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Charles JACQUEMIN (1826-1895)

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    Il y aurait beaucoup à dire sur les 44 années que le vénéré défunt a passées au Kouang-tong. À l’époque de son arrivée, les ouvriers apostoliques rencontraient de grandes difficultés qui entravaient l’exercice de leur zèle, la persécution régnait dans toute l’étendue de la Province. Les missionnaires, trop peu nombreux alors, devaient faire de longs et pénibles voyages pour administrer leurs chrétientés ; ils étaient sur pied le jour et la nuit, exposés à tous les dangers que nous décrit l’Apôtre des Gentils, et ils s’estimaient heureux lorsqu’ils pouvaient, après ces courses fatigantes rencontrer un confrère et se retremper avec lui, pendant quelques jours, dans le silence et la prière. Les peines étaient alors vite oubliées, et on retrouvait des forces pour de nouveaux travaux.

    La vie de M. Jacquemin a été vraiment belle, mais il serait parti­culièrement édifiant d’interroger le sombre cachot qui, pendant six mois, servit de prison au vaillant confesseur de la foi.

    Que de privations, que d’angoisses, que de souffrances durant sa longue détention ! C’est là probablement que notre cher confrère devint extraordinairement amoureux de la pénitence et du renoncement, vertus dont il n’a cessé de nous donner l’exemple jusqu’à sa mort.

    Il ne nous est pas permis de pénétrer plus avant dans une carrière si bien remplie. En effet, avant de mourir, M. Jacquemin a laissé par écrit la recommandation suivante : « Je ne veux pas qu’on parle de moi après ma mort. » Nous ne saurions donc mieux faire que de respecter ce suprême désir. Saluons l’humilité de notre confrère, et, en nous retirant, disons seulement qu’il était de ces hommes que leurs œuvres loueront toujours assez, et qui n’ont besoin ni de la parole ni de la plume pour vivre à jamais dans la mémoire des autres. (Mgr Chausse.)

     

     

     

     

     

     

     

    • Numéro : 608
    • Pays : Chine
    • Année : 1851