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Honoré NICOLAS (1848-1908)

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    Honoré-Jules Nicolas naquit à Gimécourt, au diocèse de Verdun (Meuse). Il était diacre quand il entra au Séminaire des Missions-Étrangères le 24 avril 1873. Ordonné prêtre le 7 juin suivant, il partit le 28 janvier 1874 pour la mission de Pondichéry.

    Dès son arrivée, il se livra à l’étude des langues avec ardeur et bientôt fut à même de travailler au ministère des âmes. En 1875, il fut envoyé à Vadugarpatty, comme vicaire de M. Faure. Mais il ne fit que passer dans ce poste et, l’année suivante, il était chargé du district de Tennoor où il resta une dizaine d’années.

    Ce district avait alors près de quatre mille chrétiens ; le presbytère n’était qu’une petite maison en terre couverte de chaume, mesurant, à peu près, 3 à 4 mètres de côté : l’église aussi était bien pauvre. Certaines chrétientés étaient situées à 20 milles de distance du chef-lieu, ce qui en rendait l’administration plus difficile.

    M. Nicolas était à peine installé dans son nouveau poste, lorsque commença la grande famine. Grâce aux secours reçus du gouver­nement, le missionnaire put venir efficacement en aide à ses chrétiens et même aux païens des environs. Mais quel travail ! Jour et nuit, les pauvres affamés encombraient son habitation. Ils arrivaient comme des squelettes ambulants. Épuisés par la faim et de trop longues souffrances, plusieurs succombaient devant le presbytère. On voyait partout des morts et des mourants. Le Père eut la consolation de baptiser un bon nombre de ces infortunés à l’article de la mort. Cet épouvantable fléau, accompagné du choléra, de la fièvre et d’une foule d’autres épidémies causées par la misère, dura trois longues années.

    Après la famine, M. Nicolas put s’occuper davantage de la formation spirituelle de ses chrétiens.

    Il observait consciencieusement le précepte que saint Paul donne à Timothée dans sa deuxième épître : Prœdica verbum, insta opportune, importune, argue, increpa, obsecra, etc. (IV, 2). Il prêchait beaucoup. Parfois, dans la chaleur de l’action, il lui échappait bien quelque phrase que la grammaire aurait pu critiquer, mais il cherchait surtout à se faire comprendre.

    A côté de Tennoor se trouve une nombreuse chrétienté goanaise. Plus d’une fois, le voisinage du prêtre goanais causa à M. Nicolas des soucis et des tracas, par suite de la différence de la juridiction. Néanm­oins, il passa dans ce district de Tennoor dix années bien employées. C’est alors que le diabète commença à attaquer sa forte constitution. Il fut appelé à Pondichéry, puis envoyé à Karikal afin de pouvoir plus facilement recevoir les soins nécessaires. Mais le mal suivait son cours, et en 1889 notre confrère fut obligé de faire un voyage en France. Revenu dans sa mission l’année suivante, il fut chargé du district de Manaloor à 7 ou 8 milles au nord de Kumbaconam ; puis en 1892, de celui d’Akkravaram, bonne chrétienté située au pied des montagnes du Sarvamalei. En 1894, il fut envoyé à Salem. Mais la maladie, qui l’avait repris peu après son retour de France, le contraignit à retourner au pays natal ; il rentra dans le diocèse de Verdun, où il est mort, curé de la petite paroisse de Ugny, le 20 septembre 1908.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    • Numéro : 1184
    • Pays : Inde
    • Année : 1874