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Alix JACQUEMIN (1869-1896)

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    Né le 5 avril 1869 à Saint-Hymetière, au diocèse de Saint-Claude, M. Alix-Célestin Jacquemin fut successivement élève des petits séminaires de Nozeroy et de Vaux. Là, comme plus tard au grand séminaire de Lons-le-Saunier, il sut se concilier la sympathie de ses condisciples. S’il n’avait pas les talents qui font briller dans les études, il avait le cœur qui inspire les pensées généreuses et les œuvres de dévouement.

    Au grand séminaire, il manifesta de bonne heure la résolution de se consacrer aux missions ; son année de service militaire ne diminua en rien son zèle ; aussi ardent soldat que bon séminariste, il prit à cœur les devoirs que lui imposait sa nouvelle situation et gagna bientôt l’estime de ses chefs. Mais plus hautes étaient ses aspirations ; à peine rentré au séminaire, il demandait à partir pour les Missions-Étrangères.

    Il n’y avait pas à entraver une vocation si franche dans cette âme si loyale. M. Jacquemin se rendit donc au Séminaire de la rue du Bac, où il montra le même élan, le même entrain et inspira les mêmes sympathies (Semaine religieuse du diocèse de Saint-Claude).

    Ordonné prêtre le 30 juin 1895, il partait, le 31 juillet suivant, pour la mission du Kouang-si, où il arriva au mois d’octobre.

    « Il fut envoyé, écrit Mgr Chouzy, dans le nord-ouest de la province, près de M. Lavest, au milieu d’une race indigène, branche de la grande famille laotienne. Placé au village de Ko-haou qui compte un certain nombre de baptisés, il s’était mis avec ardeur à l’étude du chinois pour attaquer ensuite celle du dialecte particulier à la tribu indigène. Il fit de rapides progrès ; il lui tardait tant de pouvoir expliquer la doctrine dans la langue de ses néophytes ! Rempli du zèle de Dieu et des âmes, il ne perdait aucune occasion d’exhorter chrétiens et catéchumènes ; sa plus grande douleur était d’en trouver qui fussent indifférents ou rebelles à sa parole.

    « Malheureusement, trop confiant dans sa robuste constitution, il dédaignait pour le corps les précautions les plus vulgaires, comme s’il eût été à l’abri de la maladie. Au bout de six mois, il commença à se plaindre de maux de tête et d’insomnies prolongées. Mais ce fut seulement en septembre 1896 qu’il se sentit attaqué de la fièvre, compliquée d’autres affections ; bientôt même il ne lui fut plus possible de garder aucune nourriture. Toutefois, grâce aux soins de M. Labully accouru auprès de lui, il se rétablit assez rapidement. Quinze jours après, une rechute l’abattit de nouveau ; il se remit encore.

    Vers la mi-novembre, nouvelle rechute avec des symptômes plus alarmants. Appelé par les chrétiens, M. Labully revient en toute hâte à Ko-haou. Il y arrive le 22 novembre pendant la nuit, et trouve le malade dans un état fort grave et ayant à peine conscience des choses. Plus grande, par conséquent, était la difficulté de connaître son mal. Ce fut seulement après une dizaine de jours, que notre confrère parvint à se rendre compte de la nature de la maladie ; mais en même temps, hélas ! il dut constater que tous les remèdes demeureraient sans résultat. Le patient se tordait, se tournait de côté et d’autre, sans trouver de soulagement.

    « Le bon Dieu lui accorda à la fin quelque répit ; une accalmie succéda à ces horribles souffrances, et les derniers moments parurent être sans douleur. « Le 2 décembre, à 4 heures « de l’après-midi, écrit celui qui l’assista jusqu’à la fin, notre cher P. Jacquemin s’est éteint « doucement, comme une lampe qui n’a plus d’huile. » Le 5 eut lieu l’enterrement auquel les païens indigènes se rendirent eux-mêmes en grand nombre.

    « Le regretté défunt repose au milieu de ses chrétiens qu’il aimait tant et dont il aurait désiré, disait-il au début de sa maladie, faire au moins une fois l’administration.

    « Son caractère distinctif était le zèle, zèle un peu empressé peut-être, vu l’apathie des Asiatiques, mais qui, avec le temps, lui eût fait opérer de grandes choses. Son chef de district, M. Lavest, rend aussi le meilleur témoignage de son esprit d’obéissance et d’humilité. Si sa carrière a été courte, on peut dire qu’elle a été bien remplie.

    « Quel coup pour Sa Grandeur ! écrivait un confrère à la nouvelle de cette mort prématurée. — Il avait raison. M. Jacquemin était un missionnaire d’avenir ; sur lui, d’après mes intentions, devait reposer, dans un temps peu éloigné, tout le soin des chrétientés indigènes du nord-ouest. Quel vide sa mort a creusé dans nos rangs !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    • Numéro : 2169
    • Pays : Chine
    • Année : 1895