Europe en 1947.

    Il célébrait la messe communautaire à six heures les jours de semaine, et à huit heures les dimanches. Les jeudis après-midi, il se tenait à la disposition des Frères qui voulaient se confesser. Il se chargeait de préparer les enfants à la première communion et à la communion solennelle. Ses cours étaient vivants, maintenant en alerte ses jeunes auditeurs. Le dimanche où les élèves faisaient leur communion solennelle, il leur adressait une allocution d’une dizaine de minutes, tout à fait à leur portée.

    Le 15 août 1945 marqua la fin de la deuxième guerre mondiale, et aussi le début de la guerre franco-vietnamienne. Le 2 septembre suivant, M. Querry fut arrêté, ainsi que d’autres missionnaires, conduit en prison, mais il eut la chance d’être relâché quelques heures plus tard sur ordre des Japonais, et il put rejoindre son école.

    Quand, à la suite de l’explosion de la Pyrotechnie le 8 avril 1946, l’école Taberd, qui depuis l’occupation japonaise s’était repliée dans une aile du séminaire Saint-Joseph, récupéra ses bâtiments, M. Querry jouit d’un petit appartement où les jeunes élèves prenaient plaisir à lui rendre visite, car ils pouvaient, tout à leur aise, feuilleter quelques illustrés. D’autres visiteurs venaient le voir pour lui confier leur montre qui avait besoin de réparation.

    Avec les Frères, ses rapports étaient empreints de cordialité. À l’époque des vacances, le Frère directeur lui offrait de les accompagner à Dalat. Il accepta plusieurs fois, mais se contenta de passer quelques jours à la montagne, dont il ne goûtait pas la fraîcheur.

    En 1956 Mgr Hiên, successeur de Mgr Cassaigne, demanda au P. Querry de s’occuper des Chinois de la région de Phan Thiêt. Le Père déclina l’offre, car sa connaissance du chinois était bien imparfaite, n’ayant guère eu le temps de l’apprendre, et encore moins l’occasion de le pratiquer depuis quatorze ans. Aussi, âgé de cinquante-deux ans, se résigna-t-il à regagner l’Europe.

    Il arriva à Paris le 9 juillet et partit se reposer en Suisse, car son état de santé était mauvais. En mars de l’année suivante, il fut affecté, sur sa demande, au Centre Catholique Chinois de Madagascar, et il arriva à Tamatave le 11 juillet 1957. La traversée de Marseille à la grande île lui avait été très pénible, et le climat de Tamatave ne lui convenait pas. Aussi, dès le 8 août suivant, demanda-t-il la permission de rentrer en Europe, ce qu’il fit sans délai. Son état nerveux l’obligea à se reposer de longs mois, et au début de 1959, il accepta la charge d’aumônier de l’institut International Miramonte à Montreux, au bord du lac Léman, où une soixantaine de jeunes filles de toute nationalité viennent pratiquer la langue française pendant une année, sous la direction de sept religieuses. Le P. Querry avait donc à faire des cours de religion aux élèves.

    En 1974, âgé de soixante-dix ans, le P. Querry demanda à se retirer à Lauris, mais, à cause de la difficulté où se trouvèrent les religieuses pour trouver un autre aumônier, il resta à Montreux. Quatre ans plus tard, il dut se faire opérer à l’hôpital de Vevey. En 1983 il se retira à la Maison Saint-Raphaël à Montbeton où il est décédé âgé de quatre-vingt-six ans le 22 février 1990.

     

     

    • Numéro : 3560
    • Pays : Chine Vietnam Madagascar
    • Année : 1936