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Jean-Baptiste JULIEN (1852-1886)

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    « Messager de nouvelles pénibles, écrivait le P. Héry à son Vicaire Apostolique, je remplis encore une fois une douloureuse mission en vous annonçant la mort de notre cher confrère le P. Julien, décédé à Ké-Bang, le 14 avril, à deux heures et demie du soir, d'un accès de fièvre pernicieuse.

    «Nul doute que le voyage du cher Père, à la montagne, pour rechercher le corps de son malheureux chrétien emporté par le tigre, ne lui ait été mortel. A la suite de fatigues extrêmes, la fièvre qui le tourmentait déjà, changeant aussitôt de caractère, devint insidieuse, sans présenter extérieurement aucun signe bien grave. Quand elle éclata, elle fut foudroyante, et malheureusement il n'y avait per­sonne pour administrer au cher malade un remède énergique qui seul pouvait peut-être le sauver.

    « Le lundi, le P. Julien eut une journée bien pénible, changeant de place sans cesse et ne trouvant de repos nulle part. La nuit fut plus agitée encore que le jour, mais personne n'eut. la pensée de croire à une grave maladie.

    « Le mardi, il essaya de se lever pour célébrer la sainte messe, mais il n'eut que la force de passer dans la salle commune et de s'étendre sur une natte, d'où, hélas! il ne s'est plus relevé. Le cher Père s'entretint cependant gaiement avec le P. Chu. Il se disait guéri, faisait des projets de voyage à Dong-Hoï aussitôt Pâques arrivé. Quand le P. Chu l'eut quitté pour réciter son bréviaire, le P. Julien se fit donner un livre, puis quelques instants après il entra en délire. En rentrant, le P. Chu s'aperçut que la paralysie avait gagné la langue. C'est à ce moment que les médecins furent appelés et déclarèrent leur science impuissante. Un remède cependant fut essayé mais sans résultat.

    « Le lendemain, le cher confrère reçut l'Extrême-Onction et à ce moment, le bon Dieu lui rendit l'usage de son intelligence; en même temps, un courrier venait me chercher. Je partis immédiatement, mais n'arrivai pas à temps pour recevoir le dernier soupir du cher mourant. L'inhumation s'est faite au milieu d'un concours très considérable de chrétiens qui n'avaient cessé de prier pour le repos de l'âme de leur missionnaire. »

    Nous avons le regret de ne connaître aucun détail sur la carrière apostolique de M. Julien. Né à Barges, au diocèse du Puy, le 16 novembre 1852, il était entré, au mois de septembre 1874, au séminaire de Paris. C'est à la fin de 1877 qu'il en était parti pour sa mission de Cochinchine septentrionale.

     

    • Numéro : 1361
    • Pays : Vietnam
    • Année : 1877