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Marc JORDAN (1921-1994)

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    Marc, Eugène JORDAN naquit le 1er juin 1921, à Jouvernex, un hameau de la commune de Margencel, sur la rive française du lac Léman, diocèse d'Annecy, département de la Haute Savoie. Fils de Louis et de Clémence Vincent, cultivateurs, la famille comptait trois garçons et deux filles. Son père gravement blessé pendant la grande guerre, mourut à l'âge de 55 ans. Sa mère vécut jusqu'à l'âge de 90 ans.

     

    Après ses études primaires à Margencel, M.Marc Jordan fit ses études secondaires au petit séminaire de Thonon-les-Bains de 1932 à 1939. En octobre 1940, il se dirigea vers le grand séminaire d'Annecy; en juillet 1941, il fut incorporé dans les "Chantiers de la Jeunesse" dans le massif de la Chartreuse. Démobilisé huit mois après, il regagna le grand séminaire d'Annecy. Se sentant menacé par le Service du Travail Obligatoire (STO), il prit le maquis durant quelques temps, enfin, il réussit à régulariser sa situation en tant que "cultivateur, dispensé jusqu'à nouvel ordre.."

     

    Le 14 novembre 1944, M.Marc Jordan entra, lecteur, au séminaire des Missions Etrangères. Sous-diacre le 16 avril 1946, diacre le 29 juin 1946, ordonné prêtre le 21 décembre 1946, en l'église St.Ignace au 33, rue de Sèvres, à Paris, par Mgr. Charles Lemaire, supérieur général des Missions Etrangères, il reçut le 14 février 1947, sa destination pour le vicariat apostolique de Mandalay, qu'il partit rejoindre le 6 mai 1947. M.Marc Jordan avait été agrégé à la Société des Missions Etrangères, le 18 avril 1947.

     

    Accueilli à Mandalay par Mgr. Albert Falière, il commença l'étude de l'anglais à l'évêché. Tombé malade, il fut transféré à la léproserie St. Jean où les religieuses Franciscaines Missionnaires de Marie, l'ayant soigné du typhus et de la paratyphoïde, le gardèrent comme aumônier durant huit mois. Pendant ce temps, il perfectionna son anglais et commença l'étude du birman, avec comme professeur, un lépreux païen.

     

    En mars 1948, envoyé à Mindat, centre administratif chin à 4.800 pieds d'altitude, auprès de M.Ludovic Fournel, le pionnier des Chins du Sud, M. Marc Jordan, musicien dans l'âme, débuta dans l'étude de cette langue avec les écoliers comme professeurs, et il la parla parfaitement, pourtant .." Le Chin est très difficile, écrira-t-il en 1953, par suite de la richesse de ses substantifs, multipliés à plaisir, par le fait du mélange de plusieurs dialectes; difficile aussi à cause de sa prononciation rude et variable; difficile surtout à cause des tons, le même mot pouvant avoir une dizaine de sens différents suivant intonation et prononciation..."

     

    En mai 1950, évacué en urgence par avion militaire et hospitalisé à Rangoon pour une opération de l'appendicite, une piqûre rachidienne mal faite lui causa une méningite. Après sa convalescence à Mandalay, il revint à Mindat, et peu après, succédant à M.François Collard malade, il s'installa à Lukshè, refuge des Pères et des Soeurs, durant l'occupation japonaise, à une dizaine de kms au nord de Mindat. Mais en 1952, pendant le séjour en France de M. Ludovic Fournel, il desservit Mindat.

     

    En 1953, il publia dans le Bulletin de la Société des Missions Etrangères de Paris, une étude sur "les Chins", complétée en 1960, par une seconde sur "L'animisme des Chins". En 1954, il ouvrit de nouveaux villages à l'évangélisation, rayonnant dans les vallées de Yo, de Maung, et de Mo, où, dans ces dessertes, il construisit sept chapelles et ouvrit trois écoles primaires. En 1955, il se mit à bâtir pour y installer les Soeurs Franciscaines, un petit couvent achevé l'année suivante, avec dispensaire et maternité.

     

    En 1957, M. Marc Jordan, confiant son poste à M. Louis Garrot, prit un congé en France où il arriva le 7 avril. Il en profita pour suivre, du 4 juin au 13 juillet 1957, un cours d'initiation médicale organisé par les Facultés Catholiques de Lille, à l'intention des missionnaires. Le 26 janvier 1958, il s'embarqua sur le cargo "Malaya" à destination de Rangoon, puis retrouva Lukshe et les montagnes chins.

     

    Le 5 juin 1959, les catholiques des Montagnes Chins du Sud fêtèrent à Lok'shèt le vingt cinquième anniversaire de l'implantation de l'Eglise parmi eux. En 1961, à Lukshe, les Soeurs Franciscaines dirigeaient le dispensaire ainsi que l'école paroissiale qui, l'année suivante, avec ses 138 élèves, devint alors la première école secondaire catholique dans le sud des montagnes chins. Quatre petits séminaristes faisaient leurs études aux séminaires de Maymyo et d'Anisakan.

     

    En 1962, la chrétienté de Lukshe comptait 486 catholiques et environ 60 catéchumènes; une école, dans l'important village de Chat, venait d'être ouverte. M.Marc Jordan entreprit alors, avec l'aide de ses chrétiens, de reconstruire son église centrale qui fut inaugurée le 9 mai 1963. Vers 1967, à son district de Lukshe, il ajouta l'administration de celui de Leikkiam, fondé par M. Hervé Nédelec décédé et repris par M. Louis Garrot.

     

    En 1967, l'expulsion des jeunes missionnaires de Birmanie, ne toucha ni M.Ludovic Fournel, ni M. Marc Jordan, mais la fatigue et la maladie les éprouvèrent très sérieusement. En 1968, M. Marc Jordan fut contraint de rentrer en France, où il arriva le 9 février 1968. Après un séjour à l'hôpital Pasteur et une cure à Vichy, il prit du repos à Paris et au pays natal.

     

    Il en profita pour terminer son Dictionnaire Chin préfacé par M. Zahre Lian, de l'ethnie Chin, Ambassadeur de Birmanie en France qui considérait que ce travail était "d'une valeur immense pour les chercheurs et les érudits." Dans les N° 39 et 40 de "Epiphanie", il publia une longue étude sur les Chins du Sud et la Mission Catholique.

     

    En 1970, sa santé ne lui permettant pas de repartir en mission, il se fit réincardiner au diocèse d'Annecy. Nommé vicaire à Saint Etienne du Pont-Neuf, il fut l'auxiliaire de M.l'Abbé Vulliez, responsable de la coopération missionnaire dans le diocèse. En 1972, il accepta le poste d'aumônier à l'hôpital Camille Blanc à Evian. Au début de 1979, il fit un voyage en Birmanie et passa une semaine dans son ancienne mission. Le 16 octobre 1979, il devint curé à la Chapelle d'Abondance, petite paroisse, à la frontière du Valais, dans la vallée de la Dranse. C'est là que peu avant sa mort, il reçut la visite de son ancien fils spirituel devenu évêque du nouveau diocèse des Chin-Hills, Mgr.Nicolas Mang-Thang.

     

    M. Marc Jordan alla passer quelques semaines à Lauris, entre son hospitalisation à Evian le 14 février 1994, et son décès à Thonon les Bains le 12 août 1994. Il fut inhumé à La Chapelle d'Abondance, le 16 août 1994. Ce jour là, plusieurs témoins s'avancèrent pour lui exprimer leur reconnaissance.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    • Numéro : 3773
    • Pays : Birmanie
    • Année : 1947