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Michel OLÇOMENDY (1901-1977)

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    Monseigneur Michel OLÇOMENDY

    Archevêque de Singapore

    1901 - 1977

    Né le 27 août 1901 à St-Etienne-de-Baigorry : Bayonne (Pyr. Atlant.).

    Entré aux Missions Etrangères le 11 septembre 1925.

    Prêtre le 29 mai 1926.

    Parti pour Malacca le 12 septembre 1926.

    Vicaire général en 1937.

    Evêque de Malacca le 21 janvier 1947.

    Archevêque de Singapore le 19 septembre 1953.

    Décédé à Singapore le 4 juillet 1977.

     

    Enfance et jeunesse

     

    Michel OLÇOMENDY naquit le 27 août 1901 à St-Etienne-de-Baigorry au diocèse de Bayonne. Ses études primaires et secondaires terminées, il entra au grand séminaire de Bayonne et y poursuivit ses études jusqu’à la réception du sous-diaconat. Il eut comme professeurs le Chanoine Mathieu, futur évêque de Dax et le Chanoine Théas, futur évêque de Lourdes, avec lequel il resta lié tout au long de sa vie. En 1974, il visita Mgr Théas dans sa retraite de Bétharram.

    C’est le 10 mai 1925 qu’il adressa sa demande d’admission aux Missions Etrangères. Il est intéressant de noter l’appréciation que donnait alors le Supérieur du grand séminaire de Bayonne : « Nous n’avons que d’excellents renseignements à vous donner sur M. Michel Olçomendy. C’est un très bon sujet à tous points de vue. Nous serons heureux de le voir arriver aux Missions pour le bien des Missions Etrangères ». Michel Olçomendy fut donc admis le 16 mai et entra au séminaire de la rue du Bac le 11 septembre 1925.

    Aux Missions Étrangères

     

    Comme il était déjà sous-diacre, il ne fit qu’une année à la Rue du Bac pour terminer ses études. Ordonné prêtre le 29 mai 1926, il reçut sa destination pour la mission de Malacca, car toute la Malaisie, y compris Singapore, ne formait à cette époque qu’un seul diocèse alors qu’il y en a quatre à l’heure actuelle. Après un mois de séjour en famille et ses préparatifs achevés, le jeune Père Olçomendy s’embarqua le 12 septembre 1926.

    En Mission

    Au bout d’un mois environ de traversée, il arrivait dans sa mission. Il fut sans tarder envoyé à Kuala Lumpur avec le Père Hermann pour se livrer à l’étude de l’anglais et du tamoul. Il se mit avec ardeur à l’étude de ces deux langues. Au bout d’un an, il fut envoyé à la paroisse St-Louis de Taiping. Grâce à une connaissance suffisante du tamoul, il put exercer son ministère auprès des Indiens, non seulement en ville mais aussi dans les dessertes des plantations de caoutchouc des environs. Pendant les 10 ans qu’il resta à Taiping, il développa sa connaissance du tamoul et arriva  à parler cette langue avec une aisance remarquable.

    En 1937, nous le trouvons à la paroisse N.-D. de Lourdes à Singapore. Il s’occupait, en plus, de plusieurs plantations situées dans le sud de l’Etat de Johore. Pendant la semaine on le voyait gagner l’une ou l’autre de ces plantations pour s’occuper des chrétiens indiens qui y travaillaient. Pendant les années où il fut curé de N.-D. de Lourdes, il consacra aussi beaucoup de temps au journal catholique du diocèse, appelé alors « Leader catholique de Malaisie ». Son aide se traduisait par des conseils et des secours financiers.

    Le P. Olçomendy traversa des moments pénibles au cours de la guerre anglo-japonaise, particulièrement avant la prise de Singapore, le 15 février 1942. Le presbytère et l’église furent gravement endommagés par les bombardements de l’artillerie et de l’aviation japonaises. Plus tard, grâce à ses efforts incessants et aussi grâce à l’amabilité de quelques hautes personnalités japonaises, le presbytère et l’église furent restaurés.

    Au début de l’occupation japonaise, le P. Olçomendy pouvait encore circuler dans sa  « Fiat » couleur marron. Mais un beau matin, il s’aperçut qu’on lui avait volé les 4 roues. C’est à partir de ce moment qu’on le vit circuler à bicyclette, pédalant dans les rues de Singapore avec sa soutane blanche et son casque « colonial », sa longue barbe au vent, pour aller visiter et secourir ses paroissiens.

    Tout en étant curé de N.-D.-de-Lourdes, il était aussi Vicaire général depuis 1937. Il exerça cette fonction jusqu’à la mort de Mgr Devals décédé à Seramban le 17 janvier 1945. Il fut alors nommé Vicaire capitulaire et le poids de l’administration de tout le diocèse de Malacca reposa sur ses larges épaules. Cette situation dura jusqu’au 9 janvier 1947. C’est à cette date qu’il fut promu à l’épiscopat et mis à la tête du diocèse de Malacca.

    L’Episcopat

     

    Monseigneur Olçomendy reçut l’ordination épiscopale des mains de Mgr Provost, Vicaire apostolique de Rangoon (Birmanie) assisté de Mgr Falière de Mandalay (Birmanie) et de Mgr Chabalier de Phnompenh.

    Le 19 septembre 1953 il fut élevé à la dignité d’Archevêque de Malacca ; c’était aussi l’année du quatrième centenaire de la mort de saint François-Xavier.

    Peu de temps après se produisit un événement important, source de joie et de consolation pour Mgr Olçomendy : ce fut l’érection des deux diocèses de Kuala Lumpur et de Penang, par division de l’Archevêché de Malacca. L’annonce en fut faite par Mgr olçomendy le 13 mars 1955. A la tête du diocèse de Kuala Lumpur, le St-Siège plaçait le Père Vendargon, indien, curé de la paroisse St-Antoine à Kuala Lumpur. Le Père Francis Chan, chinois, curé de la paroisse N.-D. de la Nativité à Serangoon, devenait le premier évêque de Penang.

    De ce fait, Mgr Olçomendy était moins chargé. Il ne lui restait plus que l’État de Singapore, celui de Johore et celui de Malacca au sud de la Malaisie.

    Cette situation présentait encore des difficultés. En effet, après un essai de Fédération  « Malaysia-Singapore », l’Etat de Singapore reprit son indépendance. On se trouvait donc en présence de deux pays différents. La Malaisie ne voyait pas d’un très bon œil que deux de ses Etats soient sous la juridiction d’un archevêque résidant à Singapore et qui plus est citoyen de Singapore comme Mgr Olçomendy l’était devenu depuis bien des années. De plus, étant donné qu’il s’agissait de pays différents, les prêtres résidant à Singapore ne pouvaient être envoyés dans la partie « Malaysia » de l’archidiocèse. C’est pourquoi Mgr Olçomendy demanda la création d’un nouveau diocèse, Malacca-Johore, séparé de Singapore proprement dit. C’est le 18 février 1973 qu’eut lieu l’érection de ce nouveau diocèse à la tête duquel fut placé Monseigneur James Chan. A la même époque fut créée la province ecclésiastique de Malaysia avec un nouvel archevêché à Kuala Lumpur, capitale de la Fédération. Par le fait même le champ d’apostolat de Mgr Olçomendy se réduisait à l’île de Singapore.

    Avec un territoire réduit, le travail et les soucis étaient moins lourds pour Mgr Olçomendy devenu archevêque de Singapore, mais les années s’accumulaient et sa santé donnait des inquiétudes. Il avait participé au Concile Vatican II ; il était également venu à l’Assemblée générale de la Société des Missions Etrangères en août 1974 et y avait fait plusieurs interventions remarquées.

    Les 75 ans approchant, Mgr Olçomendy donna sa démission, mais avant qu’elle fût acceptée, une crise cardiaque, fin août 1976, le laissait partiellement gêné dans sa marche. Après plusieurs semaines d’hospitalisation il allait loger à la maison des prêtres âgés chez les Petites Sœurs des Pauvres à Singapore et c’est là qu’il apprit, en février 1977, la nomination de son successeur, Mgr Yong, un prêtre qu’il avait ordonné, envoyé se former à Rome, puis ordonné évêque de Penang. Mgr Olçomendy pouvait donc se reposer tranquillement. L’archidiocèse de Singapore était en de bonnes mains.

    Profondément attaché à Singapore, Mgr Olçomendy voulait y terminer ses jours. Retiré chez les Petites Sœurs des Pauvres, il menait une vie paisible et consacrait la majeure partie de son temps à la prière. Rien ne laissait prévoir une issue fatale à bref délai. Cependant une seconde attaque cardiaque l’emporta alors qu’il était à la chapelle, faisant sa visite au Saint Sacrement ! C’était le 4 juillet 1977, presqu’au terme de sa 76e année après plus de 50 ans d’apostolat actif en Malaisie.

    Telles sont les grandes lignes de la vie missionnaire de Monseigneur Michel Olçomendy. Maintenant, grâce aux notes d’un confrère qui l’a bien connu, essayons de dégager les caractéristiques de sa vie.

    Son esprit de foi et sa piété : « Vicaire général pendant une dizaine d’années, Vicaire capitulaire pendant 2 ans, évêque pendant 30 ans, les épreuves parfois lourdes ne lui manquèrent pas : critiques, intrigues conscientes ou non, situations difficiles pendant l’occupation japonaise, jamais Mgr Olçomendy ne se laissa abattre. C’est grâce à la prière, l’union à Dieu et une foi vive qu’il a pu mener à bien sa tâche. Chaque jour fidèle à l’oraison et à la visite au St Sacrement, c’est près du Seigneur qu’il puisa toute sa vie la force de faire face à tout son devoir.

    Sa très grande bonté : « On pourrait dire de lui qu’à l’image du Christ « il a passé en faisant le bien ». Ferme et exigeant sur les principes, il était patient et bon. Jamais une parole contre qui que ce soit, parlant bien des personnes et pensant du bien d’elles. « Le bon Dieu, disait-il, m’a fait la grâce chaque matin de ne me souvenir que du bien que l’on m’a fait et d’oublier les manques d’égard ou les injustices à mon endroit ». Aussi portait-il toujours un jugement bienveillant sur les personnes, essayant de trouver des excuses à leurs errements et leurs maladresses, pardonnant toujours.

    « Sa bonté pour les prêtres, les religieux et religieuses, les pauvres et les malades était proverbiale. Sa porte était toujours ouverte. Il se faisait un devoir de visiter fréquemment ses prêtres malades. Il était très soucieux de la réputation de ses prêtres et ne parlait d’eux qu’en bien ou se taisait s’il ne pouvait faire autrement. Il leur laissait une très grande initiative dès qu’ils faisaient le bien. Respectueux des personnes, il leur laissait une large part de liberté ».

    Son activité apostolique : « Par tempérament et par formation, Monseigneur Olçomendy n’était pas un évêque avec « une pastorale d’ensembles », comme on dirait aujourd’hui. Mais il avait son intuition pastorale. Pour lui, dans le contexte de Singapore-Malaysia, la paroisse était la base nécessaire à toute vie chrétienne, à tout apostolat et il voulait que les paroisses ne soient pas trop grosses de manière à ce que les prêtres puissent bien connaître les chrétiens, mais aussi — et il y tenait — donner du temps aux non-chrétiens. Entre 1957 et 1977, dans l’île de Singapore, treize nouvelles paroisses furent créées. — L’apostolat des « laïcs » fut aussi une de ses priorités : JOC, JEC, Mouvement des Foyers, Apostolat de l’Enfance trouvèrent en lui encouragement et aide effective. Il les voulut dans le diocèse et détacha des prêtres comme aumôniers à plein temps. Il voulut aussi des permanents et encouragea la formation des dirigeants. Et si plus tard il fut parfois dérouté par les positions prises par certains de ces mouvements, il ne leur retira pas sa confiance. Légion de Marie et Conférence de St-Vincent de Paul étaient davantage dans sa ligne, mais comme il aimait le répéter « Il y a du bien à faire partout ».

    Prudence dans son administration : « Assurément, Mgr Olçomendy prenait son temps avant d’en venir à une décision. On le trouvait, sinon indécis, au moins lent. Il faut reconnaître qu’il eut, au cours de son épiscopat, à faire face à des situations parfois fort complexes et délicates. Il répétait souvent ce propos du premier Procureur de la Société à Rome : « Seul le temps peut révéler la vérité sur les choses et les personnes ». Au cours de la célébration de ses Noces d’Or sacerdotales à la cathédrale de Singapore, le 29 mai 1976, un laïc, Monsieur Cyril Chew, lui présenta les vœux et les félicitations de tous les catholiques de l’Archidiocèse. Dans son allocution, l’orateur rendit hommage à la sage lenteur de Mgr Olçomendy, en notant que des esprits superficiels l’avaient parfois interprétée comme une ouverture tardive à certains problèmes, alors que dans bien des cas les solutions immédiates n’existent pas. Et Monsieur Chew de conclure que par sa patience, Mgr Olçomendy avait obtenu des résultats qui inspiraient confiance en son sens des responsabilités ».

    Son tact, sa discrétion, son respect pour autrui, quelles que fussent leurs vues, lui valaient l’estime des autorités civiles et des responsables des différentes religions avec lesquels il entretenait des rapports amicaux et de bonnes relations. La paix religieuse qui a marqué ses 30 ans d’épiscopat fut due pour une grande part à son attitude.

    Il faut aussi noter l’essor de la communauté catholique de Singapore pendant l’épiscopat de Mgr Olçomendy. En plus des nouvelles paroisses qu’il fonda, il sut, quand la chose était possible, ne pas laisser passer les occasions de faire venir du personnel. Bien des Congrégations — hommes et femmes — acceptèrent de venir travailler à Singapore quand il les appela. Il accepta aussi dans son immense diocèse d’alors (toute la Malaisie) de nombreux prêtres expulsés de Chine continentale après 1950.

    Notons encore ses relations fraternelles et amicales avec Monseigneur Van Melckebeke résidant à Singapore comme visiteur apostolique pour les Chinois de la « diaspora ».

    Pour terminer citons le dernier paragraphe d’un article du Journal catholique de Singapore à l’occasion de la mort de Mgr Olçomendy. Le titre de cet article est : « Un homme de prière — Il est mort comme il a vécu : en priant » Et voici le dernier paragraphe : « Il est impossible d’exprimer adéquatement la dette de reconnaissance que tout catholique en Malaysia et à Singapore a envers notre dernier et bien-aimé archevêque Mgr Olçomendy. Ce qui nous reste à faire c’est de nous souvenir de lui dans nos vies, de prier pour lui et d’être comme lui « un homme de prière».

    • Numéro : 3315
    • Pays : Malaisie Singapore
    • Année : 1926