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Charles NIVET (1873-1922)

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    Charles-Gabriel-Alphonse Nivet naquit à Paris le 15 août 1873. Entré d’abord au Séminaire de Saint-Sulpice, il y conquit facilement le diplôme de bachelier en philosophie scolastique et entra le 15 septembre 1893 au Séminaire des Missions-Étrangères.

    Destiné à la Mission du Tonkin Méridional, il arriva à Xa-Doai le 13 janvier 1897. Après un séjour de quelques mois dans la chrétienté de Tan-loc, il fut envoyé en octobre seconder M. Frichot, provicaire, chargé du poste de Nghe-yen, et dont les forces commençaient à décliner sensiblement. Un an après ( octobre 1898 ), M. Frichot étant mort, M. Nivet lui succéda comme chef du district de Nghe-Yen, et il garda ce poste jusqu’en août 1903, où il fut nommé professeur au grand séminaire de Xa-Doai. Il n’enseigna guère que pendant un an, sa santé délabrée ayant exigé, en octobre 1904, un séjour au Sanatorium de Béthanie.

    À son retour, il fut chargé, sinon de créer, du moins de rétablir le poste de Lac-Son, abandonné depuis plus de vingt ans, faute de personnel. La région de Lac-Son étant peu salubre, la santé de notre confrère se trouva de nouveau, au bout de quelques années, gravement compromise, et il obtint de rentrer en France en août 1909.

    Revenu au Tonkin au début de 1911, il fut d’abord placé à la tête du district de Mau-Lam, avec résidence à Xa-Doai ; puis, à la fin de la même année, il fut chargé d’organiser le district du Ngan-Pho, avec résidence à Ke-Mui. En 1914, M. Guignard, chef du district de Van-Loc, ayant dû rentrer en France, M. Nivet lui succéda ; mais en 1917, peu après le retour de M. Guignard, il reprit le poste de Ke-Mui, où il resta jusqu’à sa mort.

    Tels sont les différents postes où, pendant 25 ans, s’exerça l’activité de notre confrère. Dans aucun, les difficultés, déboires et tribulations ne lui manquèrent. D’une complexion très délicate et d’une santé toujours précaire, il eut beaucoup à souffrir dans son corps. Pour l’œuvre de la conversion des païens, il avait beaucoup de zèle et d’initiative ; ennemi de la routine, il quittait facilement l’ornière commune, quand le tracé lui paraissait défectueux. Jouissant d’une certaine fortune, dont il n’usa jamais pour lui personnellement, il s’appliqua tout spécialement à créer quelques revenus dans les différents postes qu’il occupa, et à acquérir des terrains pour l’établissement des nouveaux chrétiens. Il avait une belle intelligence, vive et pénétrante, et son esprit, fertile en ressources, était toujours en éveil, toujours en quête de nouvelles combinaisons, tantôt pour obtenir la cession de quelques parcelles de terre, tantôt pour amorcer une affaire intéressant la conversion d’une famille ou d’un village, tantôt pour mener à bien un procès difficile ou résoudre une question épineuse. On ne saurait dire combien d’affaires il entreprit, combien de dépenses et de tracas il assuma ainsi, pendant 25 ans, toujours dans l’intention de servir la cause des nouveaux chrétiens et des futurs catéchumènes. Il va sans dire que le succès ne répondit pas toujours aux efforts qu’il déploya, mais comme, devant Dieu, le mérite ne se mesure pas aux résultats obtenus, nous avons la douce confiance que lorsque la mort est venue si brusquement interrompre ses travaux, la récompense aura été vraiment « merces copiosa in cœlis »

    Voici comment le Bulletin de Septembre 1922 a  rendu compte de la fin tout à fait inopinée de M. Nivet : « Au commencement d’août, notre confrère, qui depuis quelques jours ressentait une fatigue générale accompagnée de fièvre, descendait à Vinh pour y prendre du repos . La fièvre persistant, le médecin diagnostiqua un phlegmon ou une furonculose en voie de formation. Le Père entra à l’hôpital le 8 août. A la furonculose vint s’ajouter une broncho-pneumonie, mais sans aucun caractère de gravité spéciale. Le 14 août, à la visite de l’après-midi, vers 5 heures, le docteur ne trouva rien d’alarmant dans l’état du malade. A 9 h. ½ du soir, le Père qui était  assis, tomba ou s’affaissa sur le sol ; au bruit de la chute, les infirmiers accoururent et relevèrent notre confrère, mais quelques minutes après, il avait cessé de vivre. On pense qu’il a succombé à une embolie. Le corps transporté à Xa-Doai fut inhumé le 16 août dans le cimetière de la Mission. Mgr Eloy présida les funérailles, entouré de 14 missionnaires, du clergé de la paroisse et des élèves de nos Séminaires. »

    • Numéro : 2256
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1896