Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Etienne OLLIER (1902-1978)

Add this

    Né le 14 juillet 1902 à Valloire (Savoie), diocèse de Saint-Jean-de-Maurienne

    Etudes secondaires à Valloire et à Suse (Italie) 1913-1918

    Entré aux Missions Etrangères le 22 octobre 1919

    Prêtre le 29 mai 1926

    Parti pour Bangkok le 20 septembre 1926

    En mission de 1926 à 1959

    En France : Ministères divers de 1960 à 1972

    Retiré à Montbeton en février 1972

    Décédé à Montbeton le 9 décembre 1978

     

     

    Enfance et jeunesse

     

    Etienne OLLIER naquit le 14 juillet 1902 à Valloire en Savoie dans le diocèse de Saint-Jean-de-Maurienne, dans une famille qui devait compter cinq enfants. Notre futur missionnaire était le deuxième. Ses parents étaient cultivateurs au hameau des Granges. Issu d’une famille très chrétienne avec une mère intransigeante en ce qui concernait la foi et les convictions religieuses, il ne pouvait que grandir dans cet esprit qui le conduisit au petit séminaire de Saint-Jean-de-Maurienne réfugié à Suse en Italie depuis la fin de 1906. Après ses études primaires à Valloire, c’est dans cet établissement qu’il fit ses études secondaires de 1913 à 1918.

    Etienne Ollier était d’un caractère calme et doux, même effacé, très droit et discipliné : ce qui a d’ailleurs été la caractéristique de toute sa vie. D’après ce que dit son frère, « il fit en un an les classes de 6e et de 5e. Il était très travailleur et je me souviens avoir vu ses bulletins de notes. On y constate qu’avec deux autres camarades, ils se partageaient tous les premiers prix. Je pense que sa vocation s’est précisée assez vite d’après ce que nous disait notre mère. Mais il n’en parlait pas souvent ».

    Ses études secondaires terminées, il entra au grand séminaire de Chambéry pour l’année 1918-1919. C’est le 1er octobre 1919, après avoir obtenu l’autorisation de l’évêque de Saint-Jean-de-Maurienne, qu’il fit sa demande d’admission aux Missions Etrangères. A cette occasion, les Supérieurs des petits et grands séminaires donnèrent leurs appréciations. En voici quelques extraits qui nous feront, mieux connaître le jeune Etienne Ollier. Le Supérieur du petit séminaire écrit « Sa piété est bien satisfaisante. Son caractère paraît assez bon, mais manque d’ouverture ; un peu timide. Ses moyens intellectuels sont bien suffisants. Pour la santé, il n’est pas de forte constitution, mais depuis quatre ans que je le connais, je ne l’ai jamais vu malade. »

    Le Supérieur du grand séminaire de Chambéry le présente d’une façon beaucoup plus pittoresque : « La physionomie, bien qu’elle soit d’un très honnête jeune homme, ne lui tient pas lieu, tout d’abord, de certificat. Monsieur Ollier est court de taille, timide, gêné et d’allure encore alpestre. On voit tout de suite l’enfant de la haute montagne. Les qualités d’âme finiront par enrichir même la physionomie, car il les pousse jusqu’à la délicatesse : très affectueux, très reconnaissant, quoique embarrassé pour se montrer tel. La plume lui rend, sous ce rapport, plus de services que la langue. Une intelligence moyenne, mais très capable de s’élever encore. Jeune homme sérieux, studieux, docile, d’une piété sincère. » Telles furent les appréciations des Supérieurs qui l’avaient connu de 1913 à 1919. Rien donc ne s’opposait à ce qu’il fût admis. De fait nous savons par les Archives qu’il fut admis le 13 octobre et qu’il entra à Bièvres le 22 du même mois pour y continuer ses études et se préparer au sacerdoce. Après son service militaire qu’il accomplit de novembre 1922 à mai 1924, il rentra au séminaire et y reprit ses études avec application et sans bruit. Ordonné prêtre le 20 mai 1926, il reçut sa destination pour la mission de Bangkok, et le 20 septembre, il s’embarqua pour la Thaïlande que l’on appelait alors le Siam.

     

    En mission en Thaïlande

     

    Arrivé à Bangkok le 24 octobre 1926, il fut envoyé à Lamsai pour y commencer l’étude de la langue pendant un an. Au mois de novembre 1927, il prit en charge le poste de Nongri. Il devait y rester jusqu’en 1934. Tout en administrant cette paroisse il poursuit activement l’étude du thai et du chinois. Il deviendra très expert en ces deux langues. C’est pourquoi on faisait souvent appel à lui pour des prédications de circonstance ou des retraites. C’était d’ailleurs un ministère qu’il aimait beaucoup et par lequel il donnait le meilleur de son âme. Après de brefs séjours à Chieng-Mai, Pétriu et Khorat pour des remplacements, il prit son premier congé en France en 1937-1938.

    À son retour, en avril 1938, il est nommé tout de suite à la paroisse chinoise du Rosaire, appelée aussi « Paroisse du Calvaire ». Il y travaille avec beaucoup de zèle pendant près de trois ans du mois d’avril 1938 au mois de janvier 1941. Il signale dans le compte rendu de 1939 que dans cette paroisse, il faudrait savoir, en plus du siamois, trois ou quatre dialectes chinois pour pouvoir entrer en relation avec tous les habitants. Il visite le plus assidûment possible les chrétiens : ce qui lui permet de mieux connaître les familles, de découvrir les situations plus ou moins régulières, de relancer les tièdes et de raccrocher ceux qui se sont plus ou moins éloignés de l’Eglise. Il remarque aussi que l’instruction chrétienne de ses paroissiens a besoin d’être complétée pour leur donner des convictions fortes et éclairées. Il s’y emploie avec ardeur et dans ses prédications et dans ses catéchismes. Pendant ces trois ans, il assure un ministère intense. Tout à son ministère sacerdotal, sans faire de bruit, il fait beaucoup de bien. Au mois de janvier 1941, il prend l’aumônerie du couvent Saint-Joseph pour un an. Mais dès le mois de janvier 1942, il est de nouveau, pour près de six ans, à la paroisse du Rosaire jusqu’à son congé en juin 1948. Son congé terminé, il reprend son poste au Rosaire du mois de septembre 1949 jusqu’au mois d’avril 1951. Comme l’aumônier du couvent des Amantes-de-la-Croix est décédé, on confie ce poste au P. Ollier. Il ne devait pas y rester bien longtemps car la confiance de ses confrères ainsi que l’estime des Supérieurs de la Société le désignèrent comme premier Supérieur régional de la Région missionnaire Thaïlande-Malaisie nouvellement érigée. C’était au mois de février 1952. Il devait occuper ce poste jusqu’au mois d’octobre 1959. Le rôle du Supérieur régional est surtout de visiter les confrères, de se rendre compte de leur situation, de leurs besoins, de leurs difficultés et éventuellement d’intervenir auprès des évêques pour aplanir les différends qui pourraient survenir. C’est une fonction délicate que le P. Ollier sut remplir au mieux, étant donné sa patience, son esprit surnaturel et son dévouement sans faille. Il voyage beaucoup à travers la Thaïlande et la Malaisie. Mais occasionnellement il ne refuse jamais de prêcher retraites, triduums, etc. On ne fait jamais appel à lui en vain. On peut vraiment dire que l’esprit de service est une de ses qualités majeures.

    En 1959, la région Malaisie-Singapore fut détachée de la Thaïlande pour des raisons de commodité. Le P. Ollier profita de cette circonstance pour donner sa démission et prendre un congé bien mérité après dix ans de travail ininterrompu. Il ne semble pas qu’il ait, à ce moment-là, quitté la Thaïlande sans espoir de retour. Mais tout un concours de circonstances, qu’il serait superflu de relater ici, le détermina à prendre du ministère en France.

    En France

     

    Il fut d’abord aumônier en Savoie jusqu’en 1962. C’est alors que l’on fit appel à lui pour se charger de l’aumônerie de la clinique Saint-Jean à Toulouse, tenue par les Sœurs des Missions Etrangères. De 1962 à 1972, il y déploya beaucoup de zèle auprès des malades, mais toujours avec une discrétion remarquable, sans vouloir jamais s’imposer. Il savait être patient et poursuivre lentement des « marches d’approche » dans les visites régulières qu’il faisait aux personnes en traitement.

    Avec les ans, il fut atteint d’une cataracte double, une cataracte qui n’en finissait pas de mûrir et que l’on ne pouvait opérer. Il en arriva au point de ne plus pouvoir accomplir facilement son ministère. C’est pourquoi, à la demande de ses Supérieurs, il se résigna à quitter la clinique le 18 avril 1972 pour se retirer à Montbeton.

    À ce propos, il écrivait le 2 février 1972 à l’un des assistants du Supérieur général : « Je suppose que mes Supérieurs n’ont pas pris à la légère la décision que vous êtes venu m’annoncer. Comme ils sont pour moi les représentants de Dieu, j’aurais trop peur d’aller contre la volonté même de Dieu en refusant de me conformer à cette décision. Je n’en porte pas la responsabilité, mais je porterais la responsabilité de mon refus. » Ces quelques lignes montrent que ce fut pour lui une grande souffrance, mais il n’en fit rien paraître et rien ne laissa soupçonner la peine qu’il en éprouva.

    À Montbeton, sans qu’il l’eut recherché de quelque manière, sa piété profonde apparut aux yeux de tous : charité à l’égard des confrères, surtout les plus handicapés, discrétion, dévotion envers la sainte Vierge. Sans qu’il s’en doutât, son influence se faisait sentir sur toute la communauté. Comme à Toulouse, cette influence continuait à s’exercer sur d’assez nombreuses personnes qui lui rendaient fréquemment visite.

    Visite en Thaïlande : Ses anciens paroissiens de Thaïlande désiraient le revoir. Ils l’avaient souvent invité, s’offrant même à lui rembourser tous les frais du voyage. Profitant d’une occasion qui lui était offerte par l’Abbé Rives, Directeur des « Amis de l’Institut catholique de Toulouse » qui tenait à avoir le P. Ollier pour un périple en Thaïlande, il se décida à entreprendre ce voyage. Le docteur ne s’y opposait pas ; bien plus il lui conseillait de prendre cette détente. C’était en avril 1976. Son séjour de 15 jours dépassa tout ce qu’il attendait et lui prouva à l’évidence combien ses chrétiens lui étaient restés attachés.

    Au mois de mai 1976, il fêta ses Noces d’Or. Le 1er juillet, il remerciait le Supérieur général de sa lettre à cette occasion, s’excusant de ne pas avoir répondu plus tôt, car il avait été très occupé par la rédaction et la mise au point de sa relation de voyage dans laquelle il relate par le menu tous les détails de cette visite.

    Avec les années sa santé s’altérait et sa vue continuait à baisser. Pendant les derniers mois de sa vie, la lecture lui était devenue presque impossible. Au mois de novembre, après quelques avertissements qu’il avait négligés, il fut atteint d’une paralysie assez légère. Le médecin espérait qu’il pourrait sans tarder retrouver l’usage de ses membres. En fait, quelques jours après, le cas se révéla plus grave qu’on ne l’avait cru au début. Il fut hospitalisé à Montauban. Un spécialiste découvrit la cause de cette paralysie : une très grave artérite. Il lui proposa l’opération de la dernière chance, sans lui laisser cependant trop d’espoir. En réalité l’opération ne produisit pas le résultat escompté et quelques jours après, le 9 décembre 1978, le P. Ollier décéda après une longue agonie.

    Le P. Ollier a été très certainement un vaillant missionnaire et un saint prêtre, très attaché à son devoir dans tous les postes qu’il a occupés, aussi bien en Thaïlande qu’en France. Tous ceux qui l’ont connu peuvent en témoigner. Doué d’une grande énergie, il est allé, sans bruit, droit son chemin. Seul pour lui comptait le « devoir d’état » dans toutes ses exigences. Mais il n’a jamais réussi à se débarrasser de cette timidité que signalait le Supérieur du grand séminaire de Chambéry. Il avait toujours un certain air « embarrassé », hésitant, qui donnait le change sur la valeur de sa personnalité. Comme le note très justement le Père Supérieur de Montbeton, il a fait beaucoup de bien et exercé une forte influence beaucoup plus par ce qu’il était en profondeur que par ce qu’il paraissait. Le Seigneur qui voit le fond des cœurs aura su l’en récompenser.

     

    • Numéro : 3323
    • Pays : Thailande
    • Année : 1926