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Raymond OLLIVIER (1905-1935)

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    M. OLLIVIER (Raymond-Henri), né le 20 décembre 1905, à Loriol (Valence, Drôme). Entré sous-diacre au Séminaire des Missions-Etrangères, le 13 sep­tembre 1929. Prêtre le 29 juin 1930. Parti pour Ningyuanfu, le 8 septem­bre 1930. Mort à Hanoï le 10 juillet 1935.

     

    De toutes les épreuves que la Mission de Ningyuanfu a subies au cours de l’année 1935, la plus pénible aura été la mort de M. Henri Ollivier, jeune missionnaire plein de zèle, dont l’apos­tolat s’annonçait des plus fructueux, et l’avenir des plus brillants. Né à Lorial, dans la Drôme, le 20 décembre 1905, M. Henri Olli­vier fit de très bonnes études au collège des Minimes à Lyon. C’est là qu’il fit sa Première Communion le 24 juillet 1917 ; là également qu’il vit naître sa vocation missionnaire.

    En novembre 1924 il entrait au séminaire d’Issy-les-Mouli­neaux. Cinq années de formation sulpicienne devaient laisser dans son âme une empreinte ineffaçable et dans son cœur un sou­venir reconnaissant. Il parlait souvent, et avec quel enthousiasme, de son cher Saint-Sulpice et de ses maîtres vénérés. De plus, cinq années de contact avec des jeunes gens venus de tous les coins de l’univers catholique ne firent qu’affermir sa vocation déjà solide. Ordonné sous-diacre le 25 mai 1929, il entra au Séminaire des Missions-Etrangères en septembre de la même année. Le 29 juin 1930, il recevait l’ordination sacerdotale des mains de Mgr de Gué­briant, et le soir du même jour, sa destination pour la Mission de Ningyuanfu. Le 11 septembre 1930, il s’embarquait à Marseille avec 12 de ses jeunes confrères.

    À la mi-décembre 1930, M. Ollivier arrivait à Ningyuanfu. Il racontait ainsi, avec humour son long et pénible voyage : « Vingt jours de cheval, de Yunnansen à Ningyuanfu ! ... disait-« il ; vous ne pouvez pas vous faire une, idée de ce voyage, des mon­tagnes que l’on gravit, « des fleuves que l’on traverse… à cheval, toujours à cheval, des précipices qu’on longe, des « bourbiers où l’on s’enlise, des auberges où l’on se repose. Au milieu de tout cela on sourit « quand même. Y a-t-il un danger ? La route et quelle route, (d’affreux raidillons tout en « escaliers) s’écroule­-t-elle ? Craint-on les brigands cachés dans les cirques sau­vages ? En une « prière on passe vite le mot au bon Dieu, et on chemine tranquillement... » Il apprit la langue chinoise avec une rapidité surprenante, et au bout de six mois il commençait à prêcher et à entendre les confessions. Il fut alors nommé curé de Mien-Lin, vaste district et importante sous-préfecture de plus de 5.000 habitants. Un an plus tard, il était transféré à Molot­chaikou. Il n’y resta pas longtemps, car bientôt après, il succé­dait, à Houilitcheou, au regretté M. Bettendorf.

    Houilitcheou est une importante ville de 15 à 20.000 âmes. On y attendait beaucoup du zèle ardent et intelligent du jeune mis­sionnaire. Clairvoyant et pratique, il savait que le meilleur moyen d’inculquer une foi profonde à ses néophytes était de leur donner une instruction religieuse solide et étendue. Il se mit à la tâche avec ardeur. Il s’intéressait beaucoup aux enfants leur faisant tous les jours le catéchisme, et s’occupant tout spécialement de leur formation. Les difficultés, il s’y attendait et ne se décourageait pas. Le jour de son départ de Paris, il résumait ainsi dans son carnet de notes le sermon que le regretté Mgr de Guébriant pro­nonça à la cérémonie du baisement des pieds : « Tâche difficile, extraordinaire, « impossible que celle du missionnaire. Et cependant tâche réelle, nécessaire, qui répond « parfaitement aux desseins de Notre-Seigneur instituant l’Eglise... Courage, confiance, grand « esprit de foi surnaturelle ! »

    Ce grand esprit de foi était bien la note dominante de sa vie. M. Ollivier avait une piété profonde et discrète, base de son apos­tolat et source de ses succès. Les qualités naturelles dont le bon Dieu l’avait comblé, l’aidaient immensément. Doué d’une mémoire prodigieuse, il se mit résolument à étudier la langue des Sauvages Lolos qu’il espérait évangéliser un jour. Un esprit d’ob­servation aigu et pénétrant lui permit de s’assimiler parfaitement les us et coutumes des Chinois et de connaître les qualités, et les défauts du peuple dont il avait la charge.

    Dans le petit groupe des Missionnaires de Ningyuanfu, M. Olli­vier donnait un ton toujours très soutenu de bonne humeur, de gaieté et de joie franche et cordiale. Sa bonté, sa simplicité, sa modestie le rendaient aimable à tous. Malheureusement sa santé, de tout temps très délicate, finit par donner des inquiétudes à son entourage. Aussitôt après les fêtes de Pâques 1935, son évêque lui conseillait d’aller se soigner au Tonkin. Il se mit en route et traversa le Yunnan, évitant à son insu, et d’une façon. presque miraculeuse, la rencontre de l’armée communiste. A Hanoï, une intervention chirurgicale fut jugée nécessaire et pratiquée. Ce fut alors qu’on découvrit une tuberculose intestinale déjà très avan­cée. Le mal l’avait atteint trop profondément et ses forces décli­nèrent rapidement. Ses derniers instants furent, hélas, attristés par les mauvaises nouvelles de sa chère Mission, alors en proie à l’invasion communiste ; mais quelle consolation et quelles béné­dictions ne furent pas pour lui les attentions assidues et bienveil­lantes des confrères de la Mission de Hanoï, et surtout de M. Vac­quier, son condisciple de Saint-Sulpice et de la rue du Bac. Ce fut de ses mains amies qu’il reçut pieusement l’Extrême-Onction. Et le 10 juillet s’offrant une suprême fois au bon Dieu pour sa Mission, ses confrères et sa famille, notre cher confrère s’en alla vers le bon Dieu qu’il avait tant aimé et si fidèlement servi.

     

     

     

     

     

     

     

    • Numéro : 3422
    • Pays : Chine
    • Année : 1930